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    • Kristian Bolduc
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    Opinion : Le syndrome Patrick Lagacé

    le 7 février 2007 | 914 visites | 4.26 / 5 | 4 commentaire(s)
    Le syndrome Patrick Lagacé

    Suite au passage remarqué de l’ineffable Patrick Lagacé à Tout le monde en parle, il m’a semblé pertinent de ressortir un texte originellement écrit pour le S@ns P@pier, journal électronique de la Téluq, l’université à distance de l’UQAM, lequel article traite de la faillite de l’éducation au Québec et du livre publié par 3 enseignants québécois, Le grand mensonge de l’éducation. Voici le commentaire du journaliste Lagacé qui a provoqué l’ire de tout le monde dans mon entourage : « Les mots sont trop compliqués dans Le Devoir (le quotidien imprimé). Je n’arrive pas toujours à les comprendre ». Cette réflexion, provenant d’un pseudo leader d’opinions et diplômé universitaire en journalisme (Université d’Ottawa), doit sérieusement nous inquiéter de la formation académique qu’il a reçue, de la médiocrité, de l’ignorance et de l’abrutissement qu’il répand à tous les jours dans La Presse par un jugement déficient ainsi que par une culture absconse, inintelligible et aliénante pour ceux et celles qui le considèrent comme un bon journaliste.

    Le grand mensonge de l’éducation

    L’éducation nationale est en faillite philosophique. C’est ce qui ressort du livre consacré à ce sujet par trois enseignants québécois, un au primaire, un au secondaire et un dernier au collégial. Ils se nomment respectivement Luc Germain, Luc Papineau et Benoît Séguin et forment ce rare trio d’irréductibles professionnels qui réfléchissent sur les fondements de l’éducation au Québec, ses orientations générales et ses échecs.

    Le postulat auquel ils arrivent est fort simple : a-t-on abandonné notre jeunesse sur l’autel de la facilité, du laxisme, du plaisir puéril, de l’hypocrisie, de la médiocrité et de l’inconscience ?

    Perspective

    En 1995, le gouvernement du Québec annonce des états généraux sur l’éducation. Le constat, à l’époque, est proprement alarmant : seulement 65 % des élèves obtiennent leur diplôme d’études secondaires. Dans leur grande sagesse, les commissaires proposent de réformer l’approche pédagogique pour augmenter le pourcentage de réussite à 85 %.

    Si l’initiative est noble, les moyens, eux, semblent davantage s’orienter vers des objectifs politiques que sociétaux solides et désintéressés. En effet, la réforme, affirme Luc Germain, renie la tradition d’excellence en éducation (où c’est le maître qui détermine la marche à suivre) pour expérimenter, par la prise de contrôle académique de l’élève dans son cheminement, le renouveau pédagogique.

    En clair, on élimine l’apprentissage des connaissances (par son transfert du maître à l’élève) fondamentales par des compétences transversales. On réduit le rôle du maître à celui d’accompagnateur dans la démarche individuelle, intuitive et libre de l’individu par une négation de l’échec, de l’effort, de l’autorité et de l’adversité. Pour atteindre les objectifs établis par les états généraux de 1995, il faut modifier la dynamique pour permettre à l’élève d’être maître de son destin. L’enfant devient maître de sa démarche sans avoir la lucidité, l’expérience et l’empirisme requis pour raisonner ses apprentissages et leur finalité.

    Nature et finalité de l’institution scolaire

    À quoi sert l’école ? Quelle est sa finalité ? Quels doivent être ses objectifs ? Ses contenus ? Quel est son rôle social et culturel pour une société qui se prétend pompeusement civilisée ?

    Avec un taux de décrochage oscillant bon an mal an autour de 35 %, la seule question pertinente qu’il aurait fallu se poser est la suivante : Comment former les jeunes sur un plan civique, intellectuel, méthodologique et professionnel pour qu’ils puissent investir la vie civile de façon libre, responsable et lucide avec les outils adéquats pour résister aux exigences, contingences, prérogatives et nécessités de la vie civile et politique ?

