Articles

    • Zahir Boukhelifa
    • Zahir Boukhelifa

    • profil
    • 4 articles
    • 0 commentaires
    • 3.35 / 5 sur 110 votes
    • 2 fois en vedette
    • Fil RSS des articles de cet auteur:
    A A

    El Jazeera TV, roule-t-elle pour El Qaêda ?

    le 5 janvier 2008 | 4161 visites | 3.83 / 5 | 3 commentaire(s)
    El Jazeera TV, roule-t-elle pour El Qaêda ?
    photo : josholalia (Flickr)

    L’Algérie et tout le nord de l’Afrique de l’Egypte jusqu’aux rives marocaines de l’Atlantique se sont réveillés éberlués par une initiative de la chaîne de télévision Qatarie El Jazeera. En effet le premier médias télévisuel de la Oumma Islamya n’a pas trouvé mieux pour intéresser ces ouailles internautes que de leur proposer un sondage avec l’indécente question du pour ou contre, les auteurs des attentats islamistes du 11 décembre 2007 qui avait fait soixante-douze morts dans les rues d’Alger. Comme dans un enchantement, les habitants de cet orient de fabrication française découvrent que celle qu’ils considèrent comme un havre de la liberté d’expression, roule effrontément pour l’organisation terroriste El Quaêda.


    Le sang des victimes n’a pas encore séché sur les dédalles en bétons des immeubles éventrés, que des voix que beaucoup croyaient amies, se sont élevées des tréfonds de la bêtise humaine pour souiller la mémoire des innocents qui n’avait commis autre tort que de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. D’une manière cinglante cette dérive de trop, démasque le scénario sournois auquel se livre les propagandistes du wahhabisme. Du fond de l’Afrique subsaharienne aux banlieues européennes, l’activisme fondamentaliste de la chaîne des pétrodollars est révélé au grand jour. Sous couvert de la liberté d’expression, qui est tout du moins relative, la chaîne fait l’apologie du crime. Sous prétexte de contrer l’hégémonie américaine en matière d’information, elle s’est transformée au fils du temps en véritable porte parole des organisations terroristes islamistes.

    Bénéficiant de moyens financiers colossaux et de multiples relais de diffusion, la chaîne arabe d’information EL Jazeera tient une position stratégique dominante dans le paysage audiovisuel moyen-oriental. Position favorisée par la débâcle des chaînes de télévisions nationales nord africaines, et la lassitude des téléspectateurs de ce qu’ils considèrent comme des moyens de propagandes des pouvoirs en place. La bataille de l’information est en partie perdue pour les chaînes officielles face à la déferlante des médias du Golfe. L’importance de la zone géographique de diffusion, donc d’influence qui s’étend du Maroc jusqu’en Indonésie donne des tentations hégémoniques. L’entreprise auquel s’attèle les responsables de cette chaîne des complicités politiques vise à faire renaître le mythe de la Oumma Islamya. Mais pour se faire, il faut commencer par uniformiser une opinion publique regroupant plusieurs nationalités. Quel est le secret de fabrication d’une opinion publique arabe favorable aux thèses islamiste ?

    Le traitement de l’information est soumis à des règles très strictes, le premier objectif la victimisation. L’opération se borne à mettre en scène d’un côté le méchant, la main de l’étranger américaine ou israélienne de préférence, aux prises avec les victimes, les peuples musulmans ou arabes oppressés, persécutés par les puissances étrangères d’occupation. Les terrains de prédilections sont l’Irak, la Palestine, l’Afghanistan, le Pakistan pour les conflits ouverts. Les images rapportées parle d’une seule voix : les martyrs du HAMAS drapés de vert traversant une foule en transe, les étudiants pakistanais défiant le président Musharaf les armes à la main… et un cliché classiqe et incontournable, le feu mis aux drapeaux israéliens et américains ou tout autre pays jugé impie par les gardiens de la morale islamique.

