
Le président George Bush
Jr aurait conseillé à son père d’éteindre le téléviseur et de ne plus suivre
les débats sur la guerre d’Irak, pour éviter d’être constamment sous tension. « Je n’ai jamais ressenti une inquiétude
aussi aiguë sur la vie de mon père qu’en ce moment », aurait affirmé le
Chef de la Maison Blanche qui demande à son paternel de ne pas se faire trop de
bile. « L’essentiel, a dit Walker, c’est
que moi, je vais bien ». En contrepartie, une rumeur a circulé la semaine
dernière selon laquelle papa Bush aurait exhorté son fiston à relire les
recommandations du rapport du groupe d’études sur l’Irak de James Baker, paru
l’automne dernier. Et l’une de ces recommandations était d’engager les
discussions avec l’Iran et la Syrie.
L’État des lieux
Israël
En 1974, Moshe Dayan, ministre de la Défense de l’État d’Israël, se rend en Afrique du Sud pour discuter d’une possible coopération nucléaire, entamée déjà en 1967 avec l’acheminement régulier d’uranium sud-africain vers le complexe de Dimona, dans le désert du Néguev. S’ensuivent alors, en 1976, la signature d’un accord de collaboration et, en 1979, un premier essai commun au sud de l’Océan indien.
En 1986, Mordechai Vanunu, ancien technicien, révèle au Sunday Times, photos et descriptifs précis à l’appui, la production d’armes nucléaires et l’existence de têtes nucléaires dans une usine souterraine au centre de Dimona, en Israël. Les experts en concluent à l’époque qu’Israël dispose d’un stock de 100 à 200 têtes nucléaires. Vanunu a, par la suite, été kidnappé par le Mossad en Italie, ramené en Israël, jugé à huis clos, condamné à 18 ans de prison et libéré en 2004.
En 1999, Amnon Kapeliouk constate, dans Le Monde diplomatique, que : « l’ambiguïté maintenue par le gouvernement israélien concernant la « bombe juive » s’est peu à peu dissipée, et la question n’est plus de savoir si Israël possède des armes nucléaires, mais quelle est la place de cet arsenal dans sa stratégie régionale. […] En Israël, le nucléaire reste un des derniers tabous ». M. Shimon Pérès, le père de la bombe, au moment d’accéder au poste de premier ministre à la suite de l’assassinat d’Itzhak Rabin, adresse au monde arabe l’invitation suivante : « Donnez-moi la paix et je renonce au nucléaire » (Shimon Pérès, Le Temps de la paix, Paris, 1993).
En décembre 2006, Ehud Olmert, premier ministre d’Israël, reconnait, à mots à peine couverts, que son pays possède bien l’arme atomique : « Nous n’avons jamais menacé un pays d’annihilation. L’Iran menace ouvertement, explicitement et publiquement de rayer Israël de la carte. Pouvez-vous dire qu’il s’agit du même niveau de menace lorsqu’ils (les Iraniens) aspirent à avoir des armes nucléaires, comme la France, les Américains, les Russes et Israël ? ». Démenti embarrassé de ses services.
Iran
Le programme nucléaire a été lancé sous le Chah d’Iran, Mohammed Reza Pahlavi, dans les années 1950 avec l’aide des États-Unis, puis de l’Europe. En 1959, le gouvernement du Chah fait l’acquisition d’un réacteur nucléaire de recherche de fabrication américaine. Le programme progresse jusque dans les années 70, avec la collaboration de firmes israéliennes, françaises, allemandes et américaines. Le Chah projetait même, à l’époque, de doter son pays de 23 réacteurs nucléaires pour produire une importante quantité d’électricité. Ce programme sera toutefois abandonné en 1979, à l’arrivée de l’ayatollah Khomeiny au pouvoir. La constitution de l’Iran de 1979 désigne le Guide de la révolution comme commandant suprême des forces armées, rôle attribué à l’ayatollah Ali Khamenei.
