Le conflit afghan est là pour rester. Il prend sa source dans une riche tradition guerrière, dans la constitution frauduleuse de la ligne Durand et surtout dans cet effort soutenu des grandes puissances à maintenir l’instabilité dans ce carrefour historique de l’humanité. La séparation de l’ethnie Pachtoune de chaque côté de la frontière perméable entre l’Afghanistan et le Pakistan semble un problème dont on ne veut même pas imaginer une solution. Il est fort possible que cette source de zizanie soit fort profitable pour l’industrie de la guerre ainsi que les grandes oligarchies mondiales.
Le Canada s’est enlisé. Les routes dans la province de Kandahar sont toujours aussi dangereuses. L’appui frileux des autres grands joueurs commencent à peine à se faire sentir. Néanmoins, l’armée canadienne réalisera certainement une grande part de son mandat. Cependant, l’incertitude parlementaire et les moyens limités risquent d’entacher les efforts déployés depuis plus de cinq ans. Finalement, le prochain gouvernement aura de grandes décisions concernant l’orientation des futures missions militaires.
Des approches alternatives devront être envisagées telles que la formation en sol canadien de policiers, militaires, ainsi que d’individus aptes à la prise en charge de la gestion. L’initiative locale doit être soutenue et encouragée. L’état afghan devra subir une cure fortifiante et être repensé.
La consommation de drogue illicite au Canada
Avant même de montrer à l’Afghanistan comment organiser un état ou une armée, la société canadienne aurait avantage à regarder ce qui se passe dans ses propres frontières. L’Amérique du Nord est très friande de drogues qu’elles soient légales ou non. L’héroïne consommée ici est source d’un commerce très lucratif qui soutient des régimes criminels comme les Talibans. En tant que société consommatrice, il est aberrant d’aller combattre ceux qui nourrissent nos besoins peu avouables. Envisager la réduction de l’accessibilité des drogues dures devrait être à l’ordre du jour du gouvernement canadien. Nos élus auraient avantage à s’arrêter, penser, observer et planifier à nouveau.
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