30 octobre 2007 |
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Ce qui caractérise le mieux le
Tchad, vingtième pays au monde par sa superficie, est, bien évidemment, le
clivage du Nord et du Sud - le Tchad est divisé en 14 régions -, d’un Nord et
d’un Sud très distincts et historiquement antagonistes. Ses frontières
actuelles résultent de négociations entre Français, Anglais et Allemands dans
les années 1880, ce qui expliquerait un tel clivage. Placé sous protectorat
français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920 dans le cadre
de l’AEF (Afrique équatoriale française).
Le Nord possède à la fois une
population nomade et sédentaire, tandis que l’ensemble est très fortement
islamisé. Le Sud, moins étendu et plus peuplé, est majoritairement sédentaire,
animiste et chrétien. Le Tchad est le cinquième plus grand d’Afrique après le
Soudan, l’Algérie, le Congo-Kinshasa et la Libye. En 2007, sa population est
évaluée à 8.9 millions d’habitants répartie en de nombreux groupes ethniques
dont les principaux sont les Sara (27,7 %), les Arabes (12,3 %), les Mayo-Kébbi (11,5 %), les Kanem-Bornou (9 %), les Ouaddai (8,7
%), les Hadjarai (6,7 %) et plusieurs autres.
Devenu république autonome en
1958, le Tchad accéda à l’indépendance le 11 août 1960 sous la présidence de
François Tombalbaye. Celui-ci dut bientôt faire face
à la révolte des populations du Nord, en majorité musulmanes, ce qui l’amena à
solliciter l’aide des troupes françaises en 1968. Après l’échec d’un projet de
fusion entre le Tchad et la Libye en 1981, les troupes libyennes se retirèrent
dans le cadre d’un accord conclu avec le gouvernement français. En 1982, Goukouni Oueddei fut renversé par
Hissène Habré. En 1990, Hissène
Habré fut chassé du pouvoir par Idriss Déby Itno, qui est en place depuis lors.
Idriss Deby, président depuis
1990, est, selon Human Right Watch, le dernier d’une
longue lignée de dirigeants (du Nord pour la plupart) arrivés au pouvoir par
des moyens militaires et avec le soutien de puissances étrangères. La
Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a vu le jour dans les années
1990. Mais elle souffre malheureusement encore d’un manque aigu de moyens et de
publicité. Une bonne partie de la population n’est pas au courant de son
existence et elle n’est pas du tout présente dans les provinces. Les
organisations des droits de l’homme et une partie de la presse accusent souvent
la CNDH de pencher en faveur des autorités, ce qui ne contribue pas à améliorer
son image auprès de la population.
Mallouma
Alhay écrit dans le
href="http://www.tchadforum.com/">Tachdforum.com : « C’est maintenant depuis plusieurs décennies
que le Peuple Tchadien vit une dictature sanglante sans précèdent. Idriss Deby,
le dictateur actuel du Tchad, a accédé au pouvoir en 1990 par un coup de force
suite au soutien actif du réseau France-Afrique dont le gourou était alors
Mitterrand ». Et l’auteur
constate que : « Dès son
accession à la tête de cet État, il n’a cessé de faire subir à l’ensemble de
ses concitoyens l’oppression, interdiction du droit à l’expression par
l’instauration successive de l’état d’urgence, élimination des opposants à son
pouvoir, bref une véritable dictature ».
Sur le rôle de la France, Mallouma Alhay se montre, sur ce
même forum, le Tachdforum.com, cinglant : « Redire aujourd’hui que l’État français soutient et entretient le régime
actuel n’est un secret pour personne. A l’heure où nous rédigeons cette petite
contribution, avec le soutien technique et stratégique du dispositif militaire
français stationné au Tchad, des centaines de vies humaines sont en train de
périr sous les balles des milices du régime clanique au pouvoir. […] La
Force française au Tchad est devenue un véritable levier de la dictature ».
Pour Felix
Ngoussou, force est de constater que : « le Tchad n’a jamais connu jusqu’à nos jours
une ère réellement démocratique, qu’elle soit représentative ou participative.
