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    Le "nonisme" québécois

    le 8 juin 2006 | 1078 visites | 3.68 / 5 | 8 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Le "nonisme" québécois
    photo : Groov3 (Flickr)

    Bernard Landry, en entrevue hier à Radio-Canada, y est allé d’une sérieuse mise en garde. Le « nonisme », c’est dangereux. Ne manquant jamais une occasion de nous impressionner avec des expressions sorties tout droit de nulle part, l’ancien chef du Parti québécois voulait en réalité souligner la croissance de cette tendance au non systématique prononcé par les groupes de pression du Québec devant les différents projets d’importance.

    Le Québec est-il véritablement victime de cette présumée montée du « nonisme » ou est-ce seulement une tempête dans un verre d’eau alimentée par de méchants capitalistes frustrés ? Bizarrement, j’ai l’impression cette fois le bon vieux Bernard avait raison.

    Il y a quelques jours déjà, le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, toujours en entrevue à la télévision de Radio-Canada, se désolait du fait qu’il n’était pas possible pour lui de réaliser un seul projet d’envergure en sol québécois. Nul n’est prophète dans son pays, vous direz ? Selon Laliberté, là n’est pas la question. Les québécois, la classe politique incluse, aurait trop de mal à s’entendre. Est-il nécessaire de rappeler que le Cirque du Soleil avait dû se retirer du projet du Casino de Montréal à Pointe-Saint-Charles, après que ce projet eut été rejeté par la population. On pouvait vraiment sentir son amertume, sa frustration.

    Le cas du Cirque du Soleil et du projet du Casino de Montréal au bassin Peel représente bien ce qui se passe actuellement au Québec. En entretien avec Françoise David, porte-parole du parti Québec Solidaire, Dominique Poirier parlait d’immobilisme québécois. « Le Québec ne s’immobilise pas », lui rétorqua Mme David, « il se démocratise ».

    Le travail effectué par les différents groupes de pression n’est vraiment pas négligeable. On ne compte plus les projets ayant été sabotés (souvent avec raison) par les groupes communautaires et environnementaux. Il faudrait cependant être prudent. Ce non systématique, s’il existe véritablement, pourrait coûter cher aux Québécois. Dans cette même entrevue, on apprenait en effet que le Québec se classait au 10e rang au Canada relativement à l’investissement direct étranger. Pure coïncidence ? Permettez-moi d’en douter.

    Les valeurs communautaires et environnementales devraient toujours être mises au premier plan lors de l’évaluation des différents enjeux d’intérêt public. Seulement, il ne faudrait pas se cacher derrière des visions trop utopiques qui pourraient avoir pour effet de tuer le dynamisme de la société dans laquelle nous vivons.

    Publie.ca!
    Mots-clés : québec et Politique

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  • 8 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Une sage m’a déjà dit qu’il faut faire attention à ce que l’excellent ne nuise pas au très bien... Un autre m’a dit, plus crûment, qu’on ne peut pas l’avoir par les deux bouts (il a prononcé bouttes...), ce qui est à mon avis une belle version québécoise du beurre et de l’argent du beurre. Si on veut à la fois une société dynamqiue économiquement et une société écologique et équitable, il faut accepter de faire des compromis des deux côtés...

    8 juin 2006 | répondre | permalien
    • Lugalle

    Guy Laliberté ne fesait que pleurnicher la perte d’un projet-parasite dont il était l’agent justificateur, la dorure sur la pilule (ou la vaseline sur l’enculeur), quoi...

    À la place de chiâler, si son projet de cirque à lui est si bon que ça, pourquoi ne paye-t’il pas de sa propre poche ? Comme ça il n’aura que lui à blâmer en cas de déconfiture.

    8 juin 2006 | répondre | permalien
    • LEKO

    Il faudrait aussi se demander une choses : est-ce que la classe politique ÉCOUTE le peuple ?

    Depuis que les Libéraux sont au pouvoir, les erreurs de jugement politique se multiplient. Ce qui finit par générer du NON compulsif. On finit par ne plus pardonner et ne plus accepter tout ce qu’on nous propose parce que les gens qui ne le proposent nous "écoeure".

    Et je ne dis pas ça pour faire une critique des Libéraux. Ça pourrait arriver à l’ADQ ou au PQ. Lorsqu’on déplait à beaucoup de gens, ces gens finissent par avoir une opinion négative de vous et par la suite il devient difficile de les emmener à nous écouter. En plus, il y a l’effet d’entrainement, lorsqu’on sent une grande insatisfaction on a tendance à suivre le mouvement.

