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Sur quoi reposent les critiques de la bureaucratie. En quoi sont-elles incomplètes ?
Qu’est-ce que la bureaucratie ? On définit la bureaucratie comme un "excès de formalités, de documents et de formulaires administratifs."
Pour préciser le concept, la bureaucratie est une entité administrative dotée d’un pouvoir coercitif sur plusieurs objets, tels que les processus de production et les transactions économiques.
De toutes parts, on critique "la bureaucratie" et "les bureaucrates" comme étant des entités non productives qui ne font qu’administrer des activités qui ne le concernes pas. Le fondement de ces critiques est simple et juste : la bureaucratie alourdit les processus qu’elle gère ; ce qui a pour effet de nuire à ces derniers en additionnant coûts et délais.
Plus profondément encore, l’essence des critiques des appareils bureaucratiques est que ceux-ci réduisent la liberté des organisations qui leur sont soumises.
Or, l’observateur attentif découvrira que l’essentiel des critiques de la bureaucratie est adressé exclusivement à l’État. On entend donc que la bureaucratie d’État correspond à un double gaspillage. D’un, un gaspillage de fonds publics est décrié. De deux, les emplois de ces fonctionnaires sont improductifs et, par nature, ceux-ci nuisent plus qu’ils n’aident ce qu’ils tentent d’administrer.
Or, voici où se trouve le double standard. Quiconque cherche à dénoncer la bureaucratie ne peut s’exempter de critiquer une autre forme de bureaucratie... Cette autre bureaucratie, privée, se nomme le Droit.
Remarquez à quel point le droit sied à la perfection dans le concept de "bureaucratie". Le droit administre des processus et est totalement dépourvue de la moindre activité productive. De plus, tout comme la bureaucratie d’État, elle est énormément coûteuse et elle fixe des cadres à des processus dans lesquels elle n’est pas impliquée ; rétrécissant ainsi la liberté des organisations qu’elle administre.
Côté gaspillage, le droit est connu pour ses pratiques très onéreuses liées à deux phénomènes bien réels. D’un, les salaires des travailleurs de l’industrie du droit dépassent grandement ceux des fonctionnaires d’État. De deux, logiquement, l’industrie du droit n’a aucun avantage à refuser du travail.
Voilà en quoi tient le double standard des critiques de la bureaucratie : ces critiques ne s’attardent qu’à une de ses formes : l’État. La critique de l’industrie du droit - une bureaucratie toute aussi coûteuse, lourde et restrictive - est totalement et systématiquement inexistante de leur discours.
/BOUCLE_video>POST-SCRIPTUM : Guillaume Lamy est animateur de l’émission Les publications universitaires diffusée à CHOQ.fm. Pour plus d’information consultez le site de l’émission http://www.publications-universitaires.qc.ca
Effectivement elle dépasse le secteur public mais ce qui la rend plus désagréable c’est quand elle a un monopole.
J’aime bien cette phrase d’un auteur inconnu :
La bureaucratie grandit pour répondre au besoin croissant de la bureaucratie grandissante.
L’excès de formalité administrative peut soit être perçu comme une nuisance ...ou comme double vérification, un rempart, une belle machine idiot-proof. ...bref, une sécurité. Une grosse machine est lourde, couteuse, mais elle structure. Elle structure très bien et agit systématiquement et également pour chacun.
Malheureusement, son travail de pieuvre reste trop souvent dans l’ombre et n’est pas apprécié à sa juste valeur.
Pouvez-vous être plus précis dans ce que vous décriez comme étant de l’immobilisme et la privation de votre liberté ?
Merci de partager cela avec la communauté du journalisme citoyen ! :)

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