Les Conservateurs ont-ils vraiment le vent dans les voiles ? Un sondage Strategic Counsel-The Globe and Mail paru la semaine dernière accorde 37 % des intentions de vote au Parti conservateur, 29 % au Parti libéral, 17 % au NPD et 9 % au Parti vert. La marge d’erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20. Comme l’indique le quotidien Le Devoir, trois sondages différents, avec le même échantillonnage (1000 répondants) et conduits à la même période (entre le 21 et 30 août) ont mis les conservateurs et les libéraux pratiquement à égalité. Le Chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, l’admet : « M. Harper veut un gouvernement majoritaire et il ne faut pas se leurrer. Une majorité est à sa portée ».
Les Canadiens et Canadiennes iront aux urnes le 14 octobre prochain. Inutile de revenir sur le fait que les conservateurs ne suivent pas l’engagement pris de tenir des élections à date fixe. Les prochaines élections étaient normalement prévues en octobre 2009, conformément à la loi qu’ont fait adopter les conservateurs eux-mêmes. Après avoir rencontré la Gouverneure générale du Canada, monsieur Harper s’est rendu au Québec. Signe des temps. Il a quitté Québec par la suite pour se rendre à Vancouver. D’un océan à l’autre.
Il lui faudra gagner 28 sièges aux 127 qu’il détient actuellement, sur les 308 que compte la Chambre des communes, pour obtenir une majorité. Les hostilités au Québec sont ouvertes. Et le Québec risque bien de basculer dans l’extrême-droite, comme nous le verrons.
À la tête d’un gouvernement minoritaire depuis deux ans et demi, soit depuis le 23 janvier 2006, Stephen Harper, qualifié de premier ministre « le plus à droite de l’histoire canadienne » par Stéphane Dion, doit à ce dernier, notamment, sa longévité, exceptionnelle, à Ottawa. Stephen Harper est en effet le chef de l’un des plus longs gouvernements minoritaires de l’histoire du Canada. Pourtant, le Premier ministre n’hésite pas à invoquer l’obstruction de l’opposition au parlement pour justifier sa décision de convoquer des élections.
Les contradictions sont, au sein de la classe politique de toute allégeance, monnaie courante. En rencontre de presse, ce dimanche, pour justifier un nouveau mandat de la population canadienne, monsieur Harper s’appuie sur les réalisations de son gouvernement, même s’il détenait « l’une des plus faibles minorités de l’histoire canadienne ». Il déclare sans se contredire, à ses yeux : « Nous avons démontré que c’est possible de gouverner dans une situation minoritaire, même avec une petite minorité », rapporte Cyberpresse. Cette loi sur des élections à date fixe devait, selon ces mêmes conservateurs, empêcher entre autres les chefs de gouvernement de déclencher des élections pour leur seul intérêt politique.
Le pays a, selon Stephen Harper, besoin d’un nouveau gouvernement dans une phase d’incertitude économique. Le Premier ministe souhaite en effet donner aux Canadiens un gouvernement capable de défendre leurs intérêts dans « une période d’instabilité économique mondiale ». Il est vrai que le Canada a flirté avec la récession. L’exemple flagrant en est le secteur manufacturier des provinces les plus peuplées, l’Ontario et le Québec, qui a été touché de plein fouet.
Selon Pierre Martin, professeur de sciences politiques à l’université de Montréal, outre les sondages favorables, l’élection présidentielle américaine pèse aussi dans la décision de M. Harper. Celui-ci peut craindre qu’après une victoire du démocrate Barack Obama, les électeurs canadiens soient moins enclins à réélire un gouvernement conservateur jugé proche de George W.Bush.
De bonne guerre, le leader du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a comparé le Premier ministre à George W. Bush tandis que celui du Parti libéral, Stéphane Dion, a affirmé qu’il avait une vision étroite du gouvernement fédéral. Les conservateurs eux présentent leur chef comme un « père de banlieue conduisant ses enfants à un match de hockey en fourgonnette », et celui des libéraux comme un « professeur élitiste » trempant dans le dogmatisme et la théorie. La bataille d’images est bel et bien engagée.
