Centpapiers
 

    Articles

    • Étienne Blais
    • Étienne Blais

    • profil | site
    • 23 articles
    • 0 commentaires
    • 3.69 / 5 sur 338 votes
    • 5 fois en vedette
    • Fil RSS des articles de cet auteur:
    A A

    Histoire : Objectivité, vérité et preuve

    le 12 décembre 2007 | 450 visites | 3.55 / 5 | 0 commentaire(s)

    Pour clarifier et détailler la thèse soutenue par l’auteur Antoine Prost dans le livre Douze leçons sur l’histoire, il est nécessaire de décortiquer les éléments qui la constituent. D’abord, l’auteur admet à priori que les idées qui remportent l’assentiment général devenant de ce fait les vérités ne peuvent être déterminées comme absolues. Elles deviennent donc approximatives. Ce questionnement sur l’histoire s’amalgame à un courant qui remet en question la fonction du travail de l’historien. Prost corrobore l’idée que la matière à l’étude doit faire l’objet d’une vérification accrue. Il souhaite historiciser la réflexion des historiens en analysant les rouages du métier.

    D’ailleurs, il souligne que les connaissances crues conformes à la réalité historique ne peuvent justifier leur nature particulière par deux explications intrinsèques. Puisque les circonstances où se situent un événement et la situation globale de laquelle elles sont issues sont des éléments déterminants dans l’élaboration de l’objet historique, le discours et l’argumentation de l’historien qui s’y rapporte doit y recourir. Cette première affirmation nous permet de constater la présence d’un fil conducteur entre la situation sociale de l’historien au moment de sa pratique et ses méthodes de recherches.

    En premier lieu, le travail d’historien est donc avant tout une activité sociale historiquement déterminée dans la société, une entité en perpétuel mouvement. L’époque, le temps et les circonstances déterminent la place réservée à l’historien en tant que fonction sociale. La position de l’histoire dans les rapports sociaux influence la manière dont l’individu pense l’histoire.

    La seconde raison prouvant le caractère propre des vérités de l’histoire est le cheminement singulier dont elles sont issues. En effet, Prost explique que les objets historiques sont en toutes occasions élaborés à partir d’éléments souvent épars soumis à un travail d’inférence et de déduction. L’historien élabore ses questions face à l’objet historique à travers ses valeurs, son école de pensée et sa démarche de résolution de problème. Qu’arrive-t-il lorsque les historiens tentent de réfléchir sur leurs méthodes d’analyse ? Les courants et les écoles philosophiques sont remis en question et la pensée du positivisme aussi. Cette tendance est observée chez les historiens se considérant à l’écart de l’objet de recherche. Cette indépendance entre deux éléments (la source et le chercheur) n’est pas mise en doute au travers la méthode scientifique de recherche. Cependant, Prost considère qu’il s’agit d’une erreur de jugement. Comment est-il possible de penser que l’homme puisse être détaché complètement de la constitution de la preuve historique ? Il semble que la cueillette de données tout comme l’analyse de celles-ci ne sont pas des étapes neutres dans le processus d’interprétation des faits.

    Ensuite, pour ajouter à la qualité discutable d’un fait ou d’une vérité historique, soulignons que pour permettre la diffusion de l’histoire, il est nécessaire d’adopter un genre littéraire. L’histoire exige une forme d’écriture particulière. L’intrigue et l’utilisation de l’imaginaire sont utilisées pour offrir un témoignage d’événements passés et disparus. Cette mise en forme nécessite une agglomération de faits divers qui sert l’argumentation et crée une histoire. Ce processus argumentatif appartient à une logique de déduction et non à des preuves formelles. Nous pouvons reconnaître l’histoire simplement comme une manière de fabriquer un espace-temps et une réalité faisant ainsi perdre le caractère absolu de la vérité. De là l’importance primordiale de la vérification de tout ce qui entoure la construction du récit historique. L’articulation englobant l’objet à l’étude devient lui aussi un élément essentiel à analyser pour connaître sa fiabilité. L’utilisation de cette double vérification impose de connaître, primo la position des historiens en ce qui les concerne eux-mêmes, puis les déterminants des conceptions historiques et le positionnement dans le contexte. Finalement, il s’agit d’effectuer un décodage pour mettre en lumière tous les aspects possibles d’une vérité qui peut s’avérer fondée ou non selon le contexte et l’angle utilisé.

    Mots-clés : Livres

    Évaluez ce texte

    • Currently 3.55/5
    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • 5

    3.5 sur 5.0 (22 votes)

    COMMENTER CET ARTICLE

Publicité

inouille

la communauté centpapiers

Droits

Creative Commons License
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.