Le programme militaire nucléaire
iranien est réactivé vers 1984 alors que l’Iran, en guerre contre l’Irak (1980
à 1988), fait l’objet d’un embargo international sur les ventes d’armes. Selon
l’Agence internationale de l’énergie atomique,
l’emploi d’armes chimiques par les Irakiens contre sa population au cours de
cette période aurait également incité Téhéran à réactiver ses programmes de
développement d’armes nucléaires dès 1984. Le programme militaire nucléaire
iranien est remis en route avec l’assistance, cette fois, de la Russie et met
en œuvre plusieurs sites de recherche, une mine d’uranium, un réacteur
nucléaire et plusieurs installations de transformation de l’uranium qui
incluent une usine d’enrichissement de l’uranium. Depuis les années 50, le
gouvernement iranien assure que le seul but du programme est de développer la
capacité de produire de l’énergie nucléaire afin de générer de l’électricité,
et planifie de générer 6000 MW d’électricité à partir d’énergie nucléaire en
2010. En 2006, l’énergie nucléaire ne contribue pas encore à la production
d’électricité iranienne. Le site de conversion d’uranium d’Ispahan (province
centrale de l’Iran) occupe une superficie d’environ 120.000 mètres carrés. Les
usines transforment l’uranium en tétrafluorure
d’uranium (UF4) et en hexafluorure d’uranium (UF6), gaz nécessaires au
fonctionnement des centrifugeuses qui produisent de l’uranium enrichi. Selon
les dernières informations des autorités iraniennes, le centre aurait jusqu’à
présent produit 250 tonnes d’hexafluorure d’uranium.
En janvier 2005, un article du New Yorker révèle que des commandos américains se seraient infiltrés secrètement en Iran, via le Pakistan, pour repérer les cibles d’éventuelles frappes préventives. Déterminé à ne pas voir des armes nucléaires tomber entre les mains d’une république islamique dont les dirigeants prônent l’anéantissement d’Israël, Washington souhaite éviter la naissance d’une puissance nucléaire en Asie occidentale qui viendrait compromettre sérieusement son audacieux projet de Grand Moyen-Orient démocratique (Source : Société Radio-Canada). Il semble que Washington tente, par tous les moyens, d’assiéger le régime iranien pour l’étouffer. Il joue avec toutes les cartes pour éradiquer le régime. L’une des cartes récemment jouées par Washington est celle des minorités. Les minorités en Iran constituent un nombre assez considérable et elles sont toujours marginalisées par le régime iranien.
Leadership régional
Le Moyen-Orient est une réalité incontournable pour un équilibre mondial.
Le golfe Persique est un lieu géostratégique unique au monde. La région est au
centre d’une crise qui se manifeste sur trois plans : politique et
militaire, économique et religieux. La crise n’est pas circonscrite à la seule question
nucléaire mais elle touche aussi le Liban et la Syrie, le pétrole, les
relations entre l’Arabie saoudite et l’Iran, les tensions entre chiites et
sunnites, le soulèvement en Irak, les relations entre la Russie et les
États-Unis, les relations entre la Chine et la Russie sur les questions
moyen-orientales et, enfin, la lutte pour l’influence au Moyen-Orient et dans
les pays de l’ex-URSS. Le Moyen-Orient est un vivier d’intérêts locaux confrontés
à des intérêts régionaux et internationaux. Quelques exemples.
La Russie gère d’importants contrats nucléaires, militaires et
aéronautiques avec l’Iran. Elle n’a nullement besoin du pétrole iranien. Elle
n’est certes pas insensible à l’attention particulière que lui témoignent
certains pays de la région : « La
récente visite du président russe Poutine en Arabie saoudite, au Qatar et en
Jordanie a marqué le début d’un lent processus d’abandon par les pays de cette
région de leur orientation sur les États-Unis et leur tournant bienveillant en
direction de la Russie », écrit le saoudien Arab News. Dans un
article intitulé Les Russes arrivent
comme des amis, le journal souligne que les « peuples des pays arabes considèrent les Russes comme des amis qui,
grâce à des actes diplomatiques conséquents et judicieux conquièrent de
nouvelles positions économiques et politiques dans la région et représentent
pour les Arabes une alternative attrayante » par rapport aux pays
d’Occident. Pour l’heure, les
pays arabes, plus particulièrement les six monarchies du Golfe (Arabie
saoudite, Koweït, Oman, Émirats arabes unis, Bahreïn et Qatar), sont écartelés
entre l’influence iranienne et le pouvoir américain : tributaires des
États-Unis pour leur défense et soumis aux pressions de la République
islamique. L’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït,
Bahreïn, le Qatar et le Sultanat d’Oman ont déjà annoncé qu’ils ne participeraient
à aucune action militaire contre l’Iran.
