Centpapiers
 

    Articles

    • Pierre R. Chantelois
    • Pierre R. Chantelois

    • profil | site
    • 406 articles
    • 738 commentaires
    • 3.25 / 5 sur 8131 votes
    • 185 fois en vedette
    • Fil RSS des articles de cet auteur:
    A A

    « J’attends d’Israël qu’il protège ses citoyens » - George W. Bush

    le 10 janvier 2008 | 458 visites | 4.75 / 5 | 15 commentaire(s)
    « J'attends d'Israël qu'il protège ses citoyens » - George W. Bush
    photo : pingnews.com (Flickr)

    Monsieur George W. Bush se rend, pour la première fois de ses deux mandats, en Israël et en Cisjordanie. Les trois jours de visite du chef de la Maison Blanche doivent être marqués jeudi par un entretien à Ramallah (Cisjordanie) avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. M. Bush se rendra vendredi à Bethléem, ainsi qu’au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem.

    Cette visite ne se fait pas dans le calme et la sérénité. Loin s’en faut. Détail trivial, au point de départ. La visite d’État du président américain George Bush devait coûter aux contribuables israéliens un million deux cents mille dollars, soit 25.000 dollars par heure passée sur le territoire israélien. Pour ne courir aucun risque, Israël a mis en place un dispositif sans précédent pour sécuriser la visite de George Bush. Dix mille cinq cents policiers sont déployés à Jérusalem, où les principales artères seront interdites à la circulation durant plusieurs heures, pour protéger les déplacements du cortège présidentiel. La sécurité israélienne est épaulée par les 250 agents américains du Secret Service, la protection rapprochée des présidents américains, 150 conseillers sécuritaires et 200 autres agents de différents services de sécurité, également dépêchés par Washington pour l’occasion, sans oublier 15 maîtres-chiens renifleurs d’explosifs. La mairie de la capitale et la coopérative de transports « Egged » ont d’ailleurs publié sur leurs sites internet les itinéraires de délestage que devront emprunter les usagers.

    Monsieur Bush, par-dessus tous les objectifs annoncés de paix et de démocratie régionale, cherche par ce voyage au Moyen-Orient a laissé un legs autre que celui d’un président belliqueux qui a mis à mal et à sang une partie de la région. Le président Shimon Peres et le Premier ministre Ehud Olmert ont fait mines réjouies lorsque le président américain s’est engagé à garantir la sécurité d’Israël « en tant qu’État juif ». Le président a précisé que : « l’alliance entre nos deux pays contribue à garantir la sécurité d’Israël en tant qu’État juif ».

    Rameau d’olivier en main, le président George W. Bush ne pouvait parler que de paix : « Nous recherchons une paix durable. Nous voyons une nouvelle occasion pour la paix, ici en Terre sainte, et pour la liberté à travers la région ». Et il rappelle, avec une nouvelle humilité qui sied fort bien dans les circonstances, que « l’Amérique ne peut dicter les termes d’un futur état. Le seul moyen d’avoir une paix durable, le seul moyen d’obtenir un accord qui signifie quelque chose, c’est que les deux parties se réunissent et fassent ces choix difficiles, mais nous allons les aider, nous voulons les aider ».

    Lors d’une rencontre de presse, les deux hommes, George W. Bush et Ehud Olmert, ont rappelé l’essentiel de leur message commun : il est impensable qu’un État palestinien serve de base de lancement au terrorisme. « J’attends d’Israël qu’il protège ses citoyens  », a affirmé le président américain. Le Premier ministre, pour sa part, a déclaré : « Il n’y aura pas de paix si ce terrorisme ne s’arrête pas ».

    Le Premier ministre israélien n’est pas sans difficultés, soumis à une haute surveillance de ses deux factions rivales : « l’aile Beneliezer issue du parti travailliste et favorable à un échange de territoire avec les Palestiniens et même à des contacts limités avec le Hamas à Ghaza. L’aile Livni tente de doubler le Premier ministre par sa droite critiquant la mollesse du successeur d’Ariel Sharon et son manque de détermination face aux Palestiniens  » (M’hamed Khodja, Jeune Indépendant).

