À peine André Boisclair démissionne-t-il que les rumeurs commencent à circuler au sujet du prochain chef du Parti québécois. Duceppe, Marois, Curzi, Drainville et j’en passe. Bien qu’on ne puisse rien changer au fait qu’il faudra remplacer Boisclair, je crois que l’on doit davantage se questionner sur la façon de le faire. Je m’explique.
En 2005, à la suite de l’abandon de Bernard Landry, on annonçait que tous les membres du PQ pourraient voter pour le candidat le plus apte à tenir les reines du parti. À partir de ce moment, la course à la chefferie prenait l’allure d’une véritable campagne électorale. Toutefois, à la différence d’une campagne électorale, on ne débattait pas tellement les idées, mais plutôt l’intégrité de chacun des aspirants au poste de chef.
Ces confrontations au sein même du PQ ont divisé les députés, ainsi que les membres. D’ailleurs, cela explique bien la raison pour laquelle on parle aujourd’hui d’un affaiblissement du parti. Plus encore, cette course à la chefferie a provoqué la démission d’une grande dame de l’État, qui, tout simplement, n’avait plus le cœur à continuer le combat.
Qu’on en dise ce qu’on voudra, la déroute du Parti québécois, ce n’est pas André Boisclair. En fait, la plus grave erreur a été de permettre à tous les membres de décider qui était le plus apte à diriger. Je suis persuadée que le choix du chef doit se faire par le vote des députés et de l’exécutif. Ce sont eux qui sont le plus disposés à juger, en fonction de leur expérience. Pour repartir sur une bonne base, le PQ devra, entre autres, revenir aux méthodes de votation à l’interne.
/BOUCLE_video>Je copie ici. pour éviter des renvois, un commentaire que j’ai déjà apporté à un autre article :
"Vae victis ! On va dire bien du mal de Boisclair - et une bonne part des critiques seront méritées - mais il ne faudrait pas négliger trois choses : 1) le PQ était mortellement blessé et, comme je l’avais annoncé avant même que Boisclair ne soit en poste, Boisclair n’est que celui qui a enlevé la flèche et provoqué l’hémorragie ; 2) le pourcentage d’homophobes, selon les sondages - sondages douteux, mais le résultat est bien là - dépasse l’écart dont dépend le résultat des élections au Québec. Dommage, mais il faudra encore du temps avant que ce facteur ne devienne neutre. Inutile de se voiler la face, le même phénomène va sans doute écarter in extremis de la présidence américaine, aussi bien une femme qu’un noir. 3) La présence de Québec Solidaire garantissait une victoire libérale. Même avec un pourcentage minuscule du vote populaire, QS a privé le PQ de 5 circonscriptions... et du statut d’opposition officielle, le facteur qui a finalement scellé le sort de Boisclair. Tout ça était parfaitement prévisible. Comme est prévisible maintenant l’arrivée d’un nouveau chef plus gauchiste qui portera en terre pour une décennie ou deux l’option souverainiste et mettra l’accent sur des avancées sociales. "
Cela dit, je ne crois pas que ce soit le mode d’élection du chef qui ait été DIRECTEMENT responsable du problème qui s’est passé au PQ, mais plutôt une distortion qu’a permis ce mode d’élection en ajoutant au membership un contingent "boisclairiste" plutôt que péquiste. Un contingent assez fort pour emporter la décision à la chefferie, mais insuffisant pour modifier la trajectoire du PQ. Ce choc entre anciens et modernes dont allait mourir le PQ était tout aussi trivial a prévoir.
Pierre JC Allard
Salut Catherine...
Très bon article. Je partage tout à fait ton point de vue. Personnelement, j’espère qu’il n’y aura pas de course à la chefferie. S’il y en a une, le prochain chef du PQ devrait être choisi à l’interne - dans un congrès semblable à ce qu’à fait le Parti Libéral Du Canada. La dernière course à la chefferie a certes permis une augmentation du membership - mais un an après, plus de 50% de ces personnes ne renouvellent pas !