Les premiers élans, les premiers balbutiements dès l’indépendance en 1960, sont
restés jusqu’à présent à leurs phases d’enfantement qui perdure ». Et les interrogations de monsieur Ngoussou laissent songeur : « Pourquoi comme à l’accoutumée, la communauté
internationale ne regarde-t-elle pas le Tchad avec le même empressement qu’elle
manifeste pour les autres pays africains en conflit ? […] Comment repenser le Tchad avec une jeunesse
sans culture politique par la faute de ses leaders ? » (
href="http://www.tchadforum.com/">Tachdforum.com)
L’« affaire française » au Tchad
Seize (16) Européens - neuf
humanitaires et journalistes français, ainsi que sept membres d’équipage espagnols
sont placés en garde à vue depuis jeudi à Abéché, dans l’est du pays proche
du Soudan, alors qu’ils s’apprêtaient à transférer les enfants en France à bord
d’un vol charter. Cette « affaire »
découle d’une initiative de l’Arche de Zoé qui a tenté de faire rapatrier 103
enfants - 81 garçons et 22 fillettes âgés d’un à dix ans - en provenance du
Tchad et du Darfour. « Le but,
c’était de leur obtenir le droit d’asile. L’équipe sur place a donc récupéré
des documents attestant que les enfants sont darfouris
et orphelins. Sans ces papiers, ils auraient été renvoyés dès leur arrivée en France »,
assure le porte-parole de l’Arche de Zoé.
La France est apparue soucieuse
de limiter avant tout les éventuelles répercussions diplomatiques de cette
affaire. Le président Nicolas Sarkozy en tête a condamné cette opération
qualifiée d’ « illégale et
d’inacceptable ». Conforté par l’appel téléphonique du président de la
république française, le président Idriss Deby dramatise volontairement la
situation à des fins politiques en évoquant un trafic d’organes ou un réseau
pédophile. Le président Deby s’est demandé s’ils avaient l’intention de « vendre » les enfants ou de « les tuer et enlever leurs organes ».
« C’est une opération complètement illégale », a affirmé l’ambassadeur
de France, à N’Djamena, Bruno Foucher, au sujet du projet « Children Rescue ».
« Les membres de Children
Rescue qui ont participé à l’ensemble de cette
manipulation illégale répondront de leurs actes au Tchad », a-t-il
ajouté. Veronique Taveau,
porte-parole de l’UNICEF, a rappelé sur BBC Afrique qu’une telle opération
contrevenait à la convention internationale sur l’adoption de 1993. La priorité
doit être de maintenir l’enfant dans son pays et à la recherche de leur famille.
Le président Idriss Deby a,
dimanche dernier, convoqué toutes les représentations diplomatiques à Abéché
pour qu’elles puissent, explique une autorité locale, constater de leurs yeux
la gravité de la situation. En présence des membres des organisations
humanitaires internationales et de ministres tchadiens, la délégation a fait le
tour des installations de l’association l’Arche de Zoé. Dans l’une des maisons
utilisées par l’opération « Children Rescue » montée par l’Arche de Zoé, la
href="http://www.jeuneafrique.com/pays/tchad/article_depeche.asp?art_cle=AFP80307alorpstnafn0">délégation
a pu voir une salle avec des matelas et des jouets à même le sol. Le mur est
constellé d’empreintes de pieds et de mains d’enfants réalisées à la peinture
colorée, avec à chaque fois le nom de leur auteur. « Ce sont des pièces à conviction », s’est borné à dire un haut
responsable de la région.
Paris a amorcé une série de contacts
diplomatiques avec le Tchad et le ministère français des Affaires étrangères a
mis en place une « cellule de crise »
sous la houlette de la secrétaire d’État Rama Yade,
chargée de « suivre les conséquences
humanitaires de l’opération montée par l’association » française, et
notamment « la situation sanitaire
et l’état psychologique des 103 enfants qui devaient être transportés en France
en toute illégalité ». Le chef de la diplomatie française Bernard
Kouchner, au cours d’un entretien
téléphonique avec le président tchadien Idriss Deby Itno,
a attiré son attention sur la situation des personnes détenues et a exprimé,
par ailleurs, sa disponibilité et celle de Mme Rama Yade
à se rendre au Tchad.
