4 novembre 2008 |
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L’Égypte que l’on dit pharaonique varie en taille et en puissance. Les cycles créatifs et destructeurs qu’ont connus les différentes dynasties ont un dénominateur commun : le pharaon. On associe cette entité à la vallée et au delta du Nil en Égypte. L’an 3100 avant notre ère est la référence historique qui fixe le départ du premier état pharaonique. Cet état est le fruit d’une lutte vigoureuse parmi la constellation de forces contenues sur les rives du Nil. La réunification de la Basse et Haute Égypte semble être l’événement fondateur de la civilisation égyptienne. L’état ainsi constitué a permis de tirer profit des ressources dans un dessein commun. Cet outil de gestion original a été en mesure de tirer profit des ressources naturelles et de permettre une meilleure productivité. Le titre de pharaon est issu d’une longue tradition. Son rôle clé est la protection de l’ordre. Après s’être acquitté de ses tâches divines, la gestion des ressources humaines est certainement sa plus grande responsabilité. Disposant d’une vue d’ensemble, le pharaon peut rendre l’état productif et fonctionnel. En dernier lieu, celui-ci est responsable de protéger le territoire contre les attaques sporadiques des peuples du désert ainsi que des éléments exogènes à la vallée du Nil.
La nature du régime
La nature du système politique est de type monarchique dynastique. Le pharaon en est le titre suprême. Alors, le porteur de cette dénomination devient sacré, auréolé d’une origine divine, il devient alors hors d’atteinte pour le commun des mortels. Finalement, cette fonction est exclusivement réservée aux hommes de la famille régnante quoique quelques exception célèbres et bien sûr les nombreuses Cléopâtre de la dynastie des Ptolémée.
Nous pouvons énoncer que ce pouvoir royale est exercé par une seule personne. Toutefois, il peut arriver qu’un tuteur agisse au nom d’un pharaon trop jeune. Ce type de gouvernance se distingue des juntes militaires ou du despotisme. En effet, l’intérêt premier des pharaons est de faciliter la vie des paysans pour que ceux-ci produisent davantage. Ensuite, nous observons que le pharaon nécessite l’appui des institutions civiles et religieuses, alors, il règne suivant une étiquette ainsi que des règles bien précises et doit se soumettre à des contraintes liées au fonctionnement de l’état.
La politique pharaonique est donc orientée vers la satisfaction de sa paysannerie et dans la formation académique de ses scribes. En effet, l’activité économique primordiale en Égypte est la production céréalière ainsi que la gestion comptable de cette ressource. Pour ce qui est des surplus, ils sont massivement investis dans le clergé, dans la construction de bâtiment funéraire et tout ce qui touche de près ou de loin le culte aux morts. Ce système politique de gestion des ressources humaines a été rendu possible par une relation symbiotique et d’interdépendance entre le pharaon et la paysannerie. Cependant, il peut arriver qu’un groupe intermédiaire puisse prendre tellement d’ampleur que le pharaon dispose plus d’un rôle de figuration que d’un réel pouvoir. Ainsi, le pouvoir pharaonique semble une institution solide, cependant il n’est pas à l’abri des intrigues et des luttes d’influence.
Donc, malgré une puissante affirmation de soi et un accès au levier du pouvoir, le pharaon n’est pas à l’abri de complot ou de coup d’État. En fait, il doit constamment faire face à l’adversité d’individu ambitieux souvent de sa propre famille ou de l’aristocratie égyptienne. Lourdes sont ses responsabilités, il est redevable devant les dieux mais généralement le pharaon s’acquitte de ses devoirs avec brio. Pour comprendre la complexité de la tâche, il est essentiel de saisir le lien étroit réunissant celui-ci avec la paysannerie. Malgré le fait que le monarque soit inaccessible aux yeux de tous, il partage le sol avec le paysan. Il est propriétaire de toutes les terres cultivables ainsi que tout ce qui est produit en sol égyptien. Le paysan est copropriétaire de son lopin de terre qu’il cultive (droit historique inaltérable).
En contrepartie, le pharaon assure le contrôle des crues ainsi que les travaux d’aménagement et d’irrigation. Décidemment, la nature de ce pouvoir est tournée vers l’aménagement agraire, la consolidation de l’état et la promotion idéologique et religieuse. Les valeurs fondamentales sont la justice et la protection du faible, la fertilité et l’abondance sont des garanties proposées par l’idéologie. Le culte au mort est certainement l’apport le plus original de la propagande égyptienne antique. Il est le pilier sur lequel s’appuie le discours pharaonique. Le monde surnaturel et terrestre ne font qu’un, le pharaon est tout simplement la courroie de transmission divine entre ces vases communiquant.
