Depuis l’élection fédérale de juin 2004, les Québécois connaissent un peu mieux les gouvernements minoritaires et semblent ne pas détester ça du tout.
Le 28 juin 2004, le gouvernement minoritaire de Paul Martin était élu. Un premier sur la scène fédérale canadienne depuis 1979. Le 23 janvier 2006, deuxième gouvernement minoritaire de suite à Ottawa, mais cette fois-ci ce sont les conservateurs de Stephen Harper qui sont élus. Finalement, le 23 mars dernier, les Québécois élisaient leur premier gouvernement minoritaire de l’histoire récente du Québec. Si les électeurs québécois connaissaient mal cette facette de leur système politique que sont les gouvernements minoritaires, on peut dire qu’ils auront eu et auront encore l’occasion de bien s’y familiariser.
Avant l’été 2004, les Québécois avaient probablement une certaine inquiétude devant l’éventualité d’être dirigé par un gouvernement minoritaire, l’inconnu faisant toujours un peu peur. J’imagine que cette inquiétude s’est rapidement dissipée avec le déroulement des choses, car les Québécois semblent maintenant aimer les gouvernements minoritaires.
Il est vrai qu’à première vue, un gouvernement minoritaire peut paraître avantageux et bénéfique pour la démocratie et pour la population québécoise. Le fait d’avoir 3 partis représentés en grand nombre à l’Assemblée nationale favorise certainement une plus grande pluralité des opinions dans les débats parlementaires. Aussi, avec une opposition aussi forte, il est certain qu’un gouvernement se doit d’agir de façon plus modérée. Il n’a pas le choix d’être à la recherche constante d’un certain compromis entre ses positions et celles de l’opposition. On pourrait également ajouter que les gouvernements minoritaires nous permettent de rompre avec les élections programmées et préparées. En effet, dans une Assemblée nationale où aucun parti ne possède la majorité, des élections peuvent survenir à tout moment, empêchant ainsi le gouvernement en place de préparer sa réélection en donnant des cadeaux à gauche et à droite. Cependant, même avec tous ces avantages (dont la liste n’est certainement pas exhaustive), je crois quand même qu’il faut rester prudent envers l’impact que peut avoir un gouvernement minoritaire.
Ce que je redoute, c’est le manque de légitimité qui se résulterait par une stagnation de l’évolution des projets de sociétés. C’est certain que ce n’est pas un gouvernement minoritaire qui entreprendra des grandes réformes nécessaires à l’évolution de notre nation. Un gouvernement sans majorité, c’est souvent un gouvernement prudent qui gouverne à petits pas. Surtout Charest. Une consultation n’attend pas l’autre. Lui qui à sa première élection voulait réformer le Québec en entier avec sa « réingénierie », ne parle plus du tout de réformer quoi que ce soit. Il pense plutôt à se faire réélire…
C’est l’objectif de la plupart des partis, prendre le pouvoir avec une majorité de députés. Tant que ce n’est pas fait, l’objectif n’est jamais modifié. À chaque moment, un premier ministre minoritaire doit donc demeurer vigilant devant les opportunités qui s’offrent à lui de déclencher des élections afin de gagner une majorité. Il doit garder sa machine électorale sur un pied de guerre constant. Un peu plus de cynisme m’amènerait presque à affirmer que toutes les actions d’un gouvernement minoritaire, ou à peu près, sont faites en fonction d’une élection éventuelle. En consacrant tout ce temps à manœuvrer afin de créer un climat politique favorable, un gouvernement sans majorité ne peut pas se consacrer pleinement à réfléchir et à construire le Québec de demain.
Il n’a pas de doute, les gouvernements minoritaires amènent un certain nombre d’avantages. Cependant, si cette ère des gouvernements se prolongeait trop longtemps, cela pourrait être négatif et ralentir l’évolution de notre société. Comme je l’ai dit plus haut, je ne crois pas que ce type de gouvernement soit l’idéal pour réformer un État, des institutions ou même des façons de faire. C’est tout simplement une question de priorité pour le parti. Pour apporter de grands changements, il faut avoir un certain appui de la population et un certain confort qu’amène cet appui. Comme le Parti Libéral de Jean Lesage l’a eu en 1960 et 1962 ou comme le Parti Québécois de 1976. Cela signifie une majorité des sièges et au moins 40% d’appui. C’est quand même loin des derniers résultats électoraux et des sondages récents. Si le Québec veut vraiment abolir les Commissions scolaires, si le Québec veut vraiment affirmer son identité et se créer une citoyenneté et une constitution, si le Québec veut réformer son système d’éducation, et bien il aura besoin d’un grand leader aux commandes d’un gouvernement à la légitimité inattaquable. Cela n’est tout simplement pas possible avec un gouvernement minoritaire.
