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    LA recette de Milton Friedman

    le 17 novembre 2006 | 878 visites | 3.29 / 5 | 2 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    LA recette de Milton Friedman
    Photo : wikipédia

    Preuve que les meilleurs partent toujours en premier, après John Kenneth Galbraith décédé en avril dernier, voilà qu’un autre économiste qui a marqué - et marque encore - le vingtième siècle, Milton Friedman, le pape du désengagement de l’Etat et du néolibéralisme [et l’artisan de ce qu’il appellera le Miracle chilien sous Pinochet...], s’éteint à l’âge de 94 ans. En espérant qu’il emportera ses idées avec lui.

    Au sujet du débat entre les deux, lire l’excellent article du Boston Globe (2005). Voir aussi les vidéos sur le site de PBS.

    ***

    Pour ceux qui ne connaissent pas Milton Friedman, notons simplement qu’il fut, au cours des cinquante dernières années, le promoteur officiel de LA RECETTE. Les gouvernements de Reagan, Thatcher, Bush, Mulroney, Bouchard, Charest et j’en passe, se chargeront de la cuisiner.

    Recette néolibérale

    - Trois tasses de retrait de l’État
    - Plusieurs grosses cuillerées de dérégulation du travail
    - Une once de démocratie, mais pas trop. À utiliser surtout si les gouvernements élus appliquent la recette. Dans le cas contraire, mieux vaut ne pas ajouter cet ingrédient.

    À proscrire : toute barrière à la liberté de commerce.

    Pour un plat encore mieux réussi, la recette recommande de s’approprier au plus possible le bien commun et de s’assurer, en le brevetant, qu’on ne puisse vous l’enlever.

    Derniers conseils :

    1) Prière de respecter le droit de propriété en tout temps, et ce, même si cela fait en sorte que des millions de sidéens meurent, faute d’avoir accès à des médicaments à bon marché.

    2) N’essayer surtout pas de variantes. La recette, sans aucune modification, peut être appliquée à toutes les sauces.

    Indice de difficulté : Avec un cerveau moyen, cette recette, somme toute fort simple, peut être maitrisée en cinq petites minutes.

    ***

    Au Québec, l’IEDM, et sa propagandiste officielle, Nathaly Elgrably, se charge de la faire connaître au bon peuple dans le Journal de Monrial. On dit que Claude Picher en est jaloux.

    Quelques exemples de la recette appliquée par Elgranbly :

    Pourquoi l’Afrique en arrache ? C’est simple : pour qu’un pays s’enrichisse, il faut que son gouvernement mette en place un système judiciaire fiable, qu’il respecte les droits de propriété, réduise ou élimine les barrières commerciales, encourage l’entrepreneurship et le travail, et attire les investissements étrangers (16 novembre 2006).

    Comment gérer les problèmes sociaux ? Comme ils font fi des enseignements de la science économique et qu’ils défient les principes économiques les plus élémentaires, leurs actions font souvent l’effet d’un mauvais sort digne de la magie noire (...)Comment ce qui devait être un élixir pour améliorer le niveau de vie de certains s’est-il transformé en un sortilège qui garantit un appauvrissement relatif de tous ? Tout simplement parce que nos décideurs ont négligé le fait que les hausses d’impôts pénalisent l’effort et l’innovation et que, par conséquent, ils étouffent toute incitation au travail, à l’investissement et à l’entrepreneurship. (...) Pour résoudre les problèmes économiques et sociaux, il vaut mieux que l’État se consacre à susciter le dynamisme de notre économie en créant un environnement favorable au travail et aux affaires. (2 novembre)

    Sur la faible productivité québécoise ? La faible productivité n’est pas une maladie incurable. Le remède est simple : il faut que les entreprises investissent dans la machinerie et qu’elles allouent plus de fonds à la recherche et développement. (...) Or, vu les contraintes importantes que leur imposent les lois du travail et les syndicats, et la gourmandise du régime fiscal, elles sont peu incitées à investir au Québec. (20 octobre)

    Sur l’effondrement du viaduc de la Concorde ? Une commission d’enquête ? Pour enquêter sur quoi au juste ?(...) Ce n’est pas tant la construction du viaduc qu’il faut mettre sous enquête que l’édification de tout notre système économique. (...) Le véritable problème n’est pas le sous-financement du réseau routier, mais le réflexe des Québécois de compter sur l’État pour tout financer au nom des « choix de société ». L’effondrement du viaduc est emblématique d’une société qui préfère compter sur l’État plutôt que d’assumer ses responsabilités. (12 octobre)

    J’arrête ici. Inutile de vous importuner davantage. Même à petites doses, LA RECETTE donne des nausées.

