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    • Emmanuel Simard
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    Opinion : L’option souverainiste : le choix des mots

    le 21 janvier 2008 | 433 visites | 2.80 / 5 | 3 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    L'option souverainiste : le choix des mots
    photo : abdallahh (Flickr)

    Depuis aussi longtemps que je puisse me souvenir, je suis souverainiste. En fait, j’ai probablement été souverainiste avant de savoir ce que cela voulait dire. De la même manière que je suis devenu un partisan des Canadiens en regardant le hockey avec mon père, je suis devenu souverainiste en écoutant les conversations partisanes de mes parents et des membres de ma famille élargie.

    Un peu plus tard, quand il est venu le temps de me politiser davantage, j’ai consolidé mes convictions souverainistes en étudiant l’histoire politique du Québec. Depuis ce temps, j’ai acquis la profonde certitude que le Québec possède tous les atouts nécessaires pour devenir un État souverain. Je suis également convaincu que le Québec se doit de faire son indépendance pour protéger adéquatement sa culture et son identité nationale. Avec la défaite du Parti québécois lors des dernières élections, j’ai rapidement compris que le projet d’indépendance nationale allait se retrouver sur une tablette pour plusieurs années. Cependant, le recul du principal véhicule souverainiste ne change en rien la nécessité, pour les Québécois, d’acquérir un maximum de souveraineté. Je suis toujours persuadé que les Québécois s’accompliront davantage et plus facilement quand ils auront acquis le statut d’État indépendant.

    En bon démocrate que je suis, je sais que le jour où nous pourrons tenir un autre référendum n’est pas pour demain. Par contre, rien ne nous empêche de faire quelques petits pas qui nous rapprocheront de ce jour.

    Que pouvons-nous faire ?

    Même si l’option souverainiste a quelque peu reculé ou stagné au cours des dernières années, il faut quand même admettre qu’il y a toujours beaucoup plus de souverainiste au Québec que de fédéraliste. En fait, si les Québécois ne sont pas prêts pour l’indépendance, ils ne sont pas pour autant satisfaits du fédéralisme canadien. Pour appuyer cette affirmation, nous avons qu’à regarder l’augmentation des appuis pour le Parti de Mario Dumont. Sans proposer l’indépendance et tout en rejetant le fédéralisme du statu quo, l’ADQ se définit comme étant un parti « autonomiste ». D’après les résultats de la dernière élection provinciale, on peut donc affirmer qu’il y a, grosso modo, 60% des électeurs qui sont assez insatisfait du fédéralisme actuel pour voter pour un parti qui le rejette (le total des appuis du PQ et de l’ADQ).

    À partir de ce constat, qu’est que la classe politique québécoise peut faire pour satisfaire les aspirations des Québécois et les sortir du statu quo qu’ils rejettent ? Le Parti québécois de Mme Marois, suite à la suggestion de M. Gérald Larose, a proposé cette semaine de faires des « gestes de souveraineté ». Je crois que l’idée, bien qu’elle ne soit pas nouvelle, est très bonne. Cependant, je crois que je choix des mots, stratégiquement parlant, n’est pas très bon. Je crois qu’il aurait été plus juste de parler d’affirmation nationale.

    Je comprends très bien que cela aurait créé un terrible remous à l’intérieur du PQ. Certains auraient vu là-dedans un retour en arrière et la renaissance de la formule de Pierre-Marc Johnson. Par contre, cela aurait eu l’avantage de ne pas donner, gratuitement, des armes à nos adversaires fédéralistes.

    Parmi ces adversaires, il y a eu le Ministre Benoit Pelletier qui nous a traité de radicale et d’antidémocratique : « Mme Marois veut tellement rassurer la frange pure et dure de sa propre formation politique qu’elle en vient à flirter avec des idées qui, à mon avis, ne sont pas démocratiques et constitueraient des gestes de grandes conséquences, négatives pour le Québec » (La Presse mercredi, 16 janvier 2008, p. A6). Il a même poussé le ridicule en allant jusqu’à dire que, si le Québec s’engageait dans cette voie, il serait plongé dans « une espèce de chaos » (Le Soleil, mercredi, 16 janvier 2008, p. 6). Il y a eu aussi le chef libéral fédéral, Stéphane Dion, qui a dit que le PQ voulait faire la souveraineté « par la porte arrière ». Toutes ses sorties agressives de la part des ténors fédéralistes auraient pu être évité si le mot souveraineté avait été absent la formule proposée par Marois. De plus, le choix du concept « d’affirmation nationale » aurait reflété plus précisément ce qu’entend faire la chef péquiste.

