Une « gammick » c’est une combine, un plan et aussi un système lié aux activités illicites. À Montréal, en 1950, se trouve François « Chico » Tremblay, un « french peasoup » qui trempe dans la « gammick ». L’organisation criminelle est rudement bien organisée et il est difficile de gravir les échelons. Chico est talentueux, il est habile avec les armes. Cependant, malgré de longues années de loyaux services, il ne voit pas de changement dans sa situation. Une opportunité inespérée s’offre à lui. On lui propose officieusement de tuer Anasthasia, le chef de la pègre de New York. Le tueur à gage va s’acquitter avec brio de son contrat. Chico devient exubérant, il dépense sans compter, il sera vite démasqué par ses supérieurs. Le personnage va vivre l’isolement et sera la cible des ses pairs et aussi de l’État qui le poursuit. Désespéré, Chico va connaître une fin brutale. Jacques Godbout, un cinéaste engagé, est l’auteur du film « La Gammick ». La Crise d’octobre 1970 a été source d’inspiration et d’appréhension auprès de celui-ci. La quête de Chico, ses antécédents difficiles et aussi son recours à la violence sont des éléments ayant des points en commun avec le parcours de la nation québécoise.
Le Québec de la révolution Tranquille effectue un rattrapage, le changement est à l’ordre du jour. L’État est repensé, ses architectes vont lui donner une forme plus active. La province est maintenant ouverte aux idées provenant de partout. La Crise d’octobre est issue d’une réflexion d’individu ayant choisi la voie des armes pour concrétiser leur projet social. Comme Chico, le FLQ va échoué. La société en sera ébranlée et l’encadrement de celle-ci sera plus sévère. Le film noir « La Gammick » tourné en 1974 représente bien l’angoisse et le désarroi du moment.
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