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    Iran : Israël entre en scène

    le 27 novembre 2007 | 773 visites | 2.69 / 5 | 0 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Iran : Israël entre en scène
    photo : Kamshots (Flickr)

    Bush a tranché dans le jeu serré qui opposait faucons dogmatiques et colombes pragmatiques. Côté faucon, les voraces convoitent un Iran rempli de pétrole, de gaz, de pipe-lines, chaînon manquant de l’encerclement de la Russie en Asie. Enjeu considérable. Côté colombes, les pugnaces observent un peu déconfits les réalités militaires avec, à contre-emploi, le Pentagone. Les pugnaces ont remporté cette partie : la menace d’une première frappe contre l’Iran a été dévolue à Israël.

    Reprenant un article du Sunday Télégraph, l’agence Ria Novosti rapporte que " les Etats-Unis ne prévoient plus de porter un coup à l’Iran ". La chaîne israélienne Info-Live confirme une entrevue entre Georges Bush et Elmut Olmert au cours de laquelle le président états-unien a demandé au Premier ministre israélien de se préparer à des frappes aériennes contre les installations nucléaires iraniennes. Le projet de l’Etat hébreux de bombarder les centres nucléaires iraniens ne date pas d’hier. Il s’est équipé en 2004 de chasseurs F16 I à long rayon d’action en vue de cette attaque en complément de ses F15 I. Selon un article paru sur le site checkpoint-online.ch " il ne serait pas exagéré de dire que les forces armées israéliennes ont destiné le gros de leurs investissements durant la dernière décennie en vue d’une frappe sur les installations nucléaires et missilières de l’Iran. " Le passage de relais annonce une possibilité d’entrée en guerre des Etats-Unis eux-mêmes après les premiers raids israéliens.

    On n’écrase pas un scorpion les pieds nus

    En attaquant directement l’Iran, les troupes américaines s’exposent actuellement à deux types de représailles, l’une symétrique par une riposte militaire directe, l’autre asymétrique par des actions terroristes envers ses troupes stationnées en Irak et en Afghanistan. La combinaison de ces deux types de conflits forme une guerre hybride que le commandement américain ne désire pas affronter dans l’état actuel des choses.

    Militairement, il est communément admis que les forces navales et aériennes iraniennes succomberaient en quelques heures face à la supériorité américaine dans le cadre d’une confrontation directe.

    Cependant, l’Amiral Michæl Mullen, président de l’état-major conjoint interarmes en poste depuis le début du mois d’octobre, estime que " les risques pourraient être très, très élevés.... En ce moment, nous sommes en conflit dans deux pays là-bas…Il nous faut être incroyablement prudents sur le potentiel d’un conflit avec un troisième pays dans cette partie du monde. "

    L’Iran développe de façon intensive ses capacités de défense depuis 2005. Elle possède une armada de missiles prêts à être lancés à partir de batteries côtières, de plates-formes mobiles, d’hélicoptères, d’avions, de vedettes et de sous-marins. Parmi eux, des missiles anti-navire russes SS-N-27 d’une redoutable efficacité qui plonge sur leur cible à la vitesse de mach 2,2. La vitesse de l’engin lui permet de franchir la défense de la flotte américaine. Elle lui assure en outre de traverser n’importe quel navire de part en part, un choc oblique permettant d’atteindre la coque sous la flottaison et de la percer. Douze missiles, deux portes avions visés, avec un taux de seulement cinquante pour cent de réussite le compte est vite fait. L’existence du SS-N-27 conduit la Navy à remettre en question la production de porte-avions en attendant qu’une parade lui soit trouvée. L’Iran produit également d’autres armements russes sophistiqués sous couvert de production nationale, comme la torpille hyper véloce Shkval.

    Perdu pour perdu, l’armée iranienne n’a d’autre option que de tirer tous les missiles opérationnels dont elle dispose au premier signe d’une attaque (signalée par les satellites russes) avant que leurs lanceurs ne soient atteints. Un tir massif de ces missiles saturerait les batteries des croiseurs AEGIS. Ce tir provoquerait la perte probable de plusieurs bâtiments, les portes-avions constituant une cible parfaite par leur taille et par leur rôle stratégique. La Navy connaîtrait alors ses heures les plus sombres depuis les attaques de kamikazes pendant la guerre du Pacifique. L’Amiral Fallon, commandant du Centcom - le Quartier Général US pour le Moyen-Orient - a fait savoir dès le mois de mai qu’il ne tient pas à affronter ces heures-là, précisant " nous sommes plusieurs à tenter de ramener les fous à la raison ". Il a affirmé " que la guerre contre l’Iran n’aurait pas lieu tant qu’il serait à la tête du Centcom " et menacé de démissionner si l’éventualité se présentait. L’amiral Fallon avait été choisi pour diriger les forces aéronavales US en vue de cette attaque.