    Article d’abord publié sur Le Périscope

    Publie.ca!
    Mots-clés : états-unis , Économie et Pauvreté

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  • 2 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • SilenT BoB

    Vous n’apportez rien pour étayer votre article, vousne faites que dire que Friedman était un libéral et que le libéralisme c’est l’horreur. Donnez donc des solutions vous qui semblez si fort ! Friedman était en partie keynesien, mais beaucoup plus libéral. La propriété privée est un droit naturel, si je vous prends votre ipod, que direz-vous ? A coup sûr "eh oh c’estMON Ipod", donc vous êtes vous-même capitaliste et vous même peut-être libéral car attaché à votre propriété.

    En ce qui concerne le dérèglement du marché du travail, mis à part protéger les conditions de travail, les contrats ont valeur de loi entre les parties, libre a tout à chacun de refuser de signer un contrat, en quoi l’Etat vient-il se mêler de façon trop importante (je précise) dans le consentement mutuel de deux personnes.

    Je pense que cet article est vide d’argumentaire, j’en déduis que le travail journaliste est d’un niveau très bas.

    De plus oser dire que ses pensées s’en aillent avec lui, est je crois fort déplacé, voir insultant pour quelqu’homme que ce soit.

    17 novembre 2006 | répondre | permalien

    Bob,

    D’abord, je crois que vous n’avez pas saisi le sens de ce texte qui constitue un coup de gueule et non un « article journalistique »[ou un « travail journaliste » dans votre novlangue]. C’est pour cette raison qu’il est d’abord paru comme une « chronique ». Pour plus d’info sur les circonstances du décès du monsieur, quelques clics sur les liens proposés au tout début vous auraient permis de satisfaire votre soif de connaissances et votre curiosité intellectuelle.

    Quelques précisions. Je ne suis pas économiste, mais j’en connais suffisamment pour savoir que contrairement à ce que vous avancez, Friedman est tout sauf un keynésien, il a passé sa carrière universitaire à tenter de démonter les thèses de Keynes... D’ailleurs, pour bien saisir la différence entre les deux, il faut savoir distinguer entre économiste libéral et économiste néolibéral, chose qui semble vous échapper :

    « La ligne de partage entre les deux grands courants libéraux oppose désormais ceux qui sont persuadés que le système économique finit toujours par s’ajuster, se rééquilibrer sur le long terme, même si, pour y arriver, cela doit occasionner chômage et misère, et ceux qui prétendent que le chômage et la misère ne sont pas des passages obligés vers la prospérité, mais qu’ils sont d’abord et avant tout des fléaux. Faut-il imputer le chômage et la pauvreté aux interférences politiques comme le prêchent Hayek et Ropke (et Friedman, nous ajoutons), ou convient-il de concéder [comme le fait Keynes] que le système libéral à deux vices marquants, le premier que le plein-emploi n’y est pas assuré, le second que la répartition de la fortune et du revenu y est arbitraire et manque d’équité » (Brunelle, 2003 : 30) [voir aussi le débat Friedman-Galbraith dans le Boston Globe].

    D’autre part, sur la dérégulation du travail, si je comprends bien, votre position c’est que le travail « est une marchandise comme une autre » et devrait être encadré par le droit commercial. Quid alors de l’esclavage...

    Enfin, pour ce qui est de mon désir affiché de voir ses idées emportées avec lui, je crois avoir ainsi évité l’attaque ad hominen pour m’en prendre, justement, aux idées défendues par le bonhomme.

    Ah oui, j’allais oublier, si vous tenez à connaître mon rapport au IPOD, je vous suggère la lecture de ce texte également paru dans ces pages...

    18 novembre 2006 | répondre | permalien

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