30 novembre 2007 |
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Dans une conversation récente sur l’art Transréaliste, dans la peinture, mas aussi dans d´autres activités comme l’architecture ou le cinéma, nous avons relevé son rôle à la lumière des dernières propositions de ces sciences.
L’artiste plasticien Transréaliste, concentré dans son geste de peindre, observe, et ensuite, intègre les images, qui affluent en désordre à son esprit, venues de tout l´espace de la mémoire, et qui finissent par appartenir à ce que nous appellerons « la pensée à la dérive » .
Mise en marche par la mémoire, cette activité de l’esprit, non circonscrite à la réalité du moment, se nourrit de l’immense base de données que nous gardons dans cette espèce de disque neurophysiologique qui se nomme cerveau, depuis le début de la vision mentale, c’est-à-dire, à cet âge où l’enfant commence á saisir ce que les cinq sens lui offrent jour après jour.
Les images volent littéralement dans un espace imprécis de l’esprit, toujours dans le champ de la vision intérieur, les unes se fixant plus longtemps que les autres. Nous pouvons les apprivoiser pendant des secondes, les savourer à notre aise, les introduire dans ce que nous sommes en train de peindre, avant qu’elles se diluent, disparaissent dans les abysses de l’espace mental.
Mémoire et imagination voilà les deux outils par excellence du créatif. Tout dans l’esprit, sa richesse, ses performances, dépend de la qualité et quantité d’images ramenées du fond de la mémoire, et mises à la disposition de l’imagination. Cette gymnastique mentale, la récupération d’images, nous pouvons l’utiliser aussi, au moment de nous endormir ou au réveil. Le cerveau, dans ces instants-là est un terrain fertile en images à la dérive. Dans ce demi-sommeil, pendant lequel le cerveau marche au ralenti, l’esprit se concentre plus facilement. L’imagination se libère, les images se mélangent, le réel se confond avec l’imaginé.
Celui qui est attentif aux mécanismes du sommeil ou celui qui les étudie dans un but scientifique, sait l’importance de son rôle dans l’harmonisation des équilibres physiologiques du corps. Le rêve, en contrepartie, n’est rien d’autre qu’une activité spontanée, provoquée par les images à la dérive, présentes dans la mémoire, ne constituant pas une nécessitée physiologique pour l’organisme. Le rêve est un prolongement, pendant le sommeil, du flux des images que la mémoire retient. Sans celle-ci le rêve n’existerait pas.
Notre capacité pour franchir la barrière de la réalité est si grande, que nous pourrons même réussir à provoquer nos rêves.
Il suffit pour cela que nous nous concentrions exclusivement sur les images et pensées choisies, quelques instants avant de nous endormir. Un excitant voyage commence alors à travers des territoires imprévisibles, des situations que nous aurions du mal à imaginer en dehors des rêves. Ce sont ces mondes-là que l´artiste Transréaliste essaye d´évoquer sur ses toiles. Dans ces mondes, nés au-delà d´une réalité transfigurée, naîtront certaines réponses à nos chaos civilisationnnels, à nos angoisses existentielles, à nos raisons d’être et de vivre.
D’après mes observations c’est surtout pendant les moments où le sommeil est peu opaque, moins profond, que le rêve prend forme. Mais sa consistance et présence dépendront toujours des stades du sommeil.
Un rêve pourra durer une seconde et pourtant contenir un nombre incroyable d’images et de séquences.
Dans le sommeil peuvent survenir des périodes d’agitation, occasionnées par divers facteurs, fatigue mentale, troubles psychiques ou somatiques, problèmes affectifs, souvenirs traumatiques, troubles physiologiques. Ce sont des minutes, parfois des heures de totale désarticulation du sommeil, durant lesquels nous devenons vulnérables aux cauchemars, aux insomnies et aux obsessions. Ces dernières constituent une des pires anomalies du sommeil. Contrairement aux cauchemars qui peuvent nous réveiller brusquement, l’obsession nous retient prisonniers dans une somnolence tenace, ce qui nous empêche de luter contre sa persistance. Les images, qui affluent, se répètent indéfiniment, envahissent le rêve, en prennent possession.
