
Le coureur Allemand de l’équipe Milram, Erik Zabel, sera rayé du classement par points du Tour de France 1996 pour aveux de dopage cette année-là.
La triche a gagné ! C’est par cette phrase qu’il est possible de résumer la situation actuelle du cyclisme. La triche -qu’elle soit en substances ou en monnaie- est un cancer qui ronge le sport depuis sa création. Aujourd’hui, parce que ceux qui n’acceptent pas que des règles éthiques soient enfreintes se battent comme des chiens blessés, bec et ongles, jusqu’à en perdre la raison. Jusqu’à faire n’importe quoi ! C’est là la première victoire des tricheurs : tourmenter son adversaire, lui prendre sa maîtrise de soi, son autonomie, le faire devenir fou.
Et obsédés par le dopage, dopés par l’emballement médiatique qui veut que les tricheurs -ex ou futurs- soient absolument punis parce qu’ils leur ont fait dire (à eux journalistes) n’importe quoi trop longtemps dans leurs articles et leurs reportages, les organisateurs du Tour sont devenus vicieux et injustes. Repoussant encore plus loin la frontière entre le bien et le mal. Passant du premier au second en prenant le second pour le premier. Ce n’est pas de cette façon qu’ils installeront un sport juste, eux qui prétendent représenter le bien de la société et le sport magnifique.
Erik Zabel sera rayé du palmarès du Tour de France 1996. Adieu le maillot vert qu’il avait conquis en étant le plus régulier et en battant les meilleurs sprinteurs ! C’est la façon des chasseurs de sorcières de remercier les honnêtes gens. Il avoue. Il regrette. Onze ans se sont passés. Et il est rayé. D’autres avant lui ont avoué. Bien avant lui. Très peu après les faits. Et ils n’ont pas avoué pour une semaine, mais ont reconnu qu’ils avaient triché des années. Au bout, pour la franchise, c’est le blanchiment. Aujourd’hui, c’est la salissure de la Grande Boucle. Seule épreuve sportive au Monde qui se retrouvera -si ça continue- sans aucun vainqueur, après avoir fait rêver tant d’innocents ! Tant de kilomètres parcourus pendant plus d’un siècle pour rien. Il ne servait vraiment à rien de s’aider illégalement !
Erik Zabel, lui, c’est (entre autres) une Coupe du Monde, un Amstel Gold Race, deux classements mondiaux, deux championnats d’Allemagne, cinq étapes du Tour de l’avenir, sept étapes de Tirreno-Adriatico, sept étapes du Tour d’Espagne, huit étapes du Tour de Suisse, onze étapes de la Semaine Catalane, douze étapes du Tour d’Allemagne, douze étapes du Tour du France et quatre Milan-San Remo. Course qu’il remporta devant Mario Cipollini en 2001. Généreux, l’Allemand offrit les fleurs de la victoire au malheureux italien inconsolable à cause de sa trop grande déception. Le coureur de la Saeco confia qu’il avait envie de les lui mettre à la figure. Cette fois, l’Allemand reconnu s’être dopé pendant une semaine seulement. Ridicules sont donc ses aveux. Pourquoi avouer ainsi ? Par souci de son sport ? Si c’est le cas, encore une fois, cette honnêteté lui revient en pleine figure. Le champion allemand est désormais victime non plus des sanctions imposés aux tricheurs, mais du lynchage des fous qui se croient les McCarthy du dopage. A vouloir trop punir, l’injustice apparaît et le mal a gagné.
/BOUCLE_video>"C’est la façon des chasseurs de sorcières de remercier les honnêtes gens. Il avoue. Il regrette. Onze ans se sont passés. Et il est rayé".
Honnête, je ne crois pas que ce terme convienne pour E.Zabel. Il avoue son dopage, il est sanctionné = normal. Pas besoin d’en faire plus.
Ou bien je conseille à chaque sportif de se doper et de n’avouer qu’en fin de carrière, quand les titres et l’argent sont engrangés.
A ne vouloir pas punir, l’injustice apparaît et le mal a gagné.

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