    9 juin 2006 | répondre | permalien
    • Philippe Martin

    • site

    L’article de Martineau dans Voir remet bien les pendules à l’heure de nos ludos-entrepreneurs. Ils se sont beaucoup trop enrichis pour être impartiaux. En ce qui concerne les projets, il y a un tel manque d’imagination. Que l’on nous propose différents choix plutôt que de vouloir nous enfoncer de force dans la gorge un Casino, que nous avons déjà d’ailleurs. Pourquoi pas une cité des sciences et de la technologie sur le modèle de Paris. Pourquoi pas un train rapide entre Dorval et le centre-ville dont nous aurions bien besoin ? Pour terminer, « le peuple » est de mieux en mieux informé, merci Internet, donc beaucoup plus critique et moins apte à gober n’importe quoi.Les politiques et autres décideurs vont devoir composer avec sous peine de frapper de plus en plus de murs. A lire en complément cet excellent article sur Agoravox

    10 juin 2006 | répondre | permalien
    • lugalle

    Un de mes amis, rive-sudiste impénitent en cesse de gueuler contre Montréal en raison de l’acumoncellement de festivaux de tout acabits qu’y s’y déroulent perpétuellement (enfin, surtout durant la « belle » saison)... Bref, le ludisme n’a pas la cote (comme dirait la fourmi)...

    Il est vrai qu’une métropole de deux millions d’habitants est plus susceptible d’attirer les événements culturels qu’une banlieue-dortoir minable de classe moyenne triste à mourir...

    10 juin 2006 | répondre | permalien
    • lugalle

    La classe politique n’écoute plus le peuple ; du moins, depuis sa bourgeoisisation.

    Depuis plus de 25 ans, on assite à une entreprise systématique de dénigrement de l’État et du gouvernement de la part des grands bourgeois qui n’ont pour autre but que le démantèlement de cet État empêcheur d’exploiter et de profiter en rond.

    Depuis que Thatcher et Reagan ont sévi sur cette terre, la classe moyenne, principal moteur démocratique, n’a cessé de subir assaut sur assaut ; son pouvoir d’achat fond comme une peau de chagrin, son influence politique diminue.

    Elle en vient même à épouser le mode de pensée des grands bourgeois en pensant, comme eux, que l’État est mauvais et que seule la totale liberté économique est la voie unique, tellement elle s’est faite assomer par les discours anti-État !!!

    10 juin 2006 | répondre | permalien
    • Sinik LeCritik

    Évidemment, depuis que le gouvernement libéral n’a plus la cote aupres de la population en général (soit depuis 3-4 ans ;-) ) , il tente d’Avoir la cote auprès du patronat, et de la classe économique. Pensons à Orford, à General electric avec les éoliennes (il est vrai que c’est êxtrement compliqué à produire, une hélice), au projet de loi privé #229 stipulant que "Ultramar Ltée peut, à défaut d’entente, acquérir par expropriation tout immeuble ou tout droit réel en vue de la construction, de l’exploitation ou de l’entretien d’un oléoduc destiné au transport du pétrole et de ses dérivés de la région de la Ville de Lévis jusqu’aux installations existantes de la société localisées dans la Ville de Longueuil, arrondissement Boucherville. "

    pensons au prolongement de l’Autoroute 30, qui serait "écologiquement sensé" puisque la congestion serais diminué, et l’effet de serre avek !

    pensons au jugement Chaouli, auquel la clause nonobstant n’a pas été utilisé.

    pensons à la privatisation des hippodromes et de la création de "casino de proximités" a l’intérieur desquels des centaines de machines vidéopoker seront accessibles (pour les touristes ??)

    pensons au projet de loi visant la privatisation de l’ile d’Anticosti.

    enfin bref.. ces quelques exemples démontrent bien que les libéraux doivent faire des cadeaux d’urgence avant de se voir exproprier par les prochaines élections...

    Sinik LeCritik

    16 juin 2006 | répondre | permalien
    • paul hamel

    Le tôt d’investissement serait un indice de vitalité ; et qui plus est le p rincipale ? quand on dit non à quelquechose, on dit oui à autre chose. Même les parcs éoliens en gaspésie sucite la grogne parce que les populations local ne peuvent s’approprier les projets. Ils diraient oui dans bien des cas. Et un non à l’indépendance, je suppose que ce non là serait applaudier par les affairistes argentiers

    11 juin 2006 | répondre | permalien

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