22 août 2006 |
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La LHJMQ a fait beaucoup de chemin en 37 ans d’histoire. Lors de sa création en 1969, la Ligue de hockey junior majeur du Québec réussissait à attirer 763 204 spectateurs dont 606 551 en saison régulière. Dans le lot, les Remparts de Québec, la formation florissante du circuit junior québécois affichait à elle seule une manne de 233 943 partisans, soit 31% des assistances du circuit. À l’ère actuelle, les assistances des Remparts ne représentent que 14% des affluences du circuit. Et ce, avec une moyenne supérieure à 8000 spectateurs par rencontre. C’est donc dire que la petite ligue junior A du Québec de 1969 a fait du chemin. Beaucoup de chemin. À tel point que l’on peut reconnaître ses fulgurants élans dans l’histoire, et comparer son éloquante progression avec celle de ses rivaux de l’Ouest et de l’Ontario.
Ses quelques 700 000 spectateurs du départ ne sont pas éclatants en regard des résultats de ses ligues soeurs du Canada anglais. Les Ligue junior de l’Ouest et de l’Ontario ont connu des progressions plus marquées que la ligue du Québec. En 1979-80, dix ans après la création de la LHJMQ, c’est 827 377 spectateurs qui franchissaient les tourniquets des arénas du Québec, contre 1 967 869 pour l’ensemble des deux autres circuits juniors. Le poids de la LHJMQ au sein de la Ligue canadienne de hockey était donc de 30%. Les Remparts n’étaient plus le joyau du circuit junior majeur québécois. La meilleure concession du circuit était désormais les Saguenéens de Chicoutimi avec 109 116 spectateurs, quatorze pourcent des résultats du circuit. En dix ans, la Ligue junior majeur du Québec avait donc accru son affluence de seulement 125 000 spectateurs, mais aussi perdu ses concessions capables d’améliorer cette progression.
Ce sont les années quatre-vingt qui seront néfastes pour la LHJMQ. Même avec des vedettes qui font parler d’eux, le circuit junior majeur québécois ne fait que perdre du chemin. À un point tel que vingt ans après sa création, la LHJMQ affiche un portrait plus sombre que dix ans auparavant. En 1989-90, la LHJMQ accueuille 539 212 spectateurs en saison régulière, contre près de 827 00 dix ans plus tôt. Au sein de la Ligue canadienne de hockey, le poids de la LHJMQ n’est plus que de quinze pourcent. Une giffle qui ramène sur terre les autorités de la LHJMQ. En dix ans, la représentativité de la Ligue junior majeur du Québec au sein de la Ligue canadienne a passé de 30% à 15%. La meilleure concession du Québec au chapitre des assistances n’est guère plus encourageante. Ce sont les Olympiques de Hull avec un maigre 73 425 spectateurs qui représentent 14% du total des foules du circuit. Ni plus ni moins qu’avaient fait les Saguenéens de Chicoutimi dix ans auparavant.
Non seulement la Ligue junior majeur du Québec agonisait au point de vue sportif avec aucune conquête de la coupe Memorial depuis les Royals de Cornwall, une formation qui oeuvrait dans la LHJMQ mais qui n’affichait pas mine d’une équipe québécoise, mais elle plafonnait aussi dans les marchés qui lui avaient permis de progresser. Le sort de la ligue du Québec n’était toutefois pas joué. Les honneurs qui allaient sortir la LHJMQ de sa torpeur et de ses complexes sportifs viendraient brouiller les cartes et donner un poids légitime au Québec au sein de la Ligue canadienne de hockey. C’était d’ailleurs l’objectif premier des Paul Dumont, John Horman, Marcel Robert, Robert Lebel et tous les autres lorsqu’ils ont voulu réunir les différentes ligues de hockey junior du Québec, et de rappatrier le Canadien junior en 1972 au sein de la LJMQ. Ils désiraient la cessation de la division sur le territoire québécois, afin de rivaliser avec l’Ouest et l’Ontario.