    La vie d’aujourd’hui est rude, très complexe sur un plan psychologique, économique, politique, social et souvent impitoyable pour l’équilibre mental du genre humain. Elle nécessite, aujourd’hui plus que jamais, des connaissances fondamentales nombreuses, des valeurs solides dans un environnement qui sollicite outrageusement l’individu à des fins pas toujours nobles, du jugement, une méthode, de la rigueur, de la discipline et une robustesse affective que la famille n’offre généralement plus à ses rejetons, parce que dépassée à plusieurs niveaux, notamment par la propension au laxisme, à la médiocrité et à l’orgueil.

    C’est alors que l’école, symbole par excellence du savoir humain, doit récupérer un nombre impressionnant de responsabilités (nommées précédemment) autrefois réservées aux parents. Elle joue le rôle de travailleur social, de psychologue, de sociologue, de criminologue, de parent, de protecteur et aussi d’éducateur. En diluant son rôle traditionnel de formateur, on perd de vue les exigences basiques de ses objectifs, c’est-à-dire de transmettre la connaissance fondamentale et essentielle à la vie en société par une méthodologie, beaucoup d’effort, de discipline, de rigueur, d’abnégation et d’encadrement hiérarchisé, on tend ultimement au suicide collectif.

    Qu’on parle de carences en rhétorique, expression écrite, d’absence d’érudition (philosophie, histoire, littérature, musique méthode, sociologie, science politique, théâtre, géographie, anthropologie, psychologie, etc.), c’est identifier une seule partie du problème de la finalité de l’éducation qu’on souhaite collectivement et objectivement se donner.

    L’autre partie du problème est intrinsèquement liée à notre absence de rigueur (valeurs et priorités de la société civile), de vision et de leadership dans la formulation et l’application des objectifs d’excellence à atteindre. Des enfants qui, par exemple, s’expriment atrocement en français, cela veut dire que la langue est non seulement bafouée, mais que l’apprentissage de la méthode, de la diction, de l’organisation de la pensée, de l’esprit (érudition) et de la connaissance (le contenu) fait totalement défaut.

    Par incompétence, médiocrité ou, pire, par une croyance périmée et débilitante de notre « différence » culturelle et historique en terre d’Amérique, nous laissons des générations s’acculturer par une mise au rancart de notre mémoire, la mémoire humaine qui, par ses expressions multiformes, fécondes et révélatrices de la complexité et la diversité de la vision du monde de l’Humain, se dirige tout droit vers l’abîme du barbarisme des sociétés primitives.

    Tout cela parce que l’école doit atteindre des objectifs factices de réussite. On nivelle par le bas pour satisfaire des impératifs politiques factices, on refuse l’autorité, la hiérarchie, la discipline, une nécessaire rigueur de la pensée et l’échec comme mode d’apprentissage vers la réussite (le processus, le cheminement). L’ enfant, comme l’adulte, vise et atteint l’excellence en se confrontant à ses limites, son ignorance, ses échecs (la résilience) et ses faiblesses par le travail, l’effort et l’abnégation, pas par la facilité, le mirage de réussite et l’absence de souffrance. Parce que au-delà du mensonge de la réussite, il y a le constat que l’enfant ne doit pas être bousculé, déstabilisé ou contrarié lorsqu’il fait ses apprentissages. Ce refus de l’effort et de la souffrance équivaut au rejet de principes moteurs du système civilisationnel qu’est le système d’éducation par le transfert des connaissances - par l’effort - d’une génération à l’autre.

    Que fera l’élève lorsqu’il sera confronté à l’adversité au travail, dans l’espace public et ailleurs ? Comment fera-t-il pour survivre à un échec (prévisible), un obstacle et une autorité reconnue s’il n’est pas formaté pour y faire face ?

