6 septembre 2006 |
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Jacques Duchesneau, ancien candidat à la mairie de Montréal et maintenant grand patron de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA), nous entretenait récemment dans les pages du journal La Presse de sa vision de la sécurité aérienne au pays.
Duchesneau ne tarde pas à livrer sa première affirmation choc en parlant des vérifications de sécurité dans les aéroports :
« Oui (le Canada doit suivre les Américains), mais je ne vois pas ça comme un aspect négatif ». Il faut préciser ici que les États-Unis n’hésitent plus à appliquer des politiques de profilage racial dans les aéroports américains. Ces nouvelles méthodes vont pourtant à l’encontre des fondements même de la société américaine moderne, que l’ont croyaient pourtant à toute épreuve et qui transcendaient supposément l’origine, la couleur de la peau et la religion. Que l’on s’inspire de cette véritable dérive au nom de la sécurité ne me rassure guère.
Lorsqu’appelé à commenter le manque de bilinguisme de son personnel, il concède une évidence : « On a un aéroport qui a été problématique et là, on est obligés de serrer la vis », en refusant de d’identifier l’aéroport en question. On reconnaît ici l’ancien directeur du Service de Police de Montréal qui tente d’en dire le moins possible de façon à éviter d’éveiller les soupçons. Or, n’importe qui ayant récemment transité par l’aéroport de Montréal a été en mesure d’y constater l’état pitoyable du français. Je fréquente personnellement cet aéroport environ deux fois par semaine, et les conversations avec les agents de sécurité se résument habituellement à un refrain semblable à :
<agent de sécurité> Hi sir !
<moi> Bonjour !
<agent de sécurité> You got a laptop in your bag ?
<moi> Vous parlez français ?
<agent de sécurité> Of course, sir.
(On me fait signe d’avancer, je commence probablement à être embarrassant !)
<agent de sécurité> Have a good day, sir.
Cet état pathétique du respect de la seule langue officielle du Québec est en partie le résultat des politiques laxistes de l’ACSTA, malheureusement semblables à trop d’agences gérées par le gouvernement canadien. Il ne faut pas oublier, par ailleurs, que tous ces employés oeuvrant aux services de sécurité de l’aéroport sont à l’emploi de la firme privée Garda. On pouvait d’ailleurs lire récemment dans le journal Les Affaires que Garda avait connu une croissance fulgurante au Canada et aux États-Unis après avoir profité de nombreuses opportunités au Québec. Or, il est plutôt dommage de voir Garda manquer de respect à la société même qui lui a permis de s’établir et de conquérir de nouveaux marchés !
En n’arrivant pas à respecter une loi aussi simple et claire que la Loi sur la langue officielle du Québec, l’ACSTA et Garda laissent de sérieux doute quant au sérieux des démarches visant à embaucher du personnel de sécurité compétent dans les aéroports du pays en entier. Ce faisant, c’est la crédibilité des services de sécurité au grand complet qui en souffre.
Et n’allez pas croire qu’Air Canada s’en tire à si bon compte au chapitre du bilinguisme. J’aurai sûrement l’occasion d’y revenir.
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