
Dans la blogosphère, les mères américaines forment une niche de choix et se multiplient de manière exponentielle. J’ai récemment fait une petite escapade dans l’univers de la mère blogueuse, une espèce dont la multiplication est exponentielle chez nos voisins du sud. Pour certaines d’entre elles, l’expérience est même payante…
Les DotMoms regroupent une quarantaine de mères de famille éduquées et lettrées qui publient régulièrement leurs réflexions sur la vie de famille et le rôle central qu’elles y jouent. Une autre, mère de sept enfants, raconte de savoureuses histoires du quotidien dans Notes from the Trenches – where the insurgent wear diapers. Cette autre mère, BusyMom- Better Parenting Through Coffee, est trop occupée, mais trouve quand même quelques minutes par jour pour nous raconter les hauts et les bas de sa vie avec son époux et ses trois enfants.
Dans The Cutting Edge of Mediocrity la désormais célèbre Heather B. Armstrong (Dooce), qui se définit comme une « Stay At Home Mom (SAHM) ou Shit Ass Ho Motherfucker » (ses mots, pas les miens) est compte parmi les plus populaires de la blogosphère anglophone. Dans Technorati, son blogue occupe le 20e rang de popularité dans le top 100 (au moment de publier ce texte). Plus de 5 000 blogues pointent vers le sien. Ainsi, celle qui a été congédiée en 2002 parce qu’elle publiait ce blogue, est maintenant si prospère que son mari a aussi lâché sa job ! Les revenus publicitaires, c’est payant aux zétats….
Selon Advertising Age, BlogHer, un répertoire de blogues féminins, recense 1662 carnets de mères . Dans Technorati, il y a au delà de 1000 entrées sous le libellé « parenting » et tout autant sous « family » et « motherhood ».
On ne connaît pas le nombre exact de mères blogueuses, mais elles suscitent un vif intérêt de la part des publicitaires américains. Les fières carnetières parlent de leur quotidien et et échangent des trucs pratiques, mais elles évaluent aussi des produits. En moins de deux, elles peuvent mousser la vente d’un produit ou au contraire, en provoquer la déconfiture. Le « word of mouth » est une arme puissante dans le monde des communautés d’intérêt. Certains blogues reçoivent de 1000 à 2000 lectrices par jour. Pas surprenant, car les plus populaires sont remarquablement bien écrits et leur présentation, soignée. Certaines de ces mères blogueuses étaient déjà des professionnelles des communications avant de se lancer dans cette aventure, et elles savent tirer les ficelles pour se hisser au sommet du palmarès.
En juin 2006, une étude de marché intitulée, Moms online : Parenting with Web 2.0, révélait qu’Internet était fréquenté par 32,2 millions de mères dont les enfants sont âgés de moins de dix-huit ans, ce qui représente 18,4% des internautes étatsuniens. On prédit que ces mères seront 36,6 millions en 2010. En janvier 2007,quelque 210 millions d’internautes étaient recensés aux États-Unis.
Une autre étude menée pour le compte de Johnson et Johnson révèle que celles qui sont devenues mères au cours des quatre dernières années passent le plus clair de leur temps à surfer pendant que bébé digère son lait. Ces données ont donné l’idée à l’entreprise de créer un répertoire de mères blogueuses qui devait être mis en ligne à l’automne 2006 (le projet n’a pas encore été mis en ligne).
Le profil des mamans de la blogosphère est plutôt attrayant pour l’industrie de la publicité. La lectrice typique a 29 ans, un revenu annuel d’environ 70 000$ et passe en moyenne 4 heures par semaine à éplucher des blogues. Elle peut en consulter jusqu’à cinq par jour. Dans l’ensemble, les mères américaines dépensent annuellement près de 2 billions en dollars américains. Pas étonnant que les mères blogueuses et leurs lectrices forment un groupe prisé dans le milieu de la pub.
Et ici ? Des quelque 32 millions d’habitants canadiens, près de 22 millions fréquentent Internet. Selon Environics, le tiers des Canadiens en ligne sont actifs dans la blogosphère (32%). De ce nombre, les plus actifs sont les habitants de la Colombie-Britannique (42%) et les moins actifs sont les Québécois (28%). Parmi les personnes interrogées, environ 12% publient leur propre billet ou participent aux blogues des autres. Au Canada, un groupe de mères blogueuses se réunit sur la plateforme de Urban Moms – The Voice of Canadian Moms, mais plusieurs autres publient leurs aventures familiales : Canadian Mom Writer, Lemons and Lollipops, etc.
N’empêche, les mères blogueuses québécoises commencent à faire parler d’elles. Premier exemple en liste au Québec, Mère Indigne, qui a récemment publié un recueil de ses chroniques hilarantes où elle raconte les déboires de la Famille Indigne. Avec ses Banlieusardises, Martine Gingras – devenue maman au fil des ans – a un fidèle lectorat qu’elle renseigne sur ses trouvailles gastronomiques et autres trucs domestiques et de rénovations. Plusieurs autres mères ont embarqué dans le blogue-récit de la vie quotidienne : Chroniques du patio, Madame Unetelle, Profession maman. Les mères québécoises finiront-elle par représenter une niche d’intérêt dans le marché québécois ?
/BOUCLE_video>Article très enrichissant. Bien documenté. Bravo. Je me suis enrichi de deux manières : par votre article et en visitant votre propre blog qui figure parmi les cinquante premières positions de 20 minutes.fr. Les liens que vous proposez sont prometteurs de belles heures de navigation.
Pierre R.
Je voulais ajouter plusieurs liens vers les études que je cite, mais je ne suis pas encore familière avec l’interface de Cent papiers et je ne savais pas comment le faire (ceux qui y sont ont été ajoutés par M. Niquet, je crois). Mais pour les curieux, tous les liens sont imbriqués dans l’article original publié sur mon blogue.

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