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    L’UE peut-elle exiger la fermeture de Guantanamo ?

    le 7 juin 2007 | 236 visites | 3.31 / 5 | 3 commentaire(s)
    L'UE peut-elle exiger la fermeture de Guantanamo ?
    image : takomabibelot (flickr)

    La prison américaine de Guantanamo est située sur une base militaire navale à Cuba. Cette prison fut créée à la suite de l’invasion américaine en Afghanistan pour y jeter des « terroristes » ou des combattants talibans.

    À l’automne 2001, près de 750 prisonniers originaires d’une vingtaine de pays différents s’y retrouvaient. En 2004, plus de 200 prisonniers ont été relâchés, sans qu’aucune explication soit donnée. Encore aujourd’hui, pas moins de 380 personnes sont toujours emprisonnées et il y aurait environ 60 détenus mineurs.

    En 2006, le Congrès américain a adopté une loi privant aux détenus l’accès à des tribunaux pour deux motifs : 1) contester la légalité de leur détention et 2) le traitement qui leur est infligé, même en cas de tortures. Le déni d’un droit fondamental constitue tout un précédent ! Selon Amnesty International, Guantanamo est un « goulag moderne ! »

    Voici quelques conditions de détentions des prisonniers :

    Des cellules individuelles de 2 mètres sur 2, et ce, éclairé 24 heures sur 24 ; Ils peuvent être interrogés à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit ; Lorsqu’ils sont déplacés, les détenus ont les mains et les pieds menottés et un sac de toile est placé sur leur tête pour les empêcher de voir ; Le dialogue entre prisonniers est inexistant ; La torture psychologique et physique est parfois pratiquée.

    « L’emprisonnement de centaines d’hommes à Guantanamo sans inculpation est un désastre politique et juridique aux proportions historiques. […] Les États-Unis ont créé le problème et il leur incombe aujourd’hui de le résoudre. L’UE devrait toutefois apporter son concours en accueillant certains détenus. » Kenneth Roth, Human Rights Watch.

    L’Union Européenne peut-elle presser les É.-U. à fermer cette prison et forcer la tenue de procès équitables ? Déjà, en juillet dernier, l’UE avait lancé un appel collectif pour la fermeture de Guantanamo. Les États-Unis continuent à faire la sourde oreille. Oubliez le Canada, il participe à cette guerre et il est frileux quant aux critiques à formuler envers son voisin. Outre l’UE, qui peut exiger cette fermeture ? L’ONU, Sarkozy, le nouvel ami de Bush ou bien Poutine ?!?

    Je ne défends pas des supposés terroristes ou talibans provenant de « l’axe du mal » et je ne suis pas antiaméricain pour autant… Cependant, torturer et priver les détenus de leurs droits internationaux, et ce, par l’une des puissances mondiales (jusqu’à quand ?) sont catastrophiques pour la démocratie mondiale et les droits humains. Imaginez si certains pays seraient portés à suivre l’exemple américain...

    Autre sujet : « Le procès de l’ancien président libérien Charles Taylor pour crimes de guerre commis pendant les 11 années de conflit armé en Sierra Leone et qui débute le 4 juin, envoie le signal fort que personne n’est au-dessus des lois, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. »

    Personne n’est au-dessus des lois… et ce, même sur une base navale américaine.

    Sources : http://hrw.org/french/docs/2007/01/05/usdom15054.htm Human Rights Watch

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Prison_de_Guantanamo Wikipedia

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  • 3 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Merci de publier mon texte :) J’apprécie...

    7 juin 2007 | répondre | permalien
    • ANONYME

    A l’auteur

    Relativement à la question d’Human Rights Watch, qui demande à l’Union européenne d’intervenir, le rapport a été publié en janvier 2007 ! Si Guantanamo est toujours d’actualité, le rapport de HRW se fait un peu vieux.

    En 2005, le Washington Post révèlait l’existence de prisons secrètes, et de transfert de prisonniers, avec la complicité d’une vingtaine de pays, dont plusieurs pays européens. L’affaire avait créé un scandale international. Six organisations des droits de l’homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch ont ces jours-ci saisi la justice américaine pour connaître la vérité sur le sort de 39 personnes, arrêtées par la CIA dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, et qui ont littéralement disparu depuis lors. Ces organismes ont notamment évoqué le sort de 2 enfants de 7 et 9 ans, les fils d’un homme considéré comme le cerveau des attentats du 11 septembre. D’après des témoins oculaires, les deux enfants ont été détenus pendant 4 mois dans une prison pour adultes, et interrogés sans relâche sur les agissements de leur père.

    Ce rapport de 21 pages, Off the Record : U.S. Responsibility for Enforced Disappearances in the ‘War on Terror’, comporte pour la première fois des données détaillées sur quatre personnes citées comme détenus « disparus ». La liste complète comporte des ressortissants de pays comme l’Égypte, l’Espagne, le Kenya, la Libye, le Maroc et le Pakistan. Ces personnes auraient été arrêtées dans des pays comme l’Irak, l’Iran, le Pakistan, la Somalie et le Soudan, et transférées dans des centres de détention secrets des États-Unis. Amnesty, le CCR et International Human Rights Clinic of New York University School of Law ont annoncé avoir déposé une plainte devant une cour fédérale américaine en vertu de la loi sur la liberté de l’information pour obtenir des renseignements sur les détenus disparus.

    En septembre dernier, George Bush admet que la CIA a interrogé des dizaines de suspects dans des centres de détention secrets, des prisons noires, et que 14 d’entre eux ont été envoyés à Guantanamo.

    Votre article, pour intéressant qu’il soit, aurait dû être actualisé. La déclaration de Meg Satterthwaite, directrice du Center for Human Rights and Global Justice à la faculté de droit de l’Université de New York, témoigne de l’importance de la démarche des organismes en cause : « Depuis la fin des guerres sales en Amérique latine, le monde a rejeté le recours aux ‘disparitions’ comme étant une violation fondamentale du droit international. Malgré cette condamnation universelle, nos recherches montrent que les États-Unis ont essayé de faire disparaître aussi bien les personnes sur cette liste que l’état de droit. Les États-Unis ne peuvent ignorer les droits humains en cachant des détenus dans des sites noirs ou fantômes. Les disparitions forcées sont illégales, quel qu’en soit le responsable. »

    Pierre R. Montréal

    8 juin 2007 | répondre | permalien

    @Pierre R. Pour ma part un rapport de janvier 2007 est encore d’actualité si Guantanamo est toujours fonctionnel et qu’aucun pays semble vouloir mettre de la pression sur les USA à fermer ce lieu.

    Vous complétez mon billet avec la disparition de détenus. Un point en commun avec Guantanamo et votre ajout ; les USA bafouent de multiples façons les droits humains.

    Est-ce le fait que Guantanamo est plus surveillé qu’ils ont recours à cette tactique ?

    Merci des ajouts et du rapport en question. Un peu vieux juin 2007, quand même, le mois de juillet approche ! (rire !)

    8 juin 2007 | répondre | permalien

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