Continue le bon travail !
Si monsieur Boisclair ne porte pas entièrement le poids des mésaventures du PQ depuis une dizaine d’années, force est de constater que la pire déroute que vient de connaître ce parti était le fait de monsieur Boisclair et de son approche. Le charisme est une denrée rare en politique. La force de caractère et la détermination (leadership) sont des éléments incontournables de succès que semblait ne pas maîtriser le chef du parti québécois.
Pierre R.
"Les mensonges et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion."- Paul Valéry
Le psychodrame péquiste ne cache qu’une chose et c’est le fait que le peuple Québécois pense, se comporte et vote désormais exactement comme Gesca, CBC franco et Québécor leur disent de le faire.
Le point de non-retour est atteint, le peuple est devenu incapable de se défendre contre l’assaut médiatique, via une baisse dramatique de la qualité et niveau d’éducation, d’un décervelage au showbizz/star système et un clivage grandissant dans la lutte des classes, le tout, largement passé sous silence par la gente journalistique.
Via une incessante et omniprésente propagande plus ou moins habilement déguisée, l’agenda politique de la nation est défini et appliqué sans grande résistance. La disparition de la gauche au Québec en est la première preuve accablante.
"Un peuple ignorant est plus facile à gouverner" - Duplessis
L’obscénité flagrante qu’est devenue la chasse au mouvement souverainiste depuis l’élection de la "mario-nette" de la droite à Dumont est explicite pour quiconque possède encore quelques neurones qui pétaradent.
« Les médias sont l’usine où se fabrique le "réel" ; ou ce qui en tient lieu ; ou ce qui l’a remplacé. Nous ne sommes pas sûrs qu’il y a un autre côté de l’écran devenu le miroir du monde. » - Élisabeth Lévy
Les attaques systématiques et insidieuses même être subtiles comme la publication du livre de Frulla/Beaudoin qui relègue les siècles de combat du Québec à l’insignifiance d’une discussion de salon entre bonnes amies oblitérant ainsi la notion de "traître à la nation", légalement acquise grâce au jugement de la Cour d’appel du Québec dans l’affaire Hervieux-Payette.
Cette grande leçon de droit civil aura pris 20 ans à se conclure et constitue un chapitre important de l’histoire judiciaire du Québec. http://www.crdp.umontreal.ca/cours/drt3805/hervieuxc.ssjb.html
L’essai sur la liberté de parole, en matière politique, de François Gendron : "L’AFFAIRE DES TRAÎTRES" raconte cette saga et devrait être une lecture requise de tous citoyens qui s’intéressent encore au débat public.
Mais qui possède encore l’énergie d’essayer de sauver une nation qui insiste à retourner vers son abuseur pour quémander "une autre claque sa gueule ? "
Et surtout pourquoi faire l’indépendance du Québec si c’est pour se "crisser" pieds et poings liés dans les sales pattes de la banque mondiale et du FMI ?
"Quand on a réussi à faire croire à l’esclave que ses chaînes sont disparues, il ne croit plus à la liberté. " - Doris Lussier
Gardez cette recette en mémoire, elle servira de nouveau pour les élections fédérales qui se pointent !
Prenez un bon vieux fond catho, bien dressé à l’obéissance aveugle, ajoutez un décervelage télé/radiophonique à haute teneur démagogique, liez la sauce en incorporant LA corde sensible des québécois qu’est la nostalgie ; spécifiquement celle de l’inconscience débilitante de la pré révolution tranquille, ajoutez les épices du syndrome de Stockholm et un brin de complexe d’infériorité et BINGO !
Les Québécois donneront un gouvernement majoritaire à Harpeur et au pire mouvement obscurantiste et criminel via un aplaventrisme nihiliste face à la junte Bush/Cheney. Belle gibelotte !
