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    • Catherine-Aimée Roy

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    Les 60 ans du fleurdelisé

    le 3 mars 2008 | 209 visites | 3.22 / 5 | 4 commentaire(s)
    Les 60 ans du fleurdelisé
    photo : abdallahh (Flickr)

    L’affirmation de l’identité québécoise a, de tout temps, posé certains problèmes. D’une part, les Québécois semblent difficilement sortir du schème de pensée d’une nation minoritaire et asservi. D’autre part, le petit peuple canadien-français retient son envie d’imposer ses valeurs et ses principes à ceux qui souhaitent s’immiscer au sein de sa communauté. Néanmoins, malgré ses échecs d’affirmation identitaire, notamment par les rébellions de 1837-1838, les référendums et les ‘accords’ du lac Meech, le Québec est parvenu, à certains moments dans son histoire, à affirmer son identité distincte au coeur d’un Canada qui ne lui ressemble pas.

    En effet, en 1948, le gouvernement de Maurice Duplessis annonce la création d’un drapeau québécois, qui vient remplacer l’Union Jack britannique. En fait, l’adoption d’un nouvel étendard résulte de circonstances politiques présentes à partir de la seconde moitié des années 1940. D’abord, le gouvernement provincial doit répondre à un large mouvement d’opinion publique qui se mobilise afin de réclamer à l’Assemblée législative canadienne qu’elle remplace l’Union Jack par un logo distinct. Il semble inacceptable que le Canada ne détienne pas déjà son propre symbole national. Toutefois, devant l’inaction d’Ottawa, le gouvernement provincial décide d’agir et se dote lui-même d’un drapeau qui le distinguera des autres provinces, mais également du Canada. De plus, plusieurs analystes estiment que la création du drapeau québécois s’inscrit dans les principes autonomistes que prône l’Union nationale de Duplessis.

    Bien que l’utilisation du fleurdelisé sur le drapeau national du Québec a fait son apparition il y a seulement 60 ans, le symbole de la fleur de lys a été utilisé à plusieurs reprises au cours de l’histoire, et ce, par une multitude de peuples différents. Par exemple, il a été employé comme emblème pour les Assyriens, les Indiens, les Égyptiens, les Grecs, les Romains, les Gaulois et, évidemment, les Français. C’est d’ailleurs ce symbole qui orne la banière que Jacques Cartier plante à Gaspé, dès son arrivée en terre d’Amérique.

    C’est toutefois une toute nouvelle façon de disposer les fleurs de lys sur le drapeau qui distingue celui du Québec de celui des plus vieilles nations. En effet, le proverbe « d’azur à la croix d’argent cantonné de quatre fleurs de lys du même » fournit une description très juste de cette nouvelle représentation nationale. En fait, le fond azur fait référence aux origines françaises, tandis que la croix blanche est un symbole tiré du Moyen-Âge qui représente la foi catholique.

    Ainsi donc, le 21 janvier 1948, le fleurdelisé québécois flottait pour la première fois sur l’Hôtel du Parlement. C’était, en quelque sorte, une façon pour le gouvernement duplessiste de montrer que même si le fédéral ne daignait pas répondre à leurs demandes, il pouvait toujours se débrouiller seul pour parvenir à ses fins. C’est effectivement cette pensée qui a caractérisé les années de pouvoir de l’Union nationale. Enfin, cette façon de se déclarer ouvertement autonomiste a, certes, contribué à faire de ces années une période noire selon plusieurs, mais a également servi à faire réaliser aux Québécois qu’ils n’étaient pas seulement nés pour un petit pain. Ils ont le choix de leurs actions.

    Mots-clés : québec , affilié et Politique

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  • 4 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • Gilles

    […] le petit peuple canadien-français retient son envie d’imposer ses valeurs et ses principes à ceux qui souhaitent s’immiscer au sein de sa communauté.

    Cette phrase suscite un malaise chez moi, sur trois points. Dissipez-le en m’éclairant sur le sens que vous donnez à « petit peuple » ; est-ce peu nombreux, ou insignifiant ? Ensuite, utiliser « canadien-français » n’est-il pas une manière de pendre position sur la question de la modernité, vu que l’usage veut qu’on emploie « Québécois » et que même les fédéralistes l’ont adopté ? Quand au fait de savoir si les immigrants s’immiscent dans notre société ou y participent, elle a des conséquences sur leur intégration, il me semble.

    4 mars 2008 | répondre | permalien

    Catherine,

    Le Québec n’avait t-il pas adopté quelque chose qui ressemblait à la feuille d’érable en premier lieu comme drapeau, qui fut ensuite copié par le fédéral ce qui a entraîné l’adoption du fleurdelisé par Québec ?

    Il me semble avoir lu de quoi sur ça, mais ma mémoire me fait un peu défaut ici, pouvez-vous m’éclairer sur ça ?

    4 mars 2008 | répondre | permalien

    @ Gilles :

    Lorsque j’écris « petit peuple » je fais référence à une idée trop souvent répandue selon laquelle les Québécois sont des victimes. En fait, je déplore que l’on tienne encore ce discours selon lequel on est né pour un petit pain. En fait, cette appellation était surtout teintée de sarcasme.

    Il en va de même pour le terme « canadien-français ». Mais, de toute façon, que l’on dise Québécois ou Canadien français ne fait pas beaucoup de différence, si l’on considère qu’il y a de moins en moins de francophones au Canada à l’extérieur du Québec.

    Enfin, pour ce qui est du cas des immigrants, je fais surtout référence au cas de la langue française, qui est loin d’être adoptée par tous les nouveaux arrivants. Bref, c’est un tout autre débat.

    4 mars 2008 | répondre | permalien
    • respublicaqc

    Concernant la feuille d’érable, symbole volé à la nation québécoise :

    « En 1834, à l’époque où les seuls à utiliser le terme « Canadien » sont les habitants francophones de la vallée du Saint-Laurent, la Société Saint-Jean-Baptiste consacre la feuille d’érable emblème officiel en ces termes éloquents : « Cet arbre - l’érable - d’abord jeune et battu par les vents, semble dépérir, puisant difficilement sa nourriture à même la terre. Mais le voilà bientôt tendre ses rameaux vers le ciel, grand et fort, faisant fi des tempêtes et triomphant du vent, maintenant impuissant devant sa force. L’érable est le roi de nos forêts ; il symbolise le peuple canadien. » Le gouvernement fédéral d’Ottawa s’appropriera par la suite ce symbole qui figure aujourd’hui sur le drapeau canadien (depuis 1964). »

    Source : http://www.republiquelibre.org/cousture/DRAPO.HTM

    8 mars 2008 | répondre | permalien

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