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    • Catherine-Aimée Roy
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    Doux souvenirs d’une révolution

    le 2 août 2006 | 1450 visites | 4.15 / 5 | 16 commentaire(s)
    Doux souvenirs d'une révolution
    photo : marcos_cu

    La nouvelle est tombée comme une brique. Pour la première fois en 47 ans de règne rigide, le Lider Maximo place Cuba entre les mains de son frère, Raoul Castro. Un peu partout, les réactions sont partagées. Les anti-castristes se réjouissent tandis que ceux qui croient encore en Fidel s’attendent au pire. Les experts tentent de prédire, mais tout nous laisse croire que l’époque de la dictature communiste se terminera bientôt, une quinzaine d’années après la fin de la Guerre froide. En tant qu’Occidentaux, il serait facile de se réjouir de la mort de Fidel Castro, mais il ne faut pas oublier ce qu’a fait cet homme pour Cuba.

    Cuba, île d’Amérique latine, obtient son indépendance face à l’Espagne au milieu du 19e siècle avec l’aide des Etats-Unis, qui occuperont l’île cubaine par intervalles, jusqu’en 1909. Après le départ des Américains, c’est l’instabilité politique qui règne puisque les Etats-Unis financent les coups d’État pour placer à la tête du gouvernement un dirigeant qui met en avant les intérêts économiques de la puissance. En 1952, c’est au tour de Fulgencio Batista de prendre le pouvoir par la force. Fidel Castro, alors âgé de 26 ans, se consacre au droit. Comme la politique l’intéresse, ce dernier organise un mouvement de contestation qui passera à l’histoire avec l’échec d’une opération ayant pour but d’attaquer la caserne de Moncada. Castro est condamné à la prison, puis amnistié par Batista. Trois ans plus tard, il est à la tête d’un mouvement militaire, secondé par Che Guevara et de quelques cinq milles hommes. Il parvient, grâce à une grève générale à la fin de l’année 1958, à renverser le gouvernement de Batista.

    D’un point de vue politique, on n’observe aucun changement majeur suite à l’arrivée du Lider Maximo. En fait, on passe d’une dictature à une autre dictature. La seule différence, c’est que sous l’administration Castro, plusieurs réformes politiques, économiques et sociales seront lancées. Fidel Castro promet d’abord au peuple d’appliquer les principes de la démocratie. Une nouvelle constitution voit le jour, mais celle-ci n’est là qu’en tant que parure et les élections promises n’ont toujours pas eu lieu aujourd’hui, parce que la formation de nouveaux partis est interdite. Bref, politiquement parlant, rien ne va mieux. Puis, les relations internationales se corsent, surtout avec les Etats-Unis. Ceux-ci, après la nationalisation de toutes les terres et industries par le régime castriste, décident qu’il n’est plus dans leurs intérêts de coopérer avec Cuba et impose un solide embargo qui désavantage fortement les Cubains.L’administration Castro se tourne donc vers l’URSS, première puissance socialiste, et signe une série d’ententes commerciales. Cette alliance avec l’URSS mettra Cuba dans une situation où plusieurs pays lui tournent le dos. À la chute de l’URSS en 1990, Castro perd son principal allié ainsi que son guide politique. Rien ne va plus au niveau politique.

    La plupart des réformes sociales désavantagent les cubains. D’abord, un peu après son entrée au pouvoir, le gouvernement de Castro, sous les conseils de Guevara, interdit à la presse cubaine de continuer ses activités. La liberté d’expression est complètement abolie et, du même coup, on supprime le droit des travailleurs à faire la grève. Ces mesures sociales répressives pousseront environ un million de Cubains à s’exiler en dehors du pays, principalement aux États-Unis. Puis, dans les premières années du régime castriste, on ne reconnaît ni les droits des noirs, qui sont plus susceptibles d’être emprisonnés, ni les droits des femmes, qui continuent de se prostituer, ni l’égalité sociale en générale. Sans compter que les prisons se multiplient de façon exponentielle. Ensuite, l’amélioration du niveau de vie est peu perceptible et la lassitude du peuple est de plus en plus présente. En fait, la situation alimentaire s’est certes améliorée, mais la part de subventions de l’État pour l’alimentation diminue sans cesse, provoquant une augmentation progressive des frais reliés à l’alimentation d’une famille. D’autant plus que le chômage connaît une hausse suite aux efforts de restructuration du secteur public et privé et à la rationalisation de la gestion étatique.