Le pharaon est à la tête d’un système interventionniste qui régularise chaque opération du processus d’acquisition des ressources avant tout céréalières et maraîchères. En effet, ce système vise avant tout à offrir aux paysans les conditions optimales pour bénéficier des crues fertiles du Nil. Cette intervention est assurée par les scribes qui anticipent les récoltes et qui vont veiller à l’arpentage rigoureux pour éviter les conflits de voisinage. L’appropriation de la récolte est d’une importance capitale dans le bon fonctionnement du régime pharaonique. En effet, la céréale est monnaie et nourriture. Grâce à cela, l’état fonctionne et accumule les ressources, il distribue les surplus aux intermédiaires, les investit dans la construction d’infrastructure, des entreprises de prospection ou gère des crises momentanées pouvant survenir. Finalement, la structure subsiste et permet la libre circulation de manière sécuritaire des personnes et des biens dans un marché commun.
Le pharaon à une place primordiale. Sa figure est sculptée, son image est saisie sur des fresques monumentales et son nom est inscrit sur tous les supports possibles. Cette figure prédominante va même influencer les cultures étrangères qui vont s’emparer du titre sans changer la structure de l’institution. Selon la religion égyptienne, le pharaon ne fait pas partie de l’univers des hommes mais serait un dieu. Un dieu unique qui fait jonction entre deux mondes différents. S’il est d’origine humaine, il est l’incarnation terrestre du dieu Horus. Le pharaon est alors source vivante de légitimité de l’ordre cosmique, en maintenant Maat, il peut vaincre le chaos et faire triompher l’ordre. En plus d’être dépositaire de nombreux titres célestes et héritier de la première dynastie, il est symbole de toutes les forces de la nature et dépositaire de pouvoir assurant le cours normal et quotidien de l’astre solaire.
Le détenteur du titre de pharaon jouit d’un prestige inégalé. Il est en quelque sorte le cerveau du corps égyptien. Il possède les insignes royaux et il est détenteur des objets symboliques rappelant ses origines et ses devoirs envers les dieux et sa communauté. Ainsi, il veille continuellement au maintien du territoire et il observe minutieusement les crues du Nil. La constitution d’un calendrier efficace est certainement la plus grande réalisation de ce travail d’observation. De plus, il assure la distribution de l’eau fluviale et il établit avec précision le cadastre. En effet, dans l’Égypte pharaonique, il n’y a pas pire outrage que l’occupation illégale d’une terre. Cet acte est passible d’une condamnation touchant plusieurs générations d’où l’importance d’un arpentage précis suite aux crues du Nil.
Représentant religieux par excellence, il veille à la perpétuation du culte. En effet, son pouvoir a besoin d’un clergé en bonne vitalité pour assurer sa légitimité. Le pharaon se fera aussi réformateur dans une certaine mesure. Ayant appris des échecs des dynasties précédentes, le titre va s’humaniser et à un certain moment, il se fera chef de guerre directement sur le terrain. Alors, le pharaon cumulera plusieurs tâches et deviendra même grand organisateur d’une armée professionnelle. Il devra alors subir un entraînement rigoureux aux chars de guerre et au tir à l’arc. De plus, le monarque est l’instigateur d’une fête spéciale appelée « Sed » qui a pour objectif de prévenir la faiblesse d’un règne et d’affirmer le leadership entre les deux territoires. Il est attentif aux tensions internes et doit être à l’affût de pressions extérieures et doit agir concrètement sur le terrain et nourrir les besoins imaginaires de ses concitoyens.
Il en contrôle des trois branches de l’état, il est reconnu comme chef d’état avant tout. Donc, il promulgue les lois, exécute la justice et maintien l’ordre. Grand rassembleur, il a une poigne sur le clergé qu’il a réuni et dont il approuve l’existence. Il a son mot à dire sur le culte et les divinités. Finalement, il délègue des tâches et distribue les ressources. Il délivre des titres honorifiques et organise le territoire en nomes. À ce titre, il nomme les nomarques en collaboration avec le Vizir qui est le chef de la bureaucratie et du bureau de renseignement. Enfin, il veille à l’équité et la justice de droit commun auprès de ses concitoyens libres.
Définir l’univers des scribes dans le contexte du système politique
Dans la consolidation de l’état pharaonique, les scribes deviennent essentiels, leur place est importante. On tente de leur inculquer la maîtrise de l’écriture et aussi un sens de la retenue. Bureaucrate polyvalent, on les voit dans tous les domaines publics, religieux et même militaire. Ces partenaires du pharaon ont la tâche de gérer les ressources, la redistribuer et gérer les crises et conflit au nom de leur chef. Considérant que les scribes constituent une petite minorité ayant reçu une éducation de choix, nous pouvons comprendre qu’ils jouissent d’un grand privilège de lire et de pratiquer l’écriture.
