• Gabon : Croisade contre les abus spirituels

    30 novembre 2007 | 2 commentaire(s) | 68 affichage(s)

    Psychologue, spécialiste des questions religieuses, auteur d’un ouvrage intitulé « Le guide secret du parfait marchant de Dieu » et présentateur sur la RTG 1 de l’émission « Dieu en question, Steeve MVE, lui-même ancien adepte de l’église Béthanie a décidé de tourner définitivement la page en se positionnant à la tête d’une croisade contre les pratiques pas du tout orthodoxes au sein de certaines églises dites « éveillées » qui naissent tous les jours comme des champignons sur l’ensemble du territoire gabonais.

    Voila donc près de deux mois que la question occupe le devant de la scène dans les milieux religieux, et les médias qui font large écho de ces dérives, notamment la Télévision Gabonaise, RTG 1, le quotidien national l’Union, sont accusé par des « Pasteurs, Révérends et autres Bishops » de la communauté pentecôtiste charismatique et du réveil de vouloir diaboliser leur mouvement et de porter atteinte aux libertés spirituelles de tout citoyen.

    C’est dans ce cadre disent t-ils, une descente vers le siège de notre confrère l’Union a été menée tout dernièrement. Conduite par les révérends Michael Jocktane, Francis Michel MBADINGA et les autres. Ces pasteurs, je cite L’Union « à la tête d’un troupeau d’ouailles surexcitées, manipulées et instrumentalisées », venaient imposer à cette rédaction le passage d’un droit de réponse aux articles publiés dans le dossier consacré aux églises éveillées, à la suite d’un abus sexuel contre une mineure de 13 ans par l’un de leur, le « pasteur » Yves David MAPACKOU actuellement dans les verrous.

    Après la première conférence débat tenue au Centre Culturel Français de Libreville sur la laïcité au Gabon, la salle de réunion de la Chambre de Commerce a refusé du monde venu prendre part à la deuxième sortie officielle de celui qui est également Coordonnateur de la Coalition contre les abus spirituels et la mal gouvernance au Gabon. Le thème de cette rencontre portait sur : A qui profitent réellement les sous de Dieu ?

    La réponse est sans équivoque – aux responsables de ces églises éveillées qui, profitent du désarroi des populations de plus en plus pauvre pour se faire plein les poches – faire payer, chèrement, le salut de leur âme. Ces Petites et Moyennes Entreprises religieuses en pleine expansion, réalisent des profits record et contrôlent à elles seules, près de 60% du total de la masse monétaire circulant dans ladite communauté, a expliqué l’orateur.

    Une grande partie de cette manne financière cédée aux « Bergers », sans aucun contrôle, bénéficie directement à ces derniers qui, sont d’ailleurs des patrons à vie, a-t-il ajouté. Avant de conclure que, le patrimoine de ces églises pentecôtiste qui se mesure en centaine de millions de francs CFA ne sont jamais réinvesti dans le changement des conditions sociales de leurs adeptes, contrairement à ce qui se fait dans d’autres pays où est implanté les églises pentecôtistes, le cas du Burkina Faso, par exemple. Avec les soutiens multiformes des églises sœurs des pays du nord plusieurs projets à caractère social ont été réalisés dans ce pays contribuant par la même occasion à relever le défi de la pauvreté.

    La prolifération de ces églises et des hommes de Dieu de moralité douteuse qui s’autoproclament à des hauts postes religieux, représente sans aucun doute une entrave à l’ordre public, c’est pourquoi il est urgent pour la tutelle et l’Etat en général d’affirmer son autorité devant une telle dérive au lieu d’encourager ces gourous, qui profitent du désarroi des populations face à la pauvreté sans cesse croissante pour se faire plein des poches.

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  • 2 commentaires

    • Pierre R.

    Ferdinand

    De telles dérives doivent être dénoncées et connues de l’Occident. Nous assistons hélas ! à des abus que longtemps nous avons tus, ignorants que nous étions des droits humains. Mais voyez-vous, il n’y a pas que l’Afrique, et plus précisément le Gabon, qui devrait se poser la question : A qui profitent réellement les sous de Dieu ? Ici en Occident s’impose rapidement un tel examen de conscience.

    Article intéressant et instructif.

    Pierre R.

    • Solange Upar

    Bonjour Ferdinand,

    D’autres pays africains devraient emboîter le pas au Gabon. Mais, on n’est pas à la veille de l’éradication de ce fléau qui décime l’Afrique depuis le milieu des années 80. Se servir du nom de Jésus pour exploiter les plus démunis de la société, même Lucifer se gênerait de se prêter à ce jeu parce qu’il conserve encore le sens de la dignité.

    Avec cette calamité de réveil spirituel est arrivé le regrettable phénomène de la chasse aux enfants sorciers et des divorces à la pelle. Généralement, un jeûne à sec de sept à dix jours suffit pour qu’un comité « d’intercesseurs » arrive avec des recommandations prophétiques qui, souvent, ont force de loi. Et dans des pays où la loi semble avoir pris la brousse, il n’est pas étonnant que le verdict de condamnation soit sans appel. Marqués du sceau de la sorcellerie, plusieurs enfants innocents gagnent la rue où les attend une noire misère qui n’a d’égal que la vilenie humaine qui les y a largués.

    Montréal n’échappe pas non plus à ce commerce. Certaines églises percevraient les offrandes par interact. Veuillez glisser votre carte, s.v.p. Lorsque vient le temps de percevoir la dîme (1/10è du salaire), Jésus, par l’intermédiaire de ses envoyés, considère le revenu du bien-être social comme spirituellement taxable. Bien-être social ou fruit du travail, c’est tout de même des billets de banque, non ? Veuillez passer au panier, s.v.p. L’Éternel vous les rendra au centuple.

    Tout passe par la dénonciation, j’en suis convaincue. Les fidèles sensibilisés sommeilleront moins et exigeront plus de transparence à ces bénévoles de Dieu qui chargent pas mal cher l’entrée à l’Eden.

    Un épitre que je ne manquerai pas de suivre.

    Solange

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