    Nessim Cohen-Tanugi, écrit sur Arouts 7 : « Dans une interview accordée au Jerusalem Post du 1er janvier, Ehud Olmert, friand de "mots" politiques, reconnaît avoir fait le choix du retour aux frontières de 1967 et se résigner à la division de Jérusalem. « Même les meilleurs amis d’Israël pensent que l’avenir est le retour aux frontières de 1967 et la division de Jérusalem », a déclaré le Premier ministre. Le rôle du Premier Ministre israélien serait de défendre l’intérêt d’Israël. C’est bien là où le bât blesse avec Olmert : il n’a ni grand dessein, ni même de projet politique, il va du côté où va le vent et flaire la position la plus « vendable ». S’il avait été combattif - et ce qui serait le moindre pour un dirigeant - il plaiderait pour ou contre cette hypothèse en fonction de ce qu’il pense être l’intérêt national du pays qu’il dirige et non par de tels arguments. Mais non ! Olmert suit l’opinion publique, s’engage sur le chemin de la plus grande pente ! »

    Le maire de Jérusalem, Uri Lupolianski, a affirmé au président américain que la Ville sainte devait rester "réunifiée" sous souveraineté israélienne." Le maire a remis au président Bush le « fac similé » d’une carte datant de 1581 représentant le monde connu à l’époque, avec Jérusalem en son centre. Rappelons qu’Israël avait annexé la partie orientale de Jérusalem à l’issue de la guerre israélo-arabe de juin 1967. Le 30 juillet 1980, une « loi fondamentale » votée par le Parlement avait proclamé Jérusalem « réunifiée et capitale éternelle d’Israël  ».

    Est-ce le président George W. Bush a prévu, au programme, une visite des nouvelles colonisations ? Le président des États-Unis pourra-t-il, à quelques mois de son départ de la Maison Blanche, user de toute son influence pour obtenir un gel total de la colonisation, notamment ce projet de construction de 307 nouvelles habitations à Har Homa, un quartier de Jérusalem-Est faisant partie d’un ensemble de quartiers juifs où vivent environ 180.000 Israéliens ? Condoleezza Rice, par qui le message passe, a déclaré que Washington s’opposait « depuis le tout début  » au projet d’israélien d’implantations à Jérusalem-Est, qui attise les tensions avec les Palestiniens. Elle a également prévenu que ce voyage du président américain ne débouchera pas sur des avancées spectaculaires des négociations de paix

    George W. Bush a déclaré qu’il s’attendait de l’Autorité palestinienne un « engagement ferme  » à faire cesser les tirs de roquettes sur Israël à partir de la bande de Gaza mais aussi un démantèlement, par Israël, des colonies sauvages en Cisjordanie. Pour la communauté internationale, toutes les colonies dans les territoires occupés depuis juin 1967 sont illégales, qu’elles aient ou non obtenu l’agrément officiel israélien. Olmert a répondu dans le sens que le président américain souhaitait : « Nous respecterons nos engagements pour ce qui concerne les colonies sauvages  ». Mais du développement des nouvelles colonies, rien.

    Pour rester un peu dans l’anecdotique, au président américain, cycliste amateur, Ehud Olmert a offert un maillot de l’équipe israélienne de cyclisme avec son nom brodé au dos, ainsi qu’un appareil de positionnement par satellite (GPS) conçu pour la petite reine avec en mémoire les sentiers de randonnée proches de son ranch de Crawford (Texas) et ceux d’Israël, a indiqué un haut responsable israélien. « A mon ami George Bush, de la part d’un sportif à un autre sportif », a écrit Ehud Olmert au président américain (Le Figaro).

    Monsieur Bush rencontrera également le président palestinien Mahmoud Abbas. Il lui réitérera sa demande pressante de mettre fin aux violences – tirs de roquettes sur les populations juives. Monsieur Abbas devra démontrer qu’il est en autorité et qu’il peut obtenir un meilleur contrôle sur les populations de sa juridiction. Sauf que le Fatah et le Hamas sont des frères ennemis. Que demander de plus à Mahmoud Abbas qui n’exerce son autorité que sur une partie des territoires palestiniens ? C’est pourquoi, il fallait s’y attendre, George Bush évitera de se rendre dans la bande de Gaza, où une vingtaine de milliers de partisans du Hamas sont descendus dans la rue, hier, pour condamner sa présence dans la région.

