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    La poubelle de Montréal

    le 10 juillet 2007 | 793 visites | 3.39 / 5 | 1 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    La poubelle de Montréal
    photo : dominic duval

    Chaises brisées, canapés défoncés, boites et sacs d’ordures éventrés, verres, bouteilles et assiettes abandonnées par les visiteurs de passage. La photo ci-contre ne rend pas suffisamment justice à la scène : l’odeur nauséabonde qui règne face à cette montagne de déchets sur le boulevard Saint-Laurent, en plein coeur du centre-ville de Montréal, surprend et indigne. Les visiteurs éberlués par cette vue sont nombreux : le festival de Jazz, un des nombreux événements touristiques à se tenir à seulement quelques pas d’ici, se termine aujourd’hui avec des dizaines de milliers de spectateurs. Quelques mètres à côté, l’équipe de Gilbert Rozon trime dur pour présenter un festival Juste pour Rire impeccable à des centaines de milliers de visiteurs. Idem pour Spectra et ses Francofolies qui se dérouleront à un jet de pierre d’ici.

    Au milieu de toute cette effervescence, un désastre qui était pourtant prévisible. Au printemps, ce terrain vague qui cause tant de maux de tête à ses voisins se retrouve invariablement recouvert de détritus. Le propriétaire, un spéculateur qui n’a que faire des laideurs d’une ville qu’il n’habite probablement même pas, est introuvable. Qu’à cela ne tienne : j’envoie une lettre officielle au bureau de l’arrondissement pour protester contre la passivité des fonctionnaires. Aucune nouvelle depuis.

    Le 1er juin se présente sous le signe de l’optimisme : c’est l’arrivée du nouveau Règlement sur le civisme, le respect et la propreté de la ville de Montréal. La stratégie vise à réprimer sévèrement les comportements délinquants des propriétaires et commerçants fautifs. J’applaudis la manoeuvre : il est grand temps que la ville se donne des moyens pour appliquer plus de pression sur ces spéculateurs qui détruisent la qualité de vie des résidents. Un mois plus tard, alors que le nouveau règlement souligne ironiquement que le centre-ville de Montréal "entend être reconnu comme l’un des centres-villes les plus propres parmi les grandes villes du monde", l’aberration du dépotoir de la rue Saint-Laurent reste inchangée. L’optimisme se transforme graduellement en cynisme.

    On l’entend souvent : la propreté d’une ville est avant tout l’affaire des citoyens. Pas évident lorsqu’une ville comme Montréal reçoit chaque jours plus d’un demi million de visiteurs, comme le faisait remarquer le Maire de l’arrondissement de Ville-Marie le 19 février dernier dans les pages du Devoir. Encore faut-il que les citoyens soient appuyés par leurs élus. Dans une ville ou les dirigeants badigeonnent la population de grandes stratégies qui finissent la plupart du temps oubliées sur les tablettes de l’hôtel de ville, faute de moyens pour les mettre en oeuvre, peut-on en vouloir aux citoyens d’être frustrés face à l’inaction des autorités ?

    Certains résidents ont quand même la force de passer à l’action. Le cas que je décris ici faisait l’objet, au début du mois de juin, d’un nettoyage par une équipe que je suspecte être bénévole et n’ayant aucun lien avec la ville de Montréal. Au bout de quelques heures de travail, ces braves (le mot est faible) avaient complètement nettoyé le terrain en question, laissant le ramassage final des déchets, bien placés en bordure de la rue, au soin de la ville de Montréal. C’était il y a quatre semaines, et la ville n’a rien fait depuis pour compléter les efforts de ces bénévoles. Le message envoyé à ces gens est éloquent : votre travail est inutile.

    Charles Lapointe, PDG de Tourisme Montréal, dénonçait plus tôt cette année la laideur de la ville de Montréal. Je croyais sincèrement que cet électrochoc apporterait des résultats. Aussitôt le mois de mars venu, celui-ci se ravisait : Montréal est plus propre cette année qu’à pareille date l’an dernier, soulignait-il à La Presse. J’ignore ce qui a poussé M. Lapointe à changer si rapidement de position sur ce sujet, mais je l’invite à quitter son bureau de la rue Peel et à venir faire un petit tour sur Saint-Laurent. Les exemples prouvant que la situation se détériore sont aussi nombreux qu’inquiétants.

    À défaut d’avoir obtenu des résultats par les voies conventionnelles, j’interpelle le maire Gérald Tremblay, le maire de l’arrondissement de Ville-Marie, Benoît Labonté, ainsi que les fonctionnaires de la ville de Montréal à faire preuve de plus de sérieux dans le dossier de la propreté à Montréal. Il est grand temps de remplacer les grandes stratégies par des tactiques efficaces, et les terrains vagues par d’autre chose que des dépotoirs à ciel ouvert.

    Publie.ca!
    Mots-clés : montréal et Environnement

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  • 1 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

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    On dirait vaguement un vieux texte ou l’on à remplacer le mot "neige" par "déchet"....

    Plus sérieusement :

    Après le 1ier Juillet, des tonnes et des tonnes de cochonneries se retrouvent sur le pavé parce que les gens ne les transfèrent pas dans leur nouveau domicile.

    Résultat : on dompe,on lève les pattes et on s’en lave les mains.

    Aucune "équipe de nettoyage" ne pourra en venir à bout.

    Une ville crottée pour des citoyens crottés. Nous avons ce que l’on mérite.

    11 juillet 2007 | répondre | permalien

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