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Ils partent..., ils partent... Oups,,, Ils sont partis !
Nous coupons de partout dans le budget de la santé et nous pouvons difficilement faire beaucoup plus pour les médecins.... alors que nos médecins ne sont pas aussi bien payés que leurs collègues de certaines provinces et pays avoisinants. Cette différence de rémunération, la nature humaine étant ce qu’elle est, aura tôt ou tard pour conséquence le départ vers l’étranger d’une partie significative des ressources médicales que nous formons et formerons à grands frais.
Cet exode viendra compléter notre transformation en pays du tiers-monde sur le plan de la santé, transformation déjà amorcée par les compressions budgétaires, la limitation artificielle des inscriptions en médecine et la politique incroyablement stupide du gouvernement Bouchard de payer pour hâter la retraite de médecins parfaitement aptes à continuer leur mission.
Pourtant, il est clair que nos moyens sont limités. Est-ce que nous faisons face au dilemme de nous ruiner à payer trop peu de médecins trop chers ou de devoir nous contenter de ceux qui accepteront de travailler à rabais ? Non. Il y a une solution : c’est la fonction de "Docteur en médecine" qui doit être revue pour tenir compte de l’évolution et de l’expansion de la médecine.
Quelle est la nouvelle situation que crée cette évolution ? Il n’est plus question aujourd’hui que qui que ce soit puisse tout savoir sur tout en médecine. En pratique, la moitié environ des médecins deviennent donc des spécialistes. Ils le deviennent APRÈS avoir complété une formation approfondie en médecine générale, ce qui allonge indûment leurs études, puisque seuls les rudiments de cette formation générale leur seront d’une quelque utilité au cours de leur carrière de spécialistes. C’est quoi, le tronc commun entre un psychiatre, un obstétricien et un ophtalmologue ?
L’autre moitié environ des médecins actuels - les soi-disant généralistes - sont en fait uniquement responsables, dans le réseau actuel, du diagnostic et du traitement des urgences. Seule une toute petite minorité de généralistes a l’occasion de coordonner les gestes de plusieurs spécialistes traitant un même patient, et une petite minorité de ces généralistes seulement a le prestige et la compétence - et donc l’autorité réelle - d’imposer ses décisions à des spécialistes qui ont reçu une formation plus longue et bénéficient donc d’une présomption de compétence supérieure.
Les tâches usuelles du généralistes d’aujourd’hui constituent en réalité deux autres spécialités - "diagnostic" et "urgence" - qu’on n’identifie pas comme telles simplement parce qu’on refuse de tirer la conclusion qu’imposerait l’analyse objective de cette situation : une modification fondamentale de la profession médicale et un renversement de la hiérarchie specialiste-généraliste. Si on acceptait de tirer ces conclusions, voici ce qu’on ferait :
Après son diplôme d’étude collégial, celui qui veut étudier la médecine recevrait un an de formation de base, puis s’inscrirait à l’un ou l’autre d’une vingtaine de programmes de spécialisation dont il sortirait, 4 ans plus tard, avec une maitrise en cette spécialité. Encore un an de formation, pratique cette fois et en milieu hospitalier - et toujours dans cette même spécialité - et il obtiendrait le droit de pratique dans cette spécialité.
Il serait maître-ophtalmologue, maître-oncologue... et il en saurait tout autant sur cette spécialité que le spécialiste actuel dont la formation a duré deux fois plus longtemps. Deux fois plus longtemps, parce qu’on lui a enseigné une foule de choses qui ne lui serviront pas professionnellement mais justifieront qu’on le paye deux ou trois fois le salaire d’un ingénieur ou d’un économiste.
Parmi cette vingtaine de spécialités, il y aurait celle de diagnosticien. Ce serait la plus courue, et ceux qui s’y dirigeraient pourraient y renouer avec le rôle du médecin de famille traditionnel. Il y aurait aussi celle de "médecine d’urgence" et, dans des cliniques et les hôpitaux, on retrouverait enfin en nombre suffisant, non pas seulement des internes mais des professionnels d’expérience capable de faire face à toute les situations.
Ces maîtres-médecins formés en 4 ans - et dont la rémunération serait comparable a celles des autres professionnels formés en 4 ans - nous pourrions en produire selon nos vrais besoins, qui sont croissants, et non pas en tenant uniquement compte de nos fonds de tiroir, comme le gouvernement actuel.
