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Près d’un an après son élection comme opposition officielle au Québec, le parti de Mario Dumont est en train de se dégonfler. En effet, si au lendemain du scrutin du 26 mars 2007 tous les espoirs étaient permis pour les adéquistes, il en va tout autrement par les temps qui courent. En fait, si des élections provinciales avaient eu lieu au cours des dernières semaines, l’ADQ se serait retrouvé sur les banquettes du 2e groupe d’opposition à l’Assemblée nationale. C’est à tout de moins le portrait que nous brosse le dernier sondage Crop – La Presse.
Les partisans adéquistes diront assurément qu’il s’agit seulement d’un sondage et que le vrai sondage c’est le jour de l’élection que ça se passe. Ce n’est pas faux. Cependant, il y a quand même une tendance qui est en train de se dessiner. À chacun des 4 derniers sondages (Crop – La Presse), l’ADQ recule par rapport au précédent. (34%, 28%, 26%, 24% - après répartition proportionnelle de la non-réponse). La même tendance est observable quand on demande aux Québécois : qui ferait le meilleur Premier ministre. Lors des 4 derniers sondages, l’appui donné à M. Dumont a chuté constamment. (29%, 25%, 23%, 22%) Plus qu’une saute d’humeur de la part de l’électorat québécois, c’est véritablement un recul de l’Action Démocratique du Québec qu’on peut observer au Québec.
Au lendemain du 26 mars 2007, certains sympathisants adéquistes parlaient d’un nouveau 15 novembre 1976. Une nouvelle ère venait de se lever sur le Québec. Les idées adéquistes, de droites, allaient maintenant pouvoir résonner à l’Assemblée nationale et partout sur le territoire québécois. Mario Dumont affirmait même, lors de son discours de victoire, que le résultat de l’élection marquait « le début d’un temps nouveau pour le Québec ». Super Mario se voyait déjà dans la chaise du Premier ministre.
Malgré toute la couverture médiatique qu’ils ont pu avoir après cette percée surprise, les troupes adéquistes n’ont jamais su capitaliser. Ils ont bien essayé, mais sans jamais vraiment réussir. Ils ont tenté de s’affirmer sur le dossier de l’identité et des accommodements raisonnables, mais ils se sont rapidement fait voler le devant de la scène par le PQ. Ensuite, ils ont tenté de faire tomber le gouvernement sur la question des Commissions scolaires. Encore là, ce fut un échec. Les nouvelles idées révolutionnaires qui allaient chambouler le Québec, elles sont où ? Ils seraient temps que Dumont nous les présente.
Lors de la « crise » sur le dernier budget libéral, l’ADQ criait sur tous les toits que c’était la responsabilité de l’opposition de s’opposer au gouvernement. C’est effectivement le cas. Cependant, ce que les adéquistes semblent oublier, c’est que l’opposition a également la responsabilité, dans un régime parlementaire britannique, de fournir une alternative crédible au gouvernement en place. Elle doit présenter ce qu’elle ferait si elle était le gouvernement. Elle doit nous fournir des projets pour le Québec. À ce niveau, pour l’instant, l’ADQ a lamentablement échoué.
Premièrement, contrairement aux deux autres partis représentés à l’Assemblée nationale, l’ADQ n’a pas jugé bon de déposer un mémoire à la Commission Bouchard-Taylor. C’est quand même bizarre de constater, que le Parti qui a le plus surfé sur la question des accommodements raisonnables, ne considère pas important de mettre sur papier ses réflexions et ses idées et de les livrer aux commissaires. Un parti qui espère prendre le pouvoir ne peut pas se tenir à l’écart d’un débat intellectuel d’une telle importance. Ça ne fait pas très sérieux. Peut-être que Mario Dumont avait peur de changer d’idée entre le dépôt de son mémoire et la sortie du rapport des commissaires …
Ensuite, ce fut l’épisode des élections scolaires. Avec un taux de participation autour de 8%, Super Mario en est venu à la conclusion qu’il était pertinent de faire tomber le gouvernement afin de pouvoir mettre la hache dans le réseau des Commissions scolaires. Au premier coup d’œil, l’idée d’abolir le gouvernement scolaire peut sembler intéressante. Comme je l’ai souvent dit et écrit, étant très sensible à la question de l’éducation, il m’est impossible de rejeter du revers de la main l’idée d’abolir les Commissions scolaires. C’est une solution qui doit être envisagée. Par contre, il faut avoir des idées pour pouvoir remplacer ce palier gouvernemental. Et ces idées, l’ADQ ne les avait pas. C’est vendeur de dire qu’on va démembrer les Commissions scolaires et en même temps couper le budget de près de 9 milliards qui va avec. Mais pour les remplacer par quoi ? On ne met pas la hache dans une structure qui représente une part importante du budget de l’État sans savoir exactement comment on va la remplacer. Ils avaient certainement quelques réponses et quelques suggestions, mais rien de très cohérent et de compréhensible aux yeux de la population. Ce qui est ressorti de cet épisode, plus qu’autres choses, c’est que l’ADQ, une fois de plus, avait des propositions bien simplistes et bien peu étoffées pour régler un problème bien complexe.