    En effet, qu’est que les fédéralistes auraient pu trouver à dire devant un projet d’affirmation nationale ? L’existence de la nation québécoise n’est remise en doute par personne. Même le Parlement fédéral canadien a reconnu cet état de fait. Quand on est une nation, il n’y a rien de mal à l’affirmer haut et fort et à faire des gestes en ce sens. Qui a remis en doute la décision de Maurice Duplessis de nous doter d’un drapeau national ? Qui a critiqué Jean Lesage quand il a créé la Caisse de dépôt et placement ? Qui n’est pas d’accord avec la doctrine Gérin-Lajoie qui nous donne le droit et la responsabilité de s’affirmer sur la scène internationale quand cela touche les champs de compétences des provinces ? Ce sont tous des gestes d’affirmation nationale qui ont fait grandir la nation québécoise ; et la grande majorité des Québécois sont bien satisfaits de ces acquis.

    Malheureusement, Mme Marois a donné des munitions à nos adversaires en choisissant des mots qui plaisent davantage aux péquistes qu’aux Québécois en général. Cependant, j’ai quand même confiance que le PQ réussira à mieux expliquer ses intentions et à sortir du dialecte uniquement compréhensible par les péquistes (comme le disait Michel C. Auger ce matin à l’émission « Les coulisses du pouvoir ») et qu’ils réussiront à faire comprendre aux Québécois qu’il s’agit, dans les faits, d’affirmer notre spécificité et nos particularités nationales. Car quoi qu’en disent les fédéralistes, je suis pas mal convaincu qu’une majorité de Québécois seraient très enthousiastes à l’idée de nous doter d’une citoyenneté et d’une constitution québécoise. Cela répondrait certainement, du moins en parti, aux aspirations des Québécois qui, sans vouloir faire l’indépendance, ont un désir certain d’affirmer leur identité. En tout cas, ça serait sûrement mieux que la position molasse du Parti libéral qui, depuis trop longtemps, n’a rien de bon à proposer aux Québécois en matière d’identité et d’affirmation nationale.

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    Mots-clés : québec , Société et Politique

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  • 3 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Le 21 janvier 2008 - en réponse à M. Simard, je recycle ce qui suit.

    Le 05 janvier 2008. C.C.C

    Pour un véritable Parti SÉPARATISTE du Québec LIBRE (PSQL).

    Se réfère à "Ma génération fera l’indépendance du Québec", d’untel David Poulin-Litvak dans Vigile. Se réfère aussi à "Le souverainisme est mort, vive l’indépendance", du même M. Poulin-Litvak.

    Aux yeux des nationalistes ethnoculturels (les seuls voulant créer un État-nation français du Québec) le mot INDÉPENDANCE est tout aussi teinté, suspect, avilissant, dévalorisé et synonyme de survie en mode canadiAn - que le mot SOUVERAINETÉ l’est de compromission, de trahison et de lâcheté, par rapport à un État Libre du Québec.

    Pour rompre avec ces deux mots maudits, suintant de pseudo souveraineté et de quasi indépendance, il faut maintenant parler de SÉPARATION et de LIBÉRATION, pour témoigner son attachement à la nation culturelle française du Québec. Ceci est aussi vrai pour le PQ-péculat de Mme Marois, laquelle en tant que ministre de l’Éducation, de la Santé et des Finances, a tout fait pour vassaliser et nier sa propre nation.

    Idem pour MM Lévesque, Johnson, Parizeau, Bouchard et Landry. Comme quoi il n’y a jamais eu et n’y a toujours pas de parti solidaire de la nation au Québec.

    Mme Suzanne Lachance de l’Union démocratique pour un Québec indépendant (UDIQ), une fraction dissidente du Parti indépendantiste (PI) nouvellement créé, a raison d’affirmer que la SÉPARATION n’est pas une question de génération. Là où elle se trompe, c’est que la LIBÉRATION du Québec n’est pas non plus l’affaire d’une FACTION politique par rapport à une autre, mais relève de la volonté de chacun D’AIMER, de CHOYER, D’INSTRUIRE à l’universel, de PRIVILÉGIER et de PROTÉGER sa propre nation française du Québec. Au dam de la minorité de 8% (seulement) d’Anglos au Québec. Minorité dont on doit contrôler sévèrement les origines wasps (White Anglo Saxon Protestant) par rapport à des adhérents illégitimes, afin d’en extirper les immigrants qui n’y ont pas leur place. Des immigrants qui doivent se rallier à "NOUS", ou aller vivre leur rêve canadiAn au ROC (Rest of Canada).

