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J’écrivais il y a deux mois qu’une des raisons de la guerre en Afghanistan était d’assurer la reprise de la production du pavot - à la base de la confection d’héroïne - qui permet d’assurer un maximum de liquidités et d’argent blanchi pour faire fonctionner Wall Street. On constate aujourd’hui que l’intervention étatsunienne (et de ses laquais, notamment canadiens) porte ses fruits : la production d’opium a doublé depuis deux ans et l’Afghanistan est désormais responsable de 93% de la production mondiale !
Observons un peu la suite chronologique des événements. De 1997 à 2000, puis en 2002 l’Afghanistan était responsable de près 70% de la production mondiale d’opium. Mais que s’est-il passé en 2001 ?
« Les Talibans ont banni la production d’opium à la fin de l’été 2000 et détruit presque tout l’opium qui était encore planté ; cette opération a été complétée et confirmée en janvier 2001. Selon le Independant, "la superficie consacrée à la culture du pavot en 2001 a chuté de 91 pourcent en comparaison avec l’année précédente, selon le rapport annuel de l’organisme des Nations Unies responsable du contrôle de la drogue (UNDCP). La production d’opium frais, le matériel brut à la base de l’héroïne, a chuté de près de 94%, de 3 726 tonnes à 185 tonnes." » ((Michael C. Ruppert, Crossing the Rubicon : The Decline of the American Empire at the End of the Age of Oil, New Society publishers, 2004, p. 59))
Rationnellement, on ne peut qu’être surpris par cette suite apparemment illogique. Mais si on considère que l’argent de la drogue est nécessaire à Washington (la CIA n’a jamais hésité à trafiquer de la drogue pour payer ses opérations illégales), tout devient logique et l’apparente coïncidence de l’attaque étatsunienne sur l’Afghanistan en 2001 fait davantage de sens. De même que la reprise du business as usual maintenant que les Talibans, hostiles à la consommation de stupéfiants, sont partis.
Mais pourquoi le trafic de drogue est-il si utile à Wall Street ?
« Si vous étiez un exécutant corporatif qui a besoin d’emprunter de l’argent pour un rachat d’entreprise avec effet de levier ou pour financer un pipeline, vous pourriez emprunter de l’argent légalement à 9 pourcent, ou vous pourriez emprunter de l’argent de la drogue blanchie une seule fois, en quête de devenir légale, à 6 pourcent. Le chef du réseau de contrebande est simplement trop content de posséder des obligations de Halliburton ou de General Electric, par exemple. Mais si vous vouliez vraiment vous faire un maximum d’argent, vous blanchiriez de l’argent de la drogue dans vos propres comptes et augmenteriez substantiellement vos profits. Vous pouvez faire cela en vendant vos produits au noir et en acceptant de l’argent liquide. Ainsi, vous pourriez augmenter vos profits nets sans augmenter vos coûts. Phillip Morris a été accusée d’avoir fait cela. » ((Ibid., p. 60))
Je ne sais pas pour vous, mais j’ai comme l’impression qu’on n’a pas fini de voir une augmentation de la production de l’opium en Afghanistan, surtout avec la crise du manque de liquidités qui frappe les marchés mondiaux. Un petit truc un peu trop facile, qu’a aussi utilisé GM en vendant des véhicules contre du cash à des trafiquants sud-américains. Trop facile.
Pendant ce temps, des Québécois de chez nous se font tuer en Afghanistan au nom de la « démocratie » et de la « liberté ». La démocratie de ne rien savoir du tout des vrais enjeux et la liberté de se faire envahir de drogue pas chère pour financer les gros bonzes de Wall Street et leurs amis de Washington.
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