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Réactions d’un blogueur politique gauchiste suite au billet du député Simon-Pierre Diamond publié sur CentPapiers le 19 mars dernier.
Je sais, les lieux géographiques doivent normalement respecter les règles de la langue française et la première lettre du nom doit utiliser la majuscule. Je reconnais également que ce film n’était pas à la hauteur de son prédécesseur « À la poursuite du diamant vert ». Mais, que voulez-vous, j’ai décidé de me permettre cet écart de langage suite à la parution du billet du député de Marguerite-d’Youville sur le site du journal citoyen CentPapiers.
Le jeune député adéquiste nous a confié qu’il espère que « son élection redonnera confiance aux jeunes dans le politique ». Certes, il apporte de bons arguments - que nous avons entendu auparavant et ailleurs - qui nous expliquent un peu pourquoi les jeunes ne s’impliquent pas dans les partis politiques. On ne peut pas contredire le fait que les jeunes se sentent plutôt interpellés par les luttes environnementales, les manifestations contre la guerre, la solidarité internationale, les enjeux humanitaires et autres nobles causes. Quant à moi, rien de nouveau dans ces constatations. Je me rappelle des « rallyes pour le tiers-monde » et des manifestations contre le nucléaire dans les années 70 et 80, ces évènements étaient beaucoup plus populaires que les congrès annuels des partis politiques. Quand on se retrouve à la fin de l’adolescence, on rêve d’un monde meilleur, de changements extraordinaires, d’une grande fête universelle…
Celui qui détient le record du plus jeune membre de l’Assemblée Nationale du Québec aurait pu consulter l’étude publiée par Élections Canada qui tente d’expliquer pourquoi tant de citoyens s’abstiennent de voter. Voici quelques raisons qui ont été soulevées par les répondants à ce sondage réalisé en 2003 :
Les jeunes sont cyniques ou désenchantés de la politique, dégoûtés « des fausses promesses, de la malhonnêteté, de l’hypocrisie, de la corruption et du négativisme » qui caractériseraient la vie politique, et réfractaires à participer à un exercice « inutile ».
Ils manquent de confiance envers les candidats, les partis ou le gouvernement, ou n’aiment simplement pas ce qui se fait (ou ne se fait pas) en politique.
Après avoir vu défiler les accusés de la commission Gomery au petit écran, constaté que certains chefs de partis reçoivent des rémunérations douteuses et appris que de hauts fonctionnaires vivent comme des pachas, il n’est pas surprenant que les jeunes sont de plus en plus cyniques face au monde politique. On s’entend pour dire que ça rejoint la majorité de la population, peu importe l’âge !
En ce qui concerne les raisons qu’ils l’ont amené à s’impliquer dans un parti politique, je ne comprends pas pourquoi M. Diamond n’a pas mentionné - comme il l’avait fait lors de son passage à Bon Baiser de France l’an dernier - que son père était activement impliqué en politique, ce qui l’a probablement encouragé à joindre les jeunesses adéquistes alors qu’il n’avait que 16 ans. Comment peut-il prétendre que « la population de Marguerite-D’Youville a su faire abstraction de son âge et lui faire confiance » alors que son élection est sans aucun doute reliée à l’insatisfaction générale de la population envers les politiciens et à un vote de contestation transmis vers Mario Dumont et sa formation politique ?
Malgré son inexpérience et son jeune âge, M. Diamond démontre cependant de réelles capacités à devenir un politicien chevronné (…) et un personnage fort ambitieux. Avant d’en arriver là, il lui faudra cependant investir des énergies considérables pour conserver son siège aux prochaines élections. Dans la circonscription qu’il représente, l’ADQ y a récolté l’an dernier deux fois plus de votes qu’à l’élection générale de 2003. Historiquement, les circonscriptions de cette région de la rive-sud de Montréal sont des endroits où les péquistes et les libéraux se partagent le pouvoir, selon l’humeur de la population. Suite aux résultats des derniers sondages et des récentes performances de l’ADQ, sans oublier l’arrivée de Mme Monique Richard comme candidate du PQ dans son comté, la lutte pour le maintien au pouvoir s’annonce très difficile pour M. Diamond et l’ADQ.
Maintenant, s’il désire réellement que les jeunes de sa génération reprennent le goût du politique, il devra convaincre son chef de démontrer qu’un politicien peut être honnête et proche des préoccupations des citoyens. Retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan, gratuité scolaire, réforme du mode de scrutin, démocratie participative et transparence de la rémunération du chef de l’opposition, ça vous dit quelque chose ?
En passant, j’ai appris qu’en informatique, « nil » est utilisé pour désigner la liste vide qui joue le même rôle commode pour les listes que le zéro pour les entiers…
/BOUCLE_video>Si je comprends bien votre métaphore M./Mme lutopium, le jeune député « diamant » montre une « liste vide qui joue le même rôle commode pour les listes que le zéro pour les entiers… ».
