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    • Pierre R. Chantelois
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    Le rôle de Bernard Kouchner au Rwanda discuté dans un procès à Montréal

    le 5 octobre 2007 | 1836 visites | 3.66 / 5 | 11 commentaire(s)
    Le rôle de Bernard Kouchner au Rwanda discuté dans un procès à Montréal
    photo : Foreign and Commonwealth... (Flickr)

    « J’estime que c’est mon devoir en tant que citoyen du Canada et du monde. Je veux m’assurer que le Rwanda et son génocide ne seront jamais oubliés ». Cette profession de foi a été formulée par le Lieutenant-général canadien, Roméo Dallaire, dans le cadre d’un procès, qui se tient à Montréal, et qui met en cause Désiré Munyaneza, accusé de crimes de guerre. Munyaneza, fils d’un riche commerçant hutu de la région de Butare, deuxième ville rwandaise, aurait pris les armes pour anéantir la population tutsie de sa région. Il aurait tué des enfants, des personnes âgées, en plus de violer plusieurs femmes. Il aurait commandé la milice hutue du coin et ordonné plusieurs meurtres.

    « J’ai vu, touché, senti, déplacé et marché sur des corps de personnes de tout âge. Quand on pouvait lire leurs cartes d’identité, on constatait qu’il s’agissait de Tutsis. Sinon, ils en avaient la physionomie », a rappelé Roméo Dallaire. En avril 1994, le Lieutenant-général canadien, Roméo Dallaire, s’était vu confier la direction de la mission de l’ONU au Rwanda. Il devait y maintenir la paix entre les factions Hutus et Tutsis qui s’opposaient dans une guerre sanglante.

    En cours de procès, Desiré Munyaneza, a admis finalement que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité avaient été commis durant le conflit de 100 jours au Rwanda en 1994, au cours duquel plus de 800 000 Tutsis et Hutus ont été tués. Le lieutenant-général canadien Dallaire ne connaît pas Munyaneza mais il témoigne pour éclairer le juge sur l’ampleur de la tragédie de 1994. « C’est fatigant de tuer. Alors ils blessaient les gens et les laissaient mourir  », a répondu l’ex lieutenant-général canadien Dallaire.

    « Les Interahamwe (les miliciens hutus) encourageaient les Tutsis à se réfugier dans les églises, en leur faisant croire qu’ils y seraient à l’abri. Une fois les églises remplies, ils venaient les tuer, rangée par rangée. Ça durait parfois des jours. Quand ils étaient fatigués de tuer, ils les blessaient et les laissaient mourir au bout de leur sang. Ils violaient les jeunes filles ». Le Lieutenant-général Dallaire tente de convaincre les chefs radicaux hutus, comme le colonel Théoneste Bagosora, que les massacres de civils n’ont aucune utilité militaire. Cela ne les aide en rien à combattre l’armée du Front patriotique rwandais, à majorité tutsie, qui menait une offensive au nord du pays. Mais ses paroles tombaient dans les oreilles de sourds. Le but des barrages érigés un peu partout par les Interahamwes était « juste de détruire des êtres humains ». Il ne fait aucun doute, dans l’esprit de Roméo Dallaire, que l’assassinat de quelque 800 000 personnes, surtout des Tutsis, par les Hutus, faisait partie d’un plan délibéré d’assassinats d’opposants et de nettoyage ethnique.

    Le 17 juin 1994, le lieutenant-général Roméo Dallaire rencontre Bernard Kouchner à son quartier de Kigali, capitale du Rwanda. Aujourd’hui, en cours de procès, le général Dallaire ne peut oublier le rôle trouble du représentant français, envoyé par l’ancien président français François Mitterrand au Rwanda, qui occupe aujourd’hui le poste de ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Le génocide avait commencé deux mois et demi plus tôt et avait déjà fait des centaines de milliers de victimes, surtout tutsies. M. Kouchner prend alors l’engagement, au nom de la France, de déployer un fort contingent de soldats « pour protéger les gens contre les tueries ». Roméo Dallaire refuse net cette aide : « J’ai refusé ce concept. Si la France voulait apporter son aide, elle n’avait qu’à renforcer la mission de paix des Nations unies, en nous donnant enfin les ressources nécessaires pour agir ».

