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    • Pierre JC Allard
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    Gouverner à contrat ?

    le 26 décembre 2007 | 204 visites | 4.00 / 5 | 4 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Gouverner à contrat ?
    photo : dannysullivan (Flickr)

    Le cirque des primaries aux USA, Le vote "utile" en France, aux présidentielles, les exécutif bloqués par leur statut minoritaire au Québec et au Canada, ça ressemble à la démocratie ?

    Dans beaucoup de pays, on s’interroge de plus en plus fréquemment sur la représentativité de la démocratie que nous avons. Non pas seulement sur les dérives évidentes qu’elle permet - et qui sont de l’essence du pouvoir qui est donné au peuple – ni sur les manipulations effrontées dont le processus électoral peut faire l’objet, mais sur son sens même, maintenant que les techniques de manipulation de l’opinion sont devenues une science exacte.

    La mise à mal de la volonté démocratique est achevée de deux (2) façons. La première, dans un système bipolaire pur, comme aux USA, a lieu au moment même du choix. Médias aidant, les choix électoraux ne se font plus après une campagne d’information proposant des projets alternatifs, mais après une campagne-sondage dont le seul but est d’identifier le métacentre exact de la volonté inconsciente de l’électorat. Il s’agit de trouver les questions auxquelles il répondra OUI.

    Cette volonté inconsciente identifiée et traduite en repères sémantiques, chaque candidat tente de se positionner le plus près possible de ce métacentre qui est accepté comme le meilleur point de consensus. Posant l’hypothèse d’un vote honnête - ou à manœuvres frauduleuses égales- c’est celui qui aura le mieux réussi ce positionnement qui sera élu. On présume, à raison, que le candidat est indifférent à la teneur idéologique de son message et qu’une bonne maîtrise du langage peut permettre de maquiller n’importe quel programme pour qu’il apparaisse comme n’importe quoi.

    Les méthodes de sondage s’améliorant, les programmes offerts convergent vers ce point de consensus au point de se confondre. Les résultats dépendent donc de facteurs marginaux, imprévisibles et simplement aléatoires, si serrés que le choix fait n’est ni significatif, ni discriminant. Le choix « démocratique » se limite finalement à celui du vocabulaire dont s’affublera une politique - la même pour les deux candidats – décidée hors du processus démocratique bien avant la consultation populaire.

    Dans un système à deux tours, comme les présidentielles en France, cette procédure élégante n’est pas possible. Il faut donc parfois contrecarrer ostensiblement la volonté populaire, l’exemple évident étant est celui de la constitution européenne, où on remplace le NON du référendum par un OUI de décret. Ce qui n’est encore qu’un raffinement, car en l’absence d’un mandat impératif au paliers d’états souverains dans une instance qui elle n’est pas souveraine, on n’a pas à s’embarrasser de ces délicatesses. En matières purement nationales, on peut dire n’importe quoi avant et faire n’importe quoi après une élection.

    Faut-îl en déduire que la volonté populaire est réduite à rien et que nous vivons dans une dictature ? Non. Sur le point jugé fondamental de la répartition de la richesse, le peuple n’est pas vraiment consulté. Sur tout le reste, cependant, l’impossible est fait pour le satisfaire. C’est là qu’apparaît souhaitable une démocratie contractuelle, laquelle ne résout pas le premier problème, mais permet d’améliorer grandement la lecture faite de ce « tout le reste », qu’il suffit de demander correctement pour qu’il nous soit donné.

    La lecture est meilleure, en démocratie contractuelle, parce qu’on demande aux gouvernants de tenir leurs promesses, ce qui impose une certaine retenue, mais aussi parce que l’on ajoute une autre dimension à l’image de l’électorat. La démocratie actuelle qui déifie la moyenne a le problème des courbes statistiques dont on ne donne pas sigma et dont cette moyenne peut voiler de monstrueuses disparités.

    Quand on parle simplement d’argent, on voit bien que, quoi qu’il en soit de leurs revenus moyens par tête respectifs, un milliardaire du pétrole et cent immigrants yéménites ne donnent pas ensenble au Koweït une maquette sociale semblable à celle du Luxembourg. Mais quand on parle d’IDÉES ? Comment tenir compte du fait qu’un extrémiste de droite et un extrémiste de gauche, qui s’entendent pour donner le pouvoir à un candidat immobiliste au centre, ne sont pas aussi satisfaits que deux centristes de convictions pour qui ce résultat est pure béatitude ?

    Attention ! Il FAUT que l’on accepte un compromis au centre, si on ne veut pas qu’un peuple scindé en deux visions antagonistes de l’évolution de la société n’en vienne à prendre la force pour arbitre et à en découdre dans la rue, comme on est venu près de le faire récemment avec ces résultats trop serrés, en Italie et au Mexique. Bonne nouvelle que les extrémistes de part et d’autre fassent preuve de civisme, en renonçant tous deux à leurs prétentions exorbitantes pour assurer la paix sociale.

    Bonne nouvelles, mais ne voyant que le point de consensus de la moyenne, on occulte totalement qu’une population puisse se polariser et la courbe en cloche devenir une courbe en U. On ne voit pas la braise sous la cendre. … Les transactions entre partis se font toujours au sacrifice des éléments novateurs de changements. La majorité consensuelle globale tend donc à rendre impossible tout écart significatif du statu quo ante, même dans les dossiers où l’on approche le point de combustion spontanée. Une démocratie contractuelle - (voir le lien en P.S) - qui met en évidence des individus et leurs opinions brutes, sert de révélateur à ces foyers potentiels de crise et nous épargnerait à terme bien du sang et des larmes.

    Publie.ca!
    Mots-clés : international et Politique

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  • 4 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • Demian West

    Salut Allard,

    Il faut sauver le fromage au lait cru de France. Et qu’on ne me dise pas que ça n’a rien à voir avec votre expression fleurie.

    26 décembre 2007 | répondre | permalien

    @ TOUS : Un lien de référence a sauté dans mon texte. Pour qu’il ait tout son sens, il faudrait consulter les textes sur la Démocratie contractuelle qui sont ICI

    PJCA

    27 décembre 2007 | répondre | permalien

    Bonjour DW

    Serait-ce les effluves de ce langage encore cru, chez vos cousins, qui vous aurait alléché au pied de cet arbre, Maitre Demian ?

    Si j’ouvre un large bec, ce ne sera certes pas pour dire qu’il n’y a rien à voir...

    Alors que vous plongez hardiment dans le futur linguistique, je suis un nostalgique explorateur des ruines du français, langue aujourd’hui presque désertée, mais qui eut sa gloire et qui garde son charme...

    Si mon expression est comme la barbe du premier Grand Charles, c’est qu’elle trésaille à la pensée de la mèche que vous avec allumée à sa patronne homonyme dans les flancs du dernier paquebot idéovore et sophicide que vous fréquentâtes... :-)

    Allons avec joie vers 2008. C’était pire en 1348.

    PJCA

    27 décembre 2007 | répondre | permalien
    • Demian West

    Allard,

    J’adore quand vous parlez de moi. Car vous le faites si bien. Et surtout que vous avez vécu de sacrés lopins du XXè siècle.

    Aussi, assez proche de vous par des biais étrangers et fantasiés, j’avais pour usance de tirer l’oracle, c’est-à-dire le I Ching tous les jours. Ce qui sait former un homme de la famille Demian.

    30 décembre 2007 | répondre | permalien

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