    Si PI et UDIQ aimaient vraiment les leurs de la nation culturelle française du Québec, en promettant de les favoriser et de leur rendre justice, les Québécois de souche française leur rendrait la pareille en les élisant majoritairement à l’Assemblée nationale. À sa seule vague promesse de promouvoir l’identité française au Québec, Mario Dumont est passé de 4 à 41 députés ! L’important est d’être sincères une fois élus, et de vraiment "porter cette nation française sur la main" - par estime et par amour pour elle. C’est pourquoi PI et UDIQ subiront le même sort que Dumont, qui s’apprête à prendre "une maudite débarque" aux prochaines élections, pour avoir RENIÉ sa propre nation à Toronto, aussitôt élu. Sur un air connu de Félix - "Le jour de l’élection il m’appelait son fiston - le lendemain il avait oublié mon nom".

    Ainsi, le nouveau Parti (quasi) indépendantiste (PI) de droite, de Richard Gervais, Éric Tremblay, Caroline Moreno, Luc Bertrand et Cie, n’a aucune chance de percer au Québec. Dans une parodie de "À soir on fait peur au monde", et comme repoussoir des véritables séparatistes, PLUS un clin d’œil hypocrite au Canada-anglais pour lui signaler que le PI ne fait pas sérieux quant à sa volonté de séparation, celui-ci maintient dans son programme de parti, une Déclaration unilatérale d’indépendance à être invoquée AUSSITÔT élus à Québec. Sachant que cette malfamée UDI (Unilateral Declaration of Independance) sera le signal pour l’armée canadiAn d’entrer en force au Québec, pour tout y saccager.

    Les Québécois, comme toute collectivité sensée, ne souhaite pas risquer bêtement les horreurs d’une guerre civile. Il en résulte que le PI n’attire dans ses rangs que des antinationalistes fascisants purs et durs. Pourtant le PI s’est doté d’une plateforme électorale très favorable à la majorité française. Faut dire que le PI déteste la NATION (lire, la majorité ethnoculturelle française du Québec réduite maintenant à 79% de la population sur le chemin de sa ’louisianisation’). Une nation que le PI conçoit comme racaille.

    Quelle humiliation pour le philosophe de la jésuitique Gervais, se voulant Sauveur incontestable du PI (lire Pays). Lequel, après le succès peu banal de créer un nouveau parti politique au Québec - le voit se fracturer irrémédiablement et les textes de Gervais et Cie affichés dans Internet, et se voulant rassembleurs, sont ignorés par le public électeur, tout comme par les grands journaux.

    Je prédis un sort identique pour le mouvement politique dissident, de l’Union démocratique pour (la pseudo) indépendance du Québec (UDIQ) dont la plateforme électorale est encore plus favorable à la majorité, et dure envers la minorité wasps et ses divers groupes ethniques canadiAns. L’UDIQ se veut vaguement de centre-gauche, avec comme ’cheuf’ untel Denys Barbeau, Frédéric Picard comme idéologue et Mme Lachance, entre autres. Même sans le boulet de l’UDI du PI -, l’UDIQ n’a pas plus de chance de réussir politiquement, puisque pour leur part, ils insistent sur une élection référendaire à 50 + 1 des voix, pour légitimer toute action de rupture au Québec !

    Alors même que le reste du monde occidental s’en remet pour gouverner légitimement, à une majorité relative des votes et une pluralité simple des députés ! L’UDIQ est donc éminemment antidémocratique envers la nation française du Québec, alors qu’il met la barre électorale plus haute pour légitimer les siens, que pour les Wasps et les altérités au Québec ! Faut l’faire !

    L’UDIQ ne résonne donc pas auprès des Québécois de souche française. L’UDIQ déteste lui aussi la notion de nation et se moque de la majorité française du Québec et sa classe moyenne active, laquelle a pourtant voté OUI à 70.3% en 1995 ! Allez comprendre ces inanités politiques suicidaires !

