13 janvier 2008 |
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Inscrite dans la loi fondamentale, la liberté d’expression est une tradition républicaine et démocratique, c’est un droit primordial dans toute société humaine. Pour preuve la Constitution de la république gabonaise en son Article premier alinéa 2 et 13, reconnaît à chaque citoyen la liberté de conscience, de pensée, d’opinion, d’expression, de communication…Ainsi que, le droit de former des associations… Ces droits sont garantis à tous, sous réserve du respect de l’ordre public.
Toutefois, ces droits notamment la liberté d’expression est de plus en plus bafouée du pied dans le pays. Les événements de ces derniers temps au Gabon ont montré qu’elle n’est pas définitivement acquise. Aussi, depuis le discours du président El Hadji Omar BONGO ONDIMBA du 1er décembre 2007 à l’occasion de la célébration de ses 40 ans de magistrature suprême et sa déclaration par rapport à la mise en chantier du projet « Belinga » une certaine dérive autocratique est entrain de s’installer tout doucement dans le pays. La dernière en date est la décision du Ministre de l’Intérieur, André MBA AUBAME entérinée par le Conseil des Ministres en sa séance du 10 janvier 2008 de suspendre les activités de plusieurs associations non gouvernementales au motif, que ces dernières auraient tenu des propos « politiques » lors d’une conférence de presse, organisé la veille au siège de l’ONG BRAIN FOREST.
Reconnues pour leur détermination à dénoncer les vices et autres injustices en cours dans la société gabonaise, les ONG de la coalition « Publiez ce que vous payez », « Coalition contre la vie chère au Gabon », « Coalition contre les dérives sectaires au Gabon » et de la plate forme « Environnement Gabon », les activités de ces ONG sont donc considérées comme une menace par le gouvernement. Or, leurs critiques et leurs avis sur la conduite des affaires du pays aident considérablement les décideurs – le gouvernement à rectifier les erreurs et de prendre des décisions allant dans le sens de l’intérêt général.
Sans risque de se tromper, nous pouvons affirmer que, les Organisations Non Gouvernementales dans toute société ne représentent en aucun cas un danger ou encore moins ne menace l’ordre public, elles sont au contraire des partenaires de l’Etat dont les engagements en tant que organisations membres de la société civile servent d’aiguillon aux pouvoirs publics par la dénonciation, la revendication et une force de proposition.
Le ministère de l’intérieur qui vraisemblablement s’est trompé de cible, devrait par contre s’intéresser davantage à l’activité de certaines communautés religieuses dans le pays dont la pratique est pourtant reconnue par la loi ne respecte pas souvent l’ordre public. N’assistons pas là à deux poids deux mesures – d’un côté, les ONG qui orientent l’état sur un certains nombres de sujet en rapport au développement du pays, et sont aussitôt condamner par la tutelle pour soit disant être sorti du cadre légal – de l’autre, cette même tutelle qui ferme les yeux sur les marches et autres manifestations de soutien politique organisées par des communautés religieuses dont, les principaux leaders affichent officiellement leurs positions.
Bref, le débat est ailleurs et, à partir du moment, où il n’y a eu aucun trouble à l’ordre public dans la démarche des ONG en question, la décision du ministre de l’intérieur ne se justifie donc pas à moins que cette manœuvre ne vise à phagocyter les coalitions des ONG pour en faire des supplétifs de cabinets politiques et de museler les organisation de la société civile. Dans un communiqué de presse, ces organisations non gouvernementales ont non seulement fustiger cette mesure mais, elles ont surtout souligné leur ferme détermination à revendiquer l’exploitation transparente des ressources du pays au profit des populations gabonaises, exiger la bonne gouvernance, l’équité, la justice sociale et la liberté d’organisation et d’expression.
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