3 novembre 2008 |
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D’origine humble, de nulle part, à l’image de l’Islam qu’elle protège, l’Arabie Saoudite est pourtant un incontournable dans le monde politique et religieux du Moyen-Orient. On peut voir dans la fuite du Prophète Muhammad et dans la reconstitution du royaume saoudien des épreuves de force qui ont permis l’affirmation d’un pouvoir plus puissant et étendu. L’Arabie Saoudite était avant tout un espace de transit. Une terre inculte située entre l’Indo-Gangétique et le Levant. Une vaste zone inhospitalière où circulait caravanes et guerriers bédouins. La prospection pétrolière de la fin des années 1930 va transfigurer le visage de l’Arabie. Le paysage désertique va se tapisser de puits de pétrole sous le regard attentif de l’américain, protecteur désigné de la dynastie saoudienne.
Chef lieu de la spiritualité islamique, la Mecque est avant tout une ville d’importance autant dans la période préislamique qu’à l’avènement de la révélation à Muhammad. La présence de pierres bétyles a conféré à ce lieu son caractère sacré, les puissantes oligarchies arabes ont protégées jalousement ce site depuis longtemps. Ensuite, nous trouvons Médine qui est le lieu récepteur de l’Hégire et aussi la première ville de l’alliance avec le Prophète. L’État saoudien se fait non seulement gardien des lieux saints mais aussi propagateur de l’ordre moral dans la constellation islamique.
La fondation de l’état saoudien est assez récente. Néanmoins, ses origines remontent vers 1740 où la famille Saoud va procéder à une alliance entre Mohammad ibn Saoud « l’épée » ainsi que le cheikh Mohammad ibn Adb « le livre ». Cette affiliation entre une famille guerrière et la prédication wahhabite va survivre à la disparition du royaume saoudien. Par après, 1902 sera l’année de renaissance de l’Arabie Saoudite dite « moderne ». Les correspondances entre Britanniques et Hussein vont déboucher dans des accords de protection et éventuellement, dans une révolte contre l’Empire des Ottomans. Aidé par T.E. Lawrence, Hussein va reconquérir un espace arabe. Cependant, les accords Sykes-Picot et la Déclaration de Balfour vont miner la portée du Grand Royaume arabe rêvé par Hussein. Il termine sa conquête territoriale en 1924-25, devient roi du Hedjaz en 1927, détruit la résistance des « frères musulmans » en 1929 et finalement va consolider l’état saoudien tel que l’on le connaît actuellement.
Les lois tribales et coraniques sont les impératifs de ce Mamkalat arabe. Le vieux roi Abdalah est contraint de régner selon les vieilles règles consensuelles permettant d’éviter la dictature d’un seul. Cependant, la nature du régime fait en sorte que la famille royale (Environ 7000 individus) domine la majorité des Saoudiens. L’état saoudien est une monarchie dynastique appuyé par une idéologie rigoriste. L’alliance sacrée entre les Saoud et le wahhabisme est toujours à l’ordre du jour. Sans parlement, sans représentation politique et n’ayant aucune représentation féminine, ce pays est un exemple dans la répression et détient un piètre résultat dans sa liberté de Presse comparable à l’Algérie et à l’Iran. Le pouvoir y est corrompu et il est perméable aux luttes d’influence d’où la nécessité du roi Abdalah d’établir une garde prétorienne pour se prémunir contre les velléités de ses comparses.
Le pouvoir de ce roi vieillissant est assuré par une double alliance. Premièrement à l’interne avec la prédication wahhabite qui a juré de ne jamais déstabiliser l’état. La famille et les oulémas wahhabites partagent alors un lien privilégié. En effet, l’Islam est la constitution de cet état. De plus, l’idéologie de Wahab, sous la protection des princes, se perpétue et est, jusqu’à ce jour, la seule lecture autorisée de l’Islam en sol saoudien. Ensuite, la deuxième alliance a été scellée avec l’Occident. D’abord avec les Britanniques et depuis 1938, avec les Américains qui assurent la suprématie militaire et l’approvisionnement logistique en échange de l’Or noir.