    L’autre jeu favori des pyromanes de l’information Djazirites c’est de donner la parole aux plus virulents des prêcheurs djihadistes en les présentant comme les victimes de la répression étatique. C’est lors de l’une de ces émissions que le chef islamiste Ali Belhadj, l’ex numéro deux du FIS algérien dissous (front islamique du salut), avait donné son aval à l’exécution des deux diplomates otages d’El Quaêda en Irak.

    Le deuxième objectif consiste à assurer la plus large diffusion possible des attentas islamistes commis par le nébuleuse terroriste. Ce n’est pas par hasard que la chaîne de TV est la dépositaire exclusive des messages adressés à la Oumma par les chefs d’El Quaêda. La majorité des intervenants et des acteurs de ce média, non seulement, se reconnaissent dans le message subliminale de la violence terroriste mais plus grave encore ils croient en sa justesse.

    Les diffusions à l’antenne d’enregistrements des déclarations posthumes des auteurs d’attentats kamikazes, à des heures de grande écoute contribuent à la campagne médiatique des organisations terroristes. Lors de ces diffusions, les kamikazes se livrent à l’explication et le justification de leur geste. Où est la frontière entre l’information et l’apologie du crime terroriste ? La liberté d’expression est elle suffisante pour expliquer le soutien apporté à ces organisations terroristes ? Surtout sachant, que cette liberté est mise en avant pour justifier le traitement spécifique de l’information relative à la mouvance terroriste islamiste. Qu’en est il des autres thématiques sociales, politiques…liées aux sociétés civiles de la région.

    Malheureusement, s’agissant des autres sujets la chaîne applique le deux poids deux mesures. S’agissant de la condition des femmes, les journalistes ne montrent pas le même empressement à parler de l’affaire de l’animatrice télé Saoudienne battue par son mari. Il ne leur viendrait pas à l’idée d’évoquer les conditions de travail des bonnes et des gouvernantes Philippines, qui sont violées maltraités par leurs employeurs. Les sujets sont compromettants et le risque est grand de violer les secrets des palais des monarques. Les révoltes des ouvriers immigrés expulsés par centaines sont reléguées aux rangs de détails. Ou encore le sort des réfugiés du Darfour que les passeurs n’hésitent pas à jeter à la mer. Les réseaux de financement du terrorisme, la collision d’intérêts entre certaines monarchies du Golf et les organisations terroristes sont autant de sujet que la chaîne évite scrupuleusement d’évoquer.

    Au fait, survivra-t-elle à l’après terrorisme islamiste, elle qui a fait du sang des victimes un fond de commerce pour asseoir son hégémonie ? Après être habitués au sang et à la violence, comme d’autres sont dépendants aux drogues dures, dans quoi ces journalistes se recycleront-ils ? Le Djihad islamique peut être, puisque ils ont déjà un pied dedans. Tenez un sujet intéressant, où va l’argent des musulmans récolté par les gardiens des lieux saints ? La Palestine au lieu de faire la manche à Paris, ne peut elle pas bénéficier de l’argent du Hadj. Sauf là diddi lollou, ça peut fâcher en haut lieu à l’ombre des pétrodollars

    Publie.ca!

    Évaluez ce texte

    • Currently 3.83/5
    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • 5

    3.8 sur 5.0 (23 votes)

  • 3 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    L’Al Qaïda, la création de la CIA avec la participation du SIS pakistanais.... diviser pour mieux régner et déstabiliser les régions à contrôler pour leur ressources....

    5 janvier 2008 | répondre | permalien
    • pixel

    La victimisation est bien souvent la caution pour devenir un bourreau déculpabilisé.

    5 janvier 2008 | répondre | permalien

    El Jazeera TV c’est pire qu’une bazooka d’Al Qaeda, puisqu’elle touche plus de personnes. Relayer des appels aux meurtres n’est rien d’autre qu’une complicité pour tous les actes commis après ces appels !

    6 janvier 2008 | répondre | permalien

Les plus populaires

la communauté centpapiers

Ailleurs sur le Web

Loading...

Droits

Creative Commons License
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.