Depuis l’élection de mars 2007, l’ADQ n’a pas réussi à démontrer qu’il pouvait représenter une alternative crédible au gouvernement Charest. Malgré le fait que 41 députés adéquistes siègent à l’Assemblée nationale, l’ADQ est toujours le parti d’un seul homme pour bon nombre de Québécois. Moi-même, qui demeure dans le bastion adéquiste de Québec et qui étudie en Science politique, j’aurais de la difficulté à nommer plus de 5-6 députés. Serait-ce que Mario veut cacher ses députés et les idées qu’ils défendent ? Il est permis de le croire.
De plus en plus, l’ADQ semble être une balloune qui se dégonfle ; un parti qui est vide de nouvelles idées. Mario Dumont, qui se prenait pour René Lévesque le soir du 26 mars 2007, ne serait-il pas qu’une simple girouette trop étourdie pour savoir réellement dans quelle direction les Québécois veulent aller ?
/BOUCLE_video>Vous abordez avec précision une situation qui entraîne des questionnements. En effet, on peut se demander quels ont été les intentions des électeurs qui ont voté ADQ à la dernière élection. Etait-ce parce qu’il ne voulaient pas voter pour André Boiclair, ni pour le PLQ ? Si c’est le cas, il est à prévoir que de nouvelles élections montreront de toutes nouvelles tendances, ou plutôt celles qui prévalaient depuis une trentaine d’années. La lutte se renouvellera entre le Parti libéral et le Parti québécois. C’est tant mieux.
Très bon texte qui résume bien ce qui arrive avec les troupes de Mario Dumont depuis mars dernier... Il faut toujours se rappeler que l’ADQ, malgré ses apparences, n’est pas une grosse machine politique enracinée dans les circonscriptions qu’elle a décroché aux dernières élections. Dans plusieurs d’entre elles, ils sont moins que 10 militants réellement engagés... C’est une organisation fragile.
Il ne reste que Mario et ce, depuis les débuts. Alors, lorsque Mario se plante, comme il l’a encore fait aujourd’hui avec le retour des coups de règle dans les écoles, le parti bouscule. Et les sondages aussi...
Autre élément : il y a eu rapprochement avec les conservateurs l’automne dernier et ça semble déjà une histoire du passé... Je me demande bien ce qui est arrivé...
Ce qui manquera dans le paysage politique québécois avec la disparition de l’ADQ c’est le rôle de "chien-de-garde" que pouvait jouer Dumont. Je ne suis pas certain de vouloir retourner à un tandem PLQ-PQ sans une opposition, au moins médiatique. Avec la proportionnelle, Scott MacKay, Françoise David ou Amir Khadir pourraient sièger à l’assemblée nationale, ça serait au moins ça. Pauline Marois et son équipe n’ont pas encore tendu la main aux tenants de la gauche québécoise, beaucoup de votes sont perdus avec une guerre à deux grands partis.
Si vous me permettez la "plogue", je vous invite à lire mon petit billet sur l’idée d’autorité et de discipline à l’école lancée par Mario aujourd’hui... Ça sera publié ce soir sur Un Homme En Colère.
Merci pour vos commentaires !
Comme je l’ai dit sur UHEC, je ne crois pas à la disparation de l’ADQ dans le portrait politique québécois. Du moins, pas à court terme. Il est fort à parier que Dumont disparaîtra avant son parti.
Depuis 1994, l’appui à l’ADQ est en croissance. (1994-6%, 1998-12%, 2003-18%, 2007-31%) La faible députation qu’il avait avant 2003, dû à un dysfonctionnement de notre système électoral, nous laissait croire à un faible appui des idées de Dumont. Ce n’est malheureusement pas le cas.
Les idées de droites ont un appui certain au Québec. Par contre, cet appui n’est pas de l’ordre de 30%. Si Dumont a eu ce résultat aux dernières élections, c’est que le PLQ et le PQ étaient dans une position de faiblesse extrême ; l’un à cause de son bilan et l’autre à cause de son chef. Je crois que le résultat de la prochaine élection ramènera l’ADQ aux alentours de 20%. Ce qui n’est pas mal et il ne faut pas les négliger. L’ADQ sera toujours là pour profiter, en opportunistes qu’ils sont, des faiblesses des autres partis. C’est à nous de faire nos devoirs et de reprendre la place que nous avions.
Ce n’est rien d’autre que mon opinion !
L’ADQ avec plus de 20% des votes pourra effectivement demeurer dans le paysage politique. L’ADQ avec moins de 20% devra par contre vivre avec les mêmes problèmes qu’elle avait entre 1994 et 2007. Manque de financement, moins de sympatisants, disparition des personnalités reconnues, etc... Ça serait à mon avis le début de la fin. A moins que Mario reprenne son idée de défendre la réforme du mode de scrutin.

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