    En refusant de jouer le rôle primordial de formateur (former, c’est standardiser un certain nombre de pratiques, de connaissances, de méthodes et de valeurs universelles pour TOUS les citoyens en devenir, sans exception), le système scolaire participe, de façon éhontée, au développement de l’approximation, du bâclage, de la médiocrité et de l’inconscience alors qu’il doit imposer tout le contraire.

    Inconscience et acculturation

    Le symbole le plus connu de la réforme est l’élimination de la notation numérique avec mention échec pour la remplacer par des lettres qui éliminent la non-réussite de la démarche et des objectifs à atteindre. Il faut vraiment être inconscient pour croire qu’un élève peut lui-même, dans son âme et conscience en formation, orienter ses apprentissages en fonction de ses besoins. C’est proprement absurde. Voici pourquoi :

    1. Une société, pour se renouveler, progresser et assurer sa mission civilisatrice, doit transmettre la connaissance du monde. Pour ce faire, le maître, en principe détenteur d’un savoir fondamental et reconnu sur un plan institutionnel, est la figure d’autorité désignée pour accomplir une telle tâche

    2. Que les savoirs doivent assurer, par un déterminisme ontologique hiérarchisé, une pérennité de la civilisation par la méthode, la discipline, l’effort, l’abnégation par le principe de l’essai / erreur (dont l’échec est le symbole de formation le plus fort)

    3. Que les maîtres doivent être des porteurs de savoirs et, ultimement, les seuls juges des contenus et orientations méthodologiques et heuristiques à transmettre

    4. Que l’école doit s’extirper des modes passagères pour se concentrer sur la continuité de son rôle historique

    5. Que la formation, par nature, doit encadrer l’enfant pour l’amener vers le monde adulte avec des moyens suffisants pour s’épanouir. Et que seuls des adultes possédant une expérience de vie (empirisme) et une érudition peuvent faire adéquatement

    Sans encadrement et possibilités de confrontation avec ses limites intrinsèques, lesquelles sont imposées par les échecs formateurs de la démarche intellectuelle, on enlève au jeune l’essence de ce que fait l’éducation : préparer les nouvelles générations aux écueils de la vie adulte, au monde hiérarchisé, complexe et nécessitant une compréhension de plus en plus multipolaire des problèmes qui lui sont posés au quotidien.

    En refusant de confronter les enfants à leurs carences (salvatrices), on crée l’illusion dangereuse de la fausse réussite par des encouragements factices. Par exemple, un élève qui n’atteint pas les objectifs pour passer au niveau suivant verra ses résultats indiqués « en processus de réussite » au lieu de la mention normale d’échec. Il ne faut pas traumatiser la petite bête, il pourrait perdre l’estime de soi et sombrer dans l’abyme de la dépression. On préfère l’illusion de la réussite, l’hypocrisie politique aux conséquences d’un tel laxisme. Une inconscience qui provoque justement dépression, suicide, violence (née de l’impuissance, l’ignorance et insuffisance de moyens) et autres frustrations de leurs parts.

    SI on projette une telle inconscience dans l’avenir, on constate que des enfants laissés à eux-mêmes (c’est ce que la réforme amène comme conséquence directe, et ce malgré les promesses d’autonomie que la réforme laisse, à tort, présager) ne peuvent se former adéquatement au monde qui les attend. Il en va de notre capacité collective à se projeter dans l’avenir, de raisonner l’avenir par la connaissance du monde. Et pour qu’un enfant se projette dans la société, il faut que la société se projette d’abord en lui. Autrement dit, pour se connaître et se former, il doit d’abord assimiler l’expérience humaine (la culture), s’y frotter et s’y confronter pour se définir ultérieurement une personnalité, des goûts, une finalité, une nature profonde . Ils ont besoin d’un encadrement moral, social, académique, méthodologique constant. Les maîtres sont ceux par qui passent la vie, la connaissance, la discipline, l’expérience du monde, la vie en société. Au fond, le maître est indispensable parce qu’il assure la continuité de l’expérience humaine accumulée avec la nouvelle génération.