    Plus tard, Bernard Kouchner dénonce la lâcheté des Occidentaux, avoue la fin de non-recevoir que ses appels ont essuyé auprès de François Mitterrand. « J’ai su au Rwanda pourquoi des juifs étaient morts pendant la guerre. J’ai su qu’Auschwitz était à la portée de tous », dit-il. Roméo Dallaire en remet dans ses mémoires estimant peu le rôle de Bernard Kouchner, à cette époque : « à la tête de sa pléthore de journalistes » cherchant à sauver l’image du gouvernement français, allié du régime hutu. « Je n’aimais déjà pas l’idée de faire sortir du pays des enfants rwandais, mais se servir de ce geste pour montrer une meilleure image des extrémistes me donnait la nausée », écrira-t-il.

    Il convient de rappeler que l’Opération Turquoise était une opération de l’ONU décidée par la résolution n° 929 du Conseil de sécurité qui précisait que ce dernier : « ...donne son accord à ce qu’une opération multinationale puisse être mise sur pied au Rwanda à des fins humanitaires jusqu’à ce que la MINUAR soit dotée des effectifs nécessaires. » Elle doit être « ...une opération temporaire, placée sous commandement et contrôle nationaux, visant à contribuer, de manière impartiale, à la sécurité et à la protection des personnes déplacées, des réfugiés et des civils en danger au Rwanda ». Selon Wikipedia, le 14 juin 1994, François Mitterrand dira au personnel de Médecins sans Frontières, à propos du gouvernement intérimaire rwandais : « C’est une bande d’assassins. D’ailleurs, j’ai eu Agathe Habyarimana à la maison. C’est une folle qui voulait lancer un appel à la continuation du génocide sur les radios périphériques françaises. On a eu du mal à la calmer. Maintenant on en a marre, on va intervenir, on va essayer de mettre de l’ordre dans tout ça et de sauver des gens ». Agathe Habyarimana est la veuve de Juvénal Habyarimana, président de la République du Rwanda, du 5 juillet 1973 au 6 avril 1994. Après l’attentat du 6 avril 1994, contre son mari, elle se réfugie en France et y vit depuis ce temps. Une information judiciaire a été ouverte contre elle en mai 2007 pour « complicité de génocide et de crime contre l’humanité », suite à une plainte. Le rapport parlementaire français montrera de nombreux éléments qui attestent que le désarmement des génocidaires fut insuffisant, et qu’aucune arrestation de génocidaires n’a eu lieu (Wikipedia)

    Le 22 juin 1994, comme le rapporte La Presse de Montréal, débute « l’Opération Turquoise  ». Roméo Dallaire constate que les forces envoyées par la France avaient des équipements offensifs et non humanitaires : « C’était une force exceptionnellement puissante, avec des avions chasseurs Jaguar, des mortiers lourds, des troupes d’élite, entraînées pour se battre. Elle n’avait pas de camions, d’hélicoptères ou d’autres équipements utiles au travail humanitaire ». Ce fut pour Roméo Dallaire une grande déception. Il ne s’est jamais remis de l’abandon qu’il a ressenti, sur le terrain, des dirigeants des Nations Unies. Nonobstant une mise en garde sur une imminence d’un bain de sang, et maintes demandes pour un soutien de troupes étrangères, il n’a pas été entendu. Pire. La majeure partie de sa force a été évacuée et il s’est retrouvé avec quelques centaines de soldats, au plus fort du génocide. Et le voilà confronté avec une Opération turquoise sans outils pour venir en aide à une population massivement massacrée.

