La richesse ne sert plus à enrichir la classe moyenne dans le pays de la liberté économique.
Entre 1973 et 2006, le produit intérieur brut américain par habitant s’est accru de 85 pour cent et la productivité a augmenté de 50 pour cent. En dépit de cette performance, il n’y a pas plus d’emplois donnant accès au niveau de vie de la classe moyenne et au-delà qu’il y en avait en 1979. En plus, à peine le quart des emplois salariés peuvent être considérés comme de bons emplois, selon une étude du Center for Economic and Policy Research (CEPR).
Le CEPR a classé les emplois en fonction de 3 aspects et établi autant de conditions minimales pour un emploi donnant accès à la classe moyenne : un salaire d’au moins 17$ de l’heure (34,000 $ par année), un régime d’assurance santé et un régime de retraite dont l’employeur paie au moins une partie des primes.
Sur l’ensemble des emplois
23% rencontrent les 3 conditions ;
48% rencontrent au moins une de ces 3 conditions ;
29% ne rencontrent aucune de ces 3 conditions.
Des millions de travailleurs américains sont donc dans une zone grise, occupant des emplois qui ne sont pas de qualité. Ces travailleurs n’ont souvent accès ni à une assurance santé, ni à un régime de retraite. L’assurance santé universelle n’existe pas aux États-Unis.
Pourtant, les travailleurs américains sont plus qualifiés que jamais. Environ 25% de plus qu’en 1979 ont au moins un diplôme secondaire et la scolarisation au-delà du secondaire s’est accrue de 42%. Même s’ils sont plus scolarisés que jamais, les Américains ont accès à moins de bons emplois qu’il y a 25 ans.
Une classe moyenne moins accessible
Selon les auteurs de l’étude, les caractéristiques suivantes correspondent au niveau de vie minimal d’une famille américaine faisant partie de la classe moyenne :
avoir un revenu suffisant pour pouvoir s’offrir une alimentation de qualité et des conditions d’habitation confortables ;
pouvoir souscrire à une assurance santé garantissant que la maladie d’un membre de la famille ne va pas mettre en péril leur niveau de vie ;
posséder une voiture ;
pouvoir acheter des vêtements, des articles ménagers, des articles scolaires et autres besoins qui ne sont pas nécessairement considérés comme un luxe ;
être en mesure de payer les impôts et taxes.
À partir d’un budget moyen estimé en fonction du lieu de résidence, CEPR estime qu’entre 41 et 48 millions d’Américains vivent en dessous du niveau de vie de la classe moyenne. La différence vient du fait de tenir compte ou non de la taille des familles.
Avec une classe moyenne qui a cessé de s’enrichir depuis les 25 dernières années et un aussi grand nombre de travailleurs mal payés, on comprend mieux pourquoi Barak Obama a réussi à distancer Hilary Clinton. Il aura su mieux que la sénatrice new-yorkaise miser sur la frustration grandissante des travailleurs américains.
Movin’ On Up : Reforming America’s Social Contract to Provide a Bridge to the Middle Class.
/BOUCLE_video>« À partir d’un budget moyen estimé en fonction du lieu de résidence, CEPR estime qu’entre 41 et 48 millions d’Américains vivent en dessous du niveau de vie de la classe moyenne. »
Ce nombre me semble petit quand on considère que 43 millions n’ont pas l’assurance de santé. Et Mme Clinton est encore en tête avec les délégués et le vote populaire si on compte les états de Floride et Michigan.
Ce sont les mêmes ordres de grandeur. Il faut au moins avoir le niveau de vie de la classe moyenne pour pouvoir s’offrir l’assurance santé. Quand aux votes de la Floride, rappelons-nous qu’Obama ne s’y était pas présenté puisque les dirigeants du parti Démocrate l’avait jugé non conforme aux règles du parti. Aux dernières nouvelles, c’est toujours Obama (même en tenant compte de la Floride et du Michigan) qui a le plus grand nombre de délégués élus : http://tinyurl.com/3vq5nx ).
Ces statistiques donnent une idée très imparfaite de la réalité économique américaine. A voir le nombre de constructions neuves partout aux Etats-Unis, on voit bien que la classe moyenne a énormément progressé économiquement ces dernières années. Le pays a connu des années de forte croissance tout récemment alors que la France se morfond depuis des années dans la stagnation économique.
Vous devriez plutôt parler des "maisons neuves" dont ont été expulsés leurs habitants incapables de rembourser leurs dettes. Le pays s’est enrichi au profit d’une minorité de plus en plus réduite. La consommation, moteur de la croissance, s’est poursuivie grâce à un endettement record des citoyens américains, comme les anglais et les espagnols.... 110% de taux d’endettement pour les américains et les espagnols, 160% pour les anglais, 60% pour les français. A suivre......
Oui, et une partie de leur taxes/impots, s’envole au profit du complexe militaro-industriel via leur gouvernement et à payer les frais de la dette publique américaine.

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