• Albert RICCHI

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    • Cadre salarié dans un organisme de Protection Sociale de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, mon blog est consacré à la politique, l’économie, la démocratie ainsi qu’à quelques vraies réformes à entreprendre aujourd’hui afin de réconcilier les citoyens avec la République et la justice sociale.

    En terminer avec les crises financières et l’économie « casino »

    21 octobre 2008 | 4 commentaire(s) | 91 affichage(s)

    Depuis janvier 2007, des experts indépendants avaient prévu la crise des subprimes et son aspect systémique, l’effondrement du système avec la gangrène fatale des fonds de pension et les conséquences directes notamment pour des dizaines de millions de baby-boomers retraités.

    Mais nos grands économistes et autres partisans de l’ultra-libéralisme dont certains se font d’ailleurs plutôt rares ces temps-ci dans les médias, à commencer par le Président de la commission européenne ou les deux directeurs généraux « libéraux et socialistes » du FMI et de l’OMC, ont été incapables de prévoir cette crise, la plus grave depuis 1929. En guise de justification, ils nous expliquent évasivement qu’ils n’ont pas été assez écoutés par les chefs d’Etat occidentaux alors que ce sont justement ces mêmes gouvernants qui les ont promus à ces hauts postes de responsabilité…

    Aujourd’hui, il est un peu tard pour organiser une riposte efficace et juste au serrage de vis terrible qui accompagne généralement les périodes de grave récession. Au cours des multiples réunions qui se sont tenues à l’Elysée depuis le 11 octobre, Nicolas Sarkozy a bien multiplié les numéros d’autosatisfaction mais le plan européen est tout simplement la copie conforme du plan de Gordon Brown, lui-même inspiré en grande partie par le plan Paulson.

    La déclinaison pour la France du plan européen de 1700 milliards d’euros (presque trois fois le plan Paulson), s’élève à 360 milliards d’euros sous forme de garantie et comme dans les autres pays européens, ces fonds sont divisés en deux parties.

    Une part de 40 milliards pour « recapitaliser » les banques. Les mots « nationalisation » et « récession » sont proscrits du vocabulaire… Cela multiplie, de fait, malgré toutes les arguties comptables d’Eric Woerth, le déficit extérieur par deux. Avec plus de 5 % du PIB, le déficit public pulvérise les limites du traité d’Amsterdam (3 %).

    Une autre part de 320 milliards sert à garantir le crédit interbancaire jusqu’au 31/12/2009. L’Etat empruntera à la place des banques (il a, contrairement aux banques « bonne réputation » sur le marché des capitaux et reversera ces fonds aux banques).

    Et Nicolas Sarkozy garde un profond silence sur les 1250 milliards d’euros de dette publique de la France. Un véritable gouffre qui va être encore creusé par les 40 milliards que l’Etat compte injecter directement dans les banques. Et plus la dette sera lourde, plus les intérêts le seront…

    Au bout du compte et dans la logique du plan américain, ce sont bien les citoyens qui vont payer les frasques des banques et établissements financiers et ce doublement : en tant que contribuables et en tant que travailleurs. Le vieil adage cynique “privatisons les profits, socialisons les pertes” n’a jamais été autant d’actualité.

    Les nationalisations ne sont en fait que des « recapitalisations », bien évidemment transitoire et que dès que possible (dès que le secteur sera de nouveau profitable) les capitaux acquis par les Etats seront cédés au privé.

    Pire, dans le train de mesures prises au plan européen, il n’y a rien sur l’interdiction indispensable des paradis fiscaux dans le Monde et tolérés au sein même de l’Union Européenne, où la plupart des fonds spéculatifs ont leur siège social. Rien sur l’interdiction des innovations financières de la vente à découvert, la titrisation, les produits dérivés, rien sur un prélèvement sur les revenus du capital, rien sur une taxe possible sur les transactions boursières et rien naturellement sur la protection du pouvoir d’achat des salariés grâce à un système d’indexation des salaires sur les prix, au moins au niveau du taux officiel d’inflation.

    Dans ces conditions, les conséquences de ce scénario sont hélas connues : les prix vont augmenter très sensiblement et les salaires connaîtront des taux d’augmentation nettement en dessous du taux de l’inflation.

    Les impôts indirects, si chers à Nicolas Sarkozy et sa majorité présidentielle vont continuer à augmenter dans des conditions inacceptables (actuellment, ils représentent 83% du budget de l’Etat contre 17% seulement pour les impôts sur les revenus et les richesses). La France bat ainsi tous les records d’injustice fiscale dans le monde occidental en matière de ratio impôts directs / impôts indirects. Même aux Etats-Unis, cette répartition est plus juste qu’en France !

    La paupérisation des salariés, phénomène très inquiétant, va donc continuer à s’accentuer. Déjà, la France compte plus de 7 millions de personnes pauvres, au sens des critères retenus par l’union européenne - 60% du revenu médian, soit environ 800 € par mois - et plus de 2 500 000 personnes sont payées au SMIC. 30 % des salariés à temps plein (hors intérim) touchent un salaire inférieur à 1,3 SMIC (1717 € bruts par mois).

    Les classes les plus modestes et les classes moyennes salariées ou non vont se retrouver étranglées par l’inflation des denrées et de l’énergie conjuguées au racket des assurances et autres babioles bureaucratiques obligatoires et ruineuses. Les retraités américains et européens notamment, risquent eux de déguster un maximum parce que les banques sont mouillées à fond dans le système et toutes dépendantes des fonds de pension.