    Bernard Kouchner n’avait – vraisemblablement – pas traduit l’appel de détresse du Général sur le terrain comme le souhaitait ce dernier. En cours de procès, le général a expliqué que « les Français ont établi une ligne pour permettre aux Forces armées rwandaises (hutues) et aux extrémistes de se sauver. Ils avaient mobilisé des soldats de leurs anciennes colonies, comme le Sénégal et le Congo. Les Français ont pris - en fait, volé - les véhicules des Nations unies. Les soldats africains de « l’Opération Turquoise » ont eu des accrochages, si bien que les gens pensaient que c’était les Casques bleus qui avaient tiré sur eux. On a été obligé de renvoyer tous nos officiers et soldats africains francophones, parce qu’ils étaient devenus des cibles, ce qui nous a affaibli encore plus ».

    Le général à la retraite a rappelé que : « Cela a pris cinq mois pour avoir mes soldats  ». Et de poursuivre tout en relativisant leur impact : « Les renforts ont bien sûr fini par arriver : ce que je recevais, c’était bien des soldats, mais ils avaient à peine des munitions pour armer leurs carabines ». Cette anecdote montre l’état de désorganisation des renforts auxquels il est confronté sur le terrain : «  Je me souviens de l’arrivée des Bangladais (1.100-1.200 hommes en décembre 1993), leur première question fut : « où est-ce qu’on dîne », a-t-il rappelé avec consternation.

    À son retour de mission, l’ex-lieutenant-général a souffert de dépression et a lutté contre des pensées suicidaires, à la suite de sa désastreuse mission, et il fait maintenant face à la situation au moyen de médicaments et en se soumettant à une thérapie. « Le fait de témoigner valait le stress que cela lui occasionnait  », a-t-il précisé.

    Roméo Dallaire a écrit un livre sur le génocide rwandais, intitulé J’ai serré la main du diable : La faillite de l’humanité au Rwanda. Ce livre raconte comment les Nations Unies ont réagi à la crise rwandaise. Le récit a été récemment porté à l’écran.

    Publie.ca!

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  • 11 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • Jacques Morel

    • site

    Kouchner a fait 3 voyages au Rwanda en 1994 : 1) en mai, le but était d’améliorer l’image du gouvernemnt intérimaire rwandais et de son armée par le transfert médiatisé d’orphelins en France. Kouchner était envoyé par l’Elysée 2) en juin, Kouchner est envoyé par Mitterrand pour convaincre Dallaire d’accepter l’envoi de parachutistes français à Kigali. Ils auraient permis aux tueurs de rester à Kigali. Ceci est développé dans : http://perso.orange.fr/jacques.morel67/Kouchner.pdf et appuyé par des documents inédits : http://perso.orange.fr/jacques.morel67/KouchnerFM.pdf

    6 octobre 2007 | répondre | permalien

    Monsieur Morel

    Selon ce que j’ai pu lire de la rencontre restreinte au cabinet du président, le 15 juin 1994 (votre document PDF), il n’est question que du massacre des enfants dans les orphelinats et d’une opération pacifique pour évacuer 200 à 300 enfants. C’est bien de cela qu’a souligné le Général Dallaire lors du procès. Et que disait-on du massacre des populations en général, femmes et hommes ?

    Je vous remercie pour ces informations qui ne manqueront pas d’éclairer le lecteur.

    Pierre R.

    6 octobre 2007 | répondre | permalien

    Merci, Pierre, pour cet article. Quelle que soit l’importance des responsabilités, il semble hélas acquis que la France n’ a pas joué le rôle qu’elle aurait dû dans cette tragédie. Quand il s’agit de génocide, il est des négligences criminelles.
    Mais quels pays se sont vraiment élevés contre ces horreurs à l’époque ? Au Rwanda, pas de pétrole, pas de mines. Seulement des hommes : c’est trop peu pour mobiliser les Etats, sans doute.