    Y a-t-il un seul jour sans qu’il ne soit question de l’Iran et où George W. Bush ne met pas au premier rang de ses déclarations le pays perse ? Il a, du Moyen-Orient, prévenu l’Iran ce mercredi qu’il s’exposait à de « graves conséquences » en cas d’incident comme celui survenu dimanche dans le détroit d’Ormuz et que « toutes les options (étaient) sur la table » pour répondre à une éventuelle attaque. Pour le président américain, cette confrontation navale dans le détroit d’Ormuz, par où transite une part considérable du trafic pétrolier mondial, est une « provocation  » de l’Iran. Le gouvernement iranien a tenté de minimiser la confrontation qu’il a qualifiée d’ « ordinaire ». Une vidéo, fournie par le Pentagone, filmée depuis le pont du navire américain Hopper, montre des vedettes rapides approchant de trois navires de guerre américains, le USS Hopper, le USS Port Royal et le USS Ingraham. On y voit les vedettes rapides de couleur bleu, cinq selon le Pentagone, d’abord des points à l’horizon, s’approcher du destroyer.

    Video - Confrontation

    Vidéo:

    Articles connexes

    Publie.ca!

    Évaluez ce texte

    • Currently 4.75/5
    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • 5

    4.8 sur 5.0 (4 votes)

  • 15 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • Demian West

    Pierre R

    Il est clair que vous mettez tous vos discours dans vos titres. Et c’est bien !

    DW

    10 janvier 2008 | répondre | permalien

    Monsieur West

    Merci.

    Pierre R.

    10 janvier 2008 | répondre | permalien

    Avis

    Une coquille s’est glissée au troisième paragraphe. Il faudrait lire : « Monsieur Bush, par-dessus tous les objectifs annoncés de paix et de démocratie régionale, cherche par ce voyage au Moyen-Orient à laisser un legs autre que celui d’un président belliqueux ». Désolé.

    Pierre R.

    10 janvier 2008 | répondre | permalien
    • Adama

    Article complet et surtout objectif, difficile exercice lorsque l’on parle de cette région.

    Par contre ce que je n’ai pas apprécier, c’est que je dois payer de ma poche cette visite qui ne donnera rien comme d’habitude !!!

    Shalom de judée.

    10 janvier 2008 | répondre | permalien
    • Adama

    pas apprécié

    10 janvier 2008 | répondre | permalien

    Adama

    Merci de votre visite et de votre commentaire. Je peux effectivement comprendre votre frustration, vous qui vivez sur place, face aux coûts qu’engage cette visite qui n’a aucune garantie de succès. Les dividendes seront peu élevés. Hélas.

    Pierre R.

    10 janvier 2008 | répondre | permalien
    • Skapad

    Ni pro Persan, ni Anti Etat Uniens, ces images ne démontrent absolument rien, on y voit des bateaux moustiques se rapprocher de monstres militaires, sont ils dans les eaux internationnales, rien ici ne peut nous le garantir, et dans le fond si ils y sont, les monstres militaires également.

    Deux pays protagonistes dirigés par des félès, aussi dangereux que Les Stalines et autre mouchetachu et qui s’amusent à ce faire peur, de l’intox des deux cotés.

    Que faire ?

    Une fois encore, les avis de Pierre sont explicitent et bien rédigés. Merci

    PS : A Holiwood, en les cas si ils ne font plus de bon cinéma, des cadreurs y en a des meilleurs. Glou glou ! Ou làlà elle va finir par ce vider la marée !

    10 janvier 2008 | répondre | permalien

    Skapad

    Merci pour ces bons mots. Imaginez. L’Iran a fourni ses propres images. Ce qui change ? La voix « off ». Dans une vidéo, la voix iranienne est agressive et menaçante. Dans l’autre, elle est interrogative se contenant de demander l’identité des bâtiments marins. L’histoire se répète et se répètera inlassablement.