Toutes les interprétations fantaisistes attribuées aux rêves, à travers les temps, ont toujours été le fruit du manque de connaissances scientifiques sur ce sujet. Freud, dans son interprétation des rêves, en 1900, était loin d’imaginer que tous les progrès obtenus dans ces dernières décennies, dans la recherche sur les neuro-sciences, finiraient par jeter par terre ses théories.
Simple activité mentale, dépendante de la mémoire, le rêve demeure, en plein XXI ème siècle, la cible des conclusions les plus aberrantes. Prémonitions, divinations et pseudo-études scientifiques, l’explication du rêve ne cessera jamais d´être une porte ouverte à tous les charlatanismes.
L’artiste Transréaliste traverse le monde des rêves comme un découvreur de terres inconnues, et pourtant il sait que chaque séquence d’images qu´il reçoit dans on champ de vision intérieure est une histoire qui ne peut être vécue que pendant le rêve. Quand nous nous réveillons, nous avons un vague souvenir de ce que nous avons rêvé. Même le rêve avorté par un réveil brusque ne laisse que peu de traces, surtout immédiats. Pourtant tout ce qui est visionné par l’esprit, même ce qui est du domaine du rêve, pourra être conservé, pour toujours, par la mémoire, et revenir, soudainement en surface. Pour comprendre ce que nous rêvons il faut discipliner le réveil, et faire ce que beaucoup d’artistes de l’imaginaire font, se concentrer immédiatement sur les images qui appartiennent au rêve, et surtout essayer de les ordonner logiquement. Nous pourrons même annoter ce dont nous nous souvenons.
Nous apprenons alors que ces situations que nous vivons au cours des rêves, ne sont rien d’autres que des prolongements ou des représentations du vécu, récent ou ancien.
Et que nous y sommes toujours présents, quel que soit notre rôle, protagoniste, figurant ou spectateur.
Et pourtant il y aura toujours des situations provoquées par des images perdues, sans aucune correspondance avec des choses vécues dans la réalité éveillée, quelques-unes unes d’elles ayant d’ailleurs appartenu à d’anciens rêves.
Dans ces situations ce qui nous étonne c´est le résultat de la coopération entre la mémoire et l´imagination. Ce sont des situations qui semblent naître du néant ; elles regorgent d´images et d´idées, stupéfiants, extraordinaires, de véritables crátions de l´esprit. Preuve évidente que l´esprit humain, en ce qui concerne l´accès à des mondes d´exception, se suffit à lui-même, sans avoir besoin de recourir à des drogues ou à d´autres lobotomies du cerveau.
Une des constatations auxquelles nous arrivons, quand nous traduisons les impressions laissées par le rêve, c’est que son contenu obéit à une logique inattaquable. Tant qu’il dure tout semble réel, possible, banal, habituel. Même l’acte de voler comme des oiseaux ! Qui n’a pas encore éprouvé cette sensation de voler en plein ciel, par l´unique pouvoir de ses membres, bras et jambes ? Nous avons survolé maisons, rivières et bois, remonté le long des parois d´hauts bâtiments, échappé à des dangers et dévisagé en bas ceux qui ne volaient pas, tout cela avec la conviction et la foi du rêveur. Nous nous sommes même promis, qu’une fois réveillés, nous répèterions l’exploit, tellement cela nous semblait facile, réel. Regardez : c’est uniquement une question de technique, ce mouvement des bras, ample et rythmé, le balancement des jambes, la façon de bander les muscles dorsaux ! Eh oui mais quelle déception, au réveil !
C’est cela le rêve ! Un déferlement d’images et de situations, dont le souvenir nous laisse, au réveil, la plupart des fois, un goût amer. Une création éthérée de l’esprit, une aventure en territoires que celui-ci sait inventer grâce à la complexité de ses composants électrochimiques.