    Aujourd’hui, si les vraies solutions existent pour sortir de la nocivité de cette logique qui sévit depuis plusieurs décennies et refonder une architecture économique internationale, les gouvernements des plus grands pays ne sont pas prêts à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour qu’une telle crise ne se reproduise plus en enlevant le pouvoir aux acteurs financiers afin de satisfaire les besoins fondamentaux plutôt que de maximiser les profits…

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  • 4 commentaires

    • Paul de Montréal

    Et en terminer avec l’hiver ?

    Que propose l’ATTAQ dans ce domaine ?

    HAHAHAHAHA

    Bande de Bouffons !!

    Enfin le diagnostic est plutôt bon mais les propositions sont comiques et démontrent que vous n’avez pas bien compris en profondeur mais superficiellement comme les journalistes des media de masse.

    • Albert RICCHI

    Si vous trouvez que le diagnostic est plutôt bon, c’est déjà rassurant mais ce n’est pas suffisant de poser un diagnostic, encore faut-il faire des propositions…

    Et apparemment, des propositions telles que l’interdiction des paradis fiscaux dans le monde ou une taxe sur les transactions boursières semblent beaucoup vous gêner… On se demande bien pourquoi… Mais on attend toujours vos propositions en profondeur ?

    Quant à l’hiver, prenez patience. Avec les dégâts que cause l’ultralibéralisme dans le monde, il n’y aura bientôt plus d’hiver au Québec et en France…

    • Paul de Montréal

    Cher Albert RICCHI,

    C’est pas le RC ou “ultralibéralisme”
    qui va arrêter la terre de tourner autour du soleil.

    Je suis pas économiste même si je m’intéresse de prés à cette crise depuis le 15 sept.
    Ce n’est pas encore le temps des propositions pour empêcher une telle crise mais pour aider l’économie à passer ce cap délicat et limiter les dégâts pour le système financier indispensable. Dans un an ou deux avec le recul suffisant pour y voir + clair, les économistes et politiciens pourront faire des propositions.

    L’interdiction des paradis fiscaux dans le monde et une taxe sur les transactions boursières n’aurait pas empêcher cette crise de solvabilité. Et puis dans une économie mondiale je vois mal comment un pays ou plusieurs pays peuvent interdire les dispositions fiscales de pays indépendants et souverains comme la Suisse & co. Vous préconisez l’invasion militaire comme en Irak ? Ou mieux un ’gouvernement mondial’ comme Attali ?
    Misère …

    D’appliquer le principe du spéculateur-payeur.Ceux qui se sont enrichis doivent payer le plan de sauvegarde et la relance de l’économie.

    Oui c’est bien joli mais si le spéculateur-investisseur et la banque est en faillite parce que trop d’emprunteur ne rembourse pas ? On fait comment ?

    Je vous indique qq liens d’articles en français pour le diagnostic.

    De l’effondrement financier à la dépression mondiale ?
    by Nouriel Roubini

    L’humiliation de Wall Street

    • Albert RICCHI

    Cher Paul de Montréal,

    Je ne peux vous répondre bien évidemment dans le détail, plusieurs articles n’y suffiraient pas.

    C’est pourquoi, je me limiterai à vous dire que les solutions à la crise, en tout cas pour ceux qui dénoncent ce système ultralibéral depuis des années - ce qui ne semble pas être votre cas - existent bel et bien et sont connues depuis des années.

    Le problème n’est pas, comme vous semblez le sous-entendre, de réfléchir et d’élaborer des propositions mais bien de les faire admettre par les grands pays.

    Je prendrai deux exemples seulement pour ne pas faire long : le problème des paradis fiscaux et celui des spéculateurs.

    Vous indiquez à juste titre que la Suisse et d’autres pays indépendants seraient un frein. Mais le problème essentiel n’est pas celui-là. Il réside dans le fait même que les grands pays à commencer par les USA ou l’Europe ne veulent pas entendre parler d’interdiction. Il y a ainsi des paradis fiscaux au sein même de l’Europe et de la France (Luxembourg mais aussi Andorre, Monaco et tous les départements français d’Outre-mer !)

    Quant au principe du spéculateur payeur. Si la banque fait faillite, on la nationalise. C’est d’ailleurs ce qu’ont fait les USA et l’Europe avec toute une série de banques. Et il y aurait moins de faillite si les banques revenaient à une pratique plus rationnelle dans l’octroi des prêts, notamment aux USA où les banques ont prêté à des millions de familles qui visiblement n’avaient pas les moyens de rembourser.
    Pourquoi l’ont-elles fait néanmoins ? Vous devez sûrement connaître la titrisation qui permet de vendre en bourse ensuite l’ensemble ou une partie des prêts d’une banque à une autre. Cette pratique elle aussi devrait être interdite mais les ultralibéraux sont contre…

    Je pourrais ainsi multiplier les exemples pour vous démontrer que le véritable problème est bien celui de la résistance de tous les grands pays capitalistes à accepter de véritables solutions…

    A bientôt peut-être sur le web et 100 papiers

    Albert de Paca France

    PS : Quant à la terre, vous le savez sans doute, elle cessera de toute façon de tourner autour du soleil dans 5 milliards d’années environ, absorbée par le soleil devenue une étoile géante en extinction…

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