    En vraie démocratie du plus grand nombre au Québec, pour prendre le pouvoir à l’Assemblée nationale il faut être aimés, puis élus par une majorité. ET la seule majorité qui existe et qui vaille au Québec, est celle de sa nation française.

    "Do the math", comme dirait Obama ! "It’s the NATION - STUPID, pour paraphraser l’autre Clinton !!


    Le 20 janvier 2008. NDLR : Ce qui suit est en réponse à M. Untel qui me demandait médusé si il existe une seule personne qui rencontrerait mes critères de sélection pour former le gouvernement provisoire qui réalisera la libération du Québec !?

    Et je réponds - tant et tant ! Mais la plupart sont inconnus du grand public québécois, tous extrêmement compétents, d’une volonté à toute épreuve et plein de sollicitude pour le Québec et le Québécois.

    Tous des inconnus du Québécois moyen, excepté Mme Louise Harel du PQ-péculat comme leader du gouvernement en tant que politicienne aguerrie connaissant les rouages de l’État, pour assurer la continuité et le bon fonctionnement. Mais une Harel version 2001 lors de sa réussite à émasculer les ’Municipalities’ du West Island en les réduisant à de simples arrondissements de Montréal, tout en les privant du droit de prélever des taxes. Pas/pas la Louise Harel version 2008, soumise, défaite, éberluée.

    Je soumets un autre nom pour faire le point : un certain docteur Julien entrevu au petit écran, lequel se dévoue corps et âme pour préserver la santé des enfants pauvres dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve de Montréal. Il serait mon choix comme ministre de la Santé dans un gouvernement séparatiste de transition.

    Et puis, sans savoir ni lire ni écrire je suggère le nom de ce même David Poulin-Litvak comme ministre de l’Émasculation des Wasps du Québec. Sa grande lucidité à identifier l’ennemi canadiAn tel qu’il se comporte impitoyablement envers "nous", le qualifie hautement.

    Et enfin, comme ministre de la défense territoriale du Québec, le même René-Marcel Sauvé, ex militaire ayant déjà commandé des troupes en situation de conflit. Et ainsi de suite. FJP

    21 janvier 2008 | répondre | permalien

    le 22 janvier 2008, alors que le Comité de sélection des textes dans 100 Papiers refusent toujours d’afficher mon texte dans son blogue :

    Mes excuses à M. Emmanuel Simard pour avoir envahi le sien, même si ce texte répond (si de façon dissonante) au sien.

    J’en profite pour ajouter une phrase à mon texte, et une correction.

    À la fin du 2e paragraphe condamant Mme Marois et le PQ-péculat, prière ajouter : "Quant au grand jaune antinationaliste notoire Gilles Duceppe du Bloc-cul à Ottawa, pluraliste civique, internationaliste cosmopolite du melting pot canadiAn, ces épithètes expriment très bien mes sentiments envers lui.

    Dans le 1e paragraphe condamnant l’UDIQ, le lecteur aura compris que je voulais écrire - 50% + 1 - et non 50 + 1. FJP

    22 janvier 2008 | répondre | permalien
    • François Perrier

    le 24 janvier 2008.

    Est-ce que j’ai la berlue ! - alors que mes deux textes jugés sacrilèges avaient été éliminés hier et remplacés par un court message de sympathie d’untel Rénart l’Éveillé à M. Simard - disant quelque chose comme - "Bien fait Emmanuel - et ça lui servira de leçon à ce con (de Perrier) pour avoir osé profaner la sanctité du PQ-péculat tout en se moquant de ton angélisme politique" ...

    On ne peut s’imaginer des détails aussi précis ! Dites-moi que je n’ai pas rêvé M Simard, et qu’en brave étudiant en Science Po vous avez décidé que la Vérité devait prévaloir - tout aussi désagréable soit-elle !!

    Autre petit détail impossible à fabriquer —, il était stipulé en entête que dorénavant toute communication acheminée au blogue de M Simard devrait être approuvé par lui avant d’y être affichée.

    SVP - M. Simard confirmez que je ne me suis pas imaginé tout ça - et prière nous expliquer ce qui a provoqué votre changement d’attitude.

    Le cas ’déchéant’, expliquez moi qu’il y a deux ou plusieurs blogues intitulés "Emmanuel Simard" dans 100 Papiers ... Je meurs de savoir que je n’hallucine pas. FJP

    24 janvier 2008 | répondre | permalien

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