Les individus, majoritairement des jeunes adolescents, sont choisis pour poursuivre cette éducation intensive souvent selon le rang social de leur paternel ou encore par « repêchage » de talent local. Ils subissent alors une éducation de base sévère et par la suite chaque individu va se spécialiser selon les opportunités qui s’offrent sur son chemin. Être créateur et porte enseigne de la culture, le scribe partage le prestige du pharaon. Il est alors un agent propagateur de l’idéologie pharaonique. Dans cette Égypte ancienne où l’effort physique et les travaux agricoles dominent, le travail intellectuel semble très attrayant pour ceux qui sont capables de se soumettre à la rigueur de longues journées passé assis à copier d’abord les hiéroglyphes et ensuite des textes fondamentaux de la littérature antique tel que Le Naufragé. Ce moyen de promotion social est bien sûr accompagné de sa culture propre. La Maison de vie incarne le lieu par excellence où les scribes se réunissent pour socialiser, pour apprendre et opérer une forme de compagnonnage qui permet un transfert des connaissances.
La Maison de vie est une bibliothèque et une archive permettant de réunir les connaissances écrites autant que les acteurs actifs dans ce milieu intellectuel. L’univers du scribe est avant tout cette profondeur de la pensée qui permet la création d’un métarécit national. Cette dimension nouvelle de l’humanité enracine davantage les croyances et l’affirmation d’un groupe sur son environnement. Cette perspective nouvelle octroie la possibilité de bâtir une carrière dans un monde qui semble immuable et d’une lenteur extrême. De plus, la cogitation intellectuelle permet certainement le début d’une forme de spéculation et d’hypothèse, cependant, les égyptiens tirent essentiellement leur savoir des expériences au quotidien à partir de cas concret.
Donc peu ou pas de progrès tel que l’on le conçoit émerge de cette société car elle détient un mode de pensée n’incitant pas à la remise en question mais propose plutôt un mode opératoire favorisant la stabilité et la consolidation. Donc, nous pouvons affirmer que ces intellectuels ont mis sur papyrus les savoirs qu’ils avaient acquis par l’observation et dans des traditions plus que millénaires. Ils ont certainement des connaissances médicales, mathématiques et astronomiques mais celles-ci étaient limitées dans la mesure qu’elles répondaient à des problèmes concrets.
Cet intérêt limité pour le monde abstrait des sciences est le résultat d’une société tournée vers le coté pratique de la vie. Cependant, il est étonnant de constater l’immense variété d’écrit politique, enseignements, littérature funéraire, poésie lyrique, hymne divin et écrit de sagesse dont l’Égypte pharaonique est l’auteure. Cette énumération démontre bien le grand besoin qu’avaient ces individus de communiquer, de capter des réalités liés au travail, au monde politique, à la vie personnelle tout comme au monde surnaturel. Pour terminer, malgré un nombre assez restreint d’individu, ceux-ci ont accès aux postes clés de l’administration, même s’il ne s’agit pas d’une caste, nous devons comprendre que cette cohorte de scribe était un incontournable dans le fondement de l’état pharaonique.
La conscience du scribe rend possible la mémoire écrite, il est certainement la source d’inspiration de la connaissance universelle et de l’appropriation efficace de l’état sur son milieu.
En résumé, le caractère agraire de l’état qui influe son organisation. La nature du pouvoir est hiérarchisée et centralisé s’appuyant sur des scribes versatiles. Ce régime fort et puissant encadre sa population sans être oppressif. Il est un système disposant d’une légitimité n’ayant jamais été remis en doute et son personnage principal, le pharaon, semble plus vrai que nature. Agissant autant sur le monde terrestre que dans l’ordre surnaturel, le pharaon est bien appuyé par diverses institutions (organe de renseignement, harem, Maison de vie). Le développement de l’écriture va consacrer par écrit l’idéologie pharaonique et va amorcer les débuts d’une bureaucratie. Enfin, l’univers des scribes est riche, profond et dynamise l’état pharaonique, il le rend plus sophistiqué et l’embellit d’une allégorie d’une nation bien ancrée sur son milieu.
Bonjour,
vous ne parlez pas des pharaons noirs qui ont aussi régné sur les deux l’Égypte. Vous ne retracez pas les origines kamites (noir) de la civilisation pharaonique.
Plusieurs dynasties noir aujourd’hui se disent être dépositaire de la BIBLE des pharaons dont la mienne elle-même.
Qu’en pensez-vous ?
Respectueusement,
DELWINDE-HERMANN TAPSOBA
11:58, le Mardi 4 novembre 2008Vous devez être connecté pour publier un commentaire.




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