
Comment combattre la Faim dans le Monde, si le chemin qui va de l´intention à l´action est semé d´embûches
Le 4 d´octobre 1996 Angelo Card. Sodano Secrétaire d’État au Vatican, présentait le document LA FAIM DANS LE MONDE UN DÉFI POUR TOUS : LE DÉVELOPPEMENT SOLIDAIRE, qui, disait-il, avait été « soigneusement préparé par le Conseil Pontifical « Cor Unum » sur indication du Saint-Père Jean-Paul II », en faisant remarquer que « Cette année le Successeur de Pierre s’est à nouveau fait dans son Message de Carême la voix de ceux auxquels manque le minimum vital : La foule des affamés, formée d’enfants, de femmes, de personnes âgées, de migrants, de réfugiés ou de chômeurs, élève vers nous son cri de douleur. Tous, ils nous implorent, dans l’espoir d’être entendus » .
Et il ajoutait quelques phrases qui donnent à réfléchir : « Le document s’inscrit dans le sillon tracé par le Christ pour ses disciples. » ; « L’Église, au cours des siècles, a donné d’innombrables expressions concrètes de cette sollicitude de Dieu. » ; « L’histoire de l’Église pourrait être écrite aussi comme une histoire de la charité envers les plus pauvres… »
Cette publication était paraît-il d´une grande importance car l´Église se préparait, à ce moment-là, pour le Grand Jubilé de l An 2000.
Le document débute par un texte de Jean Paul II, inclus dans Lettre Encyclique Redemptor hominis, de 1979 : « L’ampleur du phénomène met en cause les structures et les mécanismes financiers, monétaires, productifs et commerciaux qui, appuyés sur des pressions politiques diverses, régissent l’économie mondiale : ils s’avèrent incapables de résorber les injustices héritées du passé et de faire face aux défis urgents et aux exigences éthiques du présent. Tout en soumettant l’homme aux tensions qu’il crée lui-même, tout en dilapidant à un rythme accéléré les ressources matérielles et énergétiques, tout en compromettant l’environnement géophysique, ces structures font s’étendre sans cesse les zones de misère et avec elles la détresse, la frustration et l’amertume... ». « On n’avancera dans cette voie difficile, dans la voie des indispensables transformations des structures de la vie économique, que moyennant une véritable conversion de l’esprit, de la volonté et du cœur. La tâche requiert l’engagement résolu d’hommes et de peuples libres et solidaires » .
Ensuite, dans l´introduction le texte souligne : Le droit à l’alimentation est un des principes proclamés en 1948 par la Déclaration universelle des droits de l’homme ; La Déclaration sur le progrès et le développement dans le domaine social précisait en 1969 qu’il faut éliminer la faim et la malnutrition et garantir le droit à une nutrition adéquate ; La Déclaration universelle pour l’élimination définitive de la faim et de la malnutrition, adoptée en 1974, déclare que chaque personne « a le droit inaliénable d’être libérée de la faim et de la malnutrition afin de se développer pleinement et de conserver ses facultés physiques et mentales ; En 1992, la Déclaration mondiale sur la nutrition a reconnu aussi que l’accès à des aliments nutritionnellement appropriés et sans danger est un droit universel.
Puis en se lançant dans une sorte de pédagogie humanitariste, le texte précise que la cause de la faim ne réside pas dans le manque de nourriture, car il est généralement admis que les ressources de la terre peuvent nourrir tous ses habitants, surtout quand les indicateurs prouvent que les aliments disponibles par habitant au plan mondial se sont accrus de 18% environ, au cours des dernières années. Jusqu´ici on ne peut que féliciter l´intérêt que le document porte à la Faim dans le Monde.
