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L’industrie diététique québécoise est pointée du doigt par un groupe d’action sur le poids.
Depuis 1992, le 6 mai est la Journée internationale sans diète. C’est un peu paradoxal en cette période de crise alimentaire mondiale. Mais les paradoxes ont cette faculté de nous forcer à réfléchir.
Se pourrait-il que la nourriture qu’on nous vend soit responsable de nos malheurs ? N’est-ce pas plutôt l’image du corps qui est en cause ? La réponse tient sans doute à la fois de la dégradation de l’alimentation et d’un certain culte de la beauté.
Le thème de la Journée internationale sans diète 2008, Finis les régimes ! Retrouvez l’équilibre, a été choisi avec l’intention de dénoncer l’obsession de la minceur qui nous habite. Ce sont les organisatrices de la Journée au Québec qui le disent dans leur communiqué, ajoutant même vouloir « aider les femmes à dire non à la « dictature du pèse-personne » au profit d’un style de vie sain et équilibré. »
Car ce sont les femmes qui consomment le plus les régimes amaigrissants multiples et variés qui font le bonheur d’une industrie qui grossit à vue d’oeil : l’industrie diététique.
En 2003, dans le Rapport de surveillance de la santé des femmes, les auteurs écrivaient « qu’en moyenne, les femmes ont un IMC inférieur à celui des hommes, une incidence inférieure du surpoids et une incidence supérieure de l’insuffisance pondérale [poids en dessous du poids normal]. » Peu importe leur poids, les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à être insatisfaites de leur poids, ajoutaient les auteurs.
Notez ici l’ironie de la situation : les hommes souffrent davantage que les femmes des problèmes liés au surpoids. Les femmes sont plus convaincues que les hommes d’être « grosses et moches ».
Plus des trois quart des Québécoises veulent perdre du poids. Chez les adolescentes, 7 sur 10 contrôlent leur poids. L’industrie diététique l’a compris.
Pour être bien dans sa peau quand on est une femme, il faut être mince. Mais les régimes ont un prix : en général, les personnes qui les suivent vont reprendre, après coup, le poids perdu et même ajouter malgré elles un petit surplus. Le corps se prépare ainsi pour le prochain régime en accumulant encore plus de réserves.
Le désir de correspondre à une image corporelle idéale fait des ravages. Mais elle a un complice : l’industrie alimentaire. Nous mangeons trop et trop d’aliments achetés au supermarché sont hypercaloriques (selon le Conseil québécois sur le poids et la santé). Ils sont bons sans être bons pour la santé.
L’idée d’une Journée internationale sans diète permet de pointer du doigt avec raison vers l’industrie diététique et tous les publicistes de ce monde.
Mais nous devons aussi faire notre propre examen de conscience.
Pourquoi acceptons-nous si facilement qu’on nous vende des aliments nuisibles à la santé ? Au moins si les risques associés à leur consommation étaient clairement indiqués sur les emballages, nous pourrions nous sentir un peu coupables avant de les acheter.
Pourquoi aussi jouons-nous si facilement le jeu de ceux qui misent sur l’obsession de la minceur ?
/BOUCLE_video>Bien que vous avez dit, c’est une triste chose l’image corporelle, mais est-ce qu’est il n’est pas une bonne chose pour s’occuper des poids quand le taux d’obésité est tellement grand ?
Le problème de poids excessif tient à nos régimes alimentaires (et à notre style de vie où la dépense d’énergie corporelle est réduite au minimum) qu’il faut changer en profondeur. Sauf exception avec suivi médical, les diètes sont une fausse réponse à ce vrai problème, en plus de répondre à une image du corps idéal intériorisé très tôt dans leur vie qui n’a rien à voir avec la réalité dans le cas des femmes.

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