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    Le Fonds monétaire international n’a pas réussi son virage

    le 7 janvier 2008 | 338 visites | 3.26 / 5 | 2 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Le Fonds monétaire international n'a pas réussi son virage
    photo : Alain DELPEY (Flickr)

    Le FMI a beau ne plus avoir le haut du pavé, il n’en continue pas moins de se comporter cavalièrement avec les pays les plus pauvres, comme le démontre un tout récent rapport de son Bureau indépendant d’évaluation.

    Le tout nouveau président du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre français des Finances, en a décidément plein les bras. La crise des marchés hypothécaires à risque aux États-Unis et ses effets potentiels sur l’économie mondiale, la possibilité d’une correction abrupte des déséquilibres mondiaux et ses conséquences pour les principales devises, doivent déjà occuper son emploi du temps. Il lui faudra tout de même en trouver, du temps, pour s’occuper de la réforme en profondeur du FMI.

    Avec en fond de scène la demande insistante des pays émergents qui veulent jouer un plus grand rôle au sein du FMI, Strauss-Khan vient de recevoir un rapport mi-figue, mi-raisin, du Bureau indépendant d’évaluation (BIE) – créé en 2001 pour évaluer, en toute indépendance et objectivité, les politiques et les activités du FMI.

    Le BIE souligne les efforts faits par le FMI pour mieux aligner ses conditionnalités avec sa mission, mais remarque du même coup que plus du tiers des conditions imposées aux pays qui veulent bénéficier de son aide ne sont toujours pas liées à cette mission.

    Avec bien d’autres, le réseau pour la réforme des institutions financières internationales (site du réseau), reproche au FMI son nombre élevé de conditions pour obtenir un prêt, conditions qui équivalent trop souvent à mettre sous tutelle les finances et les services publics des pays pour lesquels il agit, en quelque sorte, comme un banquier de dernier recours (voir Les conditionnalités de la Banque mondiale et du FMI : les injustices du développement).

    Dans le passé, ces conditions ont souvent signifié la privatisation des services publics, quand ce n’est leur diminution. Le paradoxe de cette politique est d’avoir empêché l’atteinte des objectifs d’amélioration des conditions de vie des plus démunis que les pays membres de l’ONU se fixaient.

    Mais le bon vieux temps est fini. Le FMI n’a plus le haut du pavé. Il est même en sérieuse difficulté. De plus en plus de pays le boudent carrément. Il faut dire que la situation économique de ces pays et l’arrivée de nouveaux joueurs beaucoup moins regardants quand ils accordent des prêts (qui vient de pointer la Chine ?), leur permettent de se passer de ses bons offices.

    Ce qui est tout de même incroyable, et que souligne le rapport du BIE, est que le nombre de conditions n’a pas diminué.

    Dans un communiqué émis suite au rapport du BIE, le FMI reconnaît que le nombre de conditions demeure toujours élevé – plus de 17 en moyenne par programmes – mais se défend sur le dos des pays donateurs qui exigent d’inclure ces conditions parce qu’elles leur servent d’outils de monitorage de leurs propres programmes.

    Pour faire image, le FMI continuait de jouer le rôle du vilain tandis que les politiciens des pays donateurs se pavanaient dans les réunions internationales imbus de leur bonne volonté.

    Qui vient de mentionner le nom de Tony Blair ?

    Ce qui est vraiment ironique dans tout ce veau de ville, c’est que la Chine prête avec beaucoup moins de conditions aux pays les moins développés grâce à ses énormes réserves en dollars américains.

    Dire que les États-Unis ont été les premiers à insister pour que ces pays libéralisent leurs économies et coupent radicalement dans leurs dépenses publiques.

    Il y a tout de même une justice en ce bas monde.

    Publie.ca!

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  • 2 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Le FMI est l’instrument des banquiers internationaux et de l’empire anglo-saxon. Les réformes économiques imposées aux pays pauvres n’ont d’autres buts que de ruiner leur économie, leur monnaie et prendre contrôle de leurs banques centrales. L’histoire du FMI est une histoire de catastrophe.

    7 janvier 2008 | répondre | permalien

    « Le FMI (Fonds Monétaire International) a été fondé en juillet 1944 à la conférence monétaire de Bretton Woods. Les grandes orientations données à cette organisation à l’issu de cette conférence restent encore aujourd’hui valides dans leurs grandes lignes. » Horizons solidaires

    Bon texte qui rappelle que le rôle du FMI a évolué au fil des ans. J’ajoute qu’un des problèmes que souligne mon article est le fait qu’il soit intervenu de plus en plus en dehors de sa mission fondamentale. Outre le fait que les pays donneurs font des pressions pour qu’il maintienne des conditions niant à toute fin pratique la souveraineté des pays à qui il vient en aide, son staff prétend qu’il doit continuer à le faire quand les conditions non liées à sa mission assurent que celles qui sont liées vont pouvoir se réaliser.

    Bref, le FMI est une organisation complexe traversée de luttes de pouvoir, avec un joueur jaloux de ses prérogatives : les États-Unis. Il faudra attendre la fin du règne de Bush et de son équipe pour savoir si une réforme pourra avoir lieu, mais cette réforme ne va, dans le faits, que complexifier davantage la situation.

    J’ajoute que l’administration américaine veille ici aux intérêts économiques mondiaux des Américains (par un curieux hasard, il se trouve que ce sont ceux des conseils d’administrations des grandes entreprises et encore là, il y a des joutes intenses et le sang coule en coulisse). J’ajoute aussi, enfin, que la Chine a compris que la façon la plus efficace de respecter les « règles internationales du jeu » est de les établir soi-même.

    8 janvier 2008 | répondre | permalien

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