« Les agissements de l’Iran menacent la sécurité des nations partout dans le monde. C’est pourquoi les États-Unis sont en train de consolider leurs vieux engagements relatifs à la sécurité pris envers leurs amis du Golfe et de rassembler leurs amis dans le monde pour affronter ce danger avant qu’il ne soit trop tard », a déclaré depuis Abou Dhabi George W. Bush. « « L’Iran est aujourd’hui le principal État qui parraine la terreur » a poursuivi le président George W. Bush, devant un auditoire peu enclin à le suivre.
Le Koweït, première étape de la tournée entamée samedi par M. Bush dans cinq États arabes, a prévenu qu’il n’autoriserait pas les États-Unis à utiliser son territoire pour attaquer l’Iran. George W. Bush, malgré les assurances de plusieurs services de renseignement américains, persiste dans son idée fixe de la bombe iranienne qui menace la paix internationale. Il se place ainsi dans la posture de celui qui, à force de crier au loup, risque de ne pas être cru.
George W. Bush est-il en train de démontrer que, tout au long de son voyage au Moyen-Orient, la création de l’État palestinien passe au second plan par rapport au péril iranien ? Pour cet homme qui se veut messager de la paix, il déclare, sans nuances, que « les actions de l’Iran menacent la sécurité des nations du monde entier ». Après l’altercation dans le Golfe entre cinq vedettes iraniennes et trois navires américains, et pour mieux isoler l’Iran, le dirigeant américain a tenté de rallier à sa cause les pays arabes, les exhortant à s’unir face au danger représenté selon lui par Téhéran, et ce, « avant qu’il ne soit trop tard ».
Pour sceller encore cette alliance anti-iranienne, il offre à la famille régnante saoudienne un contrat d’armement qui devrait avoisiner les 20 milliards de dollars. Le débat, qui fait rage aux États-Unis, sur la pertinence de financer un régime saoudien dictatorial, le président le laisse à d’autres, et notamment aux démocrates, dont les candidats à l’investiture présidentielle en ont fait un important thème de campagne.
« Nous savons d’expérience que la démocratie est le seul système qui bâtit une stabilité et une paix durables », a-t-il souligné dans son discours aux Émirats arabes unis, dont les dirigeants sont souvent épinglés par les organisations de défense des droits de l’homme, écrit Luis Lema, du quotidien suisse Le Temps. Monsieur Bush s’est bien gardé, toutefois, d’appeler ouvertement le roi Abdallah et les Émirats arabes unis à une reconnaissance d’Israël que seules l’Égypte et la Jordanie ont acceptée. Le président américain a aussi appelé les dirigeants arabes à « aider les citoyens du Liban à sauvegarder leur gouvernement et leur souveraineté face à des pressions extérieures provenant de leurs voisins et à montrer aux Irakiens que vous les soutenez dans leurs efforts pour bâtir une meilleure nation ». La crise politique libanaise est largement perçue comme une extension régionale de la confrontation entre les États-Unis et ses alliés d’un côté, la Syrie et l’Iran de l’autre.
Évoquant l’Irak, la question palestinienne et le terrorisme, le président Bush a assuré que les États-Unis n’avaient « aucun désir territorial ». « Nous pensons que la stabilité ne peut venir que de votre liberté. Nous pensons que la stabilité ne peut venir que via un Moyen-Orient libre et juste où les extrémistes seront marginalisés », a-t-il dit.
Selon le politologue allemand Guido Steinberg, il y a des limites à la confiance que les États-Unis peuvent placer dans les États du Golfe lors de la lutte contre le terrorisme : « Bien sûr, les Saoudiens et aussi les États plus petits du Golfe se sont révélés être des partenaires très fiables dans la lutte pratique contre le terrorisme, au niveau du travail policier et de renseignements. Dans l’ensemble, ils ont d’ailleurs renforcé leurs dispositifs de mesures. Mais cela ne doit pas faire oublier que l’Arabie Saoudite est une espèce de patrie pour Al-Qaïda, qu’au cours des dix dernières années, les Saoudiens ont toujours fourni les principaux contingents de différents groupes terroristes en Asie du sud, en Irak et naturellement aussi lors des attentats du 11 septembre 2001. A mon avis, les causes de ce terrorisme islamiste en Arabie Saoudite ne sont pas suffisamment combattues... »
/BOUCLE_video>Bonjour, Doyen Pierre R.
George W. Bush sait plus que quiconque, que l’Iran ne cherche pas à développer l’arme nucléaire. Il nourrit cette théorie pour avoir un justificatif lui permettant de s’attaquer à l’Iran et de ce fait, "sécuriser" le voisinage immédiat de l’Irak avant son départ de la Maison Blanche. Comme cela, son successeur pourra "pacifier" le pays de Saddam Hussein, que lui même Bush a ensanglanté à tort. Bush pense que tant que les Etats-Unis ne mettent pas les pieds en Iran, comme en Afghanistan, l’Irak sera difficillement pacifié.
Et puis, n’avait-il pas déclaré urbi et orbi qu’il irait en guerre contre l’Irak "avec ou sans l’ONU" : une attitude jusqu’au-boutiste.
Merci
Boubacar
Merci de votre visite et de votre commentaire. En effet, Georges W. Bush a même senti le besoin de préciser qu’il ne partageait pas les conclusions de ses services secrets selon lesquelles l’arme nucléaire ne pourrait être développée, en Iran, que dans 2 ou 3 ans, sinon plus.
Les réactions dans les pays arabes visités sont froides et distantes à l’égard même des invitations que Georges W. Bush leur a lancées. L’Arabie saoudite a déclaré entretenir d’excellentes relations avec l’Iran et qu’elle ne voyait - pour l’heure - aucun problème avec son voisin. Déclaration fort stratégique, vous en conviendrez. Personne ne veut voir le président américain venir envenimer davantage la région dans laquelle lui-même n’a cru bon que de faire une seule visite en huit ans.
Pierre R.

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