Quelqu’un utilisant le même pseudonyme que vous écrivait chez Gilles Taillon au début de février que l’ADQ avait pourtant sa place dans le paysage politique Québécois :
« Soyez assuré que, même si je fais partie de "l’autre camp", j’apprécie parfois la critique amenée par l’opposition officielle et respecte le rôle de "chien-de-garde" que s’est donné votre formation politique. Tout comme vous, je ne veux pas retourner à un paysage politique bipartite mettant en vedette le PLQ et le PQ. »
En avez-vous contre M. Diamond personnellement ?
Je veux bien croire que plusieurs des nouveaux députés de l’opposition officielle ont pu être surpris de remporter leur comté, mais il me semble que « le jeune » tire assez bien son épingle du jeu. Qu’on compare son travail à des élus de son parti ou à d’autres et le « zéro que vous lui attribuez » montrera que votre système d’évaluation a besoin d’être réévalué...
Dans le parti au pouvoir, entendez-vous beaucoup parler d’une vedette comme Pierre Arcand (ex-président de Corus Québec) ?
Au parti québécois, j’aimerais bien savoir combien de citoyens au Québec sont capables de dire quel métier exerce actuellement Serge Deslières ou Martin Lemay de la même région que M. Diamond ?
Le jeune député n’est peut-être pas dans le bon parti à vos yeux, mais dire qu’il ne contribue en rien à « redonner confiance aux jeunes dans le politique » me paraît être un jugement cavalier.
Admettons au moins qu’il passe par des moyens modernes pour remplir sa tâche et qu’il tire assez bien son épingle du jeu (par rapport à d’autres) en tant que « Porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement durable et d’environnement » ; M. Dumont avait le choix et c’est à un jeune homme de vingt-deux ans (23 maintenant) qu’il a offert ce poste.
Si au moins, vous critiquiez son travail à ce titre, je comprendrais, mais vous vous servez de tout plein de trucs qui n’ont rien à voir avec lui pour le juger...
Et puis, vous...
Vous avez des suggestions pour « redonner confiance aux jeunes dans le politique », autres que celle de planter un jeune homme qui accepte une invitation de publier dans un endroit où on ne voit pas souvent des représentants de l’État ?
M. Asselin, merci pour avoir pris le temps de réagir à mes propos.
Je commencerai par confirmer que je n’ai rien contre M. Diamond. Je ne le connais pas personnellement. J’ai quand même pris le soin de mentionner qu’il "démontre de réelles capacités à devenir un politicien chevronné et un personnage fort ambitieux". J’ai regardé (en reprise sur le web) son passage à Télé-Québec et écouté l’entrevue qu’il a donné à Christiane Charette la semaine dernière. On doit reconnaître que le type se "débrouille bien en public". Il a le sens de la réplique. J’admire les gens qui sont passionnés par le politique et qui ont un réel désir de changer les choses.
J’ai simplement voulu démontrer que M. Diamond et l’équipe de l’ADQ ne représentent pas LE changement auquel les jeunes pourraient espérer. Selon le billet de M. Diamond, "l’environnement, l’aide humanitaire et l’éducation sont des sujets que les jeunes prennent politiquement à cœur". Il faudrait donc m’expliquer pourquoi il ne s’est pas opposé au projet Rabaska... Pourquoi n’a-t-il pas pris la parole pour expliquer les vertus de la discipline à l’école ?
Il prend le temps de nous rappeler que la "mobilisation étudiante fut énorme pour combattre les 103 millions enlevés par Charest pour les prêts et bourses..." Pourquoi n’a-t-il pas appuyé les étudiants ? Pourquoi l’ADQ prone-t-elle le dégel des frais de scolarité ?
Je crois que M. Diamond est principalement intéressé par la collusion entre le politique et l’entreprenariat. Jetez un coup d’oeil à son cv : la majorité de ses implications sont reliées aux chambres de commerce et au développement économique. Il semble avoir les mêmes ambitions que bien des politiciens qui décident de militer dans un parti politique afin de "réseauter". C’est ce que dénoncent bien des jeunes et bien des vieux. C’est ce qui explique le cynisme des électeurs : cette relation incestueuse que peuvent avoir les partis et les forces économiques. Personnellement, je crois que c’est le vrai problème du monde politique.
Je terminerai en disant que deux évènements pourraient (peut-être) attirer les jeunes (et les moins jeunes) vers le politique : la réforme du mode de scrutin - qui permettrait à des partis vraiment différents d’être présents dans le paysage politique - et l’établissement d’une réelle démocratie, dans les partis et à l’Assemblée, afin d’empêcher le détournement des fonds publics et le respect des réelles aspirations des citoyens.