    Le grand mensonge

    Le grand mensonge est là, dans l’incapacité collective des Québécois à viser l’excellence par l’effort, l’abnégation et la hiérarchisation des objectifs par une vision rationnelle, hiérarchique et réaliste. On préfère se complaire dans une diplômation dopée exclusivement par la nécessité matérielle, le pouvoir politique et bureaucratique (le sinistre ministère de l’acculturation du Québec) qui cherche à justifier les 13 milliards de dollars engloutis chaque année dans son fonctionnement.

    La qualité de la langue parlée et écrite, reflet d’une pauvreté culturelle historique, la culture historique désincarnée et charcutée par la droite fédéraliste, la méthode évacuée, le nivellement vers le bas imposé par une intégration éhontée des cas problèmes dans les classes régulières, l’abandon, par plusieurs professeurs, de la discipline parce que débordés par des enfants-rois de plus en plus acculturés par les parents et l’air ambiant - Internet, télévision, publicité, magazines, cinéma, etc. - , des parents d’ailleurs qui trop souvent carburent exclusivement aux notes - compétitivité, valorisation sociale par la domination, concurrence malsaine - , des facteurs qui contribuent davantage à nourrir les problèmes que les solutions.

    Le grand mensonge, c’est aussi refuser ce qui fait l’école depuis toujours : imposer une formation minimale uniforme à tous les citoyens en devenir. Un terme (formation) dont l’épistémologie dit qu’il doit encadrer, façonner, donner une certaine forme. Et qu’est-ce que cela veut dire ? Donner des apprentissages communs, universels à tous et à toutes, question de pouvoir vivre en société, décoder et se comprendre minimalement au niveau linguistique, social, culturel et politique. Et ce n’est pas en réduisant les apprentissages aux besoins égoïstes et instinctifs des élèves, lesquels portent naturellement vers le jeu, la facilité, l’inconscience (conscience peu ou pas encore développée, donc rapport au monde déficient et / ou inexistant) et l’oisiveté qu’on arrivera aux objectifs de créer une société cultivée, visionnaire et dont l’excellence est le leitmotiv le plus noble.

    Le grand mensonge, enfin, est de ne pas voir la médiocrité généralisée d’une société sclérosée par sa cécité historique et ses lubies de colonie abandonnée à sa pauvreté intellectuelle multiforme.

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  • 4 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Je crois qu’il y a beaucoup d’incompréhension vis à vis cette réforme de l’éducation. Je suis loin d’être un expert de la chose, mais permettez-moi de douter que la "médiocrité" soit l’apanage des jeunes de nos jours.

    En réalité, la recherche en éducation des 30 dernières années a démontré que le socioconstructivisme est la meilleur façon d’apprendre, et on serait fou d’en faire abstraction. Il s’avère que les médias colportent sans nuance l’opinion de quelques pourfendeurs de la réforme qui on beau jeu dans cette histoire : ils ont réussi, eux, dans ce modèle traditionnel qui privilégie le "transfert du maître à l’élève".

    Or pour ces quelques apôtres qui ont réussi, champions du système d’antan, et qui réussiront peu importe la manière d’enseigner, combien de jeunes démotivés iront garnir le groupe des décrocheurs ?

    Il est dommage qu’une réforme mal comprise, parce qu’on en a éludé l’essence en ne présentant que certaines imperfections qui font sensation, soit vue comme un nivellement par le bas, alors qu’au bout du compte, elle prône l’apprentissage des mêmes choses, mais d’une façon qui sied à un plus grand nombre d’élèves.

    L’origine de la médiocrité (très contestable) dont vous parlez est probablement ailleurs...

