La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.
Cet article a paru le 31 mars 2008 dans le journal “Le Devoir”.
Le pétrole fossile va manquer d’ici 45 ans, selon Jean-Marie Chevalier, professeur à l’université Paris-Dauphine où il dirige le Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières (CGEMP). Alors, on se tourne vers la recherche de sources équivalentes de carburants au lieu d’investir dans le développement d’énergies propres et renouvelables.
En Amérique latine, on favorise l’exploitation de terres agricoles pour la production de biocombustibles à base de maïs, de soja, de blé ou de cannes à sucre. On détourne alors les denrées de la satisfaction alimentaire de millions de pauvres gens des pays en voie de développement ou sous-développés pour faire rouler les voitures énergivores des riches locaux et des citoyens occidentaux. Le président américain G.W. Bush s’est déjà montré favorable à cette industrie.
Pis encore. Une compagnie de recherche forestière du Québec, FPInnovations, travaille sur un procédé qui transformerait la matière ligneuse en carburant raffinable, comme si la forêt québécoise n’était pas déjà assez délabrée. Pourtant, on annonce clairement au Québec que les coupes de qualité se font de plus en plus rares, particulièrement pour les feuillus, et le forestier en chef a imposé une réduction de l’exploitation pouvant atteindre 33% dans certaines régions pour les cinq prochaines années. Tant qu’à tout raser le Québec, allons-y jusqu’au bout.
Si le biocarburant prend de l’ampleur, la déforestation planétaire s’accentuera (particulièrement en Amazonie), l’érosion s’aggravera emportant avec elle un nombre croissant de terres arables et l’eau douce, déjà considérée comme une ressource en danger sur l’ensemble du globe, se fera de plus en plus rarissime au détriment des démunis du globe car il faut 4.000 litres d’eau pour créer un litre de bioéthanol. Par ailleurs, les prix des produits agricoles exploseront, tout comme celui de l’eau, rendant ainsi de plus en plus inaccessibles ces ressources pour une grande partie de l’humanité souffrant de la famine.
Les biocarburants sont peut-être moins polluants, mais les impacts écologiques résultants de leur production n’en font pas une solution viable à long terme car trop coûteuse en ressources naturelles.
Les compagnies pétrolières et les constructeurs automobiles appuient tacitement la nouvelle mode de cette énergie « verte », car elle permet de faire perdurer les voitures à explosion au lieu de migrer vers des nouveaux moteurs à énergies renouvelables qui leur profiteraient moins financièrement.
/BOUCLE_video>Jimmy, encore une fois, tu vises en plein dans le mille. Les biocarburants ne sont pas du tout une solution viable. Et laisse-moi te corriger : ils polluent de 50 à 70% plus que l’essence ordinaire si on considère tout le processus de fabrication et nous donnent moins de kilométrage au litre.
Mais le plus désastreux est que nous brûlons notre nourriture pour faire avancer nos voitures pendant des gens meurent de faim à tous les jours et dans la lumière de la crise de la nourriture qui prend de plus en plus d’ampleur mondialement. Il reste moins de 10 semaines de réserve de blé aux États-Unis, le soya a doublé de prix et même chose pour d’autres grains.
Pourquoi ne pas commercialiser ce que Stan Meyer a fabriqué au coût de sa vie : un moteur très efficace et puissant qui fonctionne à l’hydrogène ?
@François
« Et laisse-moi te corriger : ils polluent de 50 à 70% plus que l’essence ordinaire si on considère tout le processus de fabrication et nous donnent moins de kilométrage au litre. »
Tu ne me corriges pas. Je dis clairement que les coûts environnementaux de la production des biocarburants sont trop élevés et que le procédé de production à une balance négative sur le plan des ressources naturelles.
« Pourquoi ne pas commercialiser ce que Stan Meyer a fabriqué au coût de sa vie : un moteur très efficace et puissant qui fonctionne à l’hydrogène ? »
L’hydrogène, l’hydride ou le gaz comprimé demandent de l’énergie électrique que l’on doit produire de toute façon. Ici, au Québec, l’hydro-électricité est relativement propre, mais ailleurs, on utilise le charbon ou le nucléaire pour produire l’électricité. Donc, il y a aussi des coûts environnementaux. Aucune énergie de locomotion n’est entièrement « propre ».
Jimmy,
Disons que je complétais ta phrase alors, parce que tu disais "Les biocarburants sont peut-être moins polluants". Je sentais le besoin de clarifier ça car ce n’est réellement pas moins polluant.
Pour ce qui est du moteur de Stan Meyer, es-tu allé voir la vidéo sous le lien que j’ai attaché ? Aucune énergie n’est requise pour séparer l’hydrogène autre que dans le moteur qu’il a conçu. T’as seulement besoin de verser l’eau dans le moteur et le tour est joué ! C’est pourquoi il a été retrouvé mort tu sais, c’était trop génial pour laisser ça se commercialiser ! Seul rejet : de l’eau !
Jimmy
Votre article arrive à point nommé avec tout ce débat sur l’augmentation exponentielle des denrées alimentaires. Comme vous l’avez bien montré, les biocombustibles y seraient pour quelque chose.
Merci pour cet éveil des consciences. Les commentaires de François sont également fort pertinents.
Pierre R. Chantelois
Non, je n’y suis pas allé. Désolé. Pas le temps durant la semaine avec le travail et la famille.
Mais j’irai voir ça en fin de semaine et je t’en dirais des nouvelles.
D’après ce que j’ai lu, même les moteurs à hydrogène un besoin d’une puissance électrique pour fonctionner. Mais le moteur dont tu me parles est peut-être une exception.

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