    8 octobre 2007 | répondre | permalien

    salut pierre , voici un lien que je trouve assez documenté sur le Rwanda, alors je le partage avec vos visiteur. www.r94.org

    10 octobre 2007 | répondre | permalien
    • Circe

    C’est certainement ce rôle ainsi que celui du Président français, M. Sarkozy (alors Ministre du Budget, cf Google "M. Sarkozy génocide rwandais") qui amène aujourd’hui la diplomatie française à s’agiter ! Le travail de la commission Mucyo fait peur. La meilleure preuve est l’offensive (je devrai dire défensive) diplomatique lancée par M. Kouchner ! Quelle preuve de faiblesse ! Mais les responsables français n’ont, apparemment, toujours pas tiré les leçons du Vietnam, Algérie, Madagascar, Côte d’Ivoir et surtout du Rwanda ! Je pense que les dirigeants rwandais ont maintenant plus qu’intérêt d’aller au bout de cette commission et publier les résultats ( M. Kouchner a agit sur ordre de M. Sarkozy, mais a lui aussi peur pour lui ! Cf. les déclarations du Col. Dallaire lors du récent procès au Canada). Et quelle farce les propositions de la mission Kouchner de septembre dernier au Rwanda ! le Rwanda rompt les relations diplomatiques et c’est les français qui reviennent ! Pourquoi ? Force, faiblesse ? Je pense qu’il faut maintenant mettre en place aussi une "sous" commission pour élucider le drame du Falcon 50 du 6 avril 1994 ! Cela serait la totale ! Les français agissent toujours de la même façon : accuser ceux qu’ils estimment plus faibles de leur propres turpitudes. Jusqu’à, présent le Rwanda leur a tenu tête (comme HO Chi Min à l’époque quand il a compris dès 1948/50 qu’on ne pouvait négocier avec les français, qui jamais tiennent leurs engagements (cf 1946/47), sauf forcés !). Et quel aveux quand M. Kouchner a dû déclarer que les arguments des deux parties n’étaient pas très convainquants en ce qui concerne le drame du Falcon 50. Quel désaveux pour le juge Bruguière ! Que le Rwanda fonce ! C’est la dernière ligne droite, les manoeuvres actuelles de la diplomatie française en sont la navrante preuve !

    10 octobre 2007 | répondre | permalien

    @ Circe

    Sans accabler davantage la France - elle est assez grande pour faire son examen de conscience -, vous avez fort bien décrit le malaise qui persiste à ce jour entre la France et l’Afrique. Le Rwanda est une étape malheureuse et profondément affligeante en raison du génocide. Autant, Circe, la France que les Nations Unies ont failli à leurs responsabilités. Pour ma part, je suis de ceux qui croient que les gens doivent vivre ce drame en leur conscience. Le général Dallaire l’a vécu à la dure. Dépressions, médications, soins médicaux, etc. Vous avez fort bien décrit ce côté obscur de l’histoire. Force est de constater qu’après les déclarations incendiaires de BHL, ces jours-ci, contre Henri Guaino, la question africaine est loin d’être terminée.

    Pierre R.

    10 octobre 2007 | répondre | permalien

    A Pierre R.

    Vous avez raison de parler de ce problème du discours de M. Sarkozy à Dakar, dont de très nombreux Français ont appris les termes avec stupeur et réprobation.

    Il faut clamer haut et fort que les opinions qui y étaient développées ne sont pas celles des Français. En tant que citoyen, je ne me sens pas du tout engagé par ces propos méprisants.

    12 octobre 2007 | répondre | permalien

    @ Philippe

    Merci de ce commentaire. De chaque côté de ce grand océan qui nous sépare, il nous faut vivre avec des décisions, des paroles, des gestes de nos élues (élus) qui nous heurtent profondément et auxquels nous ne pouvons souscrire. Je me joins à votre commentaire et je vous remercie de l’avoir formulé.

    Pierre R.

    12 octobre 2007 | répondre | permalien
    • Dominique

    Si je comprends bien le général Dallaire, la France aurait dû envoyer des soldats armés de pelles et de seaux dans un pays où des militaires belges venaient de se faire torturer à mort. On comprend qu’il ait été révolté par l’inertie des Nations Unies ; mais il y a participé en refusant lui aussi l’aide de la France au moment opportun, malgré les réserves qu’il pouvait ressentir.