    Puis, économiquement, on constate qu’il est impossible de développer une économie socialiste définitive à Cuba sans une extension à l’échelle internationale. En fait, la réforme agraire lancée par Castro se révèle réellement néfaste pour l’économie puisque, suite à la nationalisation des terres et des usines, les Etats-Unis imposent un solide embargo qui aura de graves conséquences. On mise alors sur un unique produit, le sucre, et on supprime les productions secondaires. Ensuite, Cuba fait face à plusieurs autres problèmes comme le manque cruel de matières premières et le développement trop rapide de nouvelles usines, ce qui est très désavantageux car la plupart des ingénieurs et techniciens quittent Cuba dès la prise du pouvoir par Castro. Il y a également un problème au niveau du développement des mines de nickel.

    À l’opposé, il faudrait être bien aveugle pour me pas tenir compte des points positifs que la Révolution cubaine a amenée. D’abord, sur le plan social, les réformes dans le domaine de l’éducation et de la santé ne sont pas négligeables. En fait, c’est sans doute les seuls aspects sociaux positifs que l’on puisse faire ressortir du régime autoritaire de Castro. On pourrait également parler, d’un point de vue politique, de la stabilité qui règne à Cuba depuis plus de quarante-cinq ans. Puis économiquement, le développement du tourisme est plutôt profitable pour l’économie cubaine.

    Bref, aucun analyste n’oserait qualifier la Révolution cubaine de réussite totale. Sur son lit de mort, Castro pourra se rappeler avec bonheur qu’il a su tenir tête à la puissance mondiale numéro un pendant plus de quatre décennies et demi. C’est tout le peuple cubain qui aura payé le prix.

    Sources :

    JUST, Stéphane. La Révolution cubaine et le nouvel État.1979.

    WICKHAM, Dewayne.Les Etats-Unis ne perçoivent pas la véritable nature du problème Cubain.2002.

    STERCHI,Jacques. Fidel Castro : agitateur puis dictateur à vie.2004.

    OXLEY, Greg. La Révolution cubaine en danger.2005.

    MOZO, Victor. 45 ans de révolution cubaine.2004.

    Publie.ca!
    Mots-clés : cuba et Général

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  • 16 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • Slovar

    Très belle analyse.

    J’ajouterai que ce qui est à craindre c’est que CUBA ne redevienne à terme le lieu de "débauche" de la bonne société américaine ainsi qu’un repère pour sa pègre comme du temps de BATISTA.

    Au de là du folklore entretenu par les americano cubains, le passage à la démocratie se fera sans les habitants qui payeront une deuxième fois un lourd tribut.

    Il est plus que probable que, compte tenu des enjeux économiques et des haines accumulées des deux côtés, que le tribut soit bien plus élevé que celui du castrisme.

    "Hasta la victoria siempre" pourrait bien devenir un slogan capitaliste

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • L’enragé

    Si Cuba a été le lieu de débauche des américains avant la révolution, elle a été,pendant ces derniers 48 ans, le lieu de débauche de tous les sympathisants au régime et de tous ceux qui profitant d’un tourisme "protegé" ont su se vautrer ouvertement avec des gineteras et avoir du sexe bon marché.

    Il est temps que cesse ce lupanar international pour que le peuple puisse enfin vivre en paix et puisse être maitre de son destin.

    Les soi-disant avantages du regime sont bien maigres et il n’est pas exclu qu’ils auraient pu être atteints en 48 ans d’un régime democratique sans les deboires que le castrisme a produit.

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • Cedric.P

    Peu importe ce que deviendra Cuba ; capitaliste ou communiste, l’important est que ses habitants vivent heureux, que leurs cigares continuent d’être fabriqués et que le pays reste un lieu touristique privilégié.

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • Slovar

    Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait que les cubains puissent aspirer au mieux être.

    Celà est tout à fait théorique puisque une partie de la "communauté cubaine" de Miami dont les américains aimeraient se débarraser risquent de se montrer particulièrement sauvages à l’égard des populations.

    Espérons le contraire !!!

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • Karl

    En famille

    Désigner son frère comme remplaçant : ce simple fait signe l’échec d’un régime. Comme la gauche peut-elle ne pas dénoncer cette marque de pouvoir dictatorial ?

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • Marc Forestier

    Il est facile de gloser sur le caractère dictatorial du régime de Fidel Castro, la réalité est que Cuba demeure le seul état des Caraibes ou la situation sanitaire de la population est décente, le seul pays ou la déforestation a été évitée et ou les fonds marins sont préservés. Castro n’est pas irréprochable mais il faut lui reconnaitre une force de caractère rare pour avoir pu tenir tete aux USA depuis quatre décennies et préserver son indépendance.