    7 février 2007 | répondre | permalien
    • ANONYME

    Bonjour monsieur Niquet,

    Vos commentaires arrivent à point en ce qui concerne le socioconstructivisme. Ayant enseigné l’histoire au secondaire pendant près de 15 ans, j’ai été soumis à toutes les réformes du ministère de l’éducation depuis le début des années 1990, à un moment où les ressources financières ont commencé à pérécliter. Il a bien fallu trouver une façon d’enseigner avec de nouvelles contraintes : l’augmentation du nombre d’élèves en classe, l’arrivée de clientèles marginales dans les classes régulières (troubles de comportement, d’apprentissage et pathologies neurologiques légères) avec son corollaire, l’exode de plus en plus soutenu de bons élèves vers le secteur privé. Ce qu’on a trouvé de mieux à faire pour endiguer ce problème a été d’imposer aux enseignants une philosophie de l’éducation qui réduit le rôle de l’enseignant à un technicien (appliquer le programme du ministère à la lettre), augmenter l’autonomie de l’élève et réduire considérablement (et ici je pèse mes mots) des les exigences liées aux résultats. Des enseignants souvent (ce qui était mon cas) débordés par une gestion de classe accrue et difficile, une tâche morcellée (avec les préparations qui peuvent atteindre 3-5 fois les heures rémunérées) et des ressources périphériques qui se réduisent, d’année en année, comme une peau de chagrin.

    Mon constat est au diapason de celui des enseignants cités dans mon article. Une partie importante du problème se trouve dans le socioconstructivisme justement, une philosophie de l’enseignement qui place l’individu au centre de sa réussite, en refusant de s’inscrire dans une civilisation qui le transcende et duquel il a tout à apprendre. Ce qui est totalement absurde sur un plan culturel : permettre à un jeune qui n’en a pas suffisamment (d’acquis et de repères culturels fondamentaux) de juger de la nature et de la finalité des apprentissages à faire. Le socioconstructivisme universitaire est une excellente façon de faire des apprentissages parce qu’il s’adresse à une clientèle adulte, mais pas pour un esprit sans références...

    L’autre point sur lequel je veux revenir - et là c’est l’historien qui parle - est lié à notre propension historique à dévaloriser le travail intellectuel. Un pays qui s’est bâti essentiellement sur l’agriculture et l’exploitation de la fourrure, l’ignorance et le mépris de l’Église catholique ultramontaine envers le travail intellectuel et humanistes libéraux laïcs (les Rouges des XIXème et XXème siècles), l’isoloment de notre patrie d’origine, La France. Une Église qui a aussi enfermé la population du Québec (ce qui intègre la Nouvelle-France, le Bas-Canada, le Canada-Est et le Québec) dans un carcan qui l’a empêchée d’occuper sa place en économie, en science et dans les affaires. Tout cela pour protéger notre âme collective d’un souillage culturel et spirituel par l’étranger anglophone et colonisateur.

    Non seulement l’histoire sociale et culturelle du Québec a engendré un retard énorme sur un plan académique et civilisationnel (de par son attitude négative par rapport à l’intellectualisme), mais la dévalorisation sociétale (encore ancrée dans nos mentalités) de l’éducation, entre autres par des réformes désincarnées et le mépris de la profession d’enseignant dans la société civile, et ce, malgré une augmenation notable du niveau de diplômés, tend à creuser notre bière collective qui nous sert de philosophie. Des diplômes qui cachent un nivellement par le bas dans plusieurs disciplines académiques.

    Des pays tels La France, l’Angleterre, La Suède (les pays scandinaves plus généralement) l’Allemagne et l’Italie permettent, par une formation académique moins laxiste. C’est probablement la raison pour laquelle leurs réformes fonctionnent mieux qu’ici. Des élèves que je reçois dans le cadre d’échanges interculturels avec AFS sont là pour le prouver. Et ceux-ci le constatent à chaque année : le système de valeurs au Québec est laxiste, pauvre sur un plan académique et permissif. Il engendre la médiocrité.