Le président du Comité international de la Chambre haute du Parlement,
Mikhaïl Marguelov, confirme que la position de la
Russie sur le problème nucléaire de l’Iran reste inchangée : « Vous ne trouverez en Russie aucun politique
responsable qui souhaiterait que l’Iran entre en possession de l’arme nucléaire
». Le secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération russe, Igor
Ivanov, lors d’une visite à Téhéran, a apporté son soutien à la proposition de
Mohamed El-Baradei, directeur de l’AIEA, pour un gel
simultané de l’enrichissement d’uranium et des sanctions de l’Onu - une
proposition rejetée par les États-Unis.
Lors de sa visite en Jordanie, le président Poutine a déclaré au roi
Abdallah II : « La Russie fait
partie du quartette de médiateurs internationaux et elle a l’intention d’user
de son influence dans la région, de profiter de ses bonnes relations avec ses
amis arabes et Israël pour contribuer au règlement du conflit ».
« Nous nous efforçons de créer un
ordre mondial plus juste, fondé sur les principes d’égalité », avait
déclaré Vladimir Poutine plus tôt en Arabie saoudite. Le quotidien jordanien Al-Doustour
reconnaissait, à la suite de cette rencontre, que « la Russie et l’Union européenne, dont la position sur le
Proche-Orient se rapproche de celle de la Russie, peuvent constituer un groupe
influent qui contribuera à la création d’un État palestinien ».
La Chine n’a pas de frontière commune avec l’Iran et son intérêt n’est
pas géostratégique. Elle est une cliente importante du pétrole iranien et plus
de 60% de ses achats pétroliers transitent par le détroit d’Ormuz contrôlé par
l’Iran. Éviter une pénurie de pétrole expliquerait son opposition à des
sanctions contre l’Iran. Plus largement, Pékin aimerait bien être associé au
projet d’oléoduc qui traversera l’Iran jusqu’à la Mer Caspienne, point central
d’une connexion avec un autre oléoduc reliant cette fois le Kazakhstan à la
Chine occidentale. Par intérêts économiques et stratégiques, la Chine veut
jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale. Et l’Iran est la
cible principale de sa stratégie régionale.
Malgré un dialogue continu, les relations entre les deux puissances
régionales, l’Arabie Saoudite et l’Iran, restent tendues : le royaume
saoudien, berceau du rite sunnite, s’inquiéte de
l’influence grandissante de l’Iran chiite au Proche-Orient, notamment en Irak
et au Liban. L’Iran est de plus en plus influent tant en Irak, désormais dirigé
par des chiites, qu’au Liban avec le Hezbollah en situation de protestation
contre le gouvernement. L’Arabie Saoudite, l’un des principaux bailleurs de
fonds du Liban, maintient des liens étroits avec le gouvernement de Fouad Siniora. Riyad et Téhéran n’ont d’intérêt immédiat que d’apaiser
la région : l’Iran est sous forte pression occidentale au sujet de ses
ambitions nucléaires et l’Arabie saoudite veut éviter toute confrontation
militaire entre les États-Unis et l’Iran. Tout embrasement, en premier lieu, de
son propre territoire deviendrait difficilement contrôlable, et, en second
lieu, le maintien de son propre régime passerait par l’élimination de la Syrie,
devenue infréquentable (la dynastie Al Assad). (Lydia
Georgi, Agence France-Presse, 3 mars 2007)
Les États-Unis accusent la Syrie et l’Iran d’alimenter les violences en
Irak et de chercher à renverser le gouvernement libanais par le biais de
l’organisation chiite hezbollah. Le ministre russe des Affaires étrangères,
M. Serguei Lavrov, affirme le rejet de la Russie de toute politique qui
viserait à isoler les pays qui ne sont pas l’objet de l’admiration des États-Unis : politique qui s’appliquerait à la
Syrie, à l’Iran, au Hezbollah et au Hamas, et en dépit du fait que ces derniers
sont les piliers principaux pour un règlement dans la région.
Les États-Unis et la France appuient le gouvernement libanais. La Syrie
et l’Iran soutiennent l’opposition libanaise. Le tandem syro-iranien semble
mettre leurs efforts en commun pour que Beyrouth se transforme en fer de lance
de la lutte anti-israélienne, anti-américaine et, en général, antioccidentale.