Si nous analysons bien le dérouler d’une situation rêvée, nous vérifierons que les faits se succèdent, dans un temps et un espace physique qui ont sa propre logique, et qu’ils ne peuvent être que le fruit hasardeux de la combinaison d’idées et d’images, survenue pendant le sommeil, quand l’esprit ne contrôle pas sa réalité intérieure.
C’est donc tout l’univers du rêve, avec sa vie singulière, son déroulement conséquent, qui caractérise le Transréalisme. Cette intrusion de l’autre côte de la réalité, c’est l´aventure d’Alice au pays des merveilles, là où, par le pouvoir de l’imagination, mais en pleine conscience de la réalité extérieure, nous créons un monde bicéphale, réel et irréel, logique et illogique, c’est à dire, transréaliste,
Nous pénétrons dans un tableau transréaliste, comme nous vivons un rêve, avec le même désir de comprendre, de s’extasier, de déambuler, de vivre quelque chose qui se situe au-delà du réel, de l’exact, du connu.
On continue à croire que dans l’interprétation des rêves on peut trouver des solutions pour la guérison de pathologies du comportement ou prévoir l’avenir ou encore expliquer le passé.
L’étude du rêve ne peut conduire qu’à une constatation : il n’a rien de transcendant, de spirituel ou de religieux. Et il est loin de représenter pour le corps humain une nécessité physiologique.
Des solutions pour la guérison de pathologies neuropsychiques, nous pourrons peut-être les trouver en certaines activités de l’esprit, l’art, la culture, l’acquisition de savoirs.
La création artistique peut fonctionner comme une barrière contre les agressions du milieu, professionnelles, familières, sociales, contre les dégâts sentimentaux, contre l’angoisse et le stress, et aussi dans la reconstitution des équilibres mentaux à la dérive.
Si nous regardons avec attention un tableau transréaliste, nous remarquerons le soin avec lequel l’artiste décrit une réalité inventée, et en parcourant les divers chemins de l’œuvre, nous sentons l’appel qui vient de l’intérieur, de quelque chose qui est là, cachée, dans l´attente d´être comprise, captée. Nous sommes conviés à découvrir un monde, que chacun de nous peut créer, et où nous pourrons sillonner, à notre aise, en pleine conscience, les voies qui nous conduiront à notre spiritualité.
À l’extrême limite de nos conflits intérieurs, de nos désespoirs quotidiens, nous avons besoin de trouver des refuges mentaux, des plates-formes d’où peuvent s’envoler à nouveaux nos désirs les plus secrets.
Savoir, dans les moments de grande urgence ouvrir la porte d’un monde que nous avons inventé c’est peut-être un moyen d´échapper à l’enfer de nous-mêmes.
« Preuve évidente que l´esprit humain, en ce qui concerne l´accès à des mondes d´exception, se suffit à lui-même, sans avoir besoin de recourir à des drogues ou à d´autres lobotomies du cerveau. »
Drogue et lobotomies ?
Lobotomies , nul besoin de drogue pour lobotomiser la pensée, la TV qui n’est ni une drogue, ni une pratique médicale, provoque pourtant chez ses gros consommateurs de TV :
Une « lobotomie » de création, car les stéréotypes véhiculés à grande échelle par sattelites médiatiques empèchent à ce jour le potentiel d’évolution et d’émancipation de la réflexion populaire, car cette lobotomie télévisuelle consacre la majeure partie de ces programmes à vendre des produits aux intérèts « positifs » de moins en moins évidents, et participe ainsi à cette société de surconsommation, jusqu’au risque de vider la totalité des ressources terrestres en un laps de temps ou justement, la pensée humaine créative lui aurait dicté de les préserver ou tout au moins de les économiser.
Pour ce qui concerne les mondes d’exeption “s” ?
Tachons déjà d’envisager un monde de raison. Cela me semble plus créatif et certainement plus raisonnable d’art pensant.
Skapad.
15:14, le Samedi 1 décembre 2007Vous devez être connecté pour publier un commentaire.




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