    Sans vous faire un cours d’histoire, je vous dirai qu’il est très difficile de porter un jugement sérieux quand on se prétend néophyte en la matière. Non seulement vous commettez cet impair dans le même texte, mais votre compréhension du socioconstructivisme me semble très mince lorsque appliqué au système scolaire québécois. Aussi, les décrocheurs sont si nombreux parce qu’ils sont LAISSÉS À EUX-MÊMES PAR LES RÉFORMES IRRESPONSABLES DU MINISTÈRE. Pour réussir dans la vie, il faut des outils. Ces outils existent, ils sont entre les mains des maîtres. On appelle cela le transfert empirique et théorique des connaissances. La valeur heuristique du classicisme en enseignement a fait ses preuves. Ce que le socioconstructivisme n’a pas fait encore et ne fera jamais au Québec. Because la mentalité misérabiliste et laxiste des Québécois.

    Il est dangereux de faire preuve de complaisance comme vous le faites aujourd’hui. Sans doute un fond de catholicisme repentant. Pour ma part, j’ai souvent constaté une stagnation et une attitude satisfaite de la part d’élèves, de professeurs et de parents face à la médiocrité ambiante, à l’incapacité généralisée d’organiser sa pensée, formuler un argumentaire original et échanger sur des thèmes universels (problèmes politiques, économiques, histoire, sciences, religion, etc.) avec moult références validées par l’expérience humaine.

    Un symptôme qui nous fait régresser comme société. Il faut le voir pour agir, il faut le vivre pour réagir.

    Je vous invite, en terminant, à visiter le site "Stoppons la réforme", un organisme apolitique qui souhaite faire cesser les folies du ministère de l’éducation. Aussi, la revue Argument pourrait vous offrir quelques pistes de réflexion supplémentaires sur la question, notamment dans son édition de décembre 2006.

    Bonne journée.

    Kristian

    7 février 2007 | répondre | permalien
    • ANONYME

    J’oubliais de soulever une statistique publiée sous la plume de Gil Courtemanche dans Le Devoir d’il y a deux semaines, à savoir que les Québécois, dans une proportion de 50%, sont incapables ou difficilement capables de lire un article de journal. Si on couple cette donnée avec celle, plus ancienne, de 40% de Québécois analphabètes et analphabètes fonctionnels, on constate que le système d’éducation québécois est en faillite.

    Alors que la population québécoise âgée de plus de 65 ans oscille entre 12 et 13%, il est difficile de pointer les insuffisances de l’éducation que cette classe a reçue avant le rapport Parent de 1964 et l’avènement du ministère de l’éducation du Québec.

    Kristian

    7 février 2007 | répondre | permalien

    Malgré le respect que je voue à M. Courtemanche, il s’est ici fourvoyé et l’a lui même admis :

    "J’ai peut-être mal interprété les résultats de l’étude mentionnée. Je le regrette, mais il faut dire que les données étaient présentées de façon sommaire. Pour le reste, je persiste et signe. Les résultats des réformes québécoises de l’enseignement du français sont catastrophiques. Ma fréquentation assidue depuis six ans des écoles primaires et secondaires (autant ici qu’en France) me le prouve régulièrement, tout comme le fait que la majorité des futurs enseignants échouent lors de l’examen de français que leur impose l’université."

    Le texte référé démonte efficacement la thèse de M. Courtemanche, et les observations scientifiquement discutables de ce dernier n’ajoutent pas à la crédibilité de ses propos. Notez d’ailleurs que les élèves québécois se classent parmi les meilleurs au monde en sciences.

    J’admet que la qualité de la langue n’est pas toujours au rendez-vous, et je m’en désole autant que de la faible connaissance de notre histoire. Imputer cette situation à une réforme dont les effets ne sont pas encore tout à fait mesurables est, disons, précoce. Il en va de même du décrochage. Comment pouvez-vous prétendre que le décrochage résulte de la réforme actuelle alors qu’elle n’a été implantée au secondaire qu’en 2005 ?

    Je suis néophyte, mais je côtoie suffisamment de personnes qui ont pu jugé de bénéfices certains de la réforme (comme vous jugez de ses travers, selon vos expériences) pour qu’émettre mon opinion ne soit pas "dangereux".

    Je vous invite à lire cette discussion intéresse sur la chose.

    7 février 2007 | répondre | permalien

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