• L’occasion culturelle ratée

    7 septembre 2008 | 1 commentaire(s) | 62 affichage(s)

    Le milieu culturel ne décolère pas. Avec raison. L’abolition de programmes qui représentent quelque 41 millions de dollars pour l’ensemble du Canada fait mal. Les conservateurs n’en ont que cure, convaincus semble-t-il du faible impact électoral de cette décision. Pendant ce temps, à Québec, la ministre Saint-Pierre monte au front. On l’imagine servant une célèbre réplique historique à Josée Verner : « rendez-nous notre butin ». Justement, le butin a été rendu, madame Saint-Pierre. Qu’en a-t-on fait à Québec ?

    Que monsieur de La Fontaine nous pardonne, mais ce qui suit est fortement inspiré de sa fable « La cigale et la fourmi ». À moins que ce ne soit Ésope qui en ait la propriété intellectuelle ?

    Que faisiez-vous au temps des élections ?
    Dit-elle à cette emprunteuse.
    Nuit et jour venant
    Je distribuais la péréquation, ne vous déplaise.
    Vous répandiez le butin rendu ? J’en suis fort aise
    Et bien ! dansez maintenant.

    Plutôt que de jouer la grande scène des pleureuses, Québec doit lever les sommes nécessaires pour financer la culture, avancer sur les autres fronts où le fédéral intervient alors que Québec pourrait développer des politiques et des programmes cohérents, et faire en sorte qu’Ottawa diminue de plus en plus la part des impôts qu’il collecte.

    Les temps ont changé. Il faut savoir profiter du fait qu’Ottawa se retire pour occuper l’espace fiscal, avant que des centralisateurs n’y reprennent le pouvoir. Qui a dit déjà que l’argent était le nerf de la guerre ?

    Au lieu de bouger, Québec joue les Ponce-Pilate. Ah la vilaine Verner ! Qu’on la crucifie.

    En fait, cette énième scène, qui serait digne des plus grands Vaux de ville si ce n’était des dommages qu’elle cause, est révélatrice d’un grand vide politique à Québec : d’un côté, il y a les péquistes qui attendent le Grand soir, de l’autre les libéraux et les adéquistes qui ne demandent pas mieux que de sabrer dans les dépenses publiques.

    Au moins, libéraux et péquistes, on sait à quelle enseigne ils logent. Les adéquistes ? Où est passé l’autonomisme ? N’était-ce que beau discours destiné à gruger dans cette partie indécise de l’électorat qui hésite entre l’indépendance et le renforcement de Québec, avec comme corollaire la diminution du rôle d’Ottawa dans les champs de compétence qu’il a pu envahir grâce au butin sur lequel il avait mis la main ? Un autre des mystères dumontiens.

    L’affaire des 700 millions venus d’Ottawa pour aussitôt se retrouver dans nos poches est un des coups les plus durs portés à l’option autonomiste. C’était d’un tel cynisme qu’on se demande si ce n’était pas l’idée de Philippe Couillard.

    Chaque fois qu’un ministre québécois va protester parce qu’Ottawa coupe dans des programmes, que ce soit en culture, en santé, en éducation, Ottawa aura beau jeu de répliquer : où sont les 700 millions déjà ?

    Dire qu’en proportion de la population québécoise au sein du Canada, les sommes coupées par Ottawa ne représentent, tout au plus, que huit millions de dollars.

    Mais l’imprévoyante cigale a tout dépensé et ce sont les artistes qui doivent danser.

    1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Pas encore d'évaluation)
  • Un commentaire

    • L’équipe de CentPapiers

    Un commentaire d’un utilisateur nommé :

    Sylvie R. Tremblay

    Jeanne du Lys

    Parti indépendantiste

    — -

    Quelle perte de temps et d’argent…

    Cependant stratégiquement, en attendant l’indépendance, il faut déloger ce
    malade d’extrême droite qu’est Harper.

    Les libéraux ont appuyé la loi C-484 et on laissez le champs libre à
    Harper donc s’ils ne font pas faillite en cours de campagne ils vont
    perdrent des plumes.

    Le seul autre parti fédéral qui peut prendre le pouvoir est le NPD même
    s’ils ont voter contre la loi C-484 je trouve tout de même déplorable
    qu’ils mélangent politique et représentant religieux(le voile c’est une
    marque de commerce religieuse, et elle leur donne de l’exposure
    gratuite…).

    Quoi qu’il en soit, stratégiquement en votant pour le parti le moins pire,
    la seule manière de déloger Harper serait que le Québec et Terre-neuve (qui
    feront campagne contre Harper) vote massivement pour le NPD en attendant
    l’indépendance. Si on ajoute le 19% que le NPD a déjà dans le reste du
    Canada, plus tous ceux qui dans le reste du Canada sont plus centristes ou
    gauchistes n’appuieront pas Harper, ils appuieront probablement le NPD.
    C’est la seule manière, je crois, ou l’on pourrait nous défaire d’Harper.

    Voter pour le Bloc annule notre pouvoir politique fédéral et ne fait
    qu’aider Harper car pour lui les votes du Québec s’ajouteront au pouvoir
    fédéral du PC mais pas ceux du Bloc nous qui sommes anti-Harper il ne
    faut
    surtout pas appuyer le Bloc puisqu’il n’a aucun pouvoir de déloger
    Harper.

    Il faut donc donner notre appui à un parti qui a des chances de le
    déloger.

    C’est un point de vue comme un autre.

    Un peuple, un parti, un pays !

    Laisser un commentaire

    Vous devez être connecté pour publier un commentaire.