Ce à quoi rétorque Stéphane Dion : « M. Harper provoque des élections parce qu’il craint que la détérioration économique ne compromette ses chances plus tard ». Tout en poursuivant : « Les conservateurs ont très mal géré l’économie ; ils ont détruit la robustesse (économique) que nous avions donnée à ce pays », affirme le chef libéral. Le message passe difficilement, semble-t-il, puisqu’un sondage récent montre que les Canadiens font plus confiance aux conservateurs qu’aux libéraux pour gérer l’économie. Une majorité de Québécois, soit 59%, estime que le chef libéral Stéphane Dion n’a pas les qualités requises pour devenir premier ministre du Canada. Déjà que les conservateurs se font un plaisir malin de brocarder Stéphane Dion !
Stéphane Dion sera-t-il entendu de la population canadienne ? « J’aime le Canada. Je suis entré en politique pour préserver l’unité de ce pays. Je veux user de toute mon énergie, de toute mes convictions, pour faire de ce pays un pays plus juste, plus riche et plus vert ». Le plan vert qui impose une taxe sur le carbone ne reçoit pas l’accueil attendu à travers le Canada. Imposer une taxe sur le carbone aux agriculteurs, à l’industrie forestière, aux pêcheurs et aux camionneurs en indispose plus d’un. Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, avoue que le projet d’imposer une taxe sur le carbone ne fait pas l’affaire de la population de sa province. Le premier ministre progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse, Rodney MacDonald, annonce qu’il n’imposera pas de taxe sur le carbone, comme l’ont fait la Colombie-Britannique et le Québec et comme le suggère le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion. Cette mesure coûterait 400 $ par année aux familles de la Nouvelle-Écosse, une province qui dépend beaucoup du charbon, du gaz naturel et du pétrole.
Les Conservateurs s’en donnent à cœur joie : « Ce n’est pas un plan vert, c’est un plan fiscal. Il n’y a aucune cible de réduction des gaz à effet de serre ».
Fondé par Lucien Bouchard, dans la conjoncture de l’échec de l’Accord constitutionnel de Meech, en 1994, le Bloc québécois réussira-t-il à garder la ferveur de la population québécoise ? En 2004, il avait recueilli 49% des suffrages lors des élections générales. En janvier 2006, ce pourcentage avait baissé à 42%. Depuis, les sondages montrent un fléchissement marqué de l’appui au Bloc. Il n’en serait tout au plus qu’à 30% des intentions de vote.
Le Québec basculera-t-il à droite, voire à l’extrême-droite, en donnant aux conservateurs un gouvernement majoritaire ? Selon le deuxième volet du sondage Léger Marketing-Le Devoir-Globe and Mail, 55% des Québécois croient que Stephen Harper mérite d’être reporté au pouvoir. Le Chef du Bloc québécois en est bien conscient. « La vision "à droite" de Stephen Harper ne correspond pas aux valeurs du Québec », dit-il. Les sondages oscillent entre cette vision de la droite conservatrice et un nationalisme qui s’effrite de plus en plus et qui se situe plus au centre gauche. « Il vaut mieux élire des députés québécois qui seront « debout dans l’opposition » plutôt « qu’à genoux au pouvoir », prévient Duceppe. 28% des Québécois accorderaient à Stephen Harper un mandat majoritaire et 27% un mandat minoritaire.
Lors d’un rassemblement politique de son parti, le chef bloquiste a cité des statistiques de la Fédération canadienne des contribuables selon lesquelles, entre le 2 juin et le 4 septembre, le gouvernement conservateur a dépensé 3,9 millions de dollars à l’heure en investissements, subventions et autres cadeaux préélectoraux. « Ils viennent de faire la preuve qu’un député du Bloc est capable d’obtenir autant de subventions que les autres et plus encore », ironise Gilles Duceppe.
Le message passera-t-il avec autant de fermeté auprès de la population québécoise ? « Lui (Stephen Harper), il voulait que l’on soit en Irak ! C’est ce genre de décision qu’il imposerait, on le voit avec les coupes en culture, les coupes dans le domaine du développement économique (...) Ce sont des mesures très idéologiques, le vieux fond réformiste qui reviendrait à la surface », martèle Gilles Duceppe. « L’idéologie à laquelle adhère M. Harper est en complète rupture avec le modèle de société adopté par le Québec ».