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • Simon Héroguer

    Après 47 ans de pouvoir à la tête de Cuba, la trnsition sera difficile. il faudrait bien entendu aboutir à un régime démocratique. Mais je ne pense pas que les Etats Unis doivent effectuer cette transition à l’insu de La Havane. G.W Bush affirmait hier qu’il avait déja concocté une solution pour la transition de pouvoir. Cuba est un état indépendant et qui doit ainsi trouver la meilleure solution pour envisager l’après Castro.Washinton cherche à faire tomber le communisme et ainsi instaurer le capitalisme.

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • TALON D ACHILLE

    castro dernier communiste d ’etat a regner sans partage le peuple cubain doit avoir sa liberté toutes ses libertés : religieuse, économique,politique, etc... Cuba doit devenir la 3eme Voie entre mondialistes et alter mondialistes qui ne sont que le coté pile et face du libéralisme apatride..

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • s. chamberland

    La nature humaine est plus puissante que les idées ! Aimer, se nourrir, accumuler des biens, du prestige, exercer du pouvoir, avoir des relations avec ses pairs, défendre son territoire, etc. Les cubains ne sont pas différents des autres humains, on a tous les mêmes besoins et cela explique l’échec de toute idéologie qui nie les besoins de cet animal qui est l’humain.

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • Lucien BONNET

    • site

    lA Direction de la rédaction Le mercredi 2 Août 2006

    Concernant la démonstration par le prisme de la "dite" décomposition de la lumière - je propose la démystification de la théorie de Sir Isaac Newton sur la lumière et les couleurs selon la remise en question qui suit :

    Par Lucien Bonnet

    LA THÉORIE DE NEWTON SUR LES COULEURS EST FAUSSE

    À la suite de l’article que j’ai publié dans LE DEVOIR du 26 février dernier sur les préjugés anti-noirs en Occident, de nombreuses réactions se sont manifestées au Canada, tant dans la communauté noire que dans le milieu scientifique. La plupart de ces personnes qui ont pu me joindre, tout en m’approuvant totalement dans mon analyse expliquant les causes profondes de ces préjugés, affirment rester sur leur appétit lorsque je parle de leur nocivité dans le domaine scientifique et que je cite, comme exemple de cette contagion, la théorie de Newton sur les couleurs. L’espace limité qui m’était réservé n’ayant pu me permettre de m’étendre sur ce point, qu’il me soit permis maintenant de démontrer, avec concision, pourquoi la théorie de Newton sur les couleurs est fausse.

    Qu’est-ce que cette théorie de Newton sur les couleurs ?

    ( Voir BILL A RI ET VOICI LA LUMIÈRE dans http://www.contact-canadahaiti.ca).

    Lucien BONNET loubonnet@sympatico.ca

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • Cinaimé

    Ne faite pas de propagande néfaste à propos de Cuba. Les Cubains sont très heureux de leur situation et d’ètre libre, de ne pas appartenir aux USA. Les vipères Cubains qui vivaient sous la protection des américains, les vendus comme on dit sont tous rendus en floride et vivent difficilement depuis leur disgrace d’avoir abandonné leur pays. Ils sont de pauvres Êtres qui voudraient qu’un jour Cuba appartienne aux américains. Comment peut-on les appeler......des traitres. Je lève mon chapeau à Monsieur Fidel Castro et je souhaite que sa succcession continue dans le bon chemin

    A Perron Québec

    2 août 2006 | répondre | permalien

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    3 novembre 2006 | répondre | permalien
    • Cinaimé

    Ne faite pas de propagande néfaste à propos de Cuba. Les Cubains sont très heureux de leur situation et d’ètre libre, de ne pas appartenir aux USA. Les vipères Cubains qui vivaient sous la protection des américains, les vendus comme on dit sont tous rendus en floride et vivent difficilement depuis leur disgrace d’avoir abandonné leur pays. Ils sont de pauvres Êtres qui voudraient qu’un jour Cuba appartienne aux américains. Comment peut-on les appeler......des traitres. Je lève mon chapeau à Monsieur Fidel Castro et je souhaite que sa succcession continue dans le bon chemin

    A Perron Québec

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • Rod Alma.

    T’as ben raison, de leur souhaiter de continuer dans le ’bon chemin’ par la meme occasion, je te souhaite que tu ailles vivre dans un pays socialiste et que tu y restes. Ça parait que tu ne connais rien en économie et en prospérité, ce qui te fait admirer les gens heureux dans la misére. Merci pas pour moi, et pour toi : Bonnes vacances et n’essayes pas d’entrainer personne d’autre dans la misère engendrée par les partys de gauche.

    2 août 2006 | répondre | permalien
    • ANONYME

    Un dictateur, c’est un dictateur. On en a encore la preuve. Il a fait croupir en prison des gens qui ont eu pour seul délit de parler contre ce régime. Qu’il crève.

    2 août 2006 | répondre | permalien

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