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    Françoise David au Mali : Une chef coopérante

    le 25 février 2008 | 284 visites | 3.90 / 5 | 1 commentaire(s)

    Cet article de Marie-Eve Therrien est gracieusement offert par Agence de Presse Étudiante Mondiale (APEM). La version originale a été publiée à cet endroit.

    Françoise David au Mali : Une chef coopérante
    Photo : yulbuzz_tv (Flickr)

    Françoise David a abandonné la politique… provisoirement. La porte-parole de Québec solidaire vient de terminer sa troisième expérience de coopération internationale, au Mali. Quartier Libre l’a rencontrée à Bamako. L’occasion de revenir sur son expérience, mais aussi d’en apprendre plus sur la situation des femmes au Mali.

    BAMAKO – « Je vous donne un mois et je ne vous demande pas de salaire. Si ça peut vous être utile vous me le dites, sinon, tant pis. » C’est par cette formule adressée à deux ONG québécoises qu’a commencé l’aventure coopérative de Françoise David. En 2001, après la fin de son troisième mandat à la présidence de la Fédération des femmes du Québec, elle passe à l’action. « Il était devenu clair que je voulais vivre une expérience au niveau international », explique-telle.

    Après avoir réitéré l’expérience avec l’ONG Solidarité-Union-Coopération (SUCO) en 2004, elle est de retour au Mali pour donner une formation de quatre jours sur l’autonomie et la prise de pouvoir au féminin. « Le but est d’aider les Maliennes à briser les obstacles qui sont devant elles pour atteindre l’égalité dans la prise de parole, les droits et la sphère économique. »

    Vous avez-dit équité ?

    Plusieurs des obstacles au développement sont des sujets tabous, selon Françoise David. Les tâches ménagères sont, par exemple, assurées entièrement par les Maliennes qui doivent, en plus, s’occuper de leurs 6,8 enfants en moyenne. « On organise des cours d’alphabétisation, mais les femmes n’ont même pas le temps d’y aller. Il faut donc convaincre les hommes d’arroser le potager pendant que les femmes sont en formation. Dans certaines régions les hommes le font, dans d’autres ils refusent. »

    D’après Mme David, la situation économique désastreuse de l’Afrique et la lenteur du processus d’émancipation de la femme sont le résultat de décisions politiques « scandaleuses », comme le très controversé projet d’ « Accords de partenariat économique  » (APE), permettant de libéraliser les échanges économiques entre l’Union européenne et les pays africains. Il fut vivement critiqué par ces derniers lors du sommet UE-Afrique de Lisbonne en décembre 2007.

    Coopération ou capital politique ?

    Cette présence de Françoise David sur le terrain des grandes questions internationales lui apporte-t-elle un bénéfice politique au Québec ? « Bien sûr ! », répond Irénée Rutema, consultant en communication politique à Québec et ancien professeur de science politique au cégep de La Pocatière. « Spécialement en tant que chef de file du mouvement altermondialiste au Québec. Les bénéfices sur son électorat seront probablement plus visibles au niveau des jeunes qui, au Québec, s’intéressent aux questions internationales autant, sinon plus, qu’aux questions nationales. »

    M. Rutema nuance tout de même la portée d’une telle action, ne croyant pas que la mondialisation sera un enjeu majeur lors de prochaines élections. « Avec la menace de la crise économique américaine, les accommodements raisonnables et la question de la privatisation du système de santé, les questions de coopération ne représenteront aucunement un domaine déterminant. »

    POST-SCRIPTUM :

    En 2008, la situation des femmes au Mali demeure précaire, comme dans plusieurs pays subsahariens. Malgré l’urbanisation massive des dernières années, le Mali reste un pays pauvre, avec 91 % de la population vivant avec moins de 2 $ par jour en 2005. Moins de 12 % des femmes savent lire et écrire, la polygamie y est monnaie courante et l’excision pratiquement systématique (91 % des femmes).

    Sources : Banque mondiale, quotidien L’Essor

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  • 1 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    À tous, à toutes

    Je m’interroge sur les deux votes relativement à cet article. Veut-on punir le messager ou le message ? Je voterai en faveur de cet article car il est fort éloquent du travail d’une femme qui n’a de cesse de défendre ses convictions.

    Pierre R. Chantelois

    25 février 2008 | répondre | permalien

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