    Pierre R.

    10 janvier 2008 | répondre | permalien
    • Amalek

    >>ADAMA

    "Par contre ce que je n’ai pas apprécier [zic], c’est que je dois payer de ma poche cette visite qui ne donnera rien comme d’habitude !!!"

    Quelle cynisme envers votre mécène ! Et que représente un million deux cents mille dollars devant les milliards de $$ soutirés annuellement aux contribuables américains -entre autres. Il ne faut pas rendre dans la soupe. J’en connais qui paient cette visite de leur sang, donc estimez-vous heureux pour l’instant. Cette visite ne donnera rien, dites-vous ; ça je vous l’accorde.

    11 janvier 2008 | répondre | permalien

    Amalek

    N’y a-t-il pas une petite contradiction, Amalek ? Payer pour ne rien recevoir en retour ? Donc le peuple d’Israël devrait payer tous les coûts de cette visite en retour de la seule générosité des États-Unis, sachant qu’il ne doit s’attendre à aucun résultat ? Beaucoup d’abnégation, ne croyez-vous pas ?

    Pierre R.

    11 janvier 2008 | répondre | permalien
    • Amalek

    >>Pierre R. (avocat des ADAMA)

    "Donc le peuple d’Israël devrait payer tous les coûts de cette visite en retour de la seule générosité des États-Unis, sachant qu’il ne doit s’attendre à aucun résultat ?"

    La seule générosité des États-Unis, comme vous dites, c’est l’existence-même de cet État.

    Bref, si vous tenez à présenter cette tournée comme un ’magic show’ de Copperfield, ayez au moins l’honnêteté de nous éclairer sur son coût pour les autres États-spectateurs (États arabes). Vous nous donnez l’impression qu’ils auraient bénéficié de billets gratuits ! Ou c’est le cadet de vos soucis ? Qu’en pensez-vous ?

    11 janvier 2008 | répondre | permalien

    Amalek

    Je n’engage pas de polémique. Ce n’est ni mon rôle ni mon intention. Au moment de rédiger cet article, monsieur Bush n’était pas encore au Koweit. Merci de votre visite.

    Pierre R.

    11 janvier 2008 | répondre | permalien
    • Amalek

    Je ne sais pas si les mots ont un sens chez vous ou si vous les semez à tout vent. Vous sautez sur un commentaire fait aux lamentations ordinaires d’un lecteur immoral qui trouve que la visite de sa mère nourricière lui coûte beacoup. Pour ce faire vous inventez des ’petite contradiction’ là où il n’y en a point. Et pour finir, vous déclarez : "Je n’engage pas de polémique. Ce n’est ni mon rôle ni mon intention." !!! La générosité dont vous parlez se compte en milliards de dollars et en milliers de vies humaines et de plus elle s’appelle ’aide financière et militaire américaine à l’État d’Israël’. Ce n’est pas avec des subtilités langagières que vous changerez le sens de rotation de la terre, des journalistes et des analystes chevronnés l’ont essayé avant vous.

    11 janvier 2008 | répondre | permalien

    Amalek

    Ma ré ;onse sera très simple. Adama a exprimé, en tant résident en Israël, une opinion fort légitime, ma foi. Je respecte cette opinion puisqu’il nous entretient de ses propres deniers, et non ceux de l’État. Vous avez formulé à son égard un commentaire auquel j’ai ajouté une ou deux questions. Vous m’avez répondu sur le ton que vous souhaitiez. Nous avons émis des commentaires de part et d’autre. Je vous remercie de vos commentaires. Mais évitons de grâce de prêter aux gens des intentions dont le bien-fondé est difficilement vérifiable. Voilà la valeur des mots, Amalek.

    Pierre R.

    12 janvier 2008 | répondre | permalien

    Amalek

    Désolé pour la coquille qui s’est glissée dans la première phrase. Il faut lire évidemment : Ma réponse sera simple.

    Pierre R.

    12 janvier 2008 | répondre | permalien

Les plus populaires

la communauté centpapiers

Ailleurs sur le Web

Loading...

Droits

Creative Commons License
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.