Faut-il se surprendre que la coalition libanaise au pouvoir accuse à nouveau la
Syrie de vouloir transformer le Liban en second Irak et exige de la communauté
internationale de nouvelles sanctions contre Damas ? Les griefs formulés à
l’égard de la Syrie rappellent la rhétorique américaine : il y a deux ans,
les Libanais indignés par la mort d’Hariri avaient réussi à obtenir le retrait
des troupes syriennes de leur territoire.
En décembre 2006, le chef de l’État syrien, Bachar
el-Assad, rencontre deux membres du Congrès, les
sénateurs Chris Dodd et l’ancien candidat à la
présidence des États-Unis, John Kerry. Il discute avec ses visiteurs des moyens
à mettre en œuvre pour relancer le processus de paix au Proche-Orient sur tous
les axes. Le président syrien souligne que son pays souhaite résolument la paix
au Proche-Orient. « Nous sommes
toujours prêts à nous impliquer dans le processus de paix sous contrôle
international transparent ».
Le président syrien, en visite en Iran, s’entretient avec Ali Khamenei,
leader spirituel et Guide suprême de la République islamique. Leur rencontre débouche
sur un communiqué conjoint : Damas et Téhéran ont appelé les musulmans à
ne pas tomber dans le piège tendu par leurs « ennemis », notamment
les États-Unis. Un piège qui vise, selon eux, à créer des divisions ethniques
et religieuses. Les deux pays ont également apporté leur soutien au
gouvernement irakien.
Le Conseil européen de Bruxelles vient de mandater Javier Solana pour
reprendre le dialogue avec la Syrie, tenue en quarantaine par les États-Unis
et, à l’initiative de la France, par l’UE, depuis l’assassinat de l’ancien
Premier ministre libanais Rafic Hariri il y a deux ans. « Je parlerai franchement au président Assad. L’indépendance du Liban est à nos yeux un élément de
stabilité très important pour la région », a dit l’émissaire européen après
avoir rencontré lundi à Beyrouth le Premier ministre libanais pro-occidental
Fouad Siniora (Source Reuter – 12 mars 2007).
L’alerte est donnée
Malgré tout ce ballet diplomatique, la situation reste préoccupante et
menaçante. L’alerte vient de la Russie : « La probabilité d’une attaque des États-Unis contre l’Iran est
extrêmement élevée », prédit l’ex général Léonid Ivashov, ancien chef d’état-major interarmes de la
Fédération de Russie et aujourd’hui vice-président de l’Académie russe de
géopolitique et membre de la conférence Axis for Peace.
« Que le Congrès états-unien donne
l’autorisation pour cette guerre reste un fait encore incertain. Le recours à
une provocation pourrait éliminer cet obstacle (une attaque sur Israël ou bien
des cibles états-uniennes dont les bases militaires). L’ampleur de la
provocation pourrait être de l’ordre des attentats du 11 septembre 2001 à
New-York. Alors le Congrès dira certainement oui au président états-unien ».
Ephraïm Halevy, l’ancien chef du Mossad, la redoutable agence
d’espionnage, aurait récemment réfuté la notion selon laquelle l’Iran pose
« une menace existentielle à Israël ».
« Aujourd’hui, Israël est
indestructible », selon Ephraïm Halevy. « Il
n’est pas si simple de penser que vous avez un dispositif entre les mains et
que vous pourrez le lancer sur un site particulier et rayer une nation de la
carte. Israël a eu connaissance de cette menace [de la part de l’Iran] pendant
plus de quinze ans et a observé cette menace grandir. Vous devez supposer
qu’Israël n’est pas resté sans rien faire... ou [à attendre] que quelqu’un
d’autre fasse le boulot ». L’Iran peut-il détruire Israël ? « Je ne pense pas que cela soit faisable en
des conditions purement opérationnelles ».
Laurent Zecchini,
du quotidien Le Monde,
pose la question suivante : « S’il
faut stopper la fuite en avant nucléaire de Téhéran, qui, des États-Unis ou
d’Israël, doit s’en charger ? Sachant qu’une campagne de bombardements ne
parviendra pas à raser tous les sites balistiques et nucléaires de l’Iran,
encore moins à éradiquer le savoir-faire de ses experts nucléaires, et qu’une
telle offensive déclenchera des représailles iraniennes contre Israël et les
intérêts américains dans la région, quelle peut être la finalité d’une telle
opération ? »
Détente possible ?