Merci Mindfuck inc. !
"L’indépendance, c’est le saut que doit faire le Québec hors de la "survivance" pour entrer dans l’existence normale...Sinon, ce qui nous attend, c’est l’extinction graduelle, avec tous les soubresauts de violence anarchique qui accompagnent l’agonie insensée d’un organisme bâti pour vivre. " -René Lévesque
J.F.William s’est juré de ne plus écrire sur la politique et de se consacrer à ses projets artistiques. Il est en pleine rémission et se porte à merveille...
Je vous comprends de ne plus écrire sur la politique, qui est parfois bien décevante, mais, avant de quitter la Treizième avenue, Monsieur William, ce serait sympa de nous donner la réponse à la question que vous posez :
"Pourquoi faire l’indépendance du Québec si c’est pour se "crisser" pieds et poings liés dans les sales pattes de la banque mondiale et du FMI ?"
Pierre JC Allard
M. William,
J’ai rarement lu un commentaire si juste. J’aurais voulu l’écrire. Consacrez-vous à vos projets artistiques si vous le voulez mais gardez, oh urgence, votre élan de justesse en cette période ou le socio constructivisme ne donne guère espoir en une société capable de critique !
BG
Cher Pierre JC,
OK… mais de reculons car je ne veux pas commencer une enfilade sur ce sujet… I’m trying to quit, remember ! ;)
La lecture du débriefing du Nobel en économie Joe Stiglitz par Greg Palast est un excellent départ pour comprendre mon point de vue…
The Globalizer Who Came In From the Cold
Appliqué au Québec, je crois que le principe/concept "d’état entreprise" tel que défendu par Parizeau, ce qui, en passant, a donné la seule crédibilité au mouvement souverainiste dans les milieux financiers américains, est mort et enterré.
Cette école de pensée telle que représentée par le grand Jacques et Rodrigue Tremblay est sacrifiée à l’autel de la mondialisation et de la privatisation de l’État qui est en cours.
“La démocratie, ça consiste moins à s’entendre tous autour d’un compromis boiteux qu’à appuyer une idée intelligente qui ne fait pas l’unanimité.” –Jacques Parizeau
Il n’y a pas d’alternatives pour une petite nation comme le Québec qui, en plus, doit se défendre contre une mise en minorité systématique de la part du Canada.
Il n’y a eu que Chantal Hébert pour relever que le supposé accord sur le déséquilibre fiscal se fera à l’avantage de l’Ontario. Manitoba et Colombie Britannique…
Le gouvernement Harpeur appuie encore Wolfowitz et applique, à la lettre et du mieux des possibilités de notre système parlementaire, le livre de recette du GOP républicain de Karl Rove.
En voici 3 axes tels que démontrés dans mes clips…
1 ) Privatisation de l’armée : BLACKWATER : THE SHADOW WAR
2) Privatisation des données personnelles : Be Careful What You Say 2
3) Privatisation du système électoral : Lynching by Laptop Part 2
Et dire que le Québec s’apprête à donner à l’obscurantiste à Harpeur un gouvernement majoritaire pour qu’il puisse continuer son beau travail… Dumont lui donne 85 % !
I rest my case !
En fait, j’aime mieux me la fermer que de perdre mon sens de l’humour et tomber dans le mépris et le dégoût que m’inspire une entité qui retourne systématiquement vers son abuseur pour quémander une autre claque sur la gueule ou pire, et plus vulgairement, qui s’y présente avec un tube de KY à la main comme preuve d’accommodement raisonnable…
There is a fine line between kneeling down and bending over that I’m just not ready to cross ;)
“Pour un petit peuple comme le nôtre, sa situation minoritaire sur un continent anglo-saxon crée déjà une tentation permanente de ce refus de soi-même, qui a les attraits d’une pente facile, au bas de laquelle se trouverait la noyade confortable dans le grand tout.” - René-Lévesque
Now, can I rest in peace...

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