Malheureusement, le silence des députés de l’ADQ sur l’attribution d’un bonus de $50,000 à son chef me laisse croire que le goût du pouvoir et l’appât du gain commencent à faire leur apparition dans cette formation qui se voulait différente des deux autres partis.
Merci. Comme ça semble vous préoccuper, je vais maintenant aller voir si je suis un monsieur ou une madame... ;-)
Et en passant... y’a pas que les "gogauchistes" qui tirent sur l’ADQ... Allez rendre visite aux libertariens, vous verrez que même la droite économique n’achète pas l’approche de Mario Dumont.
Je peux maintenant vous confirmer que je suis encore un petit garçon. Ouf !
Merci de votre réponse. J’ai mal interprété le « bien » que vous disiez de M. Diamond. J’ai pris l’allusion au « politicien chevronné » et au « personnage fort ambitieux » pour de l’ironie...
Néanmoins, ne trouvez-vous pas que l’utilisation du « nil » était exagéré même si l’arrivée du jeune député n’est pas « LE changement auquel les jeunes pourraient espérer » pour s’intéresser davantage à la politique ?
Pour ce qui est de son intérêt pour l’entrepreneuriat, je ne vous suis pas dans le raisonnement à l’effet que s’intéresser aux questions économiques conduit inévitablement aux relations incestueuses. J’ai un copain féru des questions de développement durable qui a décidé d’agir pour l’environnement en fondant une compagnie qui vise à mieux supporter les projets qui tiennent compte de cet aspect dans l’offre de services des entreprises. Il est jeune et c’est une valeur importante pour lui le développement durable. Tout comme M. Diamond, il semble penser que « ça passe par l’économique »... Pourquoi faut-il toujours que s’intéresser aux questions d’argent soit suspect en politique ? Je vous concède que certains politiciens ont servi leurs intérêts avant tout et que cela soit très démobilisant, mais M. Diamond mérite qu’on lui laisse un peu de temps avant de conclure qu’il sombrera dans le côté « sombre de la force »...
Deux choses pour terminer.
Merci pour vos deux suggestions répondant à mon appel à ce que vous vous feriez. J’ai été brusque, je m’en excuse. Je crois moi aussi que la réforme du mode de scrutin pourrait augmenter la participation des jeunes. Je travaille avec les jeunes et j’entends souvent dire que voter ne sert à rien, que de s’en priver ne change rien au résultat. Pour que chaque vote puisse enfin réellement compter, certaines règles du jeu doivent changer.
J’ai utilisé le M./Mme parce que je ne sais qui vous êtes ; je n’ai pas voulu vous offenser. Peut-être avez-vous donné des indices à quelque part de votre appartenance... je les ai manqués. Je confesse entretenir certaines réserves à discuter avec des gens qui utilisent des pseudonymes, mais je respecte cette décision surtout quand cette personne n’en profite pas pour attaquer les gens personnellement. Il y avait une certaine charge émotive dans mon premier commentaire et elle était en lien avec ce fait que M. Diamond avait au moins le mérite de s’afficher alors qu’on ne sait pas qui vous êtes.
Le ton de votre commentaire me laisse croire que vous respectez la personne de M. Diamond, même si je continue de croire que votre jeu de mots avec son nom était inapproprié. Vous pouvez attaquer les idées du jeune député et celles de son parti, mais quand on utilise un pseudo, on ne s’attaque pas au nom des autres, il me semble...
Lutopium
Je dois avouer avoir eu la même impression, à la lecture de votre article, que celle exprimée par Mario Asselin. Manier l’ironie est un art à l’égal d’un couteau à deux tranchants, dit-on. Il faut éviter de tomber dans cette vision judéo-chrétienne qui a obnubilé et occulté trop longtemps le Québec : le rapport à l’argent. Que monsieur Diamond démontre un intérêt pour l’entrepreneurship ne peut être que bénéfique pour une partie de la relève qui ne demande qu’à se lancer sainement en affaires. S’agissant de la rémunération du chef, Mario Dumont, je me vois mal accablé davantage la députation adéquiste déjà gênée et mal à l’aise avec ce fait. Il faut voir la distance prise par Gilles Taillon, un vieux routier des affaires, pour le comprendre.
Monsieur Diamond est un idéaliste ? J’en suis fort aise. Et je l’apprécie sans pour autant partager à 100% sa vision. Mais il a le mérite de l’exprimer clairement. À nous de lui faire comprendre, sans le heurter dans ses convictions bien légitimes, qu’il existe d’autres avenues à explorer. Et comme l’indiquait fort bien Mario Asselin, sans qu’il soit nécessaire de recourir à des jeux de mots inappropriés.
Amicalement
Pierre R. Chantelois

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