Un lecteur du quotidien La Presse, Gilles Langevin de Montréal, pose un jugement sévère sur le Bloc québécois et il n’est pas le seul : « Au cours de ses 18 années d’inutilité, le Bloc a passé 6000 jours dans l’opposition et a pris part à cinq campagnes électorales différentes au cours desquelles il a fait 700 promesses sans espoir d’accéder un jour au pouvoir. Au cours de ces mêmes années, le Bloc n’a réussi à faire adopter que quatre mesures législatives au rythme fulgurant d’un projet de loi tous les quatre ans et demi. Les Québécois ont raison de se demander ce que leurs députés du Bloc font pour mériter les salaires et les pensions qu’ils touchent ».
Rien n’est joué. Rien n’est perdu. Selon ce même sondage Léger Marketing-Le Devoir-Globe and Mail, 58% des Québécois, toutes allégeances confondues, considèrent que le Bloc est toujours utile à Ottawa.
Selon Christian Dufour, politologue à l’ENAP, cité par Le Devoir : « Mon impression est que le gouvernement Harper a déjà une grande usure du pouvoir après seulement trois ans. Il a fait beaucoup de mécontents. Je pense que le Bloc québécois n’est pas mort. La campagne sera serrée ».
(Sources : AFP, Canoë, Cyberpresse, Le Devoir, Presse canadienne)
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Comme disait un ami : Les Québécois sont stables lorsqu’il n’y a pas de vent à l’horizon. Mais aussitôt qu’il y a tempête, ils se terrent en priant qu’un sauveur vienne les chercher pour les sauver. C’est le propre des peuples ignorants, incultes et religieux. Donc les sauveurs ont eu pour noms Trudeau, Mulroney, et maintenant il y a Harper qui peut obtenir sa majorité en faisant des clins d’oeil de pute à cet électorat de droite réactionnaire qui essaime partout dans la province parce que c’est tout ce que nous sommes et qu’il semble que resterons jusqu’à notre disparition définitive.
Aucune fierté, aucune mémoire et aucune politique réellement solide (seulement des formules et des clips qui passent la rampe de la télévision pour atteindre le bon peuple) mais, dit-on, un pragmatisme qui nous fera voter du bon bord (pour avoir les "nananes" d’Ottawa, comme disait un idiot du village dans mon journal local). Après le frigidaire de Duplessis, les routes de Johnny Chrétien, il y a maintenant les bâtisses gouvernementales de Harper pour infléchir le vote en faveur d’un statut quo, d’un siphonnage de nos ressources et de notre asservissement, historique culturel et politique.
BLOC-BASHING : PARIZEAU A RAISON 12 septembre 2008 Pierre Dubuc
« L’empire Desmarais a pris la chronique de Jacques Brassard, d’habitude obscure, et l’a diffusée partout au Québec pour nuire au Bloc », a déclaré Jacques Parizeau au Journal de Montréal. C’est l’effet de la concentration de la presse ; c’est l’effet de cette concentration entre les mains d’un fédéraliste qui croit, comme le rappelait Bernard Landry, que « l’indépendance, c’est la fin du Québec » en faisant référence à l’entrevue que Paul Desmarais a accordé au magazine français Le Point.
DESMARAIS SUR UN PIED DE GUERRE
Dans la même entrevue, Desmarais affirme qu’après avoir longtemps été libéral, il est maintenant un « conservateur ». La couverture de la première semaine de la campagne électorale par La Presse démontre que le message s’est bien rendu à la direction du journal et chez ses éditorialistes.
JOUR 1. LUNDI, 8 SEPTEMBRE
La Presse publie en première page les résultats du sondage SEGMA, commandé par Gesca (la filiale de Power Corporation qui gère ses journaux), qui prédisent un gouvernement majoritaire conservateur avec 43% des intentions de vote à l’échelle nationale. « Déjà loin devant », titre le journal en première page. « Départ canon pour les conservateurs », peut-on lire en pages A2-A3.
C’est le sondage le plus favorable à Harper publié à date. Avis aux indécis : Embarquez dans le train, on roule vers la victoire ! On a le momentum !
