Indépendance ou partition ? Réalisme contre utopie politique.
Le plan de l’ONU pour le Kosovo « d’indépendance sous contrôle international » a le même succès que celui que l’ONU concocta pour la réunification de Chypre : un échec total ! Que ce soit pour réunir ou pour séparer, l’ONU se trompe. L’ONU est impuissant : les intentions sont certes louables, mais il n’y a aucun résultat opérationnel ; bien plus les blocages anciens deviennent irréductibles, chaque communauté - car il s’agit dans un cas comme dans l’autre de communautés que tout oppose : l’histoire, la culture, la religion – durcit ses positions pour refuser, par principe, tout arrangement qui serait alors considéré comme une capitulation. L’effet ONU est donc fortement négatif. Comme à Chypre.
Au Kosovo, ce sont des slaves qui sont en face d’albanais, et non des grecs en face de turcs comme à Chypre, voilà bien la seule différence. Car, comme pour Chypre, il y a face à face des musulmans et des chrétiens orthodoxes ; comme pour Chypre leur histoire est pleine de bruits et de fureurs, et cela depuis des siècles.
Il serait en effet souhaitable qu’ils disent les uns et les autres : « on oublie tout et on travaille ensemble pour former un seul pays » : cela donnerait à la solution d’indépendance proposée par l’ONU une certaine crédibilité, encore que la solution fédérale au sein d’une grande Serbie ne soit pas à écarter ; mais il n’en est rien. Chaque communauté rejette l’autre, aujourd’hui plus qu’hier, et moins que demain si la situation d’attente se poursuit, si les chancelleries se comportent comme des ONG déclinant les « Droits de l’homme » à chaque réunion du Conseil de sécurité de l’ONU et à chaque conférence internationale.
L’Union européenne a pris position : rejet de la partition. On peut se demander si cette position est bien appropriée à la situation : pourquoi en effet vouloir faire vivre ensemble deux communautés qui ne veulent pas vivre ensemble ? Comment peut-on penser que le temps fera son œuvre, et qu’en une deux décennies « le gap » culturel, religieux, ethnique, sera effacé alors que ces populations se haïssent depuis mille ans ! L’UE n’est pas cynique mais naïve ; c’est tout aussi improductif et dangereux.
La partition du Kosovo entraînerait inévitablement des déplacements de population. Bien évidemment la création d’enclaves – d’enclaves Serbes en territoire « albanais », ou réciproquement d’enclaves « albanaises » en territoire Serbe, nouveaux bantoustans sources d’inévitables conflits – est à proscrire, quelques soient les sacrifices à consentir et leur coût. Ces déplacements de population ne seraient d’ailleurs pas un évènement vraiment nouveau dans cette région : les accords de Lausanne de 1922 ont donné une base juridique aux massifs transferts Grecs et Turcs, qui ont été nécessaires après la première guerre mondiale pour mettre un terme au conflit entre ces deux pays : les Grecs ont quitté l’Asie mineure, le long de la mer Egée où ils étaient implantés depuis trois mille ans (le berceau de la philosophie grecque est là, à Ephèse, Milet...), et Smyrne (devenue Izmir), ainsi que la Thrace et Andrinople (deux millions de Grecs ont été déplacés !) ; alors que les Turcs qui vivaient en Grèce étaient déportés vers Istanbul et, au-delà du Bosphore, en Anatolie. Il en est résulté un équilibre géopolitique, que même le conflit de Chypre n’a pas remis en cause – et le débarquement de l’armée turque dans le Nord de Chypre n’a pas été qu’une simple provocation, mais la violation de frontières reconnues d’un Etat souverain !
La partition du Kosovo, avec des déplacements maîtrisés de population n’est dons pas un rêve de diplomate : qu’est-ce qui fait obstacle à ce que la partie du Kosovo peuplée de Serbe rejoigne la Serbie ? et qu’est-ce qui fait obstacle à ce que la partie « albanaise » du Kosovo rejoigne l’Albanie ? Il n’y a pas d’obstacles majeurs : négocier des tracés de frontières au sein d’un espace relativement restreint, et indemniser correctement les populations déplacées n’est pas hors de portée de la communauté internationale, Russie comprise. L’UE s’est inutilement engagée. Car il n’est pas impossible que cette voie soit la seule possible. On aimerait entendre le Ministre Français des Affaires Etrangères, qui fut le représentant de l’ONU au Kosovo, et qui doit avoir un avis personnel fondé sur l’expérience du terrain. Le silence de Bernard Kouchner est assourdissant...
/BOUCLE_video>POST-SCRIPTUM : Sarkosy en pense quoi ?
Presque bien, juste, d’aprés ce que j’ai lu, les déplacement des ethnies que moi j’appelle epuration ethnique entre Grèce et Turquie et Turquie Yougoslavie étaient très mauvaise pour les albanais. Grece récuperait ces grecs et envoyé 10000 albanais et 100 turcs vers la turquie tandis que la Yougoslavie payait la Turquie pour récuperer soit disant ces turcs et envoyait des albanais. D’ou aujourd’hui il parait qu’il y a 4 million d’albanais en Turquie et les turcs sont toujours en Grece au Kosovo et Macedoine (Prizren, Tetovo, Gostivar, Gjevgjelia). Aujourd’hui s’il doivent le faire de nouveau (au Kososovo) qu’il le fassent bien avec des nouvelles frontieres ethniquement pur comme l’Europe le veut

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