La conférence sur la stabilité de l’Irak à Bagdad, qui s’est tenue le samedi 10 mars 2007, aura été l’occasion pour le gouvernement du Premier ministre Nouri al-Maliki d’appeler à l’aide internationale afin que cesse le chaos, et aussi pour les Américains, les Iraniens et les Syriens de se parler directement pour la première fois depuis des années. Voisins de l’Irak, membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu : au total, seize délégations participaient à la conférence de Bagdad. Compte tenu de l’extrême tension dans la région, la plus grande réussite des Irakiens est peut-être d’avoir réussi à faire s’asseoir autour d’une même table autant de représentants de pays aux relations aussi épineuses. Les délégations d’autres pays voisins étaient également présentes ainsi que celles du Bahreïn, de l’Égypte, la Russie, la France, le Royaume-Uni, la Chine, les Nations unies, la Conférence islamique et la Ligue arabe.
A priori, la tenue de la conférence serait allée dans le sens souhaité par Washington qui veut, lui aussi, donner le sentiment d’un pays qui gère son destin de façon de plus en plus autonome. Les enjeux sont importants : Téhéran est sur un fil. Une guerre civile ouverte en Irak n’est pas dans son intérêt. Quant à la Syrie, elle a deux obsessions : les centaines de milliers de réfugiés irakiens présents sur son territoire, qui menacent sérieusement de déstabiliser le pays, et l’occupation du Golan par Israël. La Ligue arabe aurait donné pour instruction à sa délégation, avant la conférence de Bagdad, de prôner des changements dans la Constitution irakienne qui garantiraient davantage de pouvoir aux sunnites. Une mesure que le premier ministre irakien a immédiatement qualifiée « d’irresponsable » et « d’interférence flagrante dans les affaires irakiennes ».
La grande question, pour les États-Unis, est de savoir s’il faut, ou non, ramener dans le jeu l’Iran, pays cité dans l’axe du Mal, et la Syrie. Le premier résultat de la conférence est l’accord de principe sur la création de groupes de travail sur la sécurité aux frontières, les importations de pétrole et la question des réfugiés ainsi que la tenue d’une autre conférence régionale avec les ministres des Affaires étrangères dès le mois d’avril. L’Irak et l’Iran souhaitaient que celle-ci se tienne à Bagdad tandis que les États-Unis ont proposé Istanbul. Les délégués ont aussi décidé de mettre sur pied des commissions spécialisées, notamment sur l’aide aux déplacés ou encore la distribution de carburant et les ventes de pétrole.
Dans une interview accordée à
Helene Cooper du New
York Time, citée par le Courrier
international, Daniel P. Serwer considère que : « la question
n’est pas de savoir si c’est la fin de l’axe du mal ; celui-ci est toujours
d’actualité. La question est de savoir si le concept, tel qu’il s’est
appliqué jusqu’ici, est caduc. Or il est tout à fait clair pour moi que, pour
obtenir certaines choses, il faut s’entretenir directement avec les parties
intéressées », estime
Daniel P. Serwer, vice-président de l’Institut de la paix des États-Unis et
ancien directeur général du Groupe d’étude sur l’Irak.
De plus en plus, le président Bush doit gérer deux tendances importantes
au sein de sa propre équipe, comme l’indique Helene Cooper du New York Time : « Le gouvernement est depuis longtemps le
théâtre d’une lutte acharnée entre les partisans du dialogue, représentés par
les diplomates du département d’État, parfois entraînés par Mme Rice, et ceux
qui cherchent à isoler les pays ennemis, un groupe dirigé par le vice-président
Dick Cheney et l’ancien ambassadeur des États-Unis à l’ONU John R. Bolton ».
Entre temps, Moustafa al-Barghouti, député palestinien et
candidat au poste de ministre de l’Information d’un nouveau gouvernement palestinien,
soutient que la seule sortie de la crise dans les territoires palestiniens
passe par la reprise des contacts de la communauté internationale avec un
nouveau gouvernement d’union nationale palestinien et l’organisation d’une
conférence internationale pour mettre fin à l’occupation israélienne. Israël
s’oppose à la tenue d’une telle conférence internationale. Dommage.