    Ce qui a permis aux génocidaires de battre les génocidaires nazis en débit horaire sinon (faute de temps) en résultat final, c’est que tout en recourant, comme eux, aux ressources de l’Etat pour organiser le génocide, ils ont sous-traité le principal goulot d’étranglement, l’évacuation des cadavres, à l’humanitaire. Tel est donc le rôle auquel le général Dallaire aurait souhaité confiner Turquoise.

    A la suite des tombereaux d’ordures déversés sur celle-ci, les nations-Unies ont encore demandé à la France sa participation à des opérations de maintien de la paix. C’est là que Chirac a exigé la fin du scandale des casques bleus inertes, inermes et finalement complices : que ce soit en Ituri ou au Liban, l’intervention de l’ONU n’est plus, grâce à ce changement de paradigme, UNIQUEMENT une occasion pour certaines armées du sous-continent indien de se refaire une santé financière.

    4 décembre 2007 | répondre | permalien
    • circe

    “ Que penser de cette volonté du Président Sarkozy de rétablir les relations diplomatiques avec le Rwanda, le 8 décembre dernier à Lisbonne, qui ne peut s’expliquer que par la situation de faiblesse dans laquelle la France commence à se trouver en Afrique et au Rwanda en particulier. Dans ce pays, qui courageusement a fait front à la "Franceafric", la commission d’enquête "Mucyo" sur l’implication de la France dans le génocide rwandais a rendu son rapport le 16 novembre dernier. Le Président Kagamé se gardant l’opportunité d’une publication. De quoi M. Sarkozy a-t’il donc peur ? Suffisamment peur pour transgresser une décision de la Justice française qui a lancé des mandats d’arrêts contre neufs hauts dignitaires rwandais, y compris le Président Kagamé. Suffisamment peur pour effectuer un « cent quatre vingt degrés » dans la diplomatie française envers ce pays, en indisposant très certainement la « grande muette ». Mais, il est aussi vrai que M. Sarkozy était, pendant le génocide, Ministre du Budget en France et si c’est bien cette dernière qui a fourni aux génocidaires les finances comme le prouverait le rapport « Mucyo », alors .... Le Président Kagamé se doit de bien évaluer ce revirement, spectaculaire, de la diplomatie française à son égard. Peut-on , en Afrique, croire à la bonté de la France et de ses intérêts, ou doit-on rester vigilant ? La publication du rapport "Mucyo" permettrait de lever un voile. ”

    17 décembre 2007 | répondre | permalien

    Circe

    Je ne sais pas si le rapport de Jean de Dieu Mucyo constituera une menace pour la France. Bien évidemment, ce rapport ne s’est pas fait dans l’harmonie, tant s’en faut. Toutefois, on dit que les conclusions du rapport seront rendues publiques sous peu après que le président rwandais, Paul Kagamé, ait faire part de ses observations. Après 13 mois de collecte de témoignages sur la responsabilité française dans ces tragédies, que nous apprendra le rapport « Mucyo » ?

    Des analystes interrogés par la PANAPRESS affirment que si la Commission d’enquête est crédible et si le travail est sérieux et impartial et met en cause des militaires français, il faudra le prendre en compte et en tirer les conséquences, car au cas où des responsabilités françaises ressortent du rapport, elles déboucheront sur des plaintes et d’autres poursuites judiciaires.

    D’un autre côté, il y a le juge Bruguière qui a porté des accusations sévères contre Paul Kagamé, l’accusant d’être à l’origine de l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion de l’ex-président Habyarimana, attentat qui a fourni le coup d’envoi aux massacres des opposants hutu et des familles tutsi. Il s’en est suivi la suspension des relations diplomatiques.

    Il faudra voir maintenant le rapport de force entre les ennemis et suivre attentivement la décision de Paul Kagamé qui rendra public ou non le rapport « Mucyo ». Y aura-t-il tractations entre les deux pays et si oui, lesquelles ?

    Pierre R.

    17 décembre 2007 | répondre | permalien

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