La progression de la LHJMQ dans les années ’90 est fulgurante. Celle de la Ligue canadienne de hockey aussi. De près de 540 000 spectateurs en 1989-90, la LHJMQ passe à 1 759 340 dix ans plus tard. Elle fait tomber la barrière du mythique million de spectateurs en 1995-96, la même année que la conquête des Prédateurs de Granby, qui ramènent la coupe Memorial au Québec après 35 ans d’absence. Avec sa performance digne de mention, la LHJMQ augmente sa représentation de 15% en 1990 à 27% dix ans plus tard. Presque sensiblement la place qu’avait la Ligue de hockey junior majeur du Québec au sein du regroupement de ses ligues soeurs du Canada, en 1979. Les ambitions doivent toutefois rester grandes. Ses collègues du Canada anglais ont eux aussi promis à leur circuit de grandes réalisations. La ligue junior de l’Ontario a déjà dépassé le cap du deux millions de spectateurs alors que celle de l’Ouest envisage la conquête des trois millions de spectateurs durant la saison.
Le trimestre d’analyse de dix ans n’est pas encore terminé, mais avec sa dernière saison, la Ligue de hockey junior majeur est promise à de belles réalisations. Malgré le départ de sa vedette Sidney Crosby en 2005, la LHJMQ a amélioré son affluence de 1 872 144 spectateurs en 2004-05 à 2 279 744 de partisans un an plus tard. Un bond de près de 410 000 spectateurs en une seule saison. Après ce bond fulgurant, le poids de la LHJMQ au sein de la Ligue canadienne de hockey, saison et séries comprises, est désormais de 28%. Lors de la saison 2005-06, les résultats de la LHJMQ sont éloquents : deux des cinq meilleures moyennes d’assistances au pays sont de la LHJMQ : Québec et Halifax, respectivement en deuxième et cinquième position. Il y a donc encore des progrès à faire au sein du circuit junior québécois, et c’est là qu’entre en jeu la représentativité des équipes québécoises au sein de ce même circuit.
Des expansions payantes
Un des facteurs premiers de la progression de la LHJMQ est certainement la décision du commissaire Gilles Courteau à conquérir le territoire des maritimes, qui est devenu pour la LHJMQ, un bassin de joueurs non-négligeables, mais aussi des concessions aux reins solides qui amélioraient la richesse globale du circuit tout en faisant bénéficier une ligue entière à des retombées économiques nouvelles. Tour à tour, on a donné des concessions à de gros marchés comme Halifax, Moncton et Cape-Breton, qui ont, depuis des années, rentabilisé les entreprises du Commissaire Courteau. Il y a ensuite eu, deux expansions à une faramineuse redevance de six millions de dollars qui ont permis à la LHJMQ de bâtir sur de nouvelles bases. Maintenant, toutes les alternatives sont possibles. Est venu aussi le temps de conquérir le marché américain, en y installant une équipe au Maine. Même si actuellement les MAINEiacs ne sont pas un fleuron de la LHJMQ, on a très certainement derrière la tête de s’en servir pour ajouter une nouvelle concession par qui passe le futur de la LHJMQ aux États-Unis : Boston. On se penchera certainement, au cours des prochaines saisons, sur les manières de percer ce marché que plusieurs ne croient pas possible, et de redonner un autre souffle à la LHJMQ pour la conquête de ses ambitions les plus grandes.
Des infrastructures de qualité
Le principal facteur qui a mis des bâtons dans les roues des penseurs du hockey junior majeur québécois est la disponibilité d’arénas de calibre national et à la hauteur de la modernité des années 2000. Au Québec, toutes entreprises visant à construire de nouveaux amphithéâtres ont été bloqués. C’était le contraire partout ailleurs au Canada, alors qu’on a édifié des amphithéâtres permettant aux équipes de hockey et autres compétitions sportives sur glace, de bénéficier d’infrastructures à la hauteur de leurs aspirations. On a compris qu’on attirerait des spectateurs avec du neuf, de la modernité et de la fraîcheur. C’est un peu ce qui a plu aux partisans des Saguenéens de Chicoutimi lorsque ville de Saguenay s’est engagé avec les deux paliers de gouvernement à redonner une nouvelle image au Centre Georges-Vézina, en y construisant une patinoire aux dimensions olympiques, des loges corporatives, et une revue complète des gradins, des vestiaires, salles de toilettes et ères de restauration. On a créé de l’argent avec de l’argent. Et on a attiré du monde avec du monde.