En apparence, l’Arabie Saoudite semble forte et inébranlable. Cependant, elle possède en son sein des irritants et des forces contradictoires. D’abord, les bourgeois intellectuels tout comme les « libéralo-islamistes » qui se cherchent une niche dans un espace public restreint. Ensuite, les ultraconservateurs jugeant que le régime n’est pas suffisamment orthodoxe dans l’application de sa doctrine suivis d’une minorité de chiites pouvant servir de tête de pont au régime révolutionnaire iranien. Il ne faut pas oublier les milliers d’expatriés travaillant durement qui font face à la saoudisation du marché du travail. De plus, il y a l’opposition muette des femmes vivant dans un milieu lui laissant peu ou pas d’espace. Finalement, on trouve Ben Laden qui représente le mouton noir indésirable de ce régime. En effet, son dérapage spectaculaire aura causé l’affaiblissement du sunnisme en Irak, remis en question la talibanisation de l’Afghanistan (un produit du triumvirat américain, pakistanais et saoudien) et surtout, il a amené l’Arabie Saoudite vers un gouffre politique que le roi Abdallah a habilement évité. Les hommes forts du régime saoudien
La fraternité saoud au pouvoir
Les hommes dirigent cet état. Le pouvoir est accordé à l’homme le plus âgé de la famille royale. Les membres les plus influents de ce régime se partagent les postes de commande et se distribue comme suit :
Le roi actuel Abdalah : homme pieux reconnu pour son franc-parler. Il se fait réformateur et il est bien apprécié. Véritablement en poste depuis 20 ans, il a su gérer la crise du 11 septembre 2001 de manière à éviter le courroux de son allié américain.
Le Sultan : ministre de la Défense, frère d’Abdalah mais ne disposant pas du même charisme, il est un personnage clé du régime. Une forte rivalité l’anime avec son ainé, il détient une poigne de fer sur l’armée et l’aviation saoudienne. Taxé de pro américain, il a aussi été l’objet de rumeurs de corruption.
Le Prince Nayef : assez âgé et disposant d’une mobilité réduite, cet homme reste néanmoins déterminé. Au poste de ministre de l’intérieur, il a été accusé d’avoir appuyé le terrorisme. Actuellement, il est possiblement l’individu le plus impliqué pour combattre et pourchasser Al-Qaeda.
Le chef du conseil de sécurité : omniprésent et fin stratège, cet homme influent a passé plus de 20 ans aux U.S.A., il a une forte ascendance sur l’administration américaine et il gère actuellement les relations avec l’Iran et la Syrie.
Le ministre des affaires extérieures : intellectuel et parlant l’anglais sans accent, cet homme dispose d’une grande ouverture vers l’extérieur. Il souffre du Parkinson.
L’Arabie Saoudite : une terre de contraste et d’inégalité
Disposant d’infrastructure moderne et sophistiquée, l’état saoudien est un pôle attrayant pour l’investisseur étranger. Le régime Wakil est très profitable et permet aux Saoudiens de garder 51% des profits fait en sol arabe. De plus, le processus de saoudisation donnant la priorité d’emploi aux Saoudiens ainsi que l’ouverture de cités industrielles et la création d’école de métier sont des mesures positives pour la main d’œuvre locale. En contrepartie, l’état étant un grand exportateur de pétrole, il dispose d’une économie non productive surconsommatrice. De plus, les entreprises privées tout comme les individus semblent dépendant à l’aide des travailleurs expatriés qui pullulent en Arabie Saoudite. En second lieu, l’état est dépositaire de la Mecque qui est le centre religieux par excellence du monde islamique. Il finance les études coraniques, la formation d’imam et la construction de mosquée. Cependant, nous observons que le message wahhabite a peu d’écho dans l’univers musulman. L’Arabie Saoudite rigoriste est donc marginale dans sa démarche, elle n’arrive pas à universaliser son idéologie au sein de la Oumma. Le spectre d’une guerre civile entre sunnite et chiite à ses frontières et dans son propre territoire est aussi à considérer. Finalement, ce pays est fort, puissant et tire sa légitimité d’une alliance sacrée intérieure additionnée d’un fort appui extérieur. Cet état est un contrepoids à l’Iran chiite. Cependant, il faut se rappeler que l’injustice sociale règne et que les châtiments corporels y sont toujours appliqués. On peut reprocher aussi cette absence absolue de droit aux femmes ainsi qu’une part de responsabilité dans le conflit afghan.
Sources :
http://membres.lycos.fr/samiaoun/
http://insidethegulf.com/central.php ?o=1&s=372&d=3&i=1324
http://www.romandie.com/infos/news2/081023091845.67bgj98v.asp
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