La France a eu vent de
l’opération dès juillet. Rama Yade, la secrétaire d’État
aux droits de l’homme, a affirmé que Paris avait fait « le maximum » pour éviter sa
réalisation. « Qu’est-ce que vous
voulez qu’on fasse ? Qu’on mette les menottes (au président de l’association) ?
Sur quelles bases ? Nous, on a fait tout ce qui était en notre pouvoir pour
qu’il ne mène pas cette opération », a-t-elle expliqué. Jacques Wilmart, le pilote belge qui a acheminé des enfants depuis
la frontière tchado-soudanaise vers Abéché, affirmait samedi, sur Europe 1, que
les autorités tchadiennes étaient au courant du projet de l’Arche de Zoé. Il
est sous arrêts depuis.
Aux dernières nouvelles, les 9 français, c’est à dire les membres de l’association et les journalistes ont été inculpés d’enlèvement de mineurs et d’escroquerie. Les sept espagnols de l’équipage de l’avion qui devaient transporter les enfants ont été eux inculpés de complicité. Quant au pilote belge qui a acheminé une partie des enfants de la frontière tchado-soudanaise à Abéché, il est depuis dimanche placé en garde dans l’attente lui aussi d’une éventuelle inculpation. Vous trouverez dans cette href="http://tf1.lci.fr/infos/monde/0,,3603276,00-arches-zoe-doutes-journaliste-detenu-.html">émission de LC1 les premières bribes de reportage du journaliste de l’agence Capa qui émettait déjà des doutes sur l’opération.
Il semblerait de plus que, href="http://tf1.lci.fr/infos/monde/afrique/0,,3602928,00-arche-zoe-maintenant-.html">selon LC1, l’Aviation civile tchadienne a délivré le 22 octobre une autorisation de survol et d’atterrissage à l’avion affrété par l’Arche de Zoé en vue d’une « évacuation sanitaire ». Selon un responsable de l’Aviation civile, les autorités ne savaient pas qui concernait cette évacuation et font remarquer que l’appareil qui a atterri à Abéché n’était pas celui pour lequel l’autorisation a été émise.
Réactions au Soudan : les autorités soudanaises ont annoncé dimanche la constitution d’une commission d’enquête officielle sur les enfants. La commission est formée par des représentants des ministères des Affaires étrangères, des Affaires sociales et de l’organisme officiel appelé le Conseil national de l’enfance. La secrétaire générale de cet organisme, Amira el-Fadel, a vivement dénoncé ce qu’elle a qualifié d’opération de « trafic d’enfants », tandis que le ministre de l’Intérieur, Zoubeir Béchir Taha, a remercié le Tchad pour avoir empêché le départ de ces enfants en France.
En Espagne, le secrétaire d’Etat espagnol aux Affaires étrangères Bernardino Leon a déclaré mardi 30 octobre que l’Espagne est href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20071030.OBS2060/tchad__lespagne_en_desaccord_avec_linculpation.html">« en désaccord » avec l’inculpation des sept Espagnols retenus au Tchad et accusés de complicité d’enlèvement de mineurs dans l’enquête sur la tentative controversée de transport de 103 enfants vers la France par l’association française Arche de Zoé. L’Espagne avait demandé lundi le respect de la présomption d’innocence, alors que Paris s’est vivement désolidarisé de l’association.
Dans cette fureur et ces
clameurs, un commentateur tchadien, Félix Ngoussou,
analyse cette « affaires française »
sur le Tachdforum.com : «
style='mso-bidi-font-style:normal'>La tragédie du Darfour et du Tchad au cours
de laquelle plus de 103 enfants ont failli traversé la frontière du continent
africain , sous l’emprise de l’aventure morbide et courageuse de la nature
humaine est une épisode sinistre qui illustre à la fois deux réalités cyniques,
les unes plus sordides que les autres, somme toute en étroite corrélation.
D’une part, la résistance a l’aspect participatif de notre système politique,
et de l’autre, la source même de ce phénomène inhumain, la politique de la
pauvreté ». Félix Ngoussou poursuit ainsi sa
réflexion que lui inspire l’« affaire » : « Au delà du sensationnalisme effroyable des
caméras de l’ONU, rien de substantiel n’est avancé sur ce spectacle honteux. Le
comment, le pourquoi d’une telle épouvante, les causes racines d’une telle horreur
semblent déranger plus d’un ».