Une crédibilité à ne pas négliger
L’attrait de la ligue junior de l’Ontario et de l’Ouest a longtemps été favorisé en grande partie par la crédibilité d’excellence qu’elles se sont forgées au fil des ans. Les honneurs et la réputation des équipes de l’Ontario et de l’Ouest ne faisaient que soulever l’envie au Québec, puisque les équipes québécoises ne gagnaient pas, ce qui alors, influençaient nombre de dépisteurs professionnel et des grands décideurs du hockey de la Ligue nationale à les ignorer, ou à tout le moins, à ne pas les considérer à leur juste valeur. La LHJMQ était de sorte réservée à son sort de bon dernier, et voyait année après année, des calibres de junior canadien inférieurs à elle, voués à une meilleure destinée. Ils avaient davantage d’attention, ils bénéficiaient de meilleurs suivis des hommes d’influence du hockey et pouvaient en bout de ligne, neutraliser facilement les ardeurs des équipes québécoises. Est venu un temps où la LHJMQ n’était plus vouée à un sort de perdant et de participant. Il y a eu les coupes Memorial et un attrait soutenu d’un plus grand nombre de dépisteurs professionnels envers la LHJMQ. Le chemin n’est pas encore tracé pour les jeunes du Québec. Mais au moins, les têtes de hockey du junior québécois peuvent se dire qu’ils sont sur une bonne voie.
Des marchés en santé
Vient l’importance des marchés en santé du junior au Québec. Plusieurs réussissent fort bien et attirent manne de spectateurs, saison après saison. Et bonne nouvelle pour la LHJMQ et les amateurs du hockey junior au Québec : la LHJMQ ne dépend pas du sort d’une seule formation pour afficher de bons résultats. À titre, la meilleure formation aux guichets en 2005-06, les Remparts de Québec, ne représente que quatorze pourcent du total des foules du circuit. Avec Québec, la LHJMQ a le luxe de composer avec des marchés solidement ancrés qui attirent actuellement plus de quatre mille spectateurs par rencontre : Chicoutimi (4132), Rimouski (4158), Saint-John (4477), Moncton (5800) et Halifax (7720). Facile aussi, au regard de ces données, de voir l’influence qu’ont les marchés des maritimes sur les résultats de la LHJMQ. Les marchés tout québécois, en Val-d’Or (1792), Rouyn-Noranda (2000), Victoriaville (2010), Shawinigan (2055), Baie-Comeau (2127) et Drummondville (2478) occupent six des sept dernières positions des pires affluences du circuit. Un portrait inquiétant, quand on sait qu’aucune de ces villes ne peut compter sur un aréna capable d’accueuillir des foules supérieures à 4000 spectateurs. On devra donc repenser des marchés, et à la limite du possible, les consolider.
Montréal et sa grande région
Le vrai sort de la LHJMQ dépendra du tournant que le hockey junior prendra dans la métropole du Québec. Plusieurs jugent impossible la survie et la réussite du hockey junior majeur québécois à Montréal et ses banlieues. Or, personne ne prend en considération que les amphithéâtres de l’époque étaient soit désuets, soit bien trop grands -dans le cas du Centre Bell- pour des concessions de hockey junior. Surtout quand elles sont administrées tout croche comme l’étaient le Rocket à Montréal et qu’elles sont issues de l’expansion. Avec la perte d’un commanditaire majeur à la hauteur de Ford, depuis le départ de sa seule équipe junior dans la région de Montréal, la LHJMQ tente par tous les moyens de trouver des investisseurs et gestionnaires sérieux, qui sauront redonner à Montréal, une concession de hockey junior qui est non seulement possible, mais viable. On l’a vu quand le Canadien junior connaissait de belles années en partenariat avec le grand club du Canadien. Avec tout le tapage que suscitent les discussions entourant le hockey junior à Montréal, nous ne parlons pas une miette de la couverture médiatique qui serait alors accordée au circuit. Et pas un mot non plus, sur une logique qui au fond, n’en est pas une : l’absence de la LHJMQ dans la moitié de sa province -Montréal et sa région, comptant pour près de trois millions d’habitants.
Les progrès du hockey junior sont louables et mérités après tous les efforts faits depuis 1969, mais surtout depuis une quinzaine d’années. D’autres défis s’amènent à la LHJMQ, et espérons qu’elle saura les relever à la hauteur de ses ambitions.
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