/BOUCLE_video>En démontrant d’avance son intention de voter contre la motion de blâme de l’ADQ, Madame Marois démontre ne pas vouloir le pouvoir non plus.
Car celle-ci aurait pu au contraire enrichir la motion de blâme de Dumont en demandant au gouvernement Charest de répondre des dépenses de 6M. consacrés au rapport Johnson. Alors qu’il est a déjà été démontré hors de tout doute raisonnable à M. Gendron que le rapport doit être invalidé.
Ce qui malheureusement viendrait confirmer l’installation en triste sourdine d’une gestion d’état fasciste où tous les élus trouvent leur compte en adoptant ensemble dans les coulisses des stratégies leur permettant de prévoir d’avance le résultat des élections en étant tous d’accord pour que soit élu un gouvernement minoritaire. Et ce dans le but d’installer, et je dirais plutôt maintenir un totalitarisme d’État bien loin finalement de nos valeurs démocratiques.
Cette perte en démocratie se justifie d’elle-même d’emblée par le dysfonctionnement de l’appareil judiciaire. Or la disparition petit à petit des valeurs démocratiques de notre système judiciaire est un grave indicatif d’intention servile de nos élus (lesquels ne réagissent aucunement à sa dérive inquiétante) d’être d’accord pour y installer un totalitarisme d’état au lieu du maintien d’une démocratie qui a toujours caractérisé le régime institué jusqu’à l’accession au pouvoir du gouvernement Charest en 2003.
Pour ses raisons, je considère qu’il est sérieusement temps que le Public se réveille et chasse ce gouvernement Charest au pouvoir pendant que notre société en a encore les moyens.
Ainsi Emmanuel et à mon avis ce n’est pas réellement les québécois qui ne détestent les gouvernements minoritaires mais bien les élus eux-mêmes qui en décident ainsi.
Triste constat n’est-ce pas en ce qui concerne notre démocratie.
Il y a trois types de gouvernements : majoritaire, minoritaire, et de coalition. Ce dernier cas existe quand plusieurs parti mis ensembles forment une majorité et que ces partis s’entendent pour former le gouvernement. On peut alors avoir des gouvernements pratiquement aussi stables que les gouvernements majoritaires, et tout aussi apte à faire des réformes (si les partis de la coalition se mettent d’accord sur un programme commun), tout en bénéficiant de plusieurs avantages d’un gouvernement minoritaire tel qu’une plus grande pluralité des voix.
Peut-être qu’un jour nos politiciens sauront faire le pas. En attendant, j’aime bien les gouvernements minoritaires : c’est un juste retour des choses pour les campagnes de peur et de diabolisation de l’adversaire dans lesquelles nous somme plongés avant chaque élection. Après tout, quand toutes les options semblent mauvaises, la moins pire c’est le gouvernement minoritaire, non ?
@Michel Fortin
Vous avez raison, un gouvernement de coalition pourrait être intéressant. Par contre, au Canada, il n’y a qu’en temps de guerre qu’on a vu ça. Je ne suis pas certain non plus que ça soit envisageable dans la réalité québécoise actuelle. Les partis sont peut-être proches sur certaines questions, mais il y a toujours la sempiternelle question nationale. Cela, à mon avis, nuit à la possibilité d’avoir des gouvernements de coalition.
Pour ce qui est du reste, il est vrai que "quand toutes les options semblent mauvaises, la moins pire c’est le gouvernement minoritaire". Cependant, c’est vrai à court terme, le temps d’une transition. Le temps que les partis nous proposent des projets, des ambitions et que la population tranche. Mais là, on dirait que tout stagne et les sondages nous laissent croire qu’un autre gouvernement minoritaire serait élu s’il y avait des élections ces jours-ci.
Je persiste à croire qu’un gouvernement minoritaire est en perpétuelle quête de majorité. Tout ce qu’il fait est dans un but électoraliste ... Il n’y a pas de plan. On dirige avec les sondages. Je ne crois pas que ce type de gouvernement soit très bénéfique. Surtout si ça devait se poursuivre encore longtemps.
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