
Je peux dire à nos critiques ainsi qu’aux journalistes qui se plaignent constamment que le monde tel qu’ils le connaissaient est révolu, et j’en suis très heureux.
David Asper, CEO de CanWest Global
« Je n’ai jamais pris de l’EPO. Je n’ai jamais touché à des substances illicites de ma vie. » Ces mots de Geneviève Jeanson, prononcés en 2005 lors de la suspension imposée par l’Union cycliste internationale à l’athlète de Lachine, ont refait surface dans l’actualité récemment alors que Jeanson a avoué devant la caméra du journaliste Alain Gravel avoir régulièrement fait usage d’ÉPO entre 16 et 23 ans.
Elle a menti au monde entier pour performer, s’enrichir financièrement, protéger ses commanditaires et poursuivre son rêve de devenir la meilleure cycliste au monde. Une jeune fille naïve, entraînée par un autre mégalomane, a eu le culot de regarder la caméra dans les yeux et dire qu’elle n’avait jamais pris d’ÉPO, et ce, malgré deux suspensions et un taux d’hématocrite trop élevé dans le sang.
Une telle impudence à mentir pour ne pas avouer un objectif inavouable – tricher pour triompher – semble être le mal de l’époque dans laquelle nous vivions. La manipulation, le mensonge et la calomnie sont devenus des vertus de la réussite, dans la mesure où les moyens et la puissance d’un individu, d’une organisation ou d’un État sont suffisants pour contourner et violer impunément la loi des Hommes et son esprit.
L’exemple de Jeanson est inoffensif – mais représentatif - à nos yeux si on le compare à l’immense manipulation dont les médias se rendent coupables, notamment en politique et en économie, à tous les jours pour contrôler et orienter les esprits de la masse de leur pays respectif en fonction de leurs intérêts gigantesques.
Prenons le présent contentieux Iran - États-Unis. Après quelques déclarations incendiaires du président Ahmadinejad et sa volonté de développer l’arme nucléaire pour se protéger de l’impérialisme américain, l’Oncle Sam lui a réservé un accueil digne d’un pays totalitaire. Une rare unanimité qui rappelle la tentative nazie d’uniformiser, par un contrôle psychologique serré, les masses allemandes ignorantes des enjeux mondiaux en invoquant la haine, la peur et la menace (terroriste).
En visite aux Etats-Unis pour la rencontre annuelle des chefs d’état à l’ONU, le président iranien a participé à un débat qu’organisait l’Université Columbia. Invectivé et menacé pour avoir déjà dit qu’Israël, en occupant illégalement et illégitimement la Palestine (argument défendable en regard de l’Histoire, notamment du traitement réservé aux Palestiniens par Israël), devait disparaître de la carte, le président iranien fait l’objet, dans la presse étasunienne, d’une unanime réprobation, de haine et d’irrationalité. On considère, à tort, que les valeurs américaines autoproclamées – la démocratie, les droits de l’homme, l’égalité et la liberté d’expression – sont supérieures aux valeurs iraniennes.
Est-ce que quelqu’un, dans les médias, s’est interrogé sur la nature historique du contentieux entre les deux pays ? Est-ce quelqu’un, dans les médias, a confronté ces pseudo valeurs américaines avec les multiples agressions de la Maison Blanche (blanche, mais pas nécessairement pure) dans un pays réputé être une des réserves mondiales du pétrole et un terrain géostratégique pour les États-Unis. Enfin, est-ce quelqu’un s’est posé la question de la légitimité iranienne de résister à l’impérialisme sauvage des Américains partout dans le monde ?
Croyez-vous que les porte-parole de l’exécutif américain vont venir dire, publiquement, que les intentions de leur pays sont de soumettre tous les pays du monde au diktat de l’économie américaine en bafouant la démocratie, leur histoire, leurs valeurs, leurs ressources et leur mode de vie ? Bien sûr que non. Pourtant, en invoquant les valeurs nobles de la démocratie, la liberté individuelle, les droits de l’homme et la liberté de presse, l’administration américaine ouvre la porte à toutes les dominations, lesquelles vont de l’assassinat d’hommes politiques adulés dans leur pays respectif et démocrates dans l’âme (c’est-à-dire travaillant pour l’amélioration des conditions matérielles, humaines et civiques de leurs concitoyens) au vol d’élections à l’intérieur et à l’extérieur du pays – le Mexique étant le dernier pays en lice à avoir été victime de la droite internationale unifiée – en passant par l’écoute électronique et la surveillance des consciences par un contrôle des lectures en bibliothèque, etc.
