• La crise financière, réconcilier le virtuel et le réel - 1ère partie

    8 novembre 2008 | 2 commentaire(s) | 166 affichage(s)

    Nous pouvons définir la crise comme tout stress anormalement aigu sur un marché, un grave déséquilibre. La crise financière est donc ce stress anormalement aigu sur le marché financier tel que nous l’observons actuellement. Traditionnellement, le marché naît de la rencontre de l’offre et de la demande. D’un point de vue moins sérieux, on peut dire que l’offre adjoint la demande pour donner le marché et vice-versa. L’offre, la demande et le marché sont donc les trois sommets d’un triangle de possibilités. L’absence du marché signifie que l’un des deux premiers piliers est absent, soit l’offre soit la demande. Toutefois, il est important de situer l’offre par rapport à la production et la demande par rapport la consommation pour mieux éclairer ce sujet.

    Philosophiquement, il est souvent admis que le fini procède de l’infini et le visible de l’invisible. En parallèle, il est possible d’expliquer que l’offre procède de la production et la demande de la consommation. Autrement dit, c’est parce que nous consommons que nous demandons sur le marché, et c’est parce que nous produisons que nous pouvons offrir. Plus précisément, l’offre est dans la production et la demande dans la consommation, comme le discret est dans le continu. Comme le continu, vous constaterez vous-même que la production n’est pas intensive mais extensive car limitée par la rareté des ressources. C’est cette même notion d’insatisfaction qui limite la consommation, ce qui l’a rend également extensive. À contrario, l’offre et la demande sont intensives, à l’image du discret, n’ayant aucune limite théorique si ce n’est l’activité économique elle-même. De fait, on peut dire aisément que la demande et l’offre sont sous impulsion du fini donc du visible tandis la production et la consommation sont sous impulsion de l’infini, donc de l’invisible. Dans une économie harmonieuse, le degré d’intensité de l’offre et le degré d’extensité de la production ne sont pas distants. Il en est de même de celui de la demande et de la consommation. Bref, un équilibre entre intensif et extensif, fini et infini, matériel et immatériel, visible et invisible. Il ne s’agit pas d’un équilibre quantitatif entre production et offre, consommation et demande, mais de leur caractère extensif et intensif. De même, l’extensité de l’offre et de la demande ne doivent pas être distants.

    Après cette mise au point, il reste à préciser la relation d’Ordre qui existe entre l’offre et la demande. À la lumière du raisonnement ci-dessus, ces deux résidus de la nature aléatoire du comportement humain relèvent du monde matériel qui nous entoure (Ex. argent, marché, places boursières, actions, etc.), avant tout nous parlons économie… Plus haut, nous avons affirmé que ces deux résidus procédaient, respectivement, de la production pour l’offre et de la consommation pour la demande, et que ces deux derniers relevaient de l’infini. Pour simplifier, la production et la consommation sont simplement des perpétuels potentiels tandis que la demande et l’offre sont des réalisations discrètes de ces potentiels. Analysons la relation d’Ordre.

    L’existence de cet Ordre nous a été clairement enseignée par la crise économique de 1929. En effet, cette crise a généralement été placée sous le signe de la surproduction. Contrairement à l’injonction de l’économiste Say et de ses amis classiques, loi de Say, stipulant que toute offre crée sa propre demande, pour être plus indulgent, on ne dépense que ce qu’on a gagné, Keynes et ses partisans soutiennent que c’est la demande qui crée l’offre, autrement dit, nous dépensons plus ou moins que ce que nous gagnons. Je n’irai pas loin en comparent ces deux théories et leurs renouveaux ; Néolibéral et NEC pour les classiques, Néo-keynésiens, Postkeynésiens et NEK pour les keynésiens. Résumons que chez les keynésiens, le déséquilibre est la règle et l’équilibre l’exception d’où la nécessité de réguler tandis que chez les classiques l’équilibre est la règle et le déséquilibre l’exception d’où le laisser-faire.

    L’expérience est qu’aujourd’hui ces deux visions, libérale et régalienne, sont combinées dans les politiques économiques. Nous observons également que la consommation est considérée comme intensive dans la mesure où la plupart de nos contemporains la considère comme seulement limitée par l’activité économique. Elle relèverait ainsi du fini contrairement et en opposition à notre injection. Cela expliquerait relativement pourquoi certains de nos contemporains en sont venu à consommer sans travailler tandis que d’autre travaillent sans pouvoir consommer décemment (voir note). Le concept de produits équitables confirme nos propos, comme pour corriger cette injustice humaine de la valeur-travail.

