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    Opinion : La négligence au volant : une affaire de tous âges

    le 18 novembre 2007 | 261 visites | 3.61 / 5 | 0 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    La négligence au volant : une affaire de tous âges
    photo : (flickr.com) Corey (a.k.a. ten0fnine)

    La Société de l’assurance automobile estime que les routes font 50 000 victimes par année. Le ministère des Transports veut renforcer les mesures coercitives à l’endroit des conducteurs fautifs. Mais pour que nos jeunes se comportent de manière civlisée sur nos routes, les adultes devraient aussi donner l’exemple.

    Nous revenons d’une promenade au village.

    Chemin faisant, aucune des voitures que nous avons croisées aux diverses intersections n’a été complètement immobilisée à l’arrêt obligatoire par son conducteur. Qui conduisait ces voitures ? Un « mononcle » Gérard, une « matante » Germaine, un grand-papa Robert ou une grand-maman Jeanne, une Sylvie pressée avec trois petits attachés au fond de la minifourgonnette, un Éric ou un Stéphane, bons papas attentionnés d’une petite Marie-Maude ou d’un petit Samuel. Nous aurions pu croiser aussi un jeune Xavier récemment devenu adulte ou une gentille Marie-Ève fraîchement diplômée du secondaire.

    Quel est my point, comme le demanderaient les Anglais ?

    Eh bien, la négligence n’a pas d’âge. Quand « mononcle » Gérard ou maman Sylvie omettent d’immobiliser leur voiture à un arrêt obligatoire, ils ne causent peut-être pas d’accident (pas cette fois), mais ils transmettent un message. Ils disent aux jeunes générations que nous tolérons la négligence au volant, que « c’est pas grave » de glisser sur un stop, de dépasser la limite de vitesse ou de brûler un feu rouge. « En autant que tu ne te fasses pas pogner...ça coûte cher ! » dirait grand-papa Robert. Papa Éric dirait peut-être même à la blague que les contraventions pour ses excès de vitesse sont budgétées...Maman Sylvie me répondrait peut-être qu’elle est trop pressée pour immobiliser sa voiture à l’arrêt obligatoire.

    J’entends déjà « mononcle » Gérard rouspéter « Ben weyons, c’pas grave, y’avait parsonne dans l’autre sens ! » et « matante » Germaine de répliquer « Faut pas virer fous avec ça, c’était ben pire avant ! »

    « Matante » Germaine n’a pas tord. C’est vrai que les automobilistes québécois étaient bien pires « avant », dans le temps de mon père et de ma mère, dans son temps à elle. C’est vrai que les gens de cette époque n’hésitaient pas à prendre le volant complètement « paquetés ». C’est vrai qu’il y en avait davantage des accidents terribles sur la 10, la 15 ou la 20, des familles décimées, des enfants écrasés, des jeunes gens devenus tétraplégiques. Oui, c’est vrai que les routes font moins de morts de nos jours, mais il y en a encore. Beaucoup de blessés graves aussi. Selon la SAAQ, la route fait encore 50 000 victimes* par an au Québec, c’est pas rien.

    Et il y a encore des enfants qui se font écraser devant leur maison ou pire, sur leur terrain.

    Si les deux jeunes gens qui ont fauché la petite Bianca de l’Île-Perrot ont fait une course sur un coin de rue, c’est peut-être parce que collectivement, nous transmettons un message qui laisse croire aux jeunes et aux moins jeunes que les accidents, ça n’arrive qu’aux autres. Ce message, il se transmet de père en fils, de mère en fille, d’un oncle à son neveu, d’une grand-maman à sa petite-fille ou d’un grand-papa à son petit-fils.

    Nous croyons que nous sommes toujours prudents quand dans les faits, nous glissons tous sur un stop une fois de temps en temps, nous sommes encore trop nombreux à dépasser par la droite sur l’autoroute ou à « couper » devant une voiture pour ne pas manquer la prochaine sortie. Le pire, c’est qu’on trouve ça drôle et qu’on se raconte nos exploits dans les partys de Noël. Et pendant que nous nous permettons ces écarts de conduite, nos plus jeunes enregistrent nos comportements et plusieurs les reproduiront.

    Et parfois, ils feront bien pire que nous.

    POST-SCRIPTUM : *En 2006, il y a eu 50 000 victimes de la route et parmi elles, 717 personnes ont perdu la vie.
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    Mots-clés : québec et Société

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