La vision globale de la médecine... ? Parmi les spécialités offertes - mais plus exigeante et plus longue - il y aurait celle de "médecine générale de synthèse et coordination" qui mènerait, elle, a un doctorat et dont les praticiens interviendraient quand les diagnosticiens le jugeraient utile. Ces docteurs obtiendraient une rémunération comparable à celle de leurs homologues américains, mais on ne les utiliserait pas pour réduire des fractures et prescrire des pilules. On les payerait cher, mais nous en aurions peu . Pas moins, mais pas plus, qu’il n’est nécessaire d’avoir de ces esprits universels pour faire fonctionner un réseau de santé efficace dans le monde réel.
Si on commençait demain cette transformation, il faudrait 5 ans avant que ne soient disponibles les premiers maîtres-médecins dont nous avons tant besoin. On y viendra tôt ou tard. Faisons-le.
/BOUCLE_video>Cette formation généraliste commune a des inconvénients mais laisse aussi aux jeunes étudiants le temps de bien choisir leur spécialité et d’être plus polyvalent si nécessaire.
A chacun sa solution "économique" et celle-ci est assez radicale :
Je suis un médecin belge à la retraite ayant élu domicile dans votre charmante province, et je tiens à vous faire part de mon indignation quant à la réaction qu’a suscitée un récent rapport de l’Association des hôpitaux du Québec.
Rappelons que le rapport en question soulevait entre autres la possibilité de ne plus poser un pacemaker à un patient de 92 ans ou une prothèse de la hanche à un patient du même âge. Tollé ! Pourtant ce me semble une évidence.
Quand on considère que 50% du budget total de la santé au Québec est englouti dans l’acharnement thérapeutique pratiqué dans les six derniers mois de la vie, c’est donc que le Québec pourrait épargner de nombreux milliards qui serviraient notamment à subventionner les universités, pitoyablement sous-financées. En matière de système d’éducation, il est question de l’avenir des jeunes, et non de celui des vieux, dont je fais partie.
J’aime beaucoup le Québec et les Québécois, mais en même temps, je déteste cette mentalité socialisante qui appauvrit votre province. Compte tenu que la population québécoise est vieillissante, on peut s’attendre à une situation catastrophique si on ne remet pas en cause les soins de santé les plus coûteux pour les personnes âgées de 70 ans et plus.
D’ailleurs, selon mon expérience, les prodigués aux personnes âgées, tout compte fait, leur occasionnent davantage de souffrances que si on les laissait mourir paisiblement.
C’est une question d’éthique, me dira-t-on... l’avenir des jeunes aussi. Et si je dois choisir entre l’avenir des jeunes et celui des vieux, mon choix est fait ! J’implore Lucien Bouchard, Pauline Marois et Jean Charest de réfléchir sérieusement à cette réalité.
Hans de Groot
Westmount, 28 novembre 1999
@ P.de M.
Je crois qu’un an de réfléxion en tronc commun serait suffisant
Ma répone a Hans de Groot est ICI et s’incsrit dans la logique du nouveau système de santé que je propose. A ce jour, selon les commentaires que je reçois (largement favorables), cette proposition ne semble intéresser que des médecins... Cela me convainc que nos dirigeants n’ont meme pas la connaissance rudimentaire de la problématique de la santé qui susciterait chez eux une curiosité
PJCA
Pierre,
Ceci me semble être un point de départ intéressant pour se sortir de ce faux pas. J’aimerais bien voir cette idée discutée sur la scène publique, je pense qu’elle a du sens.
Bon voilà une bonne nouvelle qui sera validé en octobre.
Les deux premiers ministres ont profité de leur rencontre pour signer des accords de coopération sur plusieurs sujets, dont la reconnaissance des qualifications professionnelles entre le Québec et la France. François Fillon et Jean Charest
Cet accord touchera des domaines comme la médecine, l’architecture, la construction et l’artisanat.
Les deux premiers ministres ont reconnu la difficulté d’arriver à un tel accord, en raison des « résistances » des ordres professionnels aussi bien au Québec qu’en France.
Comme d’habitude....

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