Et dans ce commentaire, sans
condamnation féroce qui se voudrait au-dessus des clameurs et des jugements
téméraires, il y a cette force tranquille du sage : « Il est de notre responsabilité sociale et
humaine d’œuvrer et d’insister pour que les services adéquats soient offerts à
toute la population. Qu’elle soit accompagnée et écoutée. Au lieu de faire
peur, nous devons tous rassurer. A ce compte, la population attend de l’État et
de ses nouveaux partenaires sociaux un revirement de conscience, la fin des
complexes et des discriminations. Elle s’attend à devenir un partenaire à part
entière pour produire et aider la nation à réussir. C’est là l’idée d’un État
légitime, engagé sur la route de la modernité et de progrès. Le combat de la
dignité et de l’honneur passe inévitablement par la fin des spectacles
abominables de nos compatriotes exhibés en haillons sur les caméras étrangers
comme des extra-terrestres. Les voyages clandestins sont un reflet de
nous-mêmes, de notre société. Ce sont les vestiges d’un temps d’esclavage
interne et externe. Ils mettent en évidence la dénaturation de notre vertu et
expose la pauvreté de notre univers et de notre esprit ».
Alors que la France condamne sans
ménagement ses ressortissants, retenus au Tchad, il se trouve des voix là-bas
qui s’interrogent avec nuance : « Au-delà
de la manière dont ces enfants ont failli quitter le Tchad, il est permis de se
demander s’il faut se réjouir que les autorités tchadiennes aient fait échouer
ce voyage ou le regretter ? », écrit Seid
Mahmoud sur le Tachdforum.com.
À défaut de la France, la
modération, dans cette affaire, viendrait-elle du Tchad lui-même. Pour Seid Mahmoud : « État défaillant, le Tchad est aujourd’hui incapable de donner le
minimum de sécurité à ses enfants, surtout les plus vulnérables. Ni programme
d’éducation, ni programme de santé. Combien d’enfants tchadiens ou du Darfour
meurent chaque jour faute de soins parce qu’atteints de maladies aisément
curables telles que le paludisme ? Combien de ces enfants, supposés enlevés,
allaient à l’école et étaient décemment nourris ? Dans ces conditions, doit-on
intenter des procès à des étrangers qui, eux au moins, se préoccupent de la vie
de ces enfants et veulent bien leur offrir un avenir ? Et pour qu’il y ait
procès, il faut bien un système judiciaire responsable ; ce qu’on n’a pas au
Tchad ».
Après les déclarations des
autorités françaises qui condamnent prestement les humanitaires de l’Arche de
Zoé, quelle garantie ces derniers auront-ils d’un procès juste et équitable ? Pour
Seid Mahmoud, moins téméraire dans la condamnation
publique, pose, à son gouvernement, des questions qui resteront, sans doute, sans
réponses : « Peut-on nous dire
si les parents de ces enfants se sont plaints que leur progéniture leur a été
enlevée contre leur gré ? Combien d’enfants de cet âge se retrouvent sans abri,
errant dans les rues au Tchad et dans les camps de déplacés du Darfour ? Veut-on
que tous ces enfants grandissent sans éducation, s’ils ne meurent pas avant de
maladie et de malnutrition ? En allant dans des familles d’accueil en France,
ces enfants allaient avoir un avenir ».
« Selon l’UNICEF, ce qui s’est passé était à la fois illégal et
totalement irresponsable », a déclaré la porte-parole du Secrétaire général
lors d’un point de presse. Seid Mahmoud s’interroge :
« Que vont-ils devenir maintenant
que la lueur d’espoir qui perçait pour eux s’est estompée ? » Voilà le
vrai débat autour de l’affaire du Tchad.
je souhaite que la justice tchadienne passe avec la plus grande severite possible,ce sera le seul jugement equitable pour le rapt de 103 enfants
23:47, le Mardi 6 novembre 2007Vous devez être connecté pour publier un commentaire.




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