    Cette théorie est la base même de la surconsommation actuelle. Avant d’achever ce paragraphe, nous pouvons définir la crise comme étant un déséquilibre aigu entre l’extensité et l’intensité, le coté fini et infini, le visible et l’invisible voire même le spirituel et le matériel donc le virtuel et le réel. Il y’a deux natures d’une même entité qu’il faut réconcilier et cette entité, c’est l’activité économique. Avant économie mixte, garantie des prêts, et moralisation du capital, il y’a réconcilier l’intensité et l’extensité de l’activité économique, réconcilier la partie virtuelle (monétaire et financier) de l’économie et sa partie réelle (économie réelle), réconcilier le fini et l’infini, le visible et l’invisible.

    Notes de l’auteur

    “Nous ne soutenons pas les idées saugrenues qui prônent de mettre l’Homme au centre de l’économie et de défendre un aveugle Humanisme. Notre article vise à contribuer à la réflexion, à définir la place qu’il faut donner au virtuel (monétaire et financier relevant de l’infini) et l’économie réelle (relevant du fini). Nous pensons que c’est l’Homme qui fait l’économie, l’Homme est le centre et le moteur de l’activité économique. Nous pensons qu’un système viable et durable doit donner plus de poids à ceux qui le méritent et sanctionner les fainéants. Justement trop de fainéants mangent aujourd’hui tandis que plusieurs qui travaillent ne profitent pas du système. Le problème est qu’au départ, nos chances ne sont jamais égales. Elles (nos chances) peuvent être égales dans le monde visible et se révéler inégales dans le monde invisible. Une preuve simple de ce fait est que dans des pays dits développés, les gens n’amorcent pas le même type de carrière. Qu’en dites-vous ? Plus indulgemment, nous dirons que l’économie actuelle a favorisé les accumulateurs de richesse au détriment de créateurs. Par voie de conséquence, trop d’importance a été donnée à la partie virtuelle de l’économie, c’est-à-dire le monétaire et le financier.

    La morale n’étant pas quelque chose de négligeable dans l’équation actuelle que nous cherchons à résoudre, nous pensons que ce qui est vrai, « la sincérité et l’amour envers autrui », dans toutes les religions peut servir l’Humanité actuelle et constatons avec satisfaction une Fraternité mondiale grandissante, toujours plus de Fraternité. Pour ceux qui croient en l’existence du Très Haut, nous disons ceci : « Dieu existe, un Surhomme, Tout-Puissant, mais notre destin n’est pas différent de ce que nous faisons chaque jour ». Nous restons optimistes quant aux solutions apportées à cette crise mondiale. Cette crise constitue l’occasion pour plus de Fraternité entre les humains dans la Sincérité de toutes nos actions et dans notre Amour pour autrui. Il n’y a pas d’Humanisme sans Sincérité, il n’y a point d’Humanisme sans Amour. Une meilleure fraternité réside dans la sincérité de nos actions de chaque jour et dans l’amour que nous exprimons dans ces actions sincères envers nos frères. Par exemple, une société qui se dit humaniste ne trahira pas un membre et se prétendre sincère et humaniste. De même, nous ne devons pas trahir les générations futures ou compromettre leur avenir, leur existence…La langue de bois est quelque chose de nuisible à l’Humanité.”

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  • 2 commentaires

    • Aspiral

    Il est pour moi absurde de faire reposer un système social quel qu’il soit sur la confiance en la “spiritualité” des participants, d’autant plus qu’il suffit de quelques-uns pour faire capoter un grand nombre de participants de “bonne volonté”. Ne disait-on pas que la peur est le début de la sagesse ? Votre article illustre en tous cas le fait que les sciences humaines n’en sont pas plus loin que les sciences exactes du 16ème siècle. Il est temps de cesser de faire référence aux experts pour choisir tous ensemble nos buts et ne leur demander que de s’occuper des moyens.

    • bolenkyeconomics

    Je ne comprends pas votre commentaire. S’agit-il d’un compliment ?

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