Mais apprécions ce qui suit : « L’Église considère qu’on ne peut pas aborder les domaines économiques, sociaux et politiques en faisant abstraction de la dimension transcendante de l’homme. La philosophie grecque qui a si profondément imprégné le monde occidental, était déjà de cet avis : l’homme ne peut découvrir et poursuivre la vérité, le bien et la justice par ses propres moyens que si sa conscience est illuminée par le divin. En effet, c’est précisément le divin qui permet à la nature humaine de prendre en considération les devoirs désintéressés à l’égard des autres » .
On ne peut s´empêcher de penser aux centaines de milliers de personnes, non-croyantes, qui, dans les coins les plus reculés et plus hostiles de la planète, poursuivent, infatigablement, courageusement, un combat pour le sauvetage de l´homme, sans être « illuminés par le divin », sans attendre la récompense divine, uniquement obéissant à leur conscience et à leur amour pour les autres. Que dire alors de ces combattants volontaires ? Ne sont-ils pas les véritables apôtres du Bien ?
En citant le Concile Vatican II le texte poursuit : « Devant un si grand nombre d’affamés de par le monde, le Concile insiste auprès de tous et auprès des autorités pour qu’ils se souviennent de ce mot des Pères d’Église : "Donne à manger à celui qui meurt de faim car, si tu ne lui as pas donné à manger, tu l’as tué ». Le document élaboré par ce Conseil Pontifical s´adresse « … aux catholiques du monde entier, aux responsables nationaux et internationaux qui ont compétence et responsabilité en ce domaine ; mais il veut aussi rejoindre toutes les organisations humanitaires, aussi bien que tout homme de bonne volonté. Tout en soulignant l´urgence de ce problème, et l´importance que l´Église lui donne, il essaye d’analyser et de décrire les causes et les conséquences du phénomène de la faim dans le monde de façon globale et non exhaustive » .
Hélas les années passent et la faim continue à décimer l´humanité. Le monde est plein de bonnes intentions. Et ce document en fait partie comme d´ailleurs les sempiternelles proclamations des responsables politiques mondiaux. On aurait besoin d´actions efficaces et radicales. L´Église, a toujours eu, certes, une politique d´aide aux plus nécessiteux, par le biais de ses institutions de charité, mais son apport à cette cause n´a jamais représenté que des miettes quand on le compare aux trésors que le Vatican cache, aux richesses que l´Église possède dans le monde entier. En ce qui concerne « La foule des affamés, formée d’enfants, de femmes, de personnes âgées, de migrants, de réfugiés ou de chômeurs … » l´Église Catholique est à des millions d´années lumière du message du Christ. Elle l´a été au cours des siècles, elle le sera toujours. Elle ne s´est jamais reformée, et ne saura jamais transformer le cœur des hommes, les rendant dignes de la croyance dont elle réclame la représentativité.
Le 12 Octobre de cette année, à Fatima, Portugal, la quatrième plus grande église catholique du monde a été inaugurée. Elle aura coûté la somme de 80 millions d´€uros. Fatima, c´est cet endroit de culte à la Vierge Marie, apparue, soi-disant, en l´année 1917, á trois petits bergers, qui attendent d´ailleurs la confirmation d´avoir provoqué des guérisons pour être sanctifiés. L´œuvre, selon un des responsables du Sanctuaire, aura été payée intégralement par les dons des pèlerins. Et Dieu sait ce que ces pèlerinages à Fatima, apportent aux coffres du Vatican, année après année. En Afrique, en Asie, en Amérique Latine la faim continuera à tuer, surtout des enfants. Et en toute l´Europe développée il y a aussi des gens qui ont faim. Au Portugal, cette année, on a dénombré 2 millions de pauvres.
P.S. On peut consulter LA FAIM DANS LE MONDE UN DÉFI POUR TOUS : LE DÉVELOPPEMENT SOLIDAIRE, élaboré par le Conseil Pontifical « Cor Unum »
/BOUCLE_video>
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.
À propos de Cent papiers | Tous droits réservés, Cent Papiers 2006-2007 | Roule sous Spip 1.9.2b | Design: Olivier Niquet | Écrivez-nous !