Les autres titres du premier cahier sont à l’avenant. « La crise économique favorise les conservateurs » (page A4). « Avantage Harper », nous dit le titre de la chronique de Vincent Marissal (page A5). « Harper, premier de classe », peut-on aussi lire dans la même page.
Pour qu’il n’y ait pas de malentendu et sans doute pour faire oublier la mort d’un 97e soldat en Afghanistan (reléguée en page A14), l’éditorialiste en chef André Pratte nous dit que « Harper n’est pas Bush ». Armes à feu, avortement, politique étrangère, faut avoir l’esprit tordu pour voir du Bush dans Harper sur ces questions, dit en substance Pratte. Harper n’est pas d’extrême-droite, mais de centre-droit. Comme La Presse sans doute. Aux Etats-Unis, il serait considéré comme un conservateur très modéré. Par contre, Duceppe, lui, serait perçu comme un socialiste radical.
JOUR 2. MARDI 9, SEPTEMBRE
« Une candidate du PCC, membre de l’Opus Dei », apprend-on en première page avec un renvoi à l’excellent article de Denis Lessard. Vous pensez que cela va avantager le Bloc ? Attendez de voir le traitement au cours des prochains jours.
En page éditoriale, Chapleau reprend l’idée exprimée la veille par Pratte dans une caricature intitulée « La stratégie de Duceppe » où on voit le chef bloquiste se braquer une lampe de poche sous le menton pour se faire peur accompagnée d’une bulle où on peut lire : « Ouuhhhh !!! Ouuhhh !!! Ouhh !! Harper = Bush = violence = guerre, génocide, famine Ouuuhh !!!.
Reconnaissons toutefois une petite éclaircie dans la page Forum avec la réplique de Bernard Landry, un commentaire de l’ancien leader du Bloc Michel Gauthier et Lysiane Gagnon qui reconnaît que « les bloquistes ont raison de dire qu’ils sont les seuls capables d’empêcher Harper de former un gouvernement majoritaire ».
Par contre, dans la section Affaires, on a droit à une « analyse économique » de l’ineffable Claude Picher coiffée du titre : « Harper : un bilan qui se défend ».
JOUR 3, MERCREDI, 10 SEPTEMBRE
C’est la « bombe » de Jacques Brassard. Présentée en première page comme une « lettre ouverte » alors que c’est sa chronique habituelle dans le Quotidien au Saguenay, La Presse titre : « Le Bloc est devenu le clone du NPD ». Le message est clair : pourquoi ne pas alors voter tout simplement pour Layton ! En divisant ainsi le vote, on favorise l’élection de Harper.
En plus de la première page, on fait l’honneur de deux pleines pages à la lettre de Brassard. En page A8, sous le titre « Jacques Brassard varlope le Bloc », le journaliste résume la lettre ouverte pour les lecteurs pressés qui n’auraient pas le temps de se rendre en page A31 où elle est publiée sous le titre « Les vieilles picouilles ». À noter le choix des photos. Un Brassard radieux et un Duceppe affublé d’écouteurs qui ressemble à E.T.
En page A7, on revient sur la candidate de l’Opus Dei, mais… pour s’en prendre au Bloc ! On titre : « Le Bloc est intolérant, dit Cannon ». Faut le faire ! À croire que personne n’a lu l’article de Lessard, car côté intolérance, il est difficile de surpasser l’Opus Dei.
En page A10, Mario Dumont accroche son wagon au train en marche. « Dumont se porte à la défense de Harper. Le chef de l’ADQ dénonce la « campagne de peur » du Bloc québécois envers le Parti conservateur », lit-on sur cinq colonnes avec une belle photo de Dumont.
En page éditoriale, André Pratte poursuit son œuvre de réhabilitation de Stephen Harper. Cette fois, il réplique aux artistes qui se plaignent des coupures dans les programmes culturels. Le titre de son éditorial est un morceau d’anthologie : « Harper, le mécène ».
Dans la page Forum, sous le titre « Diesel, La méthode Harper », son collègue Alain Dubuc nous explique comment une mauvaise politique – la réduction de 2 cents de la taxe sur le diesel – devient avec le talent politique de Harper qu’il vénère « une bonne politique ».
