• La douleur chronique est une amie encombrante

    6 octobre 2008 | 3 commentaire(s) | 82 affichage(s)

    La seule façon possible pour moi de sortir davantage de la pauvreté et de la maladie, passe sans l’ombre d’un doute, par une autonomie financière. Pour cela, en tant que personne handicapée physique, il me faut trouver un travail rémunérateur adapté à ma condition physique.
    Avec des limitations fonctionnelles, les situations peuvent être stressantes et il n’est pas aisé d’aborder dans ces circonstances le marché du travail. Tout refus d’exclusion par la société, tout effort pour protéger une indépendance légitime, peuvent être ressentis plus durement par les personnes handicapées. Il appartient à chacun et à chacune de ne pas refuser la réalité de ses limites humaines.

    Depuis 2002, un médecin a formulé les bons diagnostics et prescrit les remèdes appropriés contre la douleur chronique trop souvent atroce et insoutenable. Auparavant, j’avais atteint, je crois bien, le fond du baril. Au point de remettre en cause ma santé mentale. Dix fois, je me suis retrouvée sur la morphine dans une urgence de l’hôpital. Sur une civière pendant deux jours, avec un dos démoli, une hanche pourrie et égrenée. Une douleur non soignée peut ébranler la santé mentale d’un individu si elle n’est pas diagnostiquée rapidement. Ainsi il en va de la fibromyalgie. Aux États-Unis, elle représente près d’un cas sur dix d’invalidité. Le mot fibromyalgie vient du latin fibra (filament), du grec ancien myos (muscle) et du grec ancien algos (douleur). « Ce n’est qu’en 1992 », comme l’indique Wikipedia, « que l’Organisation mondiale de la santé a reconnu cette maladie comme rhumatismale, alors qu’elle était auparavant considérée comme une maladie psychiatrique ». Les être humains qui en souffrent se voient prescrire des remèdes pour l’anxiété, la panique, les troubles du sommeil quand ce n’est pas des remèdes pour la maladie mentale.


    C’est avec patience et persévérance que je poursuis ma route. Chaque matin, lorsque je me réveille, la douleur me pique un clin d’œil. Mon corps peut être mon meilleur ami comme mon pire ennemi. Tout dépend de ce que je décide d’en faire. Je suis classée. depuis 1992, comme étant inapte au travail et reconnue comme soutien financier avec des restrictions sévères à l’emploi. J’ai suivi un cours par correspondance, il y a environ cinq ans pour réaliser un vieux rêve d’enfance : l’écriture créative. Mon diplôme est au mur de mon bureau et me rappelle que l’écriture est mon meilleur médicament. J’ai ainsi pris conscience d’être la seule personne responsable de mon bonheur comme de mon malheur.

    Comme nous vivons en société, il ne faut pas tomber dans la fatalité. Il y a des règles à se rappeler et à soulever auprès d’autres personnes, ou auprès d’organismes sociaux privés, publics, parapublics ou gouvernementaux.

    Quant survient l’effondrement total de tous nos espoirs, nos rêves, nos buts, nos valeurs et nos projets, c’est alors la croisée des chemins dans la vie d’une personne. Se présente alors l’occasion de réaliser nos limites, nos faiblesses et notre pauvreté mais aussi celle d’évaluer et de mettre en valeur nos qualités, nos forces, nos talents et nos rêves. Ne jamais délaisser nos rêves qui sommeillent en chacun de nous, c’est le secret pour garder le cap vers l’espoir durant les tempêtes et les ouragans de la vie.

    J’ai appris, par la force des choses, à apprivoiser la douleur et à redonner malgré tout un nouveau sens à ma vie. C’était et c’est encore aujourd’hui une vigilance et une discipline quotidienne pour poursuivre mes exercices réguliers, mes marches quotidiennes, même en présence de la douleur, mes périodes de détente et de relaxation, sans oublier une saine alimentation. Ne croyez pas que je suis une héroïne, pour autant : il m’arrive aussi de m’emporter tellement la douleur est forte ! Alors, je lève les yeux en me disant que je ne suis qu’une simple personne humaine, comme tout le monde !

    Depuis mon opération d’août 2008, la douleur est plus intense. Le chirurgien a allongé ma jambe gauche de deux pouces. Comme il m’a dit : « Tout s’effondre la-dedans et devrait revenir à la normale ». Je devrai bientôt porter des chaussures orthopédiques. Qui paiera ? Nous tous, encore une fois ! Voilà pourquoi je crois important de rendre des comptes.

    Mon luxe consiste à me payer deux loisirs bien accessibles : un café en lisant les journaux, au restaurant du coin, et l’écriture. Le plus important est de conserver mon sens de l’humour et faire de plus en plus ce que j’aime vraiment, ce qui me tient à cœur et, surtout, ce qui me passionne. J’ai enfin retrouvé mon cœur d’enfant qui sait s’émerveiller à nouveau. Je partage en toute simplicité mes joies et mes peines quotidiennes avec des êtres chers en qui je fais confiance.

