• Douce certitude !

    23 juillet 2006 | 0 commentaire(s) | 27 affichage(s)

    S’il est une chose que les gens de pouvoir recherchent, c’est justement les certitudes. La crise actuelle au Liban nous le démontre clairement. Le gouvernement du Canada s’est empressé de signaler que l’État d’Israël faisait montre d’une riposte « modérée » à des gestes terroristes inacceptables. Les politiciens ont toujours maille à partir avec l’incertitude et l’apparence de chaos. Ils souhaiteraient que tous se fassent dans la loi et l’ordre, cette loi et cet ordre qu’ils auraient eux-mêmes dessinés, bien entendu !

    La vraie vie nous montre que les choses ne sont malheureusement pas toujours aussi claires et qu’il nous faut apprendre à vivre avec les nuances. De plus nous vivons à une époque où l’incertitude est continuellement présente même si certains s’évertuent à la cacher. Qui plus est, cette incertitude engendre une grande insécurité chez une part importante de la population et c’est souvent de cette insécurité dont on se préoccupe le moins. Plutôt que de tenter de la comprendre et de donner aux gens le moyen d’en atténuer les effets, on cherche à la leur faire oublier en mélangeant spectacle et réalité, potins et nouvelles, festivals et drames. Bref, on souffle le chaud et le froid en tentant de nous faire oublier que ce qui se passe dans ce coin de la planète finira un jour par nous rattraper.

    En ces temps d’incertitude où chacun devrait pouvoir trouver, au fond de lui-même, sa propre sécurité, peu d’entre-nous ont été préparés voire encouragés à le faire. On préfère de beaucoup que les gens soient exagérément sensibles aux manchettes, aux raccourcis, aux jugements hâtifs brefs qu’ils soient de bons consommateurs de nouvelles comme ils sont de bons consommateurs de biens. Le regard critique est une denrée rare que les gens au pouvoir ne souhaitent pas trop voir se développer ! Au mieux, l’on organisera un débat dans lequel les participants seront déjà campés sur leurs positions permettant aux téléspectateurs de s’identifier sans avoir à se remettre en cause, tout en laissant entendre que les opinions se valent toutes.

    Or notre capacité à pouvoir comprendre adéquatement le monde qui nous entoure dépend davantage de notre connaissance de nous-mêmes, de nos peurs et nos craintes, de nos forces et de nos faiblesses, que du brouhaha dans lequel nous plonge le monde politique par l’intermédiaire des médias. L’intérêt de ces derniers réside non pas dans notre capacité à développer notre jugement critique mais dans l’impression qu’ils suscitent que, sans eux, nous serions ignorants ! En d’autres termes, cela s’appelle de la manipulation et cela se produit que parce que nous le permettons.

    Raymond Vaillancourt
    Prospect Gestion

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