JOUR 4. JEUDI, 11 SEPTEMBRE
En page frontispice, un autre titre favorable à Harper : « L’ADQ fera campagne pour les conservateurs ». Le titre est repris sous une autre forme en page A7 : « Pour aider les conservateurs, l’ADQ monte au front ».
Vous croyez Harper trop militariste pour un Québec trop pacifiste avec plus de 70% de la population s’opposant à la mission en Afghanistan ? Prenez votre mal en patience, ce n’est qu’un mauvais moment à passer comme nous l’apprend le titre en page A6 : « Intervention militaire en Afghanistan. Harper promet le retrait des troupes en 2011 ».
En référence à la candidate conservatrice membre de l’Opus Dei et à la « lettre ouverte » de Brassard, on titre en page A8 : « Mis sur la sellette à propos de la religion et de l’orientation du parti. Gilles Duceppe sur la défensive »
En page 13, on rapporte les résultats d’un sondage Ekos : « Le PC près de la majorité ». Lundi, on nous disait qu’il était majoritaire ! Est-ce parce que le sondage Ekos n’est pas financé par Gesca ?
En page A25, droit de réplique oblige, on publie la réponse du vice-président du Bloc Jacques Léonard à la lettre de Jacques Brassard (Vieille picouille, mon œil ! ». Mais, sans doute par souci d’ « objectivité », on publie immédiatement dessous un texte de François Juteau, qui se présente comme un ex-militant péquiste sous le titre : « Le piège de la gauche. Méfions-nous des vieux canassons de la gauche, comme dit Jacques Brassard, qui doivent mener la cause aux lendemains qui chantent » (Ouf !). C’est un truc éprouvé que de faire intervenir un ancien membre de la famille, c’est plus crédible.
Comme toujours, Chapleau est là pour renforcer le message. Sa caricature présente Duceppe en Che Guevara en surimprimé sur un t-shirt.
JOUR 5. VENDREDI, 12 SEPTEMBRE.
En première page, une photo de Jack Layton et une entrevue exclusive avec le chef du NPD. Le titre : « Jack Layton un « vert » avant l’heure ? » En page 2, le titre est la réplique du NPD à Brassard : « Le Bloc n’est pas un clone du NPD ». En page A3, un beau portrait de son père, l’écologiste, par le chroniqueur Yves Boisvert sous le titre : « Les rêves de son père ». Sympathique, Monsieur Layton, surtout si on le compare à l’affreux Gilles Duceppe.
En page 3, un titre : « Le PCC recrute un pentecôtiste ». Avis à Gilles Duceppe : ne dis rien si tu ne veux pas être accusé d’intolérance.
En page éditoriale, le « sage » de l’équipe éditorialiste, Mario Roy, revient sur la promesse de Stephen Harper de quitter l’Afghanistan en 2011. Il aimait mieux l’idée initiale que le Canada retire ses troupes des zones de combat à cette date. Mais, que voulez-vous, Monsieur Harper est un pacifiste !
Dans la page Forum, dans une chronique intitulée « Le doigt sur le bobo », Alain Dubuc donne raison à Jacques Brassard. Le Bloc est très à gauche et « bien des électeurs ne se reconnaissent pas dans la gauche du Plateau Mont-Royal ». La preuve : M. Duceppe a dénoncé les idées de l’Opus Dei, qui ne serait pas, selon Alain Dubuc, comparable à « une secte évangélique du Mississipi », mais est un « mouvement catholique qui défend la doctrine de l’Église » !!! Alain Dubuc devrait relire l’article de son collègue Lessard sur les pratiques de l’Opus Dei, une secte élitiste, dont les membres s’infligent des mortifications physiques ! Est-ce là « défendre la doctrine de l’Église ».
À la fin de la semaine, le message est clair : l’intolérant n’est pas Harper, mais Duceppe. Harper est presque devenu un pacifiste, un mécène et un partisan de la séparation de l’Église et de l’État. Si vous n’en êtes pas encore convaincu, vous pouvez toujours envisager de voter pour Jack Layton. Il est tellement sympathique. Et, en divisant ainsi le vote, le résultat sera le même : vous ferez élire plus de députés conservateurs.

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