En 1953, la CIA a inauguré sa nouvelle phase impérialiste en renversant le gouvernement démocratiquement élu de Mossadegh, un président qui s’était pourtant collé sur des principes démocratiques américains. Pourquoi renverser un gouvernement qui s’inspire de la démocratie américaine, et le remplacer par un dictateur sanguinaire, le Chah d’Iran ? Pour les ressources naturelles et pour exercer un contrôle politique sur la région. Mais aux Etats-Unis, un tel discours peut mener au lynchage.
Pendant ce temps, aux États-Unis, les médias sont contrôlés par des entreprises aussi engagées dans le commerce militaire (General Electric), dans le commerce industriel (Rupert Murdoch, un idéologue de l’extrême droite, AOL-Time Warner) et par des capitalistes dont la principale motivation est la profitabilité corporative.
On préfère, dans les médias, éviter de questionner la société américaine sur l’impérialisme brutal de son pays un peu partout dans le monde depuis plus de 60 ans ; la peine de mort ; l’inégalité inhumaine d’une philosophie darwinienne sanctifiée dans le néo-libéralisme (le plus fort gagne, alors que le plus faible meurt ou laissé sur le trottoir) ; les trois versions du Patriot act qui réduisent considérablement la liberté de conscience et la vie privée des citoyens, deux concepts qui sont à la base « théorique » de la fondation du pays ; le discours uniformisé des médias américains (peut-on s’en surprendre ?) en faveur de la « supériorité » des valeurs américaines sur les « barbares » ; les réels dangers d’une intégration religieuse dans les affaires civiques ; les questions laissées sans réponses sur les causes, les facilitateurs et les responsables des attentats du 11 septembre 2001 ; les vols d’élections républicains en 2000 et 2004 ; l’utilisation de la peur, de la menace et du contrôle des consciences américaines, etc.
La dissidence, la liberté de conscience et la liberté d’expression, si elles existaient aux Etats-Unis avant le 11-09-2001, n’ont pratiquement même plus droit de citer dans les médias institutionnels de ce pays. Pour vous en convaincre, je vous invite à visionner dès maintenant la vidéo ci-jointe .
Un étudiant de l’Université de la Floride, questionnant le candidat démocrate John Kerry sur le vol d’élections de 2004 qui le déclare, lui, vainqueur de la présidentielle, se fait censurer et maîtriser par la police parce qu’il exerce légitimement son droit de parole. En citant le livre Armed madhouse du journaliste d’enquête étasunien Greg Palast, l’étudiant questionne Kerry sur son absence de volonté à entamer le processus de destitution de Georges W. Bush. Une petite vidéo qui en dit long sur l’abrutissement de la société américaine…
Heureusement qu’il existe – encore – quelques voies alternatives pour libérer la parole citoyenne dissidente, la contre-culture et l’altermondialisme du joug de l’establishment néolibéral occidental.
/BOUCLE_video>Pas pour défendre Ahmadinejad, mais il n’a jamais dit qu’il voulait rayer Israël de la carte il a été mal traduit. Il a citait l’ayatolla Khomeney qui disait que le régime sioniste au pouvoir en Israël devait disparaître des pages des l’histoire.
matchafa
Les mots pour décrire adéquatement les USA et leur comportement ne peuvent plus être utilisés entre gens bien élevés. ANATHEMA SIT !
http://nouvellesociete.org/5142.html
Pierre JC Allard
Bonjour,
Je connais aussi la référence à Khomeny.
Si je ne l’ai pas mentionnée dans le texte, c’est pour la simple et bonne raison que plusieurs politiciens utilisent des références semblables pour faire passer leur message sans avoir à supporter la responsabilité politique d’une telle prise de parole.
Un détour historique semble alors plus approprié...

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