    Comme tant d’autres, j’espère recevoir les soins de physiothérapie surtout lorsque se pointe une crise de douleur aigüe. Finalement, comme tous et toutes, je me résous à soulager patiemment ces douleurs coriaces avec les remèdes prescrits : c’est mieux qu’un coup de pied au cul, n’est-ce pas ?

    À mon avis, il y a une sensibilisation importante à poursuivre dans la société et auprès des employeurs sur l’intégration des personnes vivant avec des limitations fonctionnelles, des handicaps ou des déficiences de toutes sortes en milieu de travail. Une force intérieure habite en chacune d’entre elles. Ces personnes n’attendent qu’un simple signal pour sortir définitivement du rouage de la pauvreté et de la misère. Seules, elles ne pourront rien si l’aide sociale, le soutien du public et du gouvernement ne nous sont pas acquis de manière sérieuse.

    J’ai redit OUI à la vie. Que cela puisse paraître démodé, à partir de cet instant, tout a changé dans les joies comme dans les épreuves. En attendant, il est nécessaire de s’entraider et de partager avec les autres, d’éviter l’isolement et le découragement pour ne pas sombrer dans la dépression sévère et de se nourrir d’idées suicidaires.

    Peut-être suis-je en train de rêver en couleurs, mais je crois encore à une société plus juste, plus humaine et plus solidaire, dans la joie comme dans l’épreuve.

    Cet article a été publié originalement à cet endroit.
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  • 3 commentaires

    • Patricia Turcotte

    Un petit ajustement en passant : je viens tout juste d’écrire aux responsables du site Cent Papiers.

    Le terme : fibromyalgie doit être remplacer par les mots : La douleur chronique.

    L’erreur est humaine, et de toute façon, il y a plusieurs années, vers 1996, juste avant que l’on découvre le vrai bobo d’une hanche pourrie jusqu’à l’os, le Docteur de l’époque était sûr que je souffrais de la fibromyalgie. Donc, celui-ci me réfère au spécialiste pour établir possiblement ce diagnostic.

    De toute façon, la douleur chronique est je crois, reconnue depuis peu de temps, comme une réelle maladie. Et, elle ressemble de beaucoup aux douleurs de la fibromyalgie. C’est juste que je ne veux pas porter une nouvelle maladie. J’en ai déjà raz-le-bol des miennes.

    Non, il n’a pas voulu finaliser le diagnostic de la fibromyalgie. Savez-vous ce qui est écrit sur son document ou rapport final : ” Madame a déjà été suivie en santé mentale dans le passé, alors je ne peux mettre ce diagnostic.

    Incroyable mais pourtant bien vrai : c’est écrit noir sur blanc, dans mon dossier médical qui m’a coûté plus de $500. pour le faire sortir. Cela signifie que des milliers de personnes humaines étant suivies en santé mentale, sont traitées comme des chiens qui eux, sont euthanasiés quand ils souffrent des douleurs atroces, du matin au soir, et de la nuit jusqu’au matin.

    AH MISÈRE……AH MALHEUR !

    J’aurais des romans de toutes sortes à composer avec ces pages ; mais le goût ne vient pas souvent de donner suite à ce projet. Si vous saviez avec quelles histoires je vous arriverais : vous n’auriez plus besoin de mettre du gel dans vos cheveux ; ils se dresseraient droit sur votre tête, dans bien des textes que je devrais romancer, par respect pour mes proches.

    Patricia Turcotte

    • Patricia Turcotte

    Bonjour à tous !

    C’est à nouveau Patricia qui écrit quelques mots.

    Je n’insisterai plus auprès de l’équipe de Cent Papiers, pour qu’ils enlèvent les mots : la fibromyalgie, pour les remplacer par : la douleur chronique. Ce n’est pas moi qui a écrit le titre de ce texte ni la définition de la maladie de la fibromyalgie. Un peu d’aide sur un mot ou deux fait du bien à une personne novice dans l’écriture ; mais delà à me diagnostiquer la fibromyalgie, c’est une autre paire de manches.

    De toute façon, je suis une personne très sympatisante à ceux et celles qui souffrent de cette maladie qui ressemble de beaucoup à la douleur chronique.

    Par contre, dans mes prochains écrits : chroniques, articles ou billets, je demande à l’équipe Cent Papiers, de ne plus changer aucun mot de mes titres ou de mes textes.

    Merci de la compréhension pour l’équipe Cent Papiers, et aux lecteurs et lectrices, je vous envoie toutes mes plus sincères salutations amicales

    Patricia Turcotte.

    • Patricia Turcotte

    Merci beaucoup à l’équipe de Cent Papiers pour avoir fait ce changement. Je l’apprécie énormément, soyez-en assurés.

    Patricia Turcotte

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