    Des commandos soigneusement entrainés

    L’Iran a largement prouvé sa capacité à mener une guerre asymétrique. Une " Garnison des amoureux du martyre " (Gharargah-e Acheghan-e Chahadat en persan) a été ouverte en 2005 en Iran pour recruter et entraîner des volontaires de tous pays, selon son commandant, Mohammad-Reza Djafari.

    Le soutien de Téhéran au Hesbollah n’a permis à Israël d’atteindre et de tenir le fleuve Litani, objectif de son offensive au Liban, qu’en y déposant un commando par hélicoptère dans les heures précédant avant le cessez-le-feu. Les chars de Tsahal, cible de missiles sophistiqués, n’y étaient pas parvenus. En Irak, il est difficile de répartir les causes de la diminution des actions contre les forces d’occupation entre la destruction de bases de résistance comme Faloudja ou Sard-City et les nombreuses négociations avec Téhéran sur ce sujet. Une quatrième réunion prévue prochainement à Bagdad.

    Un raid techniquement difficile

    En repassant la patate chaude de la menace à Israël, l’équipe Bush pourrait entériner le succès du raid récent effectué en Syrie contre " une usine désaffectée " à la frontière de l’Irak. La présence de batteries anti-aériennes protégeant le bâtiment, l’existence d’un radier d’écoulement d’eaux répondant à la nécessité d’un intense refroidissement ainsi que la protestation de la Corée du Nord accréditent la thèse d’une unité de production en rapport avec un programme nucléaire. L’hypothèse d’une contribution syrienne au programme iranien trouverait ici sa confirmation. Israël poursuit l’entraînement de ses pilotes en vue d’une mission en Iran qui se heurte à de nombreuses difficultés.

    En l’absence de frontières communes, les chasseurs israéliens devraient soit contourner la péninsule arabique au prix de ravitaillements en vol, soit traverser l’espace aérien jordanien et syrien, peu susceptibles d’aménagement diplomatiques après coup. En laissant passer contre leurs grés les chasseurs israéliens, ces deux Etats auraient beau jeu de prétendre par la suite qu’ils ne peuvent pas non plus contrôler le flux des kamikazes formés en Iran vers le Liban ou la Palestine. Le passage par la Turquie obligerait les avions israéliens à survoler une défense aérienne dense entre la frontière turque et le centre de l’Iran, renforçant l’hypothèse d’un contournement de l’Arabie. La dispersion des centres nucléaires iraniens complique encore le scénario.

    L’usine de Natanz pourrait constituer la cible principale mais la capacité d’emport des F15 et F16 ne leur permettrait pas de disposer de bombes atteignant les installations les plus sensibles, profondément enterrées. Une vidéo du site Infolive.tv décrivant le raid sur Syrie indique que les contre-mesures aveuglant les batteries syriennes étaient embarquées à bord d’un jet d’affaire et nécessitaient une connaissance précise de leur localisation. Rien ne permet néanmoins de croire l’opération impossible ni qu’elle ne puisse être reconduite sur les sites de lancement des missiles Sahab 3 menaçant Israël.

    Les mollahs le cou dans le nœud coulant

    La position de Téhéran deviendrait alors difficile. L’Iran ne peut riposter par un conflit conventionnel contre Israël, hors de portée. Un tir de Sahab 3 procurerait à la communauté internationale, qui n’attend que cela, un prétexte tout trouvé pour voter des sanctions drastiques. Une résurgence des attentats aurait la même conséquence. Les B2 américains, dont les appareils de Diego Garcia sont en cours de transformation pour recevoir des bombes anti-bunker de 14 tonnes, pourraient être alors employés afin de finir le travail grâce à leur furtivité. Il suffira alors à la cinquième flotte de se tenir à distance tant que les défenses iraniennes ne seront pas anéanties.

    Toute réaction de Téhéran conduirait Israël et les Etat-Unis à resserrer le nœud coulant, l’Iran perdant progressivement ses défenses. Des attaques contre les bases d’entraînement des commandos martyrs pourront répondre à la riposte asymétrique dont disposent les mollahs.

    Le scénario d’attaques graduelles contre l’Iran aboutissant à un conflit majeur devient possible avec l’intervention d